Cancer et psychosomatique relationnelle
117 pages
Français

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Description

Quelle est la place de la psychothérapie dans la thérapeutique du cancer ?
Ce livre aborde, d’une part, la question des limites du cancer et de la place de la psychothérapie dans sa thérapeutique, et, par ailleurs, présente des travaux de recherche sur les impacts du cancer sur différentes approches relationnelles.
Les propos des patients sont essentiels, le cancer est une situation limite, dans laquelle l’affect, l’image du corps et l’identité sont essentiels. Sont soulevés également les problèmes des soins palliatifs et du suivi des patients.
L’impasse est un concept issu de la clinique, qui renvoie à la clinique, pour la rendre plus efficace et plus pertinente. Le thérapeute aide à sa compréhension et à son incidence par le patient sur la pathologie.
Conçue dans cette optique, l’action thérapeutique exige qu’aucune obstruction ne vienne empêcher le thérapeute d’accéder librement à la vie relationnelle onirique et affective, la sienne autant que celle de l’autre, ensuite, que l’affect et la représentation ne sauraient être traités séparément, parce qu’ils sont l’avers et l’envers du même phénomène.
C’est autour de cette thématique que se situent les travaux de recherche autour du cancer en psychosomatique relationnelle.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2013
Nombre de lectures 2
EAN13 9782842542405
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,2200€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

RECHERCHE EN PSYCHOSOMATIQUE
C ancer et
psychosomatique
relationnelle
Sami-Ali Maurice Bensoussan Albert Danan Théo Leydenbach Michèle Chahbazian Caroline Delannoy Adèle Bucalo Triglia Jean-Pierre Malaussena Hélène Baudoin François Huck
RECHERCHE EN PSYCHOSOMATIQUE
Cancer et psychosomatique relationnelle
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RECHERCHE EN PSYCHOSOMATIQUE
Cancer et psychosomatique relationnelle
Sami-Ali Maurice Bensoussan Albert Danan Théo Leydenbach Michèle Chahbazian Caroline Delannoy Adèle Bucalo Triglia Jean-Pierre Malaussena Hélène Baudoin François Huck
Centre International de Psychosomatique CollectionRecherche en psychosomatique dirigée par Sylvie Cady
Dans la même collection Le cancer – novembre 2000 La dépression – février 2001 La dermatologie – mars 2001 La clinique de l’impasse – octobre 2002 Identité et psychosomatique – octobre 2003 Rythme et pathologie organique – février 2004 Psychosomatique : nouvelles perspectives – avril 2004 Médecine et psychosomatique – septembre 2005 Le lien psychosomatique. De l’affect au rythme corporel – février 2007 Soigner l’enfant psychosomatique – février 2008 Affect refoulé, affect libéré – mars 2008 Entre l’âme et le corps, les pathologies humaines – octobre 2008 Handicap, traumatisme et impasse – janvier 2009 Soigner l’allergie en psychosomatique – octobre 2009 Entre l’âme et le corps, douleur et maladie – août 2011 Psychosomatique de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte – janvier 2012 La psychomotricité relationnelle – mars 2012 Psychosomatique et maladie d’Alzheimer – juin 2012 Sexologie et psychosomatique relationnelle - mars 2013
Éditions EDK/Groupe EDP Sciences 25, rue Daviel 75013 Paris, France Tél. : 01 58 10 19 05 Fax : 01 43 29 32 62 edk@edk.fr www.edk.fr
© Éditions EDK, 2013 ISBN : 978-2-8425-4181-1 Il est interdit de reproduite intégralement ou partiellement le présent ouvrage – loi du 11 mars 1957 – sans autorisation de l’éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de Copie (CFC), 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
Recherche en psychosomatique. Cancer et psychosomatique relationnelle
M. Sami-Ali
Introduction L’impasse relationnelle, temporalité et cancer
Professeur M. Sami-Ali
L’impasse relationnelle
Comme tous les concepts que j’ai développés, l’impasse est un concept issu de la clinique, qui renvoie à la clinique, pour la rendre plus efcace et plus pertinente. Ce concept est apparu dans mes tra-vaux pour la première fois en 1967, et je n’ai cessé depuis de le dé-velopper et de l’approfondir. Jusqu’à mon dernier livre,L’impasse 1 relationnelle. Temporalité et cancer, ce concept a accompagné toute mon activité d’auteur et de thérapeute, dans le but de le rendre encore plus pertinent dans la compréhension de la pathologie, et surtout plus efcace pour aider les personnes qui souffrent dans leur corps et qui cherchent de l’aide. Pour présenter ce concept en quelques mots, je dirais que l’im-passe est la situation d’une personne qui se trouve dans un conit sans issue. Mais il faut là s’accorder sur ce qu’on entend par « situa-tion conictuelle sans issue ». Il ne s’agit pas d’un conit qui ne trouve pas son issue pour des raisons ponctuelles. Une grève, par
1. Sami-Ali M.L’impasse relationnelle. Temporalité et cancer. Collection « Psychismes ». Paris : Dunod, 2000.
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Recherche en psychosomatique
exemple, est un conit qui peut rester sans issue parce que les deux partenaires refusent de céder. Cela peut aboutir à une situation où l’on va parler d’impasse ; mais en fait, il y a une issue, sur laquelle les partenaires n’arrivent pas à s’entendre. C’est là une forme d’im-passe que j’appelle hystérique, et qu’on retrouve, pour prendre un autre exemple, dans la mésentente conjugale : on ne se comprend plus, on ne s’accorde sur rien, et souvent, on n’arrive pas à trouver une solution ; mais la solution existe, on peut rester ensemble, ou partir. Les impasses, que j’ai constatées dans la clinique psychosoma-tique, sont des situations fermées dans lesquelles, chaque fois que l’on croit trouver une issue, celle-ci s’avère illusoire, de telle sorte que l’on est constamment ramené à la même fermeture, qui n’est donc pas due simplement à l’incapacité de la personne à trouver une issue. En fait, dans cette situation, la fermeture a pour origine l’im-passe elle-même, toute issue étant exclue par la structure logique même de l’impasse.
Sur le plan théorique, il y a eu deux moments essentiels dans l’élaboration du concept d’impasse. L’un est le moment où j’ai ren-2 contré le concept de double entrave(double bind)qui a été avancé à propos de la pathologie mentale et qui propose que le sujet qui souffre de psychose se trouve pris dans une situation où le « oui » égale le « non ». Le fait le plus important dans cette situation de double entrave, c’est que le sujet se trouve dans cette situation contradictoire avec son père, ou sa mère, eux-mêmes impliqués. Ce n’est pas le malade qui a inventé, créé tout cela tout seul ! En effet, toute pathologie, même organique, est pour moi relationnelle ; c’est la raison pour laquelle le conit doit toujours être pensé comme une situation relationnelle. Dans la situation dedouble bind,le sujet se trouve donc pris dans un conit insoluble parce qu’il est contradictoire : s’il dit oui, c’est mauvais pour lui ; s’il dit non, c’est mauvais aussi, et il n’y a pas de troisième terme. De sorte que ce qui caractérise cette situation, c’est non seulement la contradiction, mais aussi le fait que le sujet ne peut pas s’en sortir. Il y a alors une dépendance qui s’installe dans la situation, le sujet ne pouvant dire ni oui, ni non, ni sortir de la situation. C’est donc là une forme d’im-passe régie par la contradiction. J’ai ainsi décrit différentes formes
2. Sur ce concept, voir G. Bateson (1972/1977/1980).Vers une écologie de l’es-prit, vol. 1 et 2. Paris : Seuil.
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Cancer et psychosomatique relationnelle
de l’impasse, qui est donc un concept beaucoup plus vaste que le concept dedouble bind,qui, lui, s’apparente en fait à une forme particulière, la contradiction.
Le stress
C’est un concept qui a été dégagé dans le champ de la biologie à partir de situations expérimentales, par exemple la situation d’un organisme, un animal, soumis à des stimulations sonores continues. Ces expérimentations montrent que de telles situations, qui sont des situations de fermeture totale (il n’y a pas de solution, l’organisme ne peut échapper à la stimulation), se traduisent par une réaction défensive extrême mobilisant toutes les capacités de l’organisme, qui se maintient longtemps, trop longtemps, ce qui nit par abaisser les défenses immunitaires de cet organisme qui est alors livré à des pathologies graves. Le phénomène est donc là décrit en termes de processus : le stress étant une réaction qui se produit dans un orga-nisme en réponse à une stimulation. Mais dans cette description, on ne se rend pas compte de l’évidence, à savoir que pour que le stress apparaisse, il faut créer une situation que l’animal ne peut ni modi-er en l’attaquant, ni arrêter en la fuyant. Il est donc pris, précisé-ment, dans une situation d’impasse. Certains expérimentateurs, à propos de ces conditions, parlent d’un « désespoir » qui serait ainsi créé chez l’animal ; effectivement, quoi qu’il fasse, il n’y a rien à faire, et l’essentiel est là : c’est une impasse.
Finalement, avec ces deux concepts, qui ont certes leur vali-dité expérimentale, on ignore que l’essentiel ne se situe pas au niveau d’un processus qui se déroule dans l’organisme, chez le sujet, mais au niveau d’une situation totalement fermée, et inten-tionnellement fermée quand il s’agit d’expérimentation. On ne peut pas isoler ces processus biologiques ou psychologiques de la situation relationnelle. Dès la naissance, il y a relation, et quel que soit le comportement que l’on veut étudier, on ne peut pas le réduire à des processus internes, comme si le monde n’existait pas et comme si la relation n’était pas le fait fondamental de la vie humaine. Le concept d’impasse reste donc inséparable de cette conception nouvelle de la pathologie. Ce qui est essentiel, ce n’est ni le psychique, ni le somatique, parce que l’un comme l’autre
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Recherche en psychosomatique
sont relationnels. Ce qui est essentiel, c’est ce qui existe dès le 3 début : la relation . Quelle relation ? Celle qui lie l’individu et son entourage. Ce qui veut dire que le fait fondamental est la relation entre le fonc-tionnement psychosomatique et la relation conictuelle. En afr-mant cela, je m’oppose radicalement à des pratiques qui consistent à introduire après-coup la situation, ou le facteur psychologique : on commence par dire qu’il n’y a que des processus internes, puis on s’aperçoit qu’ils sont inuencés par des conits et on rajoute donc du psychologique au somatique et on n’en sort pas parce que, dès le départ, on ne voit pas le fait aveuglant : on est dans la relation. On pose le problème en disant : « Comment le psychique agit-il sur le somatique ? » Et donc on sépare ces deux domaines, on les consi-dère séparés, côte à côte, et on ne voit rien, justement parce qu’ils sont séparés. Paradoxalement, si l’impasse signie qu’on est aux prises avec 4 une situation sans issue, hormis l’impasse hystérique (relation de pouvoir : maintenir le conit pour ne pas céder à l’autre), c’est cette même situation qui devient maintenant le centre d’une nouvelle stra-tégie qui tend non pas à sortir de l’impasse, puisque, par dénition, il n’y a pas de sortie, mais à transformer les termes de l’impasse de manière à la dissoudre, à défaut de pouvoir la résoudre. La ques-tion qui se pose désormais a trait à la constitution de l’impasse, au présent comme au passé, à travers des événements qui ont ni par modier tout le caractère. Modication qui se laisse surtout repérer à travers le destin réservé au rêve et à l’affect, aboutissant, dans les cas extrêmes, à exclure l’un et l’autre du fonctionnement psychosoma-tique. Le refoulement caractériel y prédomine, établissant une dis-tance maximale avec l’expérience affective et occultant, du même coup, la conscience onirique au prot de la conscience vigile. On as-siste alors soit à l’absence pure et simple des rêves, qui, néanmoins, restent ous et sans consistance, soit enn à une production onirique véritable mais rare, coupée de soi, hors de soi, les rêves devenant une curiosité, une bizarrerie étonnante. De ces différents modes de refoulement nous avons les exemples les plus pertinents dans les six entretiens de recherche qui forment le corps de l’ouvrage,L’impasse relationnelle. Temporalité et cancer,allant du seul rêve digne de ce
3. Sami-Ali M.Penser l’unité. Paris : L’Esprit du Temps, 2011. 4. Voir Sami-Ali M.Penser le somatique. Imaginaire et pathologie. Paris : Dunod, 1987, p. 17 sq.
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nom (encore qu’il soit un rêve de deuil !), « l’enterrement de Sarah Bernhardt » chez Mme B, au « néant » dénitif de Mme G, en pas-sant, chez les autres, par des semblants de rêve, des faux-semblants de rêve, des rêves au quotidien, des confusions sur le sens même du mot (notamment chez Mme E). II peut paraître surprenant que l’activité onirique occupe si peu de place chez les unes et les autres, et qu’en n de compte, nous nous trouvions les mains presque vides, après avoir parcouru ces quelques destins profondément marqués par l’adaptation. Adaptation au réel qui se fait multiple, sans pour 5 autant se départir du banal signiant l’éclipse de l’imaginaire. Le refoulement de l’activité onirique s’avère ainsi être le pendant de l’adaptation qui, en se poursuivant, culmine dans une subjectivité sans sujet. Or, si le sujet choisit de faire abstraction de lui-même en se rendant conforme, c’est que les rêves, au lieu d’apporter l’apai-sement, sont devenus problématiques, pénibles, rabâcheurs. Par leur caractère répétitif, ils semblent s’enfermer dans une aporie, forme d’impasse dont on ne peut se dégager. Même pas en rêve. Le refou-lement vient alors arrêter un processus dans lequel on est empêtré, partant de l’angoisse et projetant l’angoisse. L’oubli survient alors, gommant les rêves en même temps que des périodes entières de la vie, toute l’enfance par exemple dont Mme C ne conserve aucun souvenir parce que, dit-elle, ce fut sans doute une époque heureuse ! En éliminant l’activité onirique cependant, le refoulement écarte du même coup des traumatismes non dépassés, des deuils laissés en suspens, des conits précoces encore virulents. Si l’absence de rêves doit en principe assurer un sommeil réparateur, elle dépouille éga-lement les événements de leur dimension historique : n’étant mis en rapport avec rien du passé, ils se réduisent à un présent redondant, correspondant au banal en tant que littéral. Mme G en donne un exemple particulièrement poignant, elle qui, dans sa détresse, s’ac-croche aux formules toutes faites telle que « c’est la vie », etc.
Le rêve et l’affect
S’il est vrai que l’impasse doit constituer le point focal de tout travail thérapeutique conçu dans la perspective de la théorie du
5. Sami-Ali M.Le Banal. Paris : Gallimard, 1980.
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