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Les Mystères du peuple - Tome I , livre ebook

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Description

Histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges. (16 volumes.)Tome IIntroduction : Le casque du dragon - L'anneau de forçat ou La famille Lebrenn. 1848-1949.La faucille d'or ou Hêna, la vierge de l'île de Sên. An 57 avant Jésus-Christ.Le ton de cette immense fresque historique et politique est donné par son exergue : «Il n'est pas une réforme religieuse, politique ou sociale, que nos pères n'aient été forcés de conquérir de siècle en siècle, au prix de leur sang, par l'insurrection.»Les Mystères du peuple est l'histoire rétrospective, de 57 avant Jésus-Christ à 1851, de la famille Lebrenn. À la veille de la conquête de la petite Bretagne par César, cette famille vit paisiblement près des pierres de Karnak. La défaite de la bataille de Vannes marque le début de la servitude pour les descendants de Joel, le brenn (chef) de la tribu de Karnak. À l'esclavage imposé par les Romains, succède l'oppression physique exercée par les Franks puis la domination morale exercée par l'Église qui prône que ceux qui souffrent dans ce bas monde seront récompensés dans les cieux. Au fil de l'Histoire chaque représentant de cette famille devra affronter un nouvel oppresseur pour reconquérir la liberté originelle de ses ancêtres.

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 277
EAN13 9782820608062
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Les Myst res du peuple - Tome I
Eug ne Sue
1849
Collection « Les classiques YouScribe »
Faitescomme Eug ne Sue, publiez vos textes sur YouScribe
YouScribevous permet de publier vos écrits pour les partager et les vendre. C’est simple et gratuit.
Suivez-noussur :

ISBN 978-2-8206-0806-2


Il n’est pas une réforme religieuse, politique ou sociale, que nos pères n’aient été forcés de conquérir de siècle en siècle, au prix de leur sang, par l’INSURRECTION.

Travailleurs qui ont concouru à la publication du volume   :
Protes et Imprimeurs   : Richard Morris, Stanislas Dondey-Dupré, Nicolas Mock, Jules Desmarets, Louis Dessoins, Michel Choque, Charles Mennecier, Victor Peseux, Georges Masquin, Romain Sibillat, Alphonse Perrève, Hy père, Marcq fils, Verjeau, Adolphe Lemaître, Auguste Mignot, Benjamin.
Clicheurs   : Curmer et ses ouvriers.
Fabricants de papiers   : Maubanc et ses ouvriers, Desgranges et ses ouvriers.
Artistes Dessinateurs   : Charpentier, Castelli.
Artistes Graveurs   : Ottweil, Langlois…
Planeurs d’acier   : Héran et ses ouvriers.
Imprimeurs en taille-douce   : Drouart et ses ouvriers.
Fabricants pour les primes, Associations fraternelles d’horlogers et d’ouvriers en Bronze   : Boudry, Duchâteau, Deschiens…
Employés à l’administration   : Maubanc, Gavet, Berthier, Henri, Rostaing, Jamot, Blain, Rousseau, Toussaint, Rodier, Swinnens, Porcheron, Gavet fils, Dallet, Delaval, Renoux, de Paris   ; Giraudier   ; Bassin, de Lyon   ; Wellen, Bonniol, Etchegorey, Plantier, de Bordeaux…
La liste sera ultérieurement complétée dès que nos fabricants et nos correspondants des départements nous auront envoyé les noms des ouvriers et des employés qui concourent avec eux à la publication et à la propagation de l’ouvrage.
Le Directeur de l’Administration   : MAURICE LA CHATRE.
INTRODUCTION   : LE CASQUE DU DRAGON. – L’ANNEAU DE FORÇAT. ou LA FAMILLE LEBRENN. – 1848 – 1849.
CHAPITRE PREMIER.
Comment, en février 1848, M. Marik Lebrenn, marchand de toile, rue Saint-Denis, avait pour enseigne   : l’ Épée de Brennus . – Des choses extraordinaires que Gildas Pakou, garçon de magasin, remarqua dans la maison de son patron. – Comment, à propos d’un colonel de dragons, Gildas Pakou raconte à Jeanike, la fille de boutique, une terrible histoire de trois moines rouges, vivant il y a près de mille ans. – Comment Jeanike répond à Gildas que le temps des moines rouges est passé et que le temps des omnibus est venu. – Comment Jeanike, qui faisait ainsi l’esprit fort, est non moins épouvantée que Gildas Pakou à propos d’une carte de visite.
 
Le 23 février 1848, époque à laquelle la France depuis plusieurs jours et Paris surtout depuis la veille étaient profondément agités par la question des banquets réformistes, l’on voyait rue Saint-Denis, non loin du boulevard, une boutique assez vaste, surmontée de cette enseigne   :
M. Lebrenn, marchand de toile,
À l’Épée de Brennus.
En effet, un tableau assez bien peint représentait ce trait si connu dans l’histoire   : le chef de l’armée gauloise, Brennus , d’un air farouche et hautain, jetait son épée dans l’un des plateaux de la balance où se trouvait la rançon de Rome, vaincue par nos pères les Gaulois, il y a deux mille ans et plus.
On s’était autrefois beaucoup diverti, dans le quartier Saint-Denis, de l’enseigne belliqueuse du marchand de toile   ; puis l’on avait oublié l’enseigne, pour reconnaître que M. Marik Lebrenn était le meilleur homme du monde, bon époux, bon père de famille, qu’il vendait à juste prix d’excellente marchandise, entre autres de superbe toile de Bretagne, tirée de son pays natal. Que dire de plus   ? Ce digne commerçant payait régulièrement ses billets, se montrait avenant et serviable envers tout le monde, remplissait, à la grande satisfaction de ses chers camarades , les fonctions de capitaine en premier de la compagnie de grenadiers de son bataillon   ; aussi était-il généralement fort aimé dans son quartier, dont il pouvait se dire un des notables .
Or donc, par une assez froide matinée, le 23 février, les volets du magasin de toile furent, selon l’habitude, enlevés par le garçon de boutique, aidé de la servante, tous deux Bretons, comme leur patron, M. Lebrenn, qui prenait toujours ses serviteurs dans son pays.
La servante, fraîche et jolie fille de vingt ans, s’appelait Jeanike . Le garçon de magasin, nommé Gildas Pakou , jeune et robuste gars du pays de Vannes, avait une figure candide et un peu étonnée, car il n’habitait Paris que depuis deux jours   ; il parlait très-suffisamment français   ; mais dans ses entretiens avec Jeanike, sa payse , il préférait causer en bas-breton, l’ancienne langue gauloise, ou peu s’en faut (1) .
Nous traduirons donc l’entretien des deux commensaux de la maison Lebrenn.
Gildas Pakou semblait pensif, quoiqu’il s’occupât de transporter à l’intérieur de la boutique les volets du dehors   ; il s’arrêta même un instant, au milieu du magasin, d’un air profondément absorbé, les deux bras et le menton appuyés sur la carre de l’un des contrevents qu’il venait de décrocher.
– Mais à quoi pensez-vous donc là, Gildas   ? lui dit Jeanike.
– Ma fille, répondit-il d’un air méditatif et presque comique, vous rappelez-vous la chanson du pays   : Geneviève de Rustefan (2)   ?
– Certainement, j’ai été bercée avec cela   ; elle commence ainsi   :
Quand le petit Jean gardait ses moutons,
Il ne songeait guère à être prêtre.
– Eh bien, Jeanike, je suis comme le petit Jean… Quand j’étais à Vannes, je ne songeais guère à ce que je verrais à Paris.
– Et que voyez-vous donc ici de si surprenant, Gildas   ?
– Tout, Jeanike…
– Vraiment   !
– Et bien d’autres choses encore   !
– C’est beaucoup.
– Écoutez plutôt. Ma mère m’avait dit   : « Gildas, monsieur Lebrenn, notre compatriote, à qui je vends la toile que nous tissons aux veillées, te prend pour garçon de magasin. C’est une maison du bon Dieu. Toi, qui n’es guère hardi ni coureur, tu seras là aussi tranquille qu’ici, dans notre petite ville   ; car la rue Saint-Denis de Paris, où demeure ton patron, est une rue habitée par d’honnêtes et paisibles marchands. » – Eh bien, Jeanike, pas plus tard qu’hier soir, le second jour de mon arrivée ici, n’avez-vous pas entendu comme moi ces cris   : Fermez les boutiques   ! fermez les boutiques   !   !   ! Avez-vous vu ces patrouilles, ces tambours, ces rassemblements d’hommes qui allaient et venaient en tumulte   ? Il y en avait dont les figures étaient terribles avec leurs longues barbes… J’en ai rêvé, Jeanike   ! j’en ai rêvé   ?
– Pauvre Gildas   !
– Et si ce n’est que cela   !
– Quoi   ! encore   ? Avez-vous quelque chose à reprocher au patron   ?
– Lui   ! c’est le meilleur homme du monde… J’en suis sûr, ma mère me l’a dit.
– Et madame Lebrenn   ?
– Chère et digne femme   ! elle me rappelle ma mère par la douceur.
– Et mademoiselle   ?
– Oh   ! pour celle-là, Jeanike, on peut dire d’elle ce que dit la chanson des Pauvres (3)   :
Votre maîtresse est belle et pleine de bonté.
Et comme elle est jolie elle est aimable aussi.
Et c’est par là qu’elle est venue à bout de gagner tous les cœurs.
– Ah   ! Gildas, que j’aime à entendre ces chants du pays   ! Celui-là semble être fait pour mademoiselle Velléda, et je…
– Tenez, Jeanike, dit le garçon de magasin en interrompant sa compagne, vous me demandez pourquoi je m’étonne…… est-ce un nom chrétien que celui de mademoiselle, dites   ? Velléda   ! Qu’est-ce que ça signifie   ?
– Que voulez-vous   ? c’est une idée de monsieur et de madame.
– Et leur fils, qui est retourné hier à son école de commerce   ?
– Eh bien   ?
– Quel autre nom du diable a-t-il aussi celui-là   ? On a toujours l’air de jurer en le prononçant. Ainsi, dites-

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