40 idées fausses sur les requins , livre ebook
148
pages
Français
Ebooks
2020
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Publié par
Date de parution
03 décembre 2020
EAN13
9782759232192
Langue
Français
Poids de l'ouvrage
1 Mo
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Date de parution
03 décembre 2020
EAN13
9782759232192
Langue
Français
Poids de l'ouvrage
1 Mo
Table des matières
Couverture
40 idées fausses sur les requins
Préface
Avant-propos
1 Les requins sont des poissons osseux
Cartilage versus os
Du cartilage calcifié
2 Les requins ont des écailles
À quoi servent ces écailles placoïdes ?
3 Tous les requins ont des dents acérées
À chaque régime alimentaire son type de dents
Une autre utilité de la denture
4 Les requins ont le sang chaud
Quelques exceptions
5 Les requins ont une mauvaise vue
Comme tu as de grands yeux !
Les requins ne perçoivent pas les couleurs
6 Pour ne pas mourir, les requins doivent nager en continu
Nager pour ne pas couler
7 Les requins grognent lorsqu’ils chassent
Incapables de produire un son, mais pas de communiquer !
8 Le requin, un animal peu intelligent
Un cerveau dont la taille relative est comparable ou supérieure à celle d’autres animaux
Un répertoire comportemental qui suggère une forme d’intelligence
9 Les requins préfèrent les eaux chaudes
Une répartition globale
Un habitant des eaux glacées de l’Arctique
10 Les requins ont un grand appétit
Le caractère opportuniste de la prédation
11 Les requins ne mangent pas de végétaux
Des géants qui mangent du plancton
Des requins flexitariens…
12 Les requins ont toujours la même apparence
Des couleurs qui évoluent avec l’âge
Des changements de couleur plus éphémères
Des requins qui brillent dans l’obscurité
13 Il n’y a pas de requins sur les côtes françaises métropolitaines
14 Les requins n’ont pas de prédateurs
Les requins sont aussi des proies
Cannibalisme chez les requins
15 Une espèce de requin géant se cacherait dans les profondeurs
Des dents fossilisées comme seule preuve
Les folles rumeurs
Un requin de 20 mètres restant invisible et introuvable…
16 Les requins sont des prédateurs solitaires
De simples agrégations autour d’une ressource
Les requins peuvent développer des liens sociaux
Le bénéfice du groupe
17 Les requins ne vivent pas en eau douce
Un organisme peu adapté à l’eau douce
Les « requins des rivières »
Comment le requin bouledogue peut-il évoluer à la fois en mer et en eau douce ?
18 Les requins sont rapides et furtifs
Le champion des requins
Qui est le plus lent ?
19 Les requins ne peuvent sortir de l’eau
Un mode de chasse
Un moyen de se débarrasser des envahisseurs
Des champions du saut en hauteur
Une dépense d’énergie conséquente
20 Les requins deviennent fous à l’odeur du sang
Une goutte de sang à plusieurs kilomètres de distance ?
Le mythe du cycle menstruel féminin
21 Les requins prennent soin de leur progéniture
Pas de soins parentaux
Donner les meilleures chances avant la naissance
22 Tous les poissons sont des proies pour les requins
Le poisson pilote, un allié
Le rémora, un partenaire particulier
23 Le requin, animal le plus dangereux au monde
Peu d’espèces potentiellement dangereuses
Loin d’être les plus meurtriers
24 Les requins les plus gros sont les plus dangereux
Des géants mangeurs de plancton
25 Le grand requin blanc : un tueur en série
Tout a commencé dans le New Jersey en 1916
Le « requin voyou » tueur en série ?
Une thèse reprise et amplifiée par Les Dents de la mer
26 Les requins sont de plus en plus agressifs
Des statistiques à pondérer
Un impact du changement climatique ?
D’autres facteurs d’origine humaine
27 Les requins confondent les surfeurs avec leurs proies
Des enquêtes à la lumière de l’éthologie
Des morsures exploratoires ?
28 Éliminer les requins limite les attaques
De l’expérience d’Hawaii à celle de la Réunion
Quelques explications d’une certaine inefficacité
Deux hypothèses s’opposent
29 Le requin est consommable comme n’importe quel autre poisson
Une chair peu savoureuse
Un accumulateur de contaminants
30 Les requins sont craints partout dans le monde
Un lien entre les hommes et l’au-delà
Un symbole de force et de virilité
Acceptation et respect
31 Tous les requins sont menacés d’extinction
Certaines espèces se portent bien
La pêche durable des requins est-elle possible ?
Les requins pélagiques quasi tous menacés
32 Les populations de requins prolifèrent rapidement
Des traits de vie généralement peu propices à la prolifération
Différents modes de reproduction
33 Les réserves marines protègent efficacement les requins
Une relative inefficacité des sanctuaires pour requins
Des réserves trop petites
34 Les ailerons des requins repoussent lorsqu’on les coupe
De puissants pouvoirs de cicatrisation
35 La pêche sportive des requins est sans effet sur leurs populations
Un loisir déjà ancien
Un requin relâché est-il sain et sauf ?
36 Les requins ne sont pas touchés par le changement climatique
À la poursuite des proies vers les pôles
Survivre dans des océans acides
S’adapter pour survivre
37 Les requins ne sont pas indispensables à l’écosystème
Le contrôle de la chaîne alimentaire
Une contribution au cycle des nutriments…
… et à la limitation des effets du changement climatique
38 Les ailerons de requin ont des vertus anticancéreuses
Les requins peuvent avoir le cancer
Les requins peuvent aider à trouver des solutions contre le cancer
39 Nous n’avons rien à apprendre des requins
Dans le milieu médical
La bio-inspiration
40 Un requin est plus utile mort que vivant
Une valeur plus durable que le commerce d’ailerons
Remerciements
Bibliographie
Ouvrages de référence
Pour aller plus loin…
Crédits iconographiques
40 idées fausses sur les requins
Johann Mourier
Préface Laurent Ballesta
© éditions Quæ, 2020
ISBN papier : 978-2-7592-3218-5 ISBN PDF : 978-2-7592-3219-2 ISBN ePub : 978-2-7592-3220-8
Éditions Quæ RD 10 78026 Versailles Cedex
www.quae.com www.quae-open.com/
Pour toutes questions, remarques ou suggestions : quae-numerique@quae.fr
À mon fils Moana (« Océan » en tahitien), en espérant que ce livre contribuera à attiser sa curiosité envers le monde et à lui faire prendre conscience de l’importance de le protéger et de le transmettre aux générations futures.
Préface
Le jour s’achevait enfin. La mer avait quitté sa robe d’azur et de turquoise. Elle portait sa tenue de soirée, d’or et de rubis. Un pyjama aurait été un mauvais choix, eu égard au spectacle à venir. Johann Mourier et tous les plongeurs de l’équipe Gombessa, eux aussi, s’habillaient pour l’occasion. Combinaison rouge, scaphandre jaune : le dress-code exigé pour l’opéra sauvage que la nature allait bientôt livrer, tard dans la nuit, à l’heure où tous seraient déjà endormis. En 2014, les 15 habitants de l’îlot Tetamanu ignoraient encore ce qui se jouait à deux pas de chez eux, la nuit, dans les profondeurs de la passe, cet étroit chenal reliant l’océan au lagon de Fakarava, au cœur de la Polynésie française.
Le cérémonial d’avant-plongée avait donc commencé. Sans un mot, chacun vérifiait son scaphandre, ses éclairages, les caméras, mes boîtiers photos, et enfilait une combinaison encore humide de la journée passée. N’y tenant plus, je brisai le silence et posai la question :
Alors, dis-moi, combien ?
Ben, devine, dis un chiffre pour voir…
300 ?
700…
700 ?!
Oui, 705 exactement… plus ou moins 5 %… c’est la marge d’erreur qu’il faut prendre…
Ce chiffre que m’annonçait Johann était le résultat de ses comptages de l’espèce Carcharhinus amblyrhynchos , autrement dit le requin gris de récif. Patiemment, consciencieusement, il avait répété la délicate opération presque tous les jours depuis notre arrivée, quelques semaines auparavant. Il était ainsi parvenu à les dénombrer. C’était un record mondial en termes de densité pour cette espèce. Mais pour Johann, l’énormité du chiffre comptait moins que son exactitude. Mes camarades et moi étions excités par le résultat, Johann était satisfait par la méthode. Je compris ce soir-là que Johann était un vrai scientifique. Ses aspirations profondes venaient d’une soif de comprendre le vivant, pas d’une addiction à s’y confronter. Je voyais clairement qu’il savait dépasser l’aveuglement de la contemplation. Il cherchait à voir, pas à s’éblouir. Il s’évertuait à comprendre. Comme nous, il aimait les mystères du vivant, mais pour ce qu’ils offrent de questions complexes, non pas pour ce qu’ils provoquent de sensations faciles. Il s’intéressait à la vérité, fût-elle frustrante, et ne se contentait pas de croyances, fussent-elles grisantes.
Les croyances… Sitôt que soufflent les vents de l’ignorance et de la peur, les croyances s’embrasent. Dès lors, le requin possède ce qu’il faut pour alimenter le brasier des fantasmes les plus inquiétants : des mœurs dont les secrets restent entiers mais des mâchoires dont la réputation n’est plus à faire ; une nage furtive, indétectable, mais une puissance décisive, effroyable.
En dépit de leur réputation de prédateurs sans faille, les requins ne sont pas invulnérables. Leurs populations déclinent. Comble d’ironie, les espèces les plus grandes sont aussi les plus menacées. Surpêche, destruction des habitats, raréfaction de leurs ressources, tout cela fragilise l’avenir des squales. Cent millions pêchés chaque année, et trop rares sont les hommes et les femmes qui s’en soucient. Il y aurait d’ailleurs une raison plus psychologique à leur déclin. La peur des requins serait, nous dit-on, la raison de leur perte. On nous explique que puisqu’ils nous effraient, on ne les aime pas, et puisqu’on ne les aime pas, alors on les laisse se faire massacrer sans états d’âme, en particulier par une pêche industrielle bien plus violente et efficace que ne le sera jamais aucun requin.
Cette hypothèse du lien entre terreur et désamour fatal est tellement répandue qu’elle vaudrait la peine d’être remise en question. De nos jours, dans les tribus des peuples premiers, la peur du monde sauvage n’a pas pour conséquence l’envie de le détruire. Au contraire, cette peur engendre la fascination et le respect, faisant des créatures sauvages des divinités à vénérer. De