L’origine de cet ouvrage est le long votum présenté par l’auteur au groupe de consulteurs de la commission pontificale pour la révision du code de droit canonique, chargée d’examiner le projet de texte des canons sur les droits et les devoirs des fidèles et laïcs dans l’Église. Álvaro del Portillo abordait avec décision une problématique qui a été très présente dans les travaux du concile Vatican II : l’identité théologique et canonique de deux concepts, celui de fidèle et celui de laïc, d’ordinaire utilisés indifféremment dans le langage ecclésiastique, mais ontologiquement différents. Ce votum a exercé une influence déterminante sur la préparation du projet de nouvelle législation ecclésiastique. Del Portillo, […] se demandait: « […] Existe-t-il une vocation et une condition juridique spécifiques au laïc venant s’ajouter à sa vocation et à sa condition juridique générale de fidèle, de baptisé? » Il donnait […] une réponse résolument positive. La vocation du laïc est certainement la vocation du fidèle du Christ, du christifidelis, avec l’appel baptismal à la sainteté et à l’apostolat, mais vécue au beau milieu des structures et des circonstances ordinaires de la vie séculière. […] Il tint particulièrement compte de l’ecclésiologie de Vatican II, notamment de la constitution Lumen gentium, qui voyait dans la « sécularité » […] une composante théologique spécifique de l’identité du laïc chrétien […]. « De par leur vocation propre, il revient aux laïcs de chercher le royaume de Dieu en administrant les choses temporelles et en les ordonnant selon Dieu » (n° 31/b). L’auteur […] affirmait que les laïcs chrétiens en pleine communion ecclésiastique possédaient tous les droits et les devoirs qui leur revenaient en tant que « fidèles », mais il ajoutait qu’il fallait formuler aussi et séparément certains droits et devoirs spécifiques qui leur revenaient à titre de « fidèles laïcs ». Il n’est donc pas étonnant que ce votum ait exercé une influence sur la formulation définitive des canons visant les fidèles et les laïcs, aussi bien dans le Code de droit canonique promulgué en 1983 qu’indirectement sur le Code des canons des Églises orientales promulgué en 1990.