Syndrome des antisynthétases
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Syndrome des antisynthétases , livre ebook

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Description

Le syndrome des antisynthétases (SAS), décrit pour la première fois à la fin des années 1980, est une connectivite auto-immune qui a été caractérisée grâce à l’identification d’auto-anticorps spécifiques : les anticorps anti-aminoacyl-ARNt synthétases (Ac AS). Il s’agit d’un syndrome cliniquement hétérogène, affectant plus souvent les femmes (sex-ratio < 2,5), vers la cinquième décennie [6]. Bien qu’il n’y ait pas de critères internationaux de classification validés pour les SAS à ce jour, il est admis, depuis les descriptions initiales, qu’il associe principalement (dans plus de trois quarts des cas) une myopathie inflammatoire et une pneumopathie infiltrante diffuse (PID) [6]. Il représenterait près d’un tiers des myopathies inflammatoires, soit une prévalence estimée à 5/100 000.D’autres symptômes sont rapportés au cours du SAS, en fréquence variable : fièvre, atteinte articulaire, phénomène de Raynaud, mains de mécanicien, péricardite ou encore atteinte œsophagienne [6]. Des signes cliniques empruntés à la sclérodermie systémique ou au syndrome de Gougerot-Sjögren ne sont pas rares et font de ce syndrome une connectivite de chevauchement.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2019
Nombre de lectures 1
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,1250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

304133LVP_TDM_S15_P01_C03.fmPage1Tuesday,April30,20191:06PM
Chapitre S15-P01-C03 Syndrome des antisynthétases
B H APTISTE ERVIER
0030
3 0 C  1 0 P 5 S1
Le syndrome des antisynthétases (SAS), décrit pour la première fois à la fin des années 1980, est une connectivite auto-immune qui a été caractérisée grâce à l’identification d’auto-anticorps spécifiques : les anticorps anti-aminoacyl-ARNt synthétases (Ac AS). Il s’agit d’un syn-drome cliniquement hétérogène, affectant plus souvent les femmes (sex-ratio2,5), vers la cinquième décennie [6]. Bien qu’il n’y ait pas de critères internationaux de classification validés pour les SAS à ce jour, il est admis, depuis les descriptions initiales, qu’il associe principale-ment (dans plus de trois quarts des cas) une myopathie inflammatoire et une pneumopathie infiltrante diffuse (PID) [6]. Il représenterait près d’un tiers des myopathies inflammatoires, soit une prévalence estimée à 5/100 000. D’autres symptômes sont rapportés au cours du SAS, en fréquence variable : fièvre, atteinte articulaire, phénomène de Raynaud, mains de mécanicien, péricardite ou encore atteinte œsophagienne [6]. Des signes cliniques empruntés à la sclérodermie systémique ou au syn-drome de Gougerot-Sjögren ne sont pas rares et font de ce syndrome une connectivite de chevauchement. Huit Ac AS différents ont été successivement décrits en association à ce syndrome (Tableau S15-P01-C03-I) : ils sont dirigés contre des enzymes ubiquitaires, les aminoacyl-ARNt synthétases, qui catalysent l’attachement d’un acide aminé avec leur ARN de transfert correspon-dant. Ces auto-anticorps sont mutuellement exclusifs entre eux et leur prévalence est variable (voirS15-P01-C03-I). Le plus com- Tableau mun est l’anti-histidyl-ARNt synthétase ou anti-Jo1 : identifié dès 1976, il est retrouvé dans environ deux tiers des cas (soit près de 25% de l’ensemble des myopathie inflammatoire). Les autres spécificités sont plus rares. Parmi les huit spécificités antigéniques, dont on évoque la présence par l’existence d’une fluorescence cytoplasmique sur cel-lules Hep2, cinq peuvent être confirmées en routine par immuno-dot linéaire (voirS15-P01-C03-I). A ces anticorps « spécifiques Tableau des myosites » peuvent s’associer d’autres auto-anticorps, comme ceux retrouvés au cours de la sclérodermie systémique, du syndrome de
Tableau S15P01C03I
Spécificité des autoanticorps antiARNt synthétase Jo1 PL12 PL7 OJ
EJ KS YRS/Tyr/Ha Zo
S15P01C03  Syndrome des antisynthétases
Gougerot-Sjögren, du lupus érythémateux systémique ou même de la polyarthrite rhumatoïde [6, 9]. Dans ce chapitre, après avoir abordé les principes physiopatho-logiques actuellement connus, les différentes atteintes cliniques du SAS seront successivement exposées. Les grands principes thérapeu-tiques seront ensuite discutés.
Physiopathologie
Phénomènes immunologiques initiateurs
Actuellement, il existe un certain nombre d’arguments qui suggèrent que la maladie est initiée au niveau pulmonaire : les patients présentant un SAS seraient plus souvent exposés à différents facteurs d’environne-ment, dont le tabagisme, qui agiraient comme « détonateur » sur un ter-rain favorisant ou prédisposé. Ces facteurs pourraient être des « signaux de dangers » stimulant le système immunitaire inné. De plus, il a été démontré que la protéine antigénique histidyl-ARNt synthétase, contre laquelle sont dirigés les anticorps anti-Jo1, est exprimée dans le tissu pul-monaire dans une conformation particulière et différente de sa confor-mation dans les autres tissus [7]. Sous l’action d’enzymes protéolytiques, comme la granzyme B produite notamment par les cellules tueuses natu-relles (natural killer[NK]) et les lymphocytes T cytotoxiques, cette pro-téine peut être clivée et devenir immunogène [7] : les peptides générés agissent notamment comme des chimio-attractants pour les lympho-cytes T et les cellules dendritiques. De plus, certains de ces peptides peuvent induire, in vitro ou dans un modèle murin, l’activation du système immunitaire inné puis adaptatif, via les voies d’activation dépendantes des récepteurs Toll-like 2 et 4. Cette activation est plus marquée en présence de ligands de ces récepteurs Toll-like, comme le lipopolysaccharide, qui agit comme un signal de danger.
Profils cytokiniques et biomarqueurs sériques
L’activation du système immunitaire est marquée par une hyper-production de différentes cytokines, dont l’interféron. Il s’agit d’une cytokine clef produite majoritairement par les cellules dendritiques plasmacytoïdes, dont la production est augmentée dans bon nombre de maladies auto-immunes comme le lupus systémique. L’augmentation de cette cytokine est également rapportée au cours de différentes myo-pathies inflammatoires, mais sa signature est d’autant plus marquée
Les huit auto-anticorps anti-ARNt synthétase identifiés.
Cible antigénique
Histidyl Alanyl Thréonyl Isoleucyl
Glycyl Asparaginyl Tyrosyl Phénylalanyl
Prévalence au sein des myopathies inflammatoires (%) 20-25 5-10 5 1
1 < 1 < 1 < 1
Méthodes diagnostiques
Routine, ELISA, Luminex, DOT linéaire Routine, DOT linéaire Routine, DOT linéaire Routine, DOT linéaire, à confirmer par immunoprécipitation Routine, DOT linéaire Recherche, immunoprécipitation Recherche, immunoprécipitation Recherche, immunoprécipitation
S15P01C03
1
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