Sauver le médecin généraliste
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Sauver le médecin généraliste , livre ebook

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Description

Médecin de premier recours, de la prise en charge des malades chroniques, mais aussi médecin de la prévention des risques, le généraliste est cet homme ou cette femme de science et de confiance, dévoué et disponible pour chaque malade. Mais le nombre des généralistes diminue chaque année. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi de plus en plus de patients se plaignent-ils de ne pas être soignés comme des personnes uniques ? Faut-il être inquiet pour l’avenir de cette profession ? Pourquoi les étudiants en médecine ne veulent plus être, pour la plupart, généralistes ? Ce livre, écrit par un professeur de médecine et un médecin généraliste, dresse un état des lieux et n’élude aucune difficulté. Il formule des solutions novatrices pour une médecine exigeante et humaine, science et art de soigner chaque malade de façon personnalisée. Sauver le médecin généraliste, pilier et avenir de la médecine, un enjeu majeur pour la société et une raison d’espérer pour le malade. Le Pr Patrice Queneau est membre de l’Académie nationale de médecine, doyen honoraire de la faculté de médecine de Saint-Étienne, auteur de Soulager la douleur et de Le malade n’est pas un numéro. Le Dr Claude de Bourguignon a été médecin généraliste pendant plus de quarante ans. Il est invité de la Commission XVI de l’Académie nationale de médecine.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 25 octobre 2017
Nombre de lectures 4
EAN13 9782738139061
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0900€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

© O DILE J ACOB , OCTOBRE  2017 15, RUE S OUFFLOT , 75005 P ARIS
www.odilejacob.fr
ISBN : 978-2-7381-3906-1
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
À Hippocrate et à ses disciples passés, présents et à venir.
« Les médecins doivent développer et entretenir parallèlement deux têtes : l’une, scientifique, l’autre, empirique. Cette exigence résulte de la nécessité de solliciter à la fois la raison et l’expérience, d’appréhender tout autant le général et le particulier, la notion stable et la mouvance de la singularité, la maladie et la personne souffrante. »
Michel S ERRES , membre de l’Académie française 1 . « L’éducation médicale vue par un philosophe », Conférence 135, Revue internationale francophone d’éducation médicale.
Avertissement aux lecteurs

Au sortir de l’Académie nationale de médecine, mon ami Claude de Bourguignon, médecin généraliste récemment retraité, m’a demandé si j’accepterais de participer à la rédaction d’un livre destiné à valoriser le médecin généraliste.
Doyen honoraire de la faculté de médecine de Saint-Étienne (1979-1997) et passionné par les enjeux de la médecine générale (notamment la formation), j’ai accepté aussitôt avec enthousiasme d’autant que j’avais déjà pris grand plaisir à rédiger en 2010 un livre intitulé Être médecin à Villiers-le-Bel, une éthique au quotidien. Hommage au docteur Lionel Bécour 2 .
En fait, le docteur Claude de Bourguignon et moi participons de longue date à la Commission de l’Académie nationale de médecine « Parcours et organisations des soins » constituée à parts égales d’académiciens et de médecins généralistes depuis sa création par notre regretté ami le professeur Pierre Ambroise-Thomas, président honoraire de l’Académie nationale de médecine.
Ce livre est donc le fruit d’une longue collaboration entre un médecin généraliste et un universitaire, tous deux déterminés à valoriser le médecin généraliste, et même à le sauver dans le contexte difficile qui est le sien aujourd’hui.
Patrice Q UENEAU .
Préface

S’il est unanimement admis que la place de la médecine générale doit rester numériquement la première au sein de notre système de santé, on constate malheureusement un désintérêt des jeunes médecins pour cette discipline.
Cette situation est d’autant plus paradoxale que la médecine générale a désormais une reconnaissance universitaire avec la nomination de professeurs d’université praticiens ambulatoires (PUPA) mettant la médecine générale sur un pied d’égalité avec les spécialités médicales. Malgré nombre de colloques, de réunions, de rapports, le problème n’est pas résolu. Il n’était donc pas inutile d’y consacrer un ouvrage original comme nous le proposent Patrice Queneau et Claude de Bourguignon. Original ? Oui, car s’associent dans cette démarche un hospitalo-universitaire et un généraliste de terrain. Cette collaboration émane directement de l’activité de la Commission XVI de l’Académie nationale de médecine créée selon le concept de notre ami Pierre Ambroise-Thomas qui, dès 2002, avait mis en place un groupe de travail constitué de généralistes et d’académiciens en nombre égal. La disparition prématurée de Pierre Ambroise-Thomas m’a conduit, selon le désir qu’il avait exprimé, à assumer la présidence de cette Commission pour assurer la permanence de son œuvre. C’est dire que la demande de nos deux confrères s’inscrit dans le même esprit qui a été celui de notre groupe depuis quinze années de travail en commun.
Assurer au médecin généraliste la place qu’il mérite est un objectif ambitieux car il suppose de franchir de nombreux obstacles. Personnellement, je classerais volontiers en trois catégories les impératifs de succès :
1 . Préserver et améliorer les conditions d’un exercice libéral dont la nécessité n’est pas discutable.
2 . Assurer aux patients une amélioration du service rendu sans surcoût rédhibitoire mais en offrant aux médecins généralistes une rémunération décente.
3 . Améliorer la formation initiale des médecins généralistes autant que celle de l’ensemble des spécialistes.
Sans entrer dans une analyse détaillée du livre de nos confrères, on peut constater qu’ils se sont efforcés de relever ces trois défis.
Le grand public est peut-être plus conscient que les décideurs politiques, hantés par les considérations d’équilibre économiques, des difficultés considérables du métier de médecin et particulièrement de celui de généraliste. Sans exhaustivité on peut citer : la longueur des études médicales et la sélection drastique qui permet d’y accéder, la lourdeur des tâches imposées par une profession certes exaltante mais dévorante et ne laissant jamais l’esprit en repos, l’anxiété de devoir faire des choix et d’assumer les responsabilités mettant en jeu la vie des malades, la nécessité d’une mise à jour permanente des compétences en fonction des progrès techniques incessants. On pourrait y ajouter, ce dont seuls sont conscients les médecins, les contraintes administratives qui réduisent de plus en plus le temps consacré aux patients alors que c’est évidemment la motivation essentielle qui a conduit au choix de cette profession.
Conscients des grandeurs et des servitudes du métier de généraliste, nos auteurs nous suggèrent d’éventuels remèdes sans en sous-estimer les difficultés.
Une analyse objective et approfondie, le sérieux d’une expérience basée sur des décennies, la connaissance parfaite de l’environnement médical, paramédical et administratif, l’évaluation correcte du contexte socioculturel dans lequel exerce le généraliste, tout cela a permis à Claude de Bourguignon d’établir un bilan précis de ce que les généralistes peuvent espérer ou réclamer aux pouvoirs publics.
Réformer ou plutôt refonder totalement l’enseignement de la médecine et les méthodes de sélection actuellement basées sur une véritable dictature des mathématiques, c’est la base de réflexion de Patrice Queneau. On retrouve sous sa plume les qualités littéraires bien connues et même un brin de poésie, ce qui permet au lecteur averti de ne pas prendre à la lettre et au premier degré toutes ses propositions dont certaines peuvent nous heurter de front comme la sélection, dès le concours d’entrée, d’une filière de médecine générale. Plus important est d’éveiller l’intérêt du lecteur, même par le biais d’une éventuelle controverse, car c’est presque toujours de la confrontation d’idées contradictoires que vient le progrès. Queneau l’a si bien compris qu’il a pu réaliser à Saint-Étienne la création et le développement impressionnant d’un CHU moderne qui ne peut que soulever l’enthousiasme des médecins qui l’ont visité. C’est certainement la matérialisation spectaculaire d’une pensée ni dogmatique ni conformiste d’une remarquable efficacité.
Mais la grande leçon qu’il faut retenir de l’œuvre de nos deux auteurs est quasi philosophique : c’est la supériorité de l’homme sur la machine et de la pensée sur les attitudes imposées. En médecine, cela se traduit par la primauté de la clinique, ce qui n’est pas une attitude rétrograde mais le retour justifié aux fondamentaux.
La biotechnologie séduit à juste titre les jeunes médecins et continue à émerveiller les anciens qui sont peut-être plus aptes à mesurer le chemin parcouru. Mais la science doit rester au service de l’art, et la technique la plus séduisante peut devenir rapidement obsolète. C’est toujours au serment d’Hippocrate, prêté le jour de notre thèse, qu’il faut se référer. Si l’on ne perd pas de vue la primauté du malade sur la maladie, on écarte à la fois le risque d’une dérive scientiste tout en se pliant à la nécessité d’une bonne intégration des techniques de pointe dans la médecine quotidienne. La vulgarisation de la science et parallèlement la baisse du coût des techniques modernes sont les conditions indispensables à une pratique médicale rationnelle efficace.
Professeur Pierre G ODEAU , membre de l’Académie nationale de médecine.
Introduction

Médecin de premier recours, de la prise en charge des malades chroniques, mais aussi médecin de la prévention des risques, le généraliste est cet homme de science et de confiance, dévoué et disponible à chaque malade. Il est celui ou celle à qui celui-ci peut parler. Il est l’une des seules personnes qui sachent aujourd’hui consacrer du temps et de l’écoute, un regard attentif, du respect et de l’empathie à l’égard de celui qui souffre.
Ce livre salue les immenses progrès de la science médicale incluant les révolutions technologiques que sont le numérique, les algorithmes, les big data, les robots, l’intelligence artificielle, la télémédecine, etc.
Toutes ces avancées doivent être encouragées et… utilisées au bénéfice des malades, dans le cadre de stratégies de diagnostics et de traitements qui devront toujours rester personnalisées à chaque malade, fût-il davantage connecté et « augmenté », selon ce mot à la mode.
Pour ce faire, il y aura toujours besoin de médecins, personnes sensibles, personnes d’écoute de la souffrance et de l’indicible.
Le généraliste est là pour mettre de l’humain au cœur de la médecine, pour apporter au malade soulagement, réconfort, espoir du premier au dernier jour.
Or le nombre des généralistes diminue chaque année : moins 8 % en dix ans en France alors que l’actuel stupide concours d’entrée en médecine sélectionne des étudiants qui, pour la plupart, ne

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