Rosacée
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Description

La rosacée est une maladie cutanée et oculaire, caractérisée par une dermatose centrofaciale, comprenant toujours un érythème. La rougeur du visage est la composante essentielle de la rosacée.Épidémiologie [1]La rosacée prédomine nettement chez la femme, avec un sex-ratio d’environ 2 femmes pour 1 homme. Elle débute très rarement dans l’enfance, mais beaucoup plus souvent à partir de la troisième ou quatrième décennie. Le pic d’incidence se situe vers la cinquantaine, soit aux environs de la ménopause chez la femme, bien qu’il n’y ait pas de relation avec celle-ci.La prévalence est variable suivant les pays, mais plus importante dans les pays du Nord ; elle est estimée à 1 à 3 % dans les pays occidentaux, pouvant aller jusqu’à 8 à 10 % dans les pays nordiques.La rosacée prédomine nettement chez les patients ayant la peau claire, les yeux bleus, et une capacité limitée à bronzer (« malédiction des Celtes »). Il y a de ce fait une prédisposition familiale (phototype clair), avec des antécédents familiaux dans plus d’un tiers des cas. Le tabagisme semble plutôt un facteur protecteur, sans doute en raison de son effet vasoconstricteur.

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Date de parution 01 janvier 2019
Nombre de lectures 0
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,1250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

1
Dermatologie
Chapitre S19-P03-C03 Rosacée
B C ERNARD RIBIER
3 0 C 3- 0 P - 19 S
03 03C 19P S
La rosacée est une maladie cutanée et oculaire, caractérisée par une dermatose centrofaciale, comprenant toujours un érythème. La rou-geur du visage est la composante essentielle de la rosacée.
Épidémiologie[1]
La rosacée prédomine nettement chez la femme, avec un sex-ratio d’environ 2 femmes pour 1 homme. Elle débute très rarement dans l’enfance, mais beaucoup plus souvent à partir de la troisième ou qua-trième décennie. Le pic d’incidence se situe vers la cinquantaine, soit aux environs de la ménopause chez la femme, bien qu’il n’y ait pas de relation avec celle-ci. La prévalence est variable suivant les pays, mais plus importante dans les pays du Nord ; elle est estimée à 1 à 3 % dans les pays occi-dentaux, pouvant aller jusqu’à 8 à 10 % dans les pays nordiques. La rosacée prédomine nettement chez les patients ayant la peau claire, les yeux bleus, et une capacité limitée à bronzer (« malédiction des Celtes »). Il y a de ce fait une prédisposition familiale (phototype clair), avec des antécédents familiaux dans plus d’un tiers des cas. Le tabagisme semble plutôt un facteur protecteur, sans doute en raison de son effet vasoconstricteur.
Aspects cliniques
On distingue plusieurs formes cliniques [7], l’idée traditionnelle de « stades » étant abandonnée.
Forme érythématotélangiectasique
Cette forme est la plus fréquente. Elle se caractérise par un érythème permanent centrofacial touchant le front et le nez (Figure S19-P03-C03-1a), les joues et le menton, mais épargnant au contraire le pour-tour de la bouche et des yeux. On y voit à un degré variable des télan-giectasies (Figure S19-P03-C03-1b). Ces patients peuvent avoir des bouffées vasomotrices, qui ont parfois précédé l’apparition de la rou-geur ; elles sont déclenchées par les changements de température, l’absorption de boissons et d’aliments chauds ou encore d’alcool. La rougeur chronique diffuse ou érythrose, de localisation centrofa-ciale, est le critère diagnostique principal. Il peut s’y ajouter plus rare-ment un œdème, qualifié parfois de solide, qui touche les mêmes zones.
Forme papulopustuleuse
Dans cette forme, il y a un fond érythémateux, sur lequel se déve-loppent des papules et des pustules (Figure S19-P03-C03-1c), de façon capricieuse, sans facteur déclenchant évident. Ces lésions sont de petite taille, folliculaires ou non, et peuvent être très nombreuses.
S19P03C03
Forme hypertrophique
Cette forme moins fréquente touche essentiellement les hommes, contrairement aux autres sous-types. Il s’agit surtout du rhinophyma (Figure S19-P03-C03-1d), qui consiste en un épaississement progres-sif des téguments de la pyramide nasale, avec des orifices folliculaires béants, une fibrose, et des éléments pseudo-tumoraux pouvant défor-mer complètement le nez. Plus rarement, les mêmes phénomènes hypertrophiques peuvent être observés sur les joues, le menton, les paupières ou le front.
Signes oculaires[5]
Quelle que soit la forme clinique, on peut voir associés des symp-tômes oculaires à type de brûlures, de sensation de corps étranger ou de photophobie. Les atteintes les plus fréquentes sont les blépharites et les conjonctivites et plus rarement une atteinte de la cornée, qui peut parfois être grave. Dans la majorité des cas, l’atteinte oculaire est concomitante des signes cutanés ; dans environ 20 % des cas, elle peut être isolée au départ. Il y a toujours une sécheresse oculaire, mesurable par le test de Schirmer.
Hypersensibilité et signes fonctionnels
Dans toutes les formes de la rosacée, il y a une sensibilité anormale des téguments : tout topique appliqué sur le visage peut entraîner des sensations de brûlures, de tension ou d’inconfort cutané. Les bouffées vasomotrices se caractérisent par une sensation de chaleur désagréable, avec érythème paroxystique qui est redouté par les patients. Ces phé-nomènes entraînent souvent une thermophobie et les patients sont limités dans les activités sportives, de même qu’ils évitent souvent les endroits très chauds. La rosacée a un impact notable sur la qualité de vie, pouvant aller jusqu’à des signes dépressifs. Le visage rouge est toujours très mal vécu, principalement par les femmes, car il est traditionnellement associé à un préjugé alcoolique. Il n’y a pas de lien significatif entre l’alcoolisme et la rosacée. Les migraines sont significativement associées à la mala-die, surtout chez les femmes.
Diagnostic différentiel
On doit distinguer la rosacée des autres maladies avec érythème facial, notamment le lupus érythémateux, qui ne s’accompagne pas de bouffées vasomotrices et n’est quasiment jamais pustuleux sur le visage. Il n’y a pas de photosensibilité dans la rosacée, même si les lésions peuvent être aggravées par l’exposition solaire. La biopsie [3] montre l’absence d’atrophie ou d’agression de la jonction dermo-épidermique dans la rosacée. La dermatite séborrhéique est plus squameuse et touche le cuir che-velu, mais rosacée et dermatite séborrhéique peuvent coexister dans la « dermatose mixte du visage » (Figure S19-P03-C03-2). La forme papulopustuleuse doit être distinguée de l’acné, qui sur-vient plus tôt dans la vie et comprend toujours des éléments rétention-nels. Les localisations de l’acné sont plus étendues sur le visage et le tronc, et il n’y a pas d’érythème de fond avec télangiectasies.
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