Mémoire
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Description

La mémoire peut se définir comme le système fonctionnel qui permet d’enregistrer, de conserver et de rappeler des données dans un système physique, le cerveau. Dans la littérature psychologique, le terme de « capacités » ou de « fonctions » mnésiques est préféré à celui de « mémoire » (au singulier). Ce terme pluriel a l’avantage de mettre l’accent sur l’hétérogénéité et la multiplicité des processus qui interviennent dans la fonction appelée mémoire et qui la structurent.La littérature actuelle emploie une terminologie qui désigne de façon précise ces différents intervenants. Lors de processus pathologiques, chacun d’entre eux peut être le niveau exclusif ou prédominant de l’atteinte fonctionnelle. Il est donc utile de connaître la signification précise des termes les plus fréquemment rencontrés.Le terme de mémoire à court terme désigne classiquement le stockage transitoire (15 à 20 secondes) des informations dans une zone tampon de capacité limitée. Cette capacité est mesurée par exemple par l’empan chiffré, valeur de la plus grande série de chiffres d’une unité que l’on peut restituer dans l’ordre immédiatement après sa présentation (habituellement autour de 9 pour un sujet jeune). Le terme de mémoire à court terme tend à être remplacé par celui de mémoire de travail (working memory en anglais). Ce terme désigne un concept plus complexe. Il s’agit d’une « mémoire en ligne », un compartiment mnésique permettant le maintien, pendant un temps limité, des données soit en vue de leur conditionnement pour le passage en mémoire à long terme, soit de façon à les manipuler ou les utiliser dans un intervalle bref nécessaire à l’aboutissement d’une tâche.La mémoire à long terme représente le stockage définitif, de capacité et de durée théoriquement illimitées. Le passage de l’une à l’autre (l’encodage), parfois automatique, implique habituellement des stratégies volontaires. Le maintien en mémoire à long terme impose un processus de consolidation de la trace mnésique. Une altération du processus de consolidation entraîne un oubli.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2019
Nombre de lectures 3
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,1250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

1
Neurologie
Chapitre S14-P01-C09 Mémoire
S B ERGE AKCHINE
Rappels et terminologie[2]
9 C0 - 1 0 -P 4 S1
C09 P01 4 1 S
La mémoire peut se définir comme le système fonctionnel qui per-met d’enregistrer, de conserver et de rappeler des données dans un sys-tème physique, le cerveau. Dans la littérature psychologique, le terme de « capacités » ou de « fonctions » mnésiques est préféré à celui de « mémoire » (au singulier). Ce terme pluriel a l’avantage de mettre l’accent sur l’hétérogénéité et la multiplicité des processus qui inter-viennent dans la fonction appelée mémoire et qui la structurent. La littérature actuelle emploie une terminologie qui désigne de façon précise ces différents intervenants. Lors de processus pathologiques, chacun d’entre eux peut être le niveau exclusif ou prédominant de l’atteinte fonctionnelle. Il est donc utile de connaître la signification précise des termes les plus fréquemment rencontrés. Le terme demémoire à court termedésigne classiquement le stockage transitoire (15 à 20 secondes) des informations dans une zone tampon de capacité limitée. Cette capacité est mesurée par exemple par l’empan chiffré, valeur de la plus grande série de chiffres d’une unité que l’on peut restituer dans l’ordre immédiatement après sa présentation (habi-tuellement autour de 9 pour un sujet jeune). Le terme de mémoire à court terme tend à être remplacé par celui demémoire de travail(wor-king memoryen anglais). Ce terme désigne un concept plus complexe. Il s’agit d’une « mémoire en ligne », un compartiment mnésique per-mettant le maintien, pendant un temps limité, des données soit en vue de leur conditionnement pour le passage en mémoire à long terme, soit de façon à les manipuler ou les utiliser dans un intervalle bref nécessaire à l’aboutissement d’une tâche. Lamémoire à long termereprésente le stockage définitif, de capacité et de durée théoriquement illimitées. Le passage de l’une à l’autre (l’encodage), parfois automatique, implique habituellement des straté-gies volontaires. Le maintien en mémoire à long terme impose un pro-cessus deconsolidation de la trace mnésique. Une altération du processus de consolidation entraîne un oubli. Uneamnésie antérogradecorrespond à l’incapacité à mémoriser de nouvelles informations (c’est-à-dire présentées après l’installation des troubles mnésiques). Il peut s’agir soit d’une difficulté à fixer les infor-mations en mémoire à long terme (défaut d’encodage et/ou de conso-lidation), soit à extraire (à rappeler) de la mémoire à long terme une information qui y a été fixée. Uneamnésie rétrogradedésigne l’incapa-cité à rappeler des souvenirs anciens (c’est-à-dire acquis avant l’instal-lation des troubles mnésiques). Lorsque les deux types d’amnésie sont associés, on parle d’amnésie globale. D’autres termes viennent préciser la nature du matériel à mémoriser. Ainsi distingue-t-on entremémoire verbalepréférentielle- (encodage ment verbal) etmémoire visuospatiale(encodage non verbal). La pre-mière est sous la dépendance de l’activité hémisphérique gauche, la seconde de l’activité droite. Il faut aussi distinguer entremémoire expli-citeetmémoire implicite(ou procédurale). La mémoire explicite est la mémoire du « savoir dire ». C’est la mémoire qui s’exprime, au
S14P01C09
moment de son utilisation, par des mots ou des images accessibles à la conscience. Son emploi est le plus souvent volontaire. La façon la plus classique de l’améliorer est la présentation répétée des stimuli à mémo-riser. La mémoire implicite est la mémoire du « savoir faire ». C’est une mémoire mise en route de façon automatique, inconsciente, qui ne s’exprime pas par des mots ou des images mais par la mise en évidence d’une compétence. Par exemple, un automobiliste, pour conduire sa voiture tout en menant une conversation, utilise sa mémoire procédu-rale. Cette mémoire, qui est également améliorée par la répétition, peut être aussi mise en jeu par l’amorçage(primingen anglais), c’est-à-dire la familiarisation préalable avec des stimuli. Ces deux modes de mémorisation correspondent à des situations fonctionnelles et des sup-ports anatomiques différents. La mémoire explicite fait appel pour son acquisition et son rappel aucircuit hippocampo-mamillo-thalamo-cortical (circuit dit de Papez). La mémoire implicite impliquerait les noyaux gris centraux, notamment le striatum. Il est donc possible d’observer une atteinte dissociée de ces deux modes mnésiques. Il faut encore opposer lamémoire épisodique et lamémoire séman-tique. La première traite les expériences spécifiquement personnelles. Les souvenirs sont codés avec une référence spatiale et temporelle. C’est typiquement le support de la mémoire biographique et narrative. La mémoire sémantique, organisée de façon symbolique, est la mémoire partagée par les membres d’une même société, la mémoire des faits de connaissance générale ou d’acquisition didactique. Toute-fois, une information épisodique peut acquérir une valeur sémantique par sa répétition et son partage avec d’autres. Les lobes frontaux semblent intervenir de façon importante dans la mémoire épisodique, alors qu’un fonctionnement sémantique normal exige l’intégrité des lobes temporaux.
Examen d’un patient présentant des troubles mnésiques[2]
Il doit comporter les étapes suivantes.
Interrogatoire
Il est utile de questionner séparément un informant familial afin d’obtenir une histoire de l’évolution des troubles, et de préciser quelques faits biographiques sur lesquels il sera possible d’interroger dans un second temps le patient. On s’informe ainsi sur : – le terrain : latéralisation manuelle, niveau de scolarisation et de réussite professionnelle, niveau d’implication des facultés mnésiques dans la vie professionnelle ; – les antécédents pathologiques, en particulier neurologiques (acci-dent vasculaire cérébral, traumatismes…) et psychiatriques (dépres-sion, anxiété…) ; – les comportements toxicomaniaques (alcool, drogues…) ; – la liste exhaustive de tous les médicaments actuels ou consommés dans la période des trois mois ayant précédé la survenue des troubles mnésiques ; – le mode d’installation et l’évolution des troubles mnésiques (tran-sitoires et permanents, d’installation aiguë/subaiguë ou progressive) ; – la nature des troubles de mémoire, leur caractère isolé ou non : amnésies pures ou associées à d’autres troubles cognitifs, amnésies glo-bales ou dissociées ;
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