Maladie de Parkinson et syndromes parkinsoniens
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Description

La maladie de Parkinson, deuxième cause de handicap chez le sujet âgé, atteint en moyenne deux sujets pour 1 000 avec un sur-risque masculin. La grande majorité des cas survient entre 40 et 70 ans avec un âge de début moyen de 55 ans. Au cours des quinze dernières années, de nombreux gènes dont les mutations sont associées à des formes autosomiques dominantes (par exemple LRRK2 et SNCA) ou récessives (par exemple Parkin, DJ1, Pink1) de la maladie ont été identifiés. Si la fréquence de ces formes monogéniques reste rare, des études récentes ont souligné le rôle majeur de l’accumulations de plusieurs polymophismes portant individuellement un sur-risque faible de développer la maladie. L’hérédité semble donc jouer un rôle important dans l’étiopathogénie de la maladie de Parkinson même si d’autres facteurs, notamment environnementaux, interviennent. Les facteurs environnementaux retrouvés le plus souvent en association à la maladie de Parkinson sont l’exposition, du fait d’un mode de vie rural, à des pesticides (herbicides ou insecticides), la consommation d’eau de puits et le fait de ne pas fumer. Un syndrome parkinsonien toxique induit par le MPTP ((1-méthyl-4-phényl-1,2,3,6-tétrahydropyridine) constitue le modèle expérimental chez le singe, avec une toxicité quasi élective pour les neurones dopaminergiques. Les symptômes cliniques (akinésie, rigidité, tremblement de repos) sont la conséquence d’une destruction massive des neurones mélanisés dopaminergiques de la pars compacta de la substantia nigra (qui projette essentiellement sur le striatum). Cette perte neuronale a pour conséquence une dégénérescence de la voie dopaminergique nigrostriatale. Le profil évolutif de la maladie de Parkinson a été transformé par l’utilisation de la L-dopa et des autres traitements dopaminergiques, qui rétablissent une transmission dopaminergique proche de la normale. Malgré l’efficacité de ces traitements, après quelques années, surviennent des fluctuations motrices et des dyskinésies. À un stade plus tardif, après 10 ans d’évolution, apparaissent des signes tels qu’une instabilité posturale, des troubles de la marche et une détérioration intellectuelle. Ces signes résistent au traitement dopaminergique car ils sont, pour l’essentiel, liés à des lésions non dopaminergiques plus diffuses.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2019
Nombre de lectures 7
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,1250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Chapitre S14-P03-C22
Maladie de Parkinson et syndromes parkinsoniens
D G , J -C C , M -L W , AVID RABLI EAN HRISTOPHE ORVOL ARIE AURE ELTER ANDREASHARTMANN, BERTRANDDEGOS, MARIEVIDAI LHET
-C22 03 -P 14 S
22CS14-P03-
La maladie de Parkinson, deuxième cause de handicap chez le sujet âgé, atteint en moyenne deux sujets pour 1 000 avec un sur-risque masculin. La grande majorité des cas survient entre 40 et 70 ans avec un âge de début moyen de 55 ans. Au cours des quinze dernières années, de nombreux gènes dont les mutations sont associées à des formes autosomiques dominantes (par exempleLRRK2etSNCA)ou récessives (par exempleParkin,DJ1,Pink1)de la maladie ont été iden-tifiés. Si la fréquence de ces formes monogéniques reste rare, des études récentes ont souligné le rôle majeur de l’accumulations de plusieurs polymophismes portant individuellement un sur-risque faible de déve-lopper la maladie. L’hérédité semble donc jouer un rôle important dans l’étiopathogénie de la maladie de Parkinson même si d’autres fac-teurs, notamment environnementaux, interviennent. Les facteurs environnementaux retrouvés le plus souvent en association à la maladie de Parkinson sont l’exposition, du fait d’un mode de vie rural, à des pesticides (herbicides ou insecticides), la consommation d’eau de puits et le fait de ne pas fumer. Un syndrome parkinsonien toxique induit par le MPTP ((1-méthyl-4-phényl-1,2,3,6-tétrahydropyridine) consti-tue le modèle expérimental chez le singe, avec une toxicité quasi élec-tive pour les neurones dopaminergiques. Les symptômes cliniques (akinésie, rigidité, tremblement de repos) sont la conséquence d’une destruction massive des neurones mélanisés dopaminergiques de la pars compacta de la substantia nigra (qui projette essentiellement sur le striatum). Cette perte neuronale a pour conséquence une dégénéres-cence de la voie dopaminergique nigrostriatale. Le profil évolutif de la maladie de Parkinson a été transformé par l’utilisation de la L-dopa et des autres traitements dopaminergiques, qui rétablissent une transmis-sion dopaminergique proche de la normale. Malgré l’efficacité de ces traitements, après quelques années, surviennent des fluctuations motrices et des dyskinésies. À un stade plus tardif, après 10 ans d’évo-lution, apparaissent des signes tels qu’une instabilité posturale, des troubles de la marche et une détérioration intellectuelle. Ces signes résistent au traitement dopaminergique car ils sont, pour l’essentiel, liés à des lésions non dopaminergiques plus diffuses.
Lésions cérébrales
Les lésions intéressent surtout les formations pigmentées de la partie haute du tronc cérébral, avant tout la substantia nigra qui envoie des axones vers le striatum (voie dopaminergique nigrostriatale) et l’aire tegmentoventrale (à l’origine de la voie dopaminergique méso-cortico-limbique). La perte des neurones dopaminergiques est la lésion la plus manifeste ; elle est massive et relativement sélective dans la maladie de Parkinson. Les lésions associées sont une gliose astrocytaire et la pré-sence de corps de Lewy (corpuscule éosinophile présent dans les neu-
S14P03C22  Maladie de Parkinson et syndromes parkinsoniens
rones dopaminergiques encore épargnés et mis en évidence par des immunomarquages par des anticorps anti-ubiquitine et-synucléine). La perte de neurones dopaminergiques est variable selon les groupes cellulaires : dans la substantia nigra, les neurones de la voie nigrostria-tale, se projetant sur la partie « sensorimotrice » du putamen sont les plus touchés (– 85 %), alors que la perte est plus modérée pour les neu-rones de la voie mésocortico-limbique, se projetant vers des aires plus « cognitives », tels que le noyau accumbens (– 75 %) et le noyau caudé. Les neurones de l’aire rétrorubrale sont moins atteints et ceux de la substance grise péri-acqueducale sont pratiquement respectés (– 7 %). Des lésions non dopaminergiques, moins sévères, sont aussi obser-vées : neurones noradrénergiques (locus cœruleus), sérotoninergiques (noyaux du raphé), cholinergiques (nucleus de Meynert et noyau teg-mento-pédonculo-pontin), noyau dorsal du vague. Ces lésions sont variables en distribution et en sévérité d’un patient à l’autre et pour-raient rendre compte de certaines particularités cliniques (troubles cognitifs, troubles posturaux). Bien que les lésions soient essentielle-ment sous-corticales, une atteinte corticale peut être présente dans les formes de maladie de Parkinson évoluées ou avec démence, et dans la maladie des corps de Lewy diffus. Des travaux récents suggèrent que la distribution topographique des inclusions riches en-synucléine pro-gresse selon une évolution ascendante : le bulbe olfactif et le noyau dorsal du vague seraient atteints à un stade précoce puis les lésions s’étendraient au mésencéphale au diencéphale et tardivement au cor-tex. Cette progression des lésions pourrait rendre compte de l’évolu-tion clinique de la maladie, de la phase prodromale précédent l’apparition des signes cardinaux jusqu’aux stades tardifs.
Anomalies fonctionnelles du circuit des ganglions de la base
Les symptômes cardinaux de la maladie de Parkinson sont sous-ten-dus par des perturbations de l’activité neuronales au sein des différents circuits fonctionnels des ganglions de la base. Une modélisation sim-plifiée, mais heuristique puisqu’elle est à la base de la chirurgie fonc-tionnelle de la maladie de Parkinson, représente chaque structure comme une boîte et les connexions excitratices ou inhibitrices comme des flèches. Ce modèle s’intéresse donc aux variations de la fréquence moyenne de décharge de chaque noyau en relation avec l’état clinique (Figure S14-P03-C22-1). Chez lesujet normal, le striatum reçoit des projections excitatrices du cortex moteur primaire et du cortex prémo-teur (aire motrice supplémentaire). Le putamen projette sur le palli-dum externe (GPe), le pallidum interne (GPi) et la substantia nigra reticulata (SNr). À leur tour, le GPi et la SNr projettent sur les noyaux moteurs du thalamus qui projette sur le cortex. Les noyaux de sortie des ganglions de la base, GPi et SNr, exercent un effet tonique inhibi-teur sur les noyaux cibles du thalamus. Cette activité inhibitrice est modulée par deux voies parallèles, la « voie directe » et la « voie indi-recte ». L’activation de la « voie directe » tend à désinhiber l’activité thalamique. La « voie indirecte » fait relais dans le GPe et dans le noyau sub-thalamique. Cette voie exerce un effet tonique inhibiteur sur le thalamus. Schématiquement, les deux voies tendent à avoir des effets opposés sur les noyaux moteurs du thalamus. La dopamine tend à ren-forcer l’action de la « voie directe » et à inhiber l’action de la voie « indirecte ».
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