Les Maladies et la Médecine
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Description

Les maladies et la médecine aujourd’hui et demain : l’embryon, les microbes, les virus, le sida, le cancer, l’obésité, les toxicomanies, les maladies mentales et les dépressions, l’allergie, les maladies neurodégénératives ; les défenses immunitaires et les vaccinations, les greffes, la chimie pharmaceutique, la médecine nucléaire, le système des soins et son avenir. L’Université de tous les savoirs : une approche contemporaine des différents domaines de la connaissance dans un esprit qui est à la fois celui du bilan encyclopédique et celui du questionnement d’avenir. Contributions notamment de Étienne-Émile Baulieu, René Frydman, Philippe Kourilsky, Luc Montagnier, Bernard Roques, Didier Sicard.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2002
Nombre de lectures 14
EAN13 9782738169501
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L’équipe de l’Université de tous les savoirs était composée de : Yves Michaud (conception et organisation), Gabriel Leroux (assistant à la conception et à l’organisation), Sébastien Gokalp (programmation et suivi éditorial), Audrey Techer (documentation et suivi éditorial), Juliette Roussel (rédaction et suivi éditorial), Agnès de Warenghien (communication et production audiovisuelle), Julie Navarro (gestion), Karim Badri Nasseri (logistique), Catherine Lawless (communication et études de la mission 2000 en France).
Que soient ici remerciés le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) qui a accueilli l’Université de tous les savoirs et les partenaires qui ont participé au rayonnement national et international de l’Utls : Télérama , Le Monde et France Culture, Radio France, la chaîne parlementaire-Assemblée nationale, La 5 e , Le Monde des débats , Sanofi-Synthélabo.
© O DILE J ACOB, A VRIL 2002 15, RUE S OUFFLOT, 75005 P ARIS
www.odilejacob.fr
ISBN : 978-2-7381-6950-1
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
Introduction *1

Qu’est-ce que l’ Université de tous les savoirs  ? Une série de trois cent soixante-six conférences sur les sciences, les techniques, les sociétés, les productions de l’esprit et les cultures, données chaque jour de l’année 2000 par les plus grands spécialistes à l’attention d’un large public. Il s’agissait de parcourir les différents domaines de la connaissance dans un esprit qui est à la fois celui du bilan encyclopédique et celui du questionnement d’avenir.
La programmation a suivi trois étapes. D’abord il fut demandé à l’ensemble de la communauté savante quels thèmes devaient être traités. Dans un second temps, des groupes de spécialistes m’ont aidé à faire le tri des très nombreuses propositions faites (1 700). Finalement, j’ai organisé les suggestions retenues en un ordre à la fois thématique et narratif s’étendant sur toute l’année 2000.
L’ensemble du cycle des conférences a été publié une première fois en six forts volumes qui suivent exactement son déroulement. L’édition de poche reprend maintenant pour l’essentiel cet ordre en accentuant l’ordre thématique aux dépens du cycle narratif. On y retrouve donc l’essentiel des modules mais parfois complétés par des conférences données sur un autre objet. La contrainte du déroulement annuel imposait une forte linéarité et ces regroupements réintroduisent un ordre hypertextuel et des croisements souhaités dès le départ. À l’intérieur de chacun des nouveaux volumes, les conférences sont présentées dans la chronologie où elles furent données, sans redistribution des sujets.
Chaque fois que c’était possible, j’avais en effet privilégié des approches transversales portant sur des thèmes ou des objets comme la vie, les territoires, la ville, l’État, la population humaine, la matière, les thérapies, la production de la richesse, etc.
L’ensemble de ces leçons présenté maintenant sous cette nouvelle forme constitue une approche contemporaine des savoirs, des techniques et des pratiques tournée vers les questions qui nous importent en ce début de XXI e  siècle. La réflexion est appelée par la rencontre de ces approches, leur dialectique, et même leurs contradictions.
Il faisait partie du concept de l’Université de tous les savoirs que son parcours soit régulièrement complété et redéfini en fonction du développement des recherches et des questions qui apparaissent. De nouvelles conférences de l’Université de tous les savoirs ont commencé en juillet 2001 et se poursuivent depuis octobre de la même année à un rythme hebdomadaire, tous les jeudis.
Elles feront l’objet de publications régulières et sont d’ores et déjà accessibles sur le site www.tous-les-savoirs.com qui est appelé à devenir le portail d’accès à cette connaissance en mouvement.
Yves Michaud

*1 . Le comité de choix de sujets pour les sciences était composé de : Jean Audouze (Palais de la découverte), Sébastien Balibar (École normale supérieure), Jean-Pierre Changeux (Collège de France), Alain Connes (Collège de France), Odile Eisenstein (Université Montpellier-II), Élisabeth Giacobino (École normale supérieure), Étienne Klein (CEA), Christian Minot (Université Paris-VI), Guy Ourisson (président de l’Académie des sciences). Pour les techniques et les technologies, le comité était composé de : Jean-Jacques Duby (École supérieure d’Électricité), Robert Ducluzeau (INRA), Jean-Claude Lehman (Saint-Gobain), Jacques Levy (École des mines de Paris), Joël Pijselman (EURODIF), Didier Roux (Rhône-Poulenc et CNRS). Pour les sciences humaines et sociales, le comité était composé de : Olivier Houdé (Université Paris-V), Françoise Héritier (Collège de France), Catherine Labrusse (Université Paris-I), Jean-Hervé Lorenzi (Université Paris-IX), Pascal Ory (Université Paris-I), Denise Pumain (Université Paris-I), François de Singly (Université Paris-V).
L’embryon, cet inconnu *1

par René Frydman

« L’homme est la mesure de toutes choses, pour celles qui sont mesure de leur être. Pour celles qui ne sont point, mesure de leur non-être. »
Protagoras, in Platon, Le Théétète

Au fil des colloques, la question m’est souvent posée : « Vous prônez un débat entre les religions et la médecine, mais vos positions sont irréconciliables. Pour les religions, l’embryon est un “presque tout” et pour vous un “presque rien” ». Je souscris partiellement à cette affirmation, à ceci près, que cette dichotomie est un peu abrupte : l’embryon oscille pour moi entre un presque rien et un presque tout… Comme je m’en expliquerai plus loin, il n’est, ni rien, ni tout, il demeure, selon l’expression de Daniel Sibony, dans un « entre-deux ». Et c’est le projet dont il est vecteur, le regard que ses futurs parents portent sur lui qui le rapprochent d’une borne ou de l’autre de cet entre-deux. À l’inverse, les religions, de par l’importance qu’elles accordent à une notion de vie quasi sacralisée (du moins sanctifiée), voient dans la décomposition d’un embryon, ou dans une interruption médicalisée de grossesse, un acte moralement condamnable. Elles ne peuvent accepter de gestes de destruction qu’au nom du principe du moindre mal. De mon point de vue, l’embryon, est un « presque rien » susceptible de devenir un « presque tout » parce qu’il est attendu et espéré, mais au regard des religions il est un « presque tout » qui ne peut être sacrifié qu’au nom d’un principe supérieur. Là est la différence entre l’approche religieuse qui présuppose l’existence d’un Dieu et donc d’une âme, qui voit en la vie un « don » du Créateur, et l’approche humaniste, qui définit la « personne » par rapport aux autres hommes et non par rapport à Dieu. Dans cette conception de l’homme, le processus d’humanisation est un acte permanent, jamais accompli, toujours en devenir. Il commence au désir de la mère pour son enfant. Il n’est alors que promesse. Mais il s’épanouit au fil du temps.
Toutes les traditions religieuses n’ont évidemment pas un même regard sur l’embryon. Ainsi n’est-il pas surprenant que le protestantisme européen de tendance calviniste soit à la fois une des sources fondamentales de la laïcité… et une des philosophies les plus ouvertes au dialogue avec les humanismes athées. Les documents de la fédération protestante de France témoignent de cette volonté de ne pas sacraliser l’embryon, mais de s’intéresser avant tout à l’épanouissement et à la santé de la femme. De même insistent-ils sur les droits de l’enfant à naître et de l’enfant déjà né, plutôt que sur les modalités de l’acte procréatif, ou le statut de quelques blastomères. Les conclusions des théologiens réformés rejoignent pour part les miennes : à donner trop d’« Être » et trop de « personnalité » à l’embryon, on galvaude, on disqualifie la notion de personne humaine. Mais ce refus de sacraliser l’embryon n’autorise pas, loin s’en faut, toutes les pratiques.
Comme le protestantisme, le judaïsme centre sa réflexion sur l’homme réel et non sur l’être virtuel que représente l’embryon. C’est sans doute pour cela que les rabbins regardent avec une certaine ouverture nos pratiques de procréation médicalement assistée. D’ailleurs, le judaïsme est le seul à considérer que le diagnostic préimplantatoire est préférable au diagnostic prénatal. Le seul qui, sur ce point, rejoigne mes convictions intimes sur le sujet. Autre particularité de la foi mosaïque : prendre comme référent de base de toute décision la femme et non point gloser sur un éventuel statut de l’embryon. Si l’embryon est synonyme pour elle de détresse morale ou de risque physique majeur, la tradition considère que tout doit être fait pour « sauver » la femme. Car la femme est considérée comme « nefesh » (âme) et donc comme personne à part entière, tandis que l’enfant in utero ne le devient pleinement qu’au sortir de sa tête. Détail : le judaïsme est plus une pratique, « une orthopraxie », qu’un corpus de croyances. Les jugements proférés par les rabbins, même s’ils diffèrent souvent des miens, sont avant tout fondés sur l’analyse de chaque cas, non sur une dogmatique. Le clinicien que je suis, confronté à des patients et non à des êtres immatériels, est bien plus à l’aise dans une logique qui prend en compte la particularité de chaque personne, que dans le cadre raide des interdits romains.
Enfin, je n’ignore pas que l’on reste toujours

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