L Enfant dyspraxique
74 pages
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L'Enfant dyspraxique , livre ebook

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Description

Votre enfant est maladroit, se cogne partout, il n’arrive pas à s’habiller tout seul, écrit très mal et très lentement… Et s’il était dyspraxique ? Bien que fréquent, ce trouble des apprentissages reste méconnu. Comment le reconnaître ? Que faire après l’annonce du diagnostic ? Quelles sont les conséquences cognitives ? Comment aider l’enfant dyspraxique à atteindre le niveau scolaire que son intelligence mérite ? Comment l’aider à la maison ?Dans ce livre, Caroline Huron utilise ses compétences de médecin pour comprendre les aspects cliniques, son expérience de psychiatre pour évoquer les parcours psychologiques des enfants et de leurs parents, ses connaissances en sciences cognitives et son expérience de mère d’enfant dyspraxique pour vous aider à faire face au mieux aux difficultés rencontrées. Des informations scientifiques solides pour comprendre l’enfant dyspraxique ; des conseils pratiques pour l’accompagner dans la vie quotidienne, à la maison comme à l’école. Caroline Huron est psychiatre, chercheuse en sciences cognitives à l’Inserm dans le Laboratoire de neuro-imagerie cognitive.  

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 octobre 2011
Nombre de lectures 13
EAN13 9782738184139
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

© O DILE J ACOB, OCTOBRE  2011
15, RUE S OUFFLOT , 75005 P ARIS
www.odilejacob.fr
EAN : 978-2-7381-8413-9
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo
À tous les petits fantastiques et à leurs familles.
Introduction

Nina se lève. Première question : « On est le matin ou le soir ? » Elle se dirige jusqu’à la porte. Manque de chance, elle a mal calculé sa trajectoire. Bing, elle se cogne contre le chambranle. Elle va aux toilettes : toute une aventure ! Il faut s’asseoir au bon endroit, attraper le papier toilettes, couper un morceau, s’essuyer et, enfin, tirer la chasse.
Le petit déjeuner, maintenant. Première épreuve : verser le lait dans la tasse sans la faire déborder et sans verser à côté. Ensuite, mettre le chocolat en poudre dans le lait sans en renverser partout. Enfin, venir à bout de la confection des tartines. Ensuite, il faut boire et manger sans renverser la tasse d’un coup de coude malencontreux. Et penser à fermer la bouche en mangeant.
C’est maintenant le défi de l’habillage qui attend Nina. Ne pas mettre ses vêtements à l’envers, réussir à enfiler les bras dans les manches et non dans l’ouverture destinée à la tête, les jambes dans le pantalon sans tomber, boutonner, mettre ses chaussettes, trouver à quel pied mettre chaque chaussure, enfiler son manteau et réussir à en monter la fermeture Éclair. Nina se concentre de toutes ses forces et, après quelques déboires avec ses vêtements récalcitrants, finit par être habillée de pied en cap.
C’est l’heure du départ pour l’école. Nina se précipite dehors. Zut ! Elle a oublié son cartable ! Retour dans la maison pour le chercher. Où peut-il bien être ? Nina ne se souvient plus du tout à quel endroit elle l’a posé. Heureusement, maman est là pour le retrouver. Nouvelle sortie. De quel côté faut-il se diriger pour aller à l’école ? À droite ou à gauche ? Nina part à droite. « De l’autre côté, Nina ! », crie sa mère qui arrive juste derrière. Nina arrive à l’école juste à temps et part directement à la recherche de sa classe.
Elle s’installe et commence à sortir ses affaires de son cartable. Première activité de la matinée : copier la leçon écrite au tableau. Nina ne retrouve plus son crayon. Elle démarre cinq minutes après les autres. Elle a beau faire de son mieux, elle ne parvient à écrire que la moitié de la leçon alors que toute la classe a déjà terminé. « Tant pis pour toi, Nina, tu resteras à la récréation pour finir de copier ! » La petite fille baisse la tête. C’est le moment des exercices de numération. L’enseignante distribue des feuilles photocopiées. Premier exercice : 48 triangles sont dessinés sur la feuille, il faut les compter. Nina pointe du doigt les triangles tout en les comptant. Au bout de 10 triangles, elle ne sait plus lesquels elle a déjà comptés, en recompte certains, en oublie d’autres et aboutit à 46. « Tu es sûre, Nina ? » demande la maîtresse qui passe derrière elle. Nina recompte et trouve 51 triangles. Les autres élèves en sont déjà au troisième exercice. « Nina, dépêche-toi ! » Elle essaie d’accélérer. Elle écrit aussi vite qu’elle peut. Le résultat n’est pas à la hauteur de l’énergie qu’elle y met, les chiffres sont en miroir, parfois illisibles. « Applique-toi, Nina ! » dit la maîtresse. Enfin, c’est la récréation ! Mais Nina doit d’abord finir de recopier la leçon. Quand elle termine, il ne reste que cinq minutes de pause. Vite ! Nina va mettre son manteau. Mais la manche du manteau est à l’envers. Quand elle parvient enfin à la remettre à l’endroit et à l’enfiler, la sonnerie retentit. Nina n’a pas eu de récréation.
Durant la seconde partie de la matinée, il y a leçon d’histoire. Nina n’écoute plus. Elle est bien trop fatiguée pour cela.
Qu’arrive-t-il à Nina ? Pourquoi des gestes et des activités que les autres enfants font sans effort lui demandent-ils tant d’énergie ?
Nina est tout simplement dyspraxique. Elle souffre d’un trouble de la coordination motrice qui l’oblige à contrôler intentionnellement bon nombre de ses gestes. Dans ce livre, je parlerai des enfants qui, comme Nina, déploient des efforts démesurés pour réaliser les activités de leur vie quotidienne sans que personne ne mesure l’énergie que cela leur demande. Tout d’abord, nous ferons le point sur les connaissances médicales et scientifiques actuelles concernant la dyspraxie, avant de retracer le parcours psychologique auquel sont confrontés les parents après l’annonce du diagnostic. Puis nous décrirons les difficultés rencontrées par les parents d’enfants différents, avant de proposer des moyens pour les surmonter. Ensuite, nous explorerons des pistes pour accompagner l’enfant dyspraxique dans la vie quotidienne, et nous nous intéresserons aux difficultés scolaires induites par la dyspraxie et aux techniques qui peuvent être mises en œuvre pour les contourner. Pour finir, nous nous pencherons sur l’ensemble des démarches administratives nécessaires pour aider l’enfant dyspraxique.
 
Faites connaissance avec les enfants dyspraxiques. Vous verrez à quel point ils sont fantastiques !
Chapitre premier
Qu’est-ce que la dyspraxie ?

Comment définir la dyspraxie ?
La dyspraxie, appelée aussi trouble de la coordination motrice d’origine développementale 1 , est définie par le DSM-IV-TR 2 comme une réduction des performances dans les activités de tous les jours qui requièrent une coordination motrice, à un niveau inférieur à celui attendu pour un enfant du même âge et de même intelligence. Ce déficit peut se manifester par un retard dans les acquisitions motrices au cours du développement (marche, passage à la position assise, marche à quatre pattes), une maladresse, de mauvaises performances sportives ou une dysgraphie. Pour que le diagnostic puisse être posé, ces mauvaises performances doivent interférer de façon significative avec les résultats scolaires ou les activités de la vie quotidienne. Il ne doit pas exister de pathologie organique associée, telle qu’une paralysie motrice, une hémiplégie ou une dystrophie musculaire. En cas de déficience intellectuelle, les difficultés motrices doivent être plus importantes que celles qui sont habituellement associées à un retard mental du même niveau.
L’élément essentiel à retenir de cette définition est que la dyspraxie est avant tout un trouble de la coordination motrice. Ce sont donc les difficultés rencontrées par un enfant au cours d’activités qui nécessitent de coordonner les gestes qui peuvent permettre d’évoquer un tel diagnostic et non pas des résultats de scores de quotient intellectuel (QI).

La dyspraxie est-elle fréquente ?
Comparée à la dyslexie, la dyspraxie est si peu connue que l’on pourrait penser qu’elle est bien moins fréquente. Il n’existe aucun recensement des cas de dyspraxie en France ou ailleurs. En revanche, il existe plusieurs études de prévalence qui, à partir d’un échantillon extrait de la population, donne une estimation de la proportion d’enfants atteints. Ces études ont été réalisées dans différents pays : en Australie, en Suède, au Niger, à Singapour ou en Grande-Bretagne, entre autres. Elles retrouvent des taux de prévalence variant de 1,8 % à 18 %. La plupart de ces études sont menées sur des échantillons d’enfants âgés de 5 à 12 ans. Le diagnostic de trouble de la coordination motrice est alors posé à partir d’une échelle d’évaluation du mouvement standardisée. Tous les enfants dont les scores sont en dessous d’un certain seuil sont considérés comme atteints. Le taux de prévalence dépend donc du seuil fixé, ce qui peut expliquer en partie les variations observées. L’étude réalisée en Grande-Bretagne porte sur un échantillon de 6 990 enfants âgés de 7 à 8 ans 3 . Elle est la seule à inclure dans son protocole un test d’évaluation de l’écriture en plus du test d’évaluation des aptitudes motrices. Le taux de 1,8 % observé dans cette étude correspond donc aux enfants qui non seulement ont des performances motrices significativement différentes de celles de leurs pairs, mais aussi une écriture non fonctionnelle. Si l’on s’en tient à la définition proposée par le DSM-IV dans laquelle l’existence d’un déficit moteur doit avoir un impact sur la vie quotidienne pour que le diagnostic de trouble de la coordination motrice soit établi, le taux de prévalence du trouble serait alors de 1,8 %. Il est essentiel de noter que nous parlons ici des dyspraxies d’origine développementale et que toutes les dyspraxies d’origine lésionnelle ou associée à une autre pathologie ne rentrent pas dans ce cadre.
Ces études épidémiologiques retrouvent plus de garçons touchés par un trouble de la coordination motrice que de filles.

Description clinique
Dans une revue regroupant 31 études de cas publiées, Reint H. Geuze 4 recense les difficultés les plus fréquemment observées chez des enfants de 4 à 16 ans présentant un trouble de la coordination motrice. Ces enfants peuvent présenter des difficultés lors de l’habillage (en particulier au niveau du laçage des chaussures et du boutonnage des vêtements) et de la manipulation d’outils tels que les ciseaux, les couverts, les outils de bricolage ou de jardinage. À l’école, toutes les activités sollicitant la motricité peuvent être perturbées, en particulier celles qui dépendent de l’écriture manuscrite, de la manipulation d’outils (géométrie, ciseaux) ou du graphisme. Au niveau des loisirs,

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