Infections bronchopulmonaires virales
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Infections bronchopulmonaires virales , livre ebook

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Le rôle des virus lors des infections bronchopulmonaires a débuté en 1933 par la découverte du virus influenza A (VI), puis d’autres virus respiratoires ont été découverts dont le virus respiratoire syncytial (VRS), les virus para-influenza (VPI), les entéro-rhinovirus (E/RV), les adénovirus (ADV). Les virus à tropisme respiratoire se répliquent initialement au niveau du rhinopharynx avant d’infecter de proche en proche les voies aériennes basses, la diffusion n’est pas hématogène chez le sujet sain. Les germes se propagent à l’entourage proche par voie aérienne lors des éternuements ou de la toux, mais la contamination est également manuportée. L’incubation est généralement courte, moins de trois jours, la durée de la contagiosité est longue chez l’enfant jusqu’à 15 jours après le début des symptômes, la charge virale est maximale dans les 48 premières heures et est plus importante que chez l’adulte. Après l’étape historique de la première mise en évidence du virus grippal par isolement sur le furet, puis par culture sur œuf de poule embryonné, un tournant dans le diagnostic virologique a été marqué par la détection immunologique rapide des antigènes viraux dans les sécrétions respiratoires. Les années 1990 ont vu le développement des techniques d’amplification moléculaires (polymerase chain reaction [PCR]), qui constituent une nouvelle étape de l’évolution du diagnostic virologique. Celles-ci sont maintenant réalisées en pratique courante, elles sont plus sensibles avec la réserve qu’une identification de matériel génétique viral n’est de causalité univoque, car ne signifie pas la présence d’un virus réplicatif. Ces techniques ont élargi le spectre d’identification à des virus émergents dont les métapneumovirus (hMPV), les coronavirus (HCoV), le bocavirus (HBoV). En pratique clinique, les prélèvements respiratoires sont réalisés par aspiration nasopharyngée (avec ou sans lavage) ou par écouvillonnage nasal, plus facile à mettre en œuvre et d’une sensibilité équivalente [3].

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 1
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,1250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Chapitre S22-P05-C03
Infections bronchopulmonaires virales
JACQUESBROUARD ETASTRIDVABRET
10 00
3 0 C 05 P 22 S
Le rôle des virus lors des infections bronchopulmonaires a débuté en 1933 par la découverte du virus influenza A (VI), puis d’autres virus respiratoires ont été découverts dont le virus respiratoire syncytial (VRS), les virus para-influenza (VPI), les entéro-rhinovirus (E/RV), les adénovirus (ADV). Les virus à tropisme respiratoire se répliquent ini-tialement au niveau du rhinopharynx avant d’infecter de proche en proche les voies aériennes basses, la diffusion n’est pas hématogène chez le sujet sain. Les germes se propagent à l’entourage proche par voie aérienne lors des éternuements ou de la toux, mais la contamina-tion est également manuportée. L’incubation est généralement courte, moins de trois jours, la durée de la contagiosité est longue chez l’enfant jusqu’à 15 jours après le début des symptômes, la charge virale est maximale dans les 48 premières heures et est plus importante que chez l’adulte. Après l’étape historique de la première mise en évidence du virus grippal par isolement sur le furet, puis par culture sur œuf de poule embryonné, un tournant dans le diagnostic virologique a été marqué par la détection immunologique rapide des antigènes viraux dans les sécrétions respiratoires. Les années 1990 ont vu le développe-ment des techniques d’amplification moléculaires (polymerase chain reaction[PCR]), qui constituent une nouvelle étape de l’évolution du diagnostic virologique. Celles-ci sont maintenant réalisées en pratique courante, elles sont plus sensibles avec la réserve qu’une identification de matériel génétique viral n’est de causalité univoque, car ne signifie pas la présence d’un virus réplicatif. Ces techniques ont élargi le spectre d’identification à des virus émergents dont les métapneumovirus (hMPV), les coronavirus (HCoV), le bocavirus (HBoV). En pratique clinique, les prélèvements respiratoires sont réalisés par aspiration nasopharyngée (avec ou sans lavage) ou par écouvillonnage nasal, plus facile à mettre en œuvre et d’une sensibilité équivalente [3].
Épidémiologie
L’échantillonnage et l’âge de la population étudiée, le phénotype cli-nique de l’atteinte respiratoire, la saisonnalité du recueil des données, les zones géographiques de conditions socio-économiques et politiques vac-cinales différentes, les explorations microbiologiques mises en œuvre (conventionnelles, expérimentales, exhaustivité respective des recherches virologiques et bactériologiques) et surtout la nature des prélèvements analysés (aspirations ou écouvillons nasopharyngés, sécrétion bronchique avec ou sans expectoration induite, lavage broncho-alvéolaire, sanguins, etc.) rendent compte de l’inhomogénéité dans la lit-térature des résultats épidémiologiques. Les voies aériennes supérieures et inférieures ont une continuité ana-tomique, une structure mucociliaire comparable et de proches méca-nismes de défense expliquant la communauté possible des agents infectieux pathogènes. Dans la population normale, les broncho-
S22P05C03  Infections bronchopulmonaires virales
pneumopathies virales sont courantes, respectant assez peu la distinc-tion anatomique en bronchites, bronchiolites et pneumonies. Leur diagnostic est souvent évoqué cliniquement devant l’association, dans un contexte fébrile variable, d’une rhinopharyngite, d’une toux et d’une atteinte concomitante d’un ou plusieurs segments respiratoires. Plus de 200 virus peuvent être impliqués dans les infections virales communautaires, il est impossible sur la seule sémiologie clinique de définir le virus responsable [13].
Infections respiratoires aiguës
L’âge a une grande influence dans leur survenue : l’incidence est de 240/1 000 chez les nourrissons de moins d’un an, diminue à 75/1 000 chez les enfants âgés de 6 à 8 ans et à 34/1 000 chez ceux de plus de 15 ans. En Europe, 3 à 18 % des admissions dans les services hospita-liers leur sont dues [14]. Les virus (VRS, E/RV, hMPV, ADV…) occupent une place importante, notamment chez l’enfant d’âge préscolaire. Aux États-Unis, la prévalence virale par PCR chez les enfants de moins de 5 ans hospitalisés pour infections respiratoires aiguës est de 61 % (VRS 20 %, VI 3 %, VPI 7 %, autres virus 36 %). Une comorbidité est présente dans un tiers des cas avec en tête l’asthme (24 %), 50 % des enfants ont moins d’un an [5]. Les techniques de biologie moléculaire ont permis de diminuer les prélèvements négatifs de façon significative à moins de 20 % [8].
Bronchites aiguës
Chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte jeune, les localisations infec-tieuses sont plus segmentaires que chez le nourrisson, et les bronchites et pneumonies sont souvent mieux individualisées. La bronchite constitue la plus fréquente des infections des voies aériennes infé-rieures, initialement c’est une maladie virale, les bactéries inter-viennent comme agents de surinfection. Une étude épidémiologique réalisée en Grande-Bretagne par un réseau de médecins généralistes sentinelles fournit une incidence de la bronchite aiguë maximale pen-dant les mois d’hiver, de novembre à avril, avec un taux hebdomadaire supérieur à 100 cas pour 100 000 habitants, et stable d’une année sur l’autre [2]. Une chute importante des cas est observée de juin à sep-tembre. Ainsi le pic de fréquence coïncide avec celui des principales infections virales respiratoires. Comme la majorité des infections virales, la bronchite aiguë s’observe avant tout chez les enfants de moins de 5 ans, est relativement peu fréquente entre 15 et 44 ans, et ré-augmente volontiers chez les personnes âgées. Une recherche virale lors de bronchites aiguës reste peu réalisée car ces atteintes sont souvent bénignes et la prise en charge ambulatoire ; les E/RV sont les plus sou-vent isolés, puis le VRS, les VI, les VPI et les ADV.
Pneumopathies
Dans pratiquement tous les cas de pneumonie virale, l’atteinte du parenchyme pulmonaire résulte d’une bronchiolite virale plus ou moins discrète qui a diffusé dans le tissu interstitiel et les alvéoles adjacentes. À partir de 9 études pédiatriques, le taux d’identification virale a été évalué entre 43 et 67 % (moyenne 49 %) [13]. Des épidé-mies à virus respiratoire syncytial sont décrites dans les collectivités de personnes âgées, et la localisation aux voies aériennes inférieures, sous forme de bronchopneumonie, peut atteindre un tiers des cas.
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