Iatrogenèse et pharmacovigilance
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Description

Un événement iatrogène (de iatros : médecin et génès : qui est engendré) est défini d’après le Larousse par « un trouble, une maladie provoqués par un acte médical ou par les médicaments, même en l’absence d’erreur du médecin ». Ce chapitre s’intéressera à la iatrogénèse médicamenteuse, soit à l’ensemble des effets indésirables consécutifs de l’utilisation d’un médicament.Un effet indésirable médicamenteux (EIM) est défini par « une réaction nocive et non voulue à un médicament ou à un produit » [7]. Jusque-là limitée à la survenue, lors de l’utilisation de médicaments à dose thérapeutique, la définition de l’effet indésirable s’est élargie et intègre dorénavant les réactions nocives survenues dans toutes les situations d’utilisation telles que le mésusage, l’abus, le surdosage et les erreurs médicamenteuses.Parmi ces EIM, on distingue les effets indésirables graves et les effets indésirables inattendus. En Europe, tout effet indésirable grave suspecté doit être déclaré par voie électronique sans délai et au plus tard dans les quinze jours suivant la réception de l’information à partir du moment où l’État en a pris connaissance [7].Un effet indésirable grave est défini par « un effet indésirable létal, ou susceptible de mettre la vie en danger, ou entraînant une invalidité ou une incapacité importante ou durable, ou provoquant ou prolongeant une hospitalisation, ou se manifestant par une anomalie ou une malformation congénitale » [7]. Plus récemment, l’effet indésirable « médicalement significatif », a été intégré dans cette définition. C’est-à-dire, un effet considéré comme grave par un médecin, soit un effet ayant des conséquences cliniques importantes mais ne correspondant pas à l’un des autres critères de gravité.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 1
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,1250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

1
Thérapeutique
Chapitre S30-P01-C07 0 7 00 Iatrogenèse et pharmacovigilance 7 0 -C 01 -P 0 3 S
SAMYBABAI, HERVÉLE-LOUET ETLAURETHOMAS
Définitions
Un événement iatrogène (deiatros: médecin etgénès: qui est engen-dré) est défini d’après le Larousse par «un trouble, une maladie provo-qués par un acte médical ou par les médicaments, même en l'absence d'erreur du médecin». Ce chapitre s’intéressera à la iatrogénèse médica-menteuse, soit à l’ensemble des effets indésirables consécutifs de l’uti-lisation d’un médicament. Un effet indésirable médicamenteux (EIM) est défini par «une réac-tion nocive et non voulue à un médicament ou à un produit» [7]. Jusque-là limitée à la survenue, lors de l’utilisation de médicaments à dose thé-rapeutique, la définition de l’effet indésirable s’est élargie et intègre dorénavant les réactions nocives survenues dans toutes les situations d’utilisation telles que le mésusage, l’abus, le surdosage et les erreurs médicamenteuses. Parmi ces EIM, on distingue les effets indésirables graves et les effets indésirables inattendus. En Europe, tout effet indésirable grave sus-pecté doit être déclaré par voie électronique sans délai et au plus tard dans les quinze jours suivant la réception de l’information à partir du moment où l’État en a pris connaissance [7]. Un effet indésirable grave est défini par «un effet indésirable létal, ou susceptible de mettre la vie en danger, ou entraînant une invalidité ou une incapacité importante ou durable, ou provoquant ou prolongeant une hos-pitalisation, ou se manifestant par une anomalie ou une malformation congénitale» [7]. Plus récemment, l’effet indésirable « médicalement significatif », a été intégré dans cette définition. C’est-à-dire, un effet considéré comme grave par un médecin, soit un effet ayant des consé-quences cliniques importantes mais ne correspondant pas à l’un des autres critères de gravité. Un effet indésirable inattendu est défini par «un effet indésirable dont la nature, la sévérité ou l’évolution ne correspondent pas aux informations contenues dans le résumé des caractéristiques du pro-duit» [7]. La lutte contre la iatrogénèse constitue l’objectif principal de la pharmacovigilance qui est définie par l’ensemble des activités rela-tives à la détection, l’évaluation, la compréhension et la prévention des effets indésirables ou de tout autre problème lié aux médica-ments [17].
Données épidémiologiques
Selon une étude épidémiologique réalisée par les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) en 2007, 3,9 % des hospitalisations sont liées à un EIM, le nombre moyen de médicaments par effet indésirable est de 1,7 et le sexe ratio homme/femme de 0,98 [13]. Les EIM ne sont pas plus fréquents du seul fait de l’âge, mais surtout de la polymédication associée au vieillissement ; la polymédication est
S30P01C07
définie par le nombre absolu de médicaments pris de façon concomi-tante [2, 12]. En revanche, la gravité des EIM augmente de façon significative avec l’âge, car les patients présentent plus de facteurs de co-morbidités (hypertension artérielle, diabète, sédentarité…), les rendant ainsi plus vulnérables. Les anticoagulants et les anticancéreux représentent les médicaments les plus souvent incriminées lors d’hospitalisations pour effets indésirables médicamenteux [4]. En Europe, 5 % des hospitalisations sont dues aux EIM et 5 % des patients hospitalisés présentent un EIM au cours de leur séjour à l’hôpital. Chaque année en Europe, 197 000 décès sont causés par les EIM [8, 9]. Le coût moyen d’un EIM est de 2 250 euros et le coût sociétal de cette iatrogénèse en Europe représentent près de 79 milliards d’euros annuel. Ainsi, une amélioration, même minime, du système de phar-macovigilance peut avoir un impact majeur sur la santé publique.
La pharmacovigilance : pourquoi ?
Études précliniques
Les études animales précliniques sont difficilement extrapolables à l’homme car le nombre d’animaux employés et la durée d’obser-vation sont limités. De plus, il existe de grandes différences entre la pharmacocinétique humaine et animale. Par ailleurs, certaines manifestations cliniques telles que les hallucinations, la dépression et la douleur sont peu observables chez l’animal. Enfin, la repro-duction de la maladie humaine chez l’animal reste souvent difficile et l’observance du traitement ne peut être appréciée lors de ces études.
Études cliniques et commercialisation
Les études cliniques n’ont pas pour objectif principal de détecter les effets indésirables d’un médicament mais d’affirmer son effica-cité thérapeutique. Le traitement est administré à une population standardisée, de petite taille et non représentative de la population générale. De plus, les populations à risque tels que les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les insuffisants rénaux, les insuffisants hépatiques ne sont que peu pris en compte dans les études cliniques. Une règle couramment utilisée en pharmacovigilance est la « règle de 3 » selon laquelle il y a 95 % de chances d’observer la survenue d’un EIM dans une population 3 fois plus importante que la fréquence de l’EIM. Si la fréquence de survenue d’un EIM est de 1/100 000, il est nécessaire que la taille de l’échantillon soit de 300 000 sujets pour observer au moins un EIM. Or, il est impossible d’obtenir une popu-lation d’étude de cette taille lors d’essais cliniques. Après sa commercialisation, le médicament peut être utilisé dans des indications différentes, à différentes doses, selon différents schémas thérapeutiques et destiné à un plus grand nombre de patients présen-tant ou non des pathologies concomitantes. Ainsi, le profil de sécurité de la molécule ne pourra véritablement être évalué que lors de sa com-mercialisation avec la survenue potentielle d’effets rares non observés lors des études cliniques.
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