Éthique et soins infirmiers : Deuxième édition revue et mise à jour
187 pages
Français

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Description

Quels sont les enjeux, les difficultés et les controverses auxquels font face les praticiens du domaine de la santé ? Comment y répondre adéquatement ? Voici des questions que se posent quotidiennement les chercheurs, les enseignants, les étudiants et
les professionnels.
Depuis sa parution en 1999, ce livre est considéré comme une référence incontournable. Rassemblant les textes de collaborateurs chevronnés et des entrevues de penseurs parmi les plus respectés de notre époque — Henri Atlan, Albert Jacquard, Edgar Morin et Henri Laborit —, cette nouvelle édition tient compte des importants débats actuels qui animent le milieu. Elle fournit également des repères et des règles de conduite propres à un véritable comportement
éthique : « faire le bien et éviter le mal ».
Avec les textes de :
Danielle Blondeau, Thomas De Koninck, Hubert Doucet, Frédéric Douville, Jacqueline Fortin, Éric Gagnon, Martin Hébert, Cécile Lambert, Mireille Lavoie, Nathalie Lecoq, Lucien Morin, Véronique Toussaint et Anne-Marie Turmel-Courchesne.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2013
Nombre de lectures 14
EAN13 9782760631823
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0900€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

ePub : claudebergeron.com
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre :
Éthique et soins infirmiers
2e éd.
Comprend des réf. bibliogr.
ISBN 978-2-7606-3180-9
1. Infirmières - Déontologie. 2. Soins infirmiers - Pratique. 3. Éthique médicale. 4. Patients - Droits. 5. Relations infirmière-patient. I. Blondeau, Danielle, 1952- .
RT85.E87 2013 174.2’9073 C2013-940267-5
ISBN 978-2-7606-3180-9 [édition imprimée]
ISBN 978-2-7606-3181-6 [édition numérique PDF]
ISBN 978-2-76063182-3 [édition numérique ePub]
Dépôt légal : 2 e trimestre 2013 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2013
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition.
Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
IMPRIMÉ AU CANADA
PREMIÈRE PARTIE
À PROPOS DE L’ÉTHIQUE
1
Introduction à l’éthique
Lucien Morin et Danielle Blondeau
L’éthique est en demande. Un peu partout. Un peu par tous. Le milieu de la santé et des soins infirmiers n’est pas sans ses appétits en la matière. Mais avant même d’en marquer les besoins et les demandes propres, il importe de préciser ce que nous entendons par éthique. Comme la prolifération des discours et des écrits est impressionnante, nous commencerons par ce qui nous est le plus familier, les mots. Car si certains parlent d’éthique, d’autres préfèrent parler de morale, allant jusqu’à voir des distinctions importantes entre les deux et les opposer, comme Jürgen Habermas, par exemple. D’autres, c’est aussi notre cas, les emploient indifféremment. Comme dit Paul Ricœur (1996) : « Rien dans l’étymologie ou dans l’histoire de l’emploi des termes ne l’impose [la distinction entre les mots éthique et morale]. L’un vient du grec, l’autre du latin ; et les deux renvoient à l’idée intuitive de mœurs, de ce qui est estimé bon et de ce qui s’impose comme obligatoire » (p. 200).
Les mots
Les mots usuels de l’univers de l’éthique seront définis. Seront donc précisés l’éthique et la morale, la déontologie et les codes de déontologie ainsi que la bioéthique.
Éthique et morale
« Éthique » vient de deux homonymes grecs, êthos et éthos. Êthos signifie d’abord le séjour habituel, l’habitat, la demeure des animaux. C’est la première définition que retiennent les dictionnaires : « Lieux accoutumés d’animaux, comme les lions, les poissons, les porcs, etc. » Et les grands moralistes et théologiens, tel un Karl Barth, n’hésitent pas à le rappeler, comme pour en souligner le sens fondamentalement concret du vécu terre à terre. Ensuite, êthos veut dire le caractère d’un individu, le signe particulier par lequel on le reconnaît dans sa manière d’agir, de se comporter, de vivre. Un individu au caractère passionné, par exemple, conduira une campagne politique avec enthousiasme, s’éprendra de la cause avec conviction, s’adressera au public avec ferveur, etc. Quant à éthos, il signifie mœurs, coutume, mais surtout habitude. Aristote a été un des premiers à mettre en évidence l’importance de l’éthique en tant qu’habitude, faisant même dériver le caractère d’une personne de ses habitudes : le caractère d’un individu (êthos), écrit-il, « c’est ce qui reçoit son accroissement de l’habitude (éthos) » (II, 2, 1220 a 39). D’où la tradition venue jusqu’à nous de considérer la qualité éthique d’une personne comme le produit d’habitudes apprises et répétées. « Morale » vient du latin mos (pluriel : mores) ; ses principales significations sont très proches des origines grecques d’éthique. Ernout et Meillet le rappellent en soulignant que mos désigne essentiellement une « manière de se comporter, une façon d’agir, physique ou morale, déterminée non par la loi, mais par l’usage ; désigne aussi souvent la coutume ». Le mot veut encore dire mœurs, habitude, règle, mode de vie, etc. Enfin, certains voient encore dans mos le sens de désir naturel, d’inclination naturelle à agir.
Si l’étymologie et le sens des mots ne disent pas tout, ils nous mettent sur une piste solide : l’éthique est une affaire d’agir, elle concerne l’action humaine (praxis). Être humain, c’est être moral ; être moral, c’est agir. Il est important de le souligner dès le départ. En morale, en effet, on juge quelqu’un à l’œuvre, c’est-à-dire à l’acte : « On juge qui est quelqu’un à partir de ses œuvres » (Aristote, nouv. éd. 1978 : II, 1, 1219 b 12). En éthique, l’œuvre d’une personne se traduit dans son agir, dans ses actions. Voilà pourquoi celui qui n’agit pas, en morale, ne peut faire bien, être un être de bien – « qui ne fait rien en effet ne peut faire bien » (Aristote, éd. 1977 : VII, 3, 1325 a 21). Comme dit Pierre Aubenque en traduisant Aristote, « il ne suffit pas de le vouloir pour cesser d’être injuste et pour devenir juste » (p. 136). Il faut passer à l’action puisque la moralité réside dans l’action. Ce n’est pas le jugement ou le raisonnement moral qui permet de qualifier une personne de « morale », c’est son agir. Bref, la vie morale, vie de bien et de bonheur, est vie d’actualisation qui suppose et se voit à l’acte. Si l’éthique s’intéresse à l’agir, elle s’intéresse surtout au « devoir ‒ bien – agir ». L’acte moralement bon est celui qui est accompli parce qu’il devrait l’être. En d’autres mots, l’éthique considère l’agir humain sous l’angle du bien et du mal. D’où l’impératif général qui lui est inévitablement associé : « II faut faire le bien et éviter le mal. » Aussi, l’éthique ne cherche pas à connaître pour connaître, mais à connaître pour mieux agir. Voilà pourquoi aussi, envisagée sous l’angle de la connaissance, il est assez courant de la définir comme une science pratique qui considère l’agir humain sous l’angle du bien et du mal.
Déontologie
Tandis que la morale propose de « faire le bien et d’éviter le mal » et que ses règles fondamentales sont généralement suffisantes pour guider la conduite humaine, il existe des situations où des précisions supplémentaires sont nécessaires. Ces situations concernent, notamment, les pratiques professionnelles. La déontologie vient alors clarifier l’impératif général de l’éthique en fournissant des outils plus formels qui guident la conduite particulière à l’intérieur d’une profession donnée. Pour ces raisons, la déontologie s’adresse à l’éthique d’une profession. Au sujet du concept de « déontologie », Le Petit Robert dit déjà : « Théorie des devoirs professionnels. » Larousse ajoute : « Science qui traite des devoirs à accomplir ». L’essentiel est là. En effet, dans ses racines grecques, deontos signifie : il faut, il convient, il est nécessaire, ce qui doit être, ce qu’il faut faire. La déontologie, c’est en quelque sorte une éthique de l’obligation, une éthique du devoir dans telle ou telle situation. La déontologie de l’infirmière fait ainsi référence aux devoirs qui lui incombent dans l’exercice de sa profession. Elle contient l’ensemble des valeurs promues par la profession et les règles de conduite qui en découlent. En ce sens, la déontologie fournit les repères propres à l’exercice d’une profession. Morale et déontologie présentent donc des similitudes, mais s’articulent à des niveaux différents. Tandis que la morale renvoie à la nécessité, pour tout individu, de « faire le bien et d’éviter le mal », la déontologie agit comme complément à la morale générale en fournissant des outils plus précis et plus formels pour remplir les devoirs particuliers en matière professionnelle. Bref, la déontologie s’adresse à l’infirmière en tant que professionnelle plutôt qu’en tant qu’individu.
Codes de déontologie
L’excellence exprime la valeur qui couronne l’idéal de toute profession. Aussi, le code de déontologie exhorte à une pratique dont les normes de qualité sont élevées. Dans cet esprit, le code de déontologie est généralement défini comme un recueil contenant les valeurs et les règles d’application morales propres à une profession. Par exemple, dans la mesure où la profession infirmière s’exerce dans une relation entre soignant et soigné, le code de déontologie pose implicitement le respect de la personne comme la valeur charnière. C’est d’ailleurs en vertu de cette valeur fondamentale que l’on trouve, entre autres, l’obligation professionnelle de non-discrimination (Conseil international des infirmières, 2006) et de confidentialité (Gouvernement du Québec, 2011).
Le code de déontologie trace les grandes lignes qui doivent guider l’agir professionnel. Et il rappelle sans cesse que c’est l’autonomie des patients qui est au centre des activités de l’infirmière. Le principe du respect de l’autonomie de la personne se greffe sur le principe plus général du respect de la personne. C’est la raison majeure qui explique, notamment, l’obligation pour l’infirmière de respecter les décisions d’une personne qui bénéficie de soins infirmiers. Ce principe est d’ailleurs exprimé dans le Code de déontologie des infirmières et infirmiers (Gouvernement du Québec, 2011) : « L’infirmière ou l’infirmier doit respecter, dans les limites de ce qui est généralement admis dans l’exercice de la profession, les valeurs et les convictions personnelles du client » (art. 30). L’autonomie d’une personne se traduit par la règle du consentement. En effet, une personne peut accepter ou refuser un soin. Par exemple, elle pourrait refuser de recevoir le bain au lit prévu le matin, une médication ou la transfusion qui pourrait sauver sa vie. Bref, une personne s’identifie par les choix qu’elle fait et les décisions qu’elle prend. Aussi, le respect de la personne passe obligatoirement par le respect de ses choix.
Concernant la profession infirmière, il faut encore préciser qu’à côté du code de déontologie provincial, il existe également

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