Qu'est-ce que la vie psychique ? : (Volume 7) , livre ebook

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Comment fonctionne l’esprit humain ? Où en sont les recherches sur le cerveau ? Qu’est-ce que l’esprit ? Dans ce volume inédit de L’Université de tous les savoirs, spécialistes des sciences cognitives, psychologues et psychanalystes, anthropologues et sociologues nous éclairent sur la vie psychique. La pluralité des approches proposées rend compte de la diversité des modes d’investigation et fournit des éléments de réflexion sur les performances mentales, les émotions, la socialisation et les interactions collectives. Raymond Boudon, Monique David-Ménard, Jean Decety, Jack Goody, Michel Imbert, Jacques Lautrey, Joëlle Proust, Klaus Scherer, Monique Schneider.
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Date de parution

01 juin 2006

Nombre de lectures

2

EAN13

9782738182494

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

© O DILE J ACOB , NOVEMBRE  2002 15, RUE S OUFFLOT , 75005 P ARIS
www.odilejacob.fr
ISBN 978-2-7381-8249-4
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
Introduction

L’Université de tous les savoirs, lors de sa reprise en juillet 2001, a décidé d’aborder soit des questions qui n’avaient pas été traitées de manière approfondie durant les 366 conférences de l’an 2000, soit des sujets qui avaient d’ores et déjà connu des développements importants.
Le principe des conférences, ou encore leçons, est le même qu’en l’an 2000 : dans le cadre d’une série thématique consacrée à un sujet déterminé, un spécialiste réputé est invité à donner, pour ce qu’il est convenu d’appeler le « grand public », une présentation de l’état des recherches et travaux dans un domaine qu’il connaît bien. Ce qui lui impose le double devoir d’exposition approfondie et de clarté.
Le thème de l’esprit ou de ce qui est appelé en anglais la « psyché » avait, on s’en doute, été abordé durant les conférences de l’année 2000 : il aurait été difficile de faire autrement ; mais l’approche n’avait été ni frontale ni approfondie. Il avait été un peu question de l’esprit humain à propos du vivant et de l’équipement cérébral, à propos des maladies mentales ou des recherches des sciences humaines — mais sans cohérence particulière.
Les neuf conférences de l’Université de tous les savoirs à l’automne 2001 ont cherché non pas à montrer une cohérence que l’état des recherches ne permet pas encore d’envisager, mais une pluralité raisonnée d’approches.
C’est ainsi que l’esprit humain est abordé du point de vue des sciences cognitives et des recherches portant sur le cerveau humain (Imbert, Decety, Proust), du point de vue des recherches psychanalytiques (David-Ménard, Schneider), de celui de la psychologie des émotions et des performances mentales (Scherer, Lautrey) et, enfin, sous l’angle anthropologique et sociologique (Goody, Boudon).
Il ne s’agit pas de prétendre ainsi couvrir exhaustivement le sujet, mais de donner une idée assez précise de la diversité des modes d’investigation, de leurs recoupements ou de leurs dissonances ; de fournir aussi des éclairages différents sur le sujet, aussi bien en termes de performances mentales et d’émotions qu’en termes de socialisation et d’interactions collectives.
Le développement des recherches dans les sciences cognitives ou celui de la génétique apportera certainement plus de connaissances et même des reconsidérations importantes du sujet ou de certains de ses aspects. De même, l’anthropologie préhistorique laisse entrevoir, au fur et à mesure qu’elle s’enrichit, la part énorme de conjecture dans ce qui passait pour établi. Le discours psychanalytique aura certainement besoin de coordonner ses interprétations symptomales avec les connaissances du fonctionnement mental et cérébral. Il reste que même ces incertitudes contribuent aujourd’hui à la connaissance qui, plus que jamais, est connaissance non seulement des faits, mais aussi de ce qu’on ne connaît pas encore des faits.
Yves Michaud Août 2002.
Qu’est-ce que l’esprit ?

par Jack Goody

La première chose que je voudrais dire, en tant qu’ethnologue, est que la question concernant l’esprit a toujours été avec nous, les êtres humains. Elle a été formulée comme une opposition entre le mental, ou le spirituel, et le corporel, ou le matériel ; le premier, le mental, est parfois compris comme l’âme, souvent liée à la notion de Dieu lui-même, avec sa dimension religieuse dans la vie sociale.
Je voudrais traiter deux aspects apparents de ce discours contemporain. Le premier a rapport à la quasi totale universalité de la distinction esprit/corps. Des philosophes et des psychologues ont récemment essayé de modifier cette dualité, particulièrement dans les discussions sur les bases physiques de l’esprit. On trouve partout une conception holistique de l’être humain et les rapports entre l’esprit et le corps ont toujours été variables. Aujourd’hui, quelques écoles psychanalytiques, médicales et philosophiques voudraient dissoudre la dualité. Mais des problèmes se posent encore à propos de la distinction entre actions automatiques et volontaires, et de la présence du conscient. En général, la distinction, telle qu’elle a existé depuis toujours, a été mise de côté.
Un problème apparenté persiste cependant. Dans quelle mesure les activités mentales humaines — l’esprit — sont-elles organisées par des processus génétiques, soit structuralement fixes (hard wired) , soit explicables en termes de tendances innées (« propensions »), et dans quelle mesure sont-elles les produits de la transmission culturelle ou du comportement appris ? Bien sûr, tout comportement humain consiste en une combinaison des deux, mais la contribution de chacun varie selon les cas. Sous la forme d’une dichotomie encore plus discutable, et dans un autre ordre de réflexion, jusqu’où ce comportement appris caractérise-t-il le comportement humain comparé à celui de l’animal ?
Dans ce texte, je propose de prendre le mot « esprit » comme l’équivalent du mot anglais mind (bien qu’évidemment ce ne soit pas toujours le cas). L’expression « esprit humain » se réfère aux caractéristiques générales de l’esprit, celles qui ne peuvent pas être ramenées à des cultures particulières, mais sont générales à l’humanité, tels la manière de penser par séquences, l’usage du langage et beaucoup d’autres capacités liées, que j’appelle les «  technologies de l’intellect ».
L’esprit est aussi relié aux mentalités, qui ne se réfèrent pas tant aux facultés générales humaines, mais à des mentalités spécifiques, telle la « mentalité primitive » dans les travaux du philosophe français Lévy-Bruhl. Dans l’histoire des mentalités, nous ne nous occupons pas tant des éléments communs, mais de ceux qui différencient les époques et les cultures dans le temps. Je pense à Robert Darnton qui, dans son livre Le Grand Massacre des chats (The Great Cat Massacre) , entreprend de discuter une mentalité de la France du XVIII e  siècle, faisant une analyse anthropologique approfondie d’une série limitée de textes selon la méthode de l’anthropologie américaine
Cette opposition entre les traits généraux de la culture humaine, que ce soit l’esprit ou non, et les traits particuliers d’une culture individuelle a été le sujet de disputes constantes depuis le début des sciences sociales, tout particulièrement en anthropologie. Certains ont été amenés à nier la notion générale d’esprit humain, réduisant tout à un contexte culturel spécifique. Cette démarche est associée à la notion de « culture », au sein de laquelle le monde humain est divisé en espèces comme dans le monde animal (des espèces bien sûr transmises par des moyens sociaux aussi bien que génétiques). D’autres parlent de la culture comme d’une capacité humaine unique qui peut aboutir à des résultats semblables dans des cultures différentes et spécifiques. Dans cette intervention, je voudrais me concentrer sur la seconde position. On peut beaucoup discuter sur ce qui est général du point de vue de l’esprit, mais on ne peut pas tout à fait rejeter la notion des traits communs (commonality) , en particulier quand se présentent dans le monde des situations communes à tout animal utilisant le langage, c’est-à-dire à tous les humains. Je viens de discuter certains points de cet argument dans mon livre intitulé Représentations et Contradictions : ambivalences au sujet des images, du théâtre, etc. (Oxford, 1997) dont la traduction française paraîtra bientôt aux éditions La Découverte.
L’humanité conçoit le monde au travers de certaines dualités linguistiques, en l’occurrence la dualité de l’esprit et du corps, comme dans le dicton latin mens sana in corpore sano . Il y a un esprit à l’intérieur du corps et les deux sont considérés comme opposés et complémentaires. Cette distinction représente l’expérience que les humains ont de leur corps physique et de l’appareil avec lequel ils pensent, l’esprit. Celui-ci fonctionne, en grande partie mais pas exclusivement, à l’aide des mots, par le langage, et ne laisse pas de traces visibles. L’esprit est donc souvent considéré comme immatériel et la distinction souvent perçue comme opposant le matériel à l’immatériel, voire au spirituel.
Cette dimension d’opposition n’est bien sûr pas toujours correcte puisque le langage a aussi une contrepartie matérielle et puisqu’il est transformé par le cerveau de façon invisible à l’œil. Le visible et l’invisible sont intrinsèques à la notion du corps et de l’esprit.
La distinction entre le corps et l’esprit suit parallèlement celle du corps et de l’âme. Elle est basée sur l’expérience humaine, comme je l’ai développé dans une longue étude des pratiques et des croyances concernant la mort chez les LoDagaa du Nord du Ghana (Afrique de l’Ouest). L’expérience des LoDagaa, comme celle de tous les autres peuples, est que le corps meurt et qu’il est enterré ; mais les biens du défunt, sa mémoire, ses relations continuent à vivre, et les morts sont officiellement rappelés sur terre comme esprits, comme soul-stuff (« substance-âme ») par diverses fêtes données en leur honneur — organisées en fait pour conseiller les humains dans leurs activités. Une partie de la personne humaine disparaît, devient poussière ou « est mangée par les vers », comme disent les LoDagaa ;

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