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Transition(s) électrique(s) : Ce que l'Europe et les marchés n'ont pas su vous dire , livre ebook

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Description

L’électricité n’en est pas à sa première mue. Après avoir éclairé nos villes, fait rouler des trains à grande vitesse, modernisé l’agriculture, elle guide à distance la main du chirurgien ou la trajectoire des missiles… Faisant le récit de cette incroyable saga, ce livre rappelle que l’électricité, non stockable, n’est pas un bien comme un autre. Cette particularité explique les difficultés de la libéralisation du secteur électrique dans les années 1990 alors que l’Europe voulait en faire l’outil de son renouveau. Confrontée aujourd’hui à la crise et aux enjeux environnementaux, l’Europe de l’énergie peine à voir le jour. Comment lui permettre  de se concrétiser ? Avec quelle part pour les énergies renouvelables et le nucléaire ? Et de quel nucléaire parle-t-on ? Telles sont les questions qui traversent ce livre destiné tant au décideur qu’au citoyen-consommateur.  JEAN-PIERRE HANSEN, ingénieur et économiste, a dirigé pendant plus de vingt ans de grandes sociétés d’énergie et de services. Il a été professeur à l’École polytechnique et à l’Université catholique de Louvain. Il est aujourd’hui membre de l’Académie royale de Belgique et membre correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques. JACQUES PERCEBOIS est professeur émérite à l’université de Montpellier, fondateur et directeur du Creden (Centre de recherche en économie et droit de l’énergie). Directeur scientifique de la chaire Économie du climat de l’université Paris-Dauphine, il est souvent consulté comme expert de l’énergie par les pouvoirs publics. GÉRARD MESTRALLET est président du conseil d’administration d’Engie.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 août 2017
Nombre de lectures 8
EAN13 9782738139153
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0900€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

© O DILE J ACOB , AOÛT  2017 15, RUE S OUFFLOT , 75005 P ARIS
www.odilejacob.fr
ISBN : 978-2-7381-3915-3
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
Prologue

Noël approchait et Raoul Dufy était perplexe… Allait-il pouvoir honorer la commande que lui avait passée la Mairie de Paris : réaliser un tableau monumental qui mettrait en valeur « le rôle de l’électricité dans la vie nationale » et qui devait décorer le Pavillon de l’électricité de l’Exposition universelle de 1937 ? Il avait mobilisé son frère et une brigade d’assistants qui travaillaient d’arrache-pied dans un hangar à Saint-Ouen. Au soulagement général, tout fut prêt pour l’inauguration du 25 mai : 600 mètres carrés de panneaux en contreplaqué étaient suspendus sous les voûtes du pavillon et les visiteurs s’émerveillaient de l’audace et de la lumière de ce travail, joliment appelé La Fée Électricité .
Dufy ne le savait pas vraiment, mais cette fée, c’était Mélusine. Il faut rappeler que, depuis mille ans, son histoire avait laissé rêveurs tous ceux à qui on l’avait racontée. Bonne mère et bonne épouse, Mélusine avait veillé sur le royaume. On disait qu’elle avait construit des châteaux en une nuit, élevé des murailles pour défendre les villes, bâti des églises et des palais, pour la gloire du roi son mari et la prospérité du peuple. Mais on racontait aussi que si quelqu’un voulait la regarder faire, même la nuit, elle cessait immédiatement ses travaux et s’enfuyait dans les bois, noirs et profonds à cette époque. On commençait même à chuchoter que, parfois, elle se transformait en dragon. Certains, assurant l’avoir vue au bain, prétendaient qu’elle était mi-femme, mi-serpent.
Ces rumeurs avaient fini par excéder le roi, qui ne put s’empêcher de la faire espionner, sans découvrir son secret, s’il existait. Petit à petit, la plupart des problèmes du pays furent imputés à Mélusine : les frondes des barons, les luttes entre les princes et même la mort de l’un des fils du roi dans un duel avec son frère ! En grand danger et très triste, surveillée et soupçonnée, Mélusine en fut réduite à suivre les heurs et malheurs du pays et à faire ce qu’elle pouvait encore pour aider les siens.
On dira que convoquer l’une des plus vieilles légendes de l’Occident pour introduire à l’histoire de l’électricité et essayer de prévoir son avenir est prendre un détour bien hasardeux. C’est sans doute vrai. Cependant, si l’on y pense, l’apologue n’est pas sans intérêt par les ressemblances qu’il suggère. Dans ce récit, Mélusine sera donc notre fée électricité.
Préface

Ce livre se parcourt comme on lit un conte, celui des aventures de la fée Mélusine et de la lumière qu’elle projette plus particulièrement sur l’Europe depuis 1945. Écrit à quatre mains, il prend bien souvent la tournure d’un petit manuel, par l’exemple électrique, des grandes théories économiques. Y sont mis en valeur les défis que l’électricité a adressés et adresse toujours à la micro- et à la macroéconomie : monopole naturel, formation de prix, coûts de transport… Il permet d’alterner avec un plaisir certain de lecture – que les simples têtes de chapitre suffisent à rendre – les anecdotes historiques et les monographies nationales.
À travers l’itinéraire d’une fée, le tour de force de cet ouvrage est de faire de l’histoire de l’électricité sur notre continent le laboratoire d’une petite histoire de l’Europe. De la lente construction de l’Union après le second conflit mondial aux difficultés traversées ces dernières années. L’énergie et, en premier lieu, l’électricité sont en effet d’excellents révélateurs des avancées et reculs du projet européen jusqu’à aujourd’hui. À ce titre, on ne peut que partager le constat que dressent sans concession les auteurs. La politique européenne de l’énergie s’est fourvoyée. Le grand rêve de marchés intégrés et liquides, décrit en deuxième partie, s’est soldé par un échec, après avoir croisé sur sa route les enjeux environnementaux et la crise économique.
L’Europe de l’énergie est une idée aussi belle qu’utile, qu’il ne s’agit pas en soi de vouer aux gémonies, pour peu qu’on évite de lui demander de poursuivre des objectifs trop nombreux et, bien souvent, contradictoires. Elle n’a jamais été qu’un rêve qui n’est pas devenu, pour le moment, réalité. Les trajectoires énergétiques nationales, loin de converger, ont plutôt tendance à s’éloigner les unes des autres, faisant « cavalier seul ». Ainsi, les prix de gros des différentes zones géographiques européennes vont en se décorrélant. Quand l’Allemagne arrête ses centrales nucléaires, la France et la Grande-Bretagne en construisent de nouvelles. Le charbon fait de la résistance outre-Rhin dans le pays qui s’est paradoxalement le plus tourné vers les énergies renouvelables. Le résultat est là : une balkanisation de l’Europe de l’énergie est à craindre.
Et tout cela pour quels résultats ? Notre sécurité commune d’approvisionnement ne s’est pas améliorée, loin s’en faut. L’heure n’est pas non plus à une meilleure compétitivité, aussi bien pour les industriels que pour les particuliers, qui connaissent des prix deux fois supérieurs à ceux pratiqués de l’autre côté de l’Atlantique. Si des progrès ont eu lieu en ce qui concerne les émissions de CO 2 , il ne faut pas se tromper dans leur explication. En dépit des centaines de milliards d’euros dépensés, ils sont grandement dus à la crise et au recul de l’activité économique. Se juxtaposent actuellement un marché de gros, sur lequel se déversent les surcapacités, et des énergies renouvelables à revenus garantis. Les grands acteurs énergétiques européens vendent leur production de gros à des prix déprimés, ce qui affaiblit ce secteur économique, sans pour autant que ces prix profitent aux clients industriels.
Faut-il dès lors enterrer l’Europe de l’énergie ? Les auteurs évoquent une « route de l’incertitude » à son propos tant il semble difficile d’y voir clair. Les progrès de la technologie, la percée du numérique et du photovoltaïque sont des facteurs profonds de transformation du secteur énergétique et pourront bénéficier aux consommateurs.
On ne sait toutefois si la progression des énergies renouvelables marquera le déploiement de grandes infrastructures transnationales pour équilibrer le système entre l’éolien du Nord et le soleil du Sud ou si, au contraire, il consacrera une approche plus décentralisée sous une forme multilocale. Quoi qu’il en soit, l’Union de l’énergie est un beau concept qui a souffert de trop de contradictions et de complexités. En lieu et place d’une floraison d’objectifs pas toujours cohérents, de politiques segmentées et peu harmonieuses, il aurait fallu en passer par un traité unique. L’Europe de l’énergie doit militer pour plus de clarté et de simplicité. La COP21 de Paris a montré le besoin d’une plus grande coordination en matière énergétique. Une piste serait de se fixer un objectif unique et de le poursuivre par un moyen compris et suivi par tous. La meilleure illustration serait la réduction des émissions de CO 2 . Plutôt que de multiplier les dispositifs d’incitation et les outils de coercition, on serait bien inspiré de privilégier une voie simple en agissant sur un unique levier : le prix du carbone. L’Europe a beau jeu de discourir sur la lutte contre le réchauffement climatique lorsqu’elle laisse le prix du CO 2 sur le marché carbone qu’elle a institué stagner autour de 5 euros. Il revient naturellement aux experts et aux scientifiques d’estimer quel est le bon prix du carbone. Mais c’est au moins quatre fois ce niveau, si l’on souhaite –  a minima  – que le gaz repasse devant le charbon dans l’ordre de mérite.
On le voit, Mélusine est loin d’avoir achevé son voyage en Europe. Il est encore temps d’éviter que la fin du conte ne revienne à ses débuts : un éclatement national où chaque acteur poursuit isolément son chemin. À ce jeu, l’Europe n’aura aucune chance de peser dans le concert énergétique mondial. La fin du conte reste à écrire.
Les deux auteurs sont des experts de la fée électricité. Jacques Percebois est un universitaire qui a consacré toutes ses recherches et son enseignement à l’énergie. Il a exercé d’importantes missions d’expertise pour les pouvoirs publics et siégé aux conseils de sociétés de transport notamment. Jean-Pierre Hansen a su combiner une longue expérience industrielle dans le secteur énergétique à des goûts académiques prononcés et à une inclination personnelle pour la réflexion et l’économie en matière énergétique. Cette double approche, à la fois pratique et théorique, a marqué sa carrière au sein d’Electrabel et du groupe Engie. Dans le monde énergétique européen, seul Marcel Boiteux a poussé aussi loin ce double intérêt.
Gérard M ESTRALLET président du conseil d’administration d’Engie.
Introduction

Le charbon allait être à l’origine de la première révolution industrielle, celle du début du XIX e  siècle, qui a multiplié la force de l’homme. Cent ans plus tard, le pétrole prendrait le relais. Alors plus facile à extraire, à transporter et à utiliser, porté par le formidable dynamisme de ses investisseurs, il allait devenir la première « industrie globale ».
Ces énergies devaient changer l’histoire et sans doute le destin de l’humanité, tout à la fois dans le progrès et la violence : la misère de Germinal et la naissance d’une conscienc

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