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L'Europe à l’heure de son crépuscule ? , livre ebook

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Description

Comment ne pas s’interroger sur le devenir de l’Europe dans cette période de crise ? Une crise économique, sociale et politique au sein de l’ensemble de l’Union et de chacun des États membres. L’Europe semble en déclin, au moins relatif. Que sera sa trajec-toire future ? Vivra-t-elle une vieillesse pacifique et dorée ? S’enfoncera-t-elle rapidement dans une décadence chaotique ? Prolongera-t-elle sa vitalité grâce à des accès de dynamisme retrouvé ? Que doit-elle faire pour qu’après avoir été un soleil, parfois brillant, qui a inondé le monde, elle devienne au moins un lumignon qui ajoute sa lumière à celle des autres continents ? Pour essayer de répondre à ces questions, l’auteur s’intéresse à l’héritage, aux acteurs présents du système européen, puis tente une exploration prospective et se demande quelle stratégie peut retarder le crépuscule. Ingénieur des Mines et économiste, Jacques Lesourne a été notamment titulaire de la chaire d’économie et statistique industrielles au Conservatoire national des arts et métiers. Il est membre de l’Académie des technologies. Depuis 2000, il a publié Un homme de notre siècle, Les Crises et le XXIe siècle, Les Temps de la prospective et dirige, avec Denis Randet, le volume annuel de FutuRIS, La Recherche et l’Innovation en France. 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 janvier 2014
Nombre de lectures 0
EAN13 9782738172860
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Jacques LESOURNE
L’EUROPE À L’HEURE DE SON CRÉPUSCULE ?
Essai de prospective
© O DILE J ACOB, JANVIER  2014 15, RUE S OUFFLOT , 75005 P ARIS ISBN : 978-2-7381-7286-0 www.odilejacob.fr
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2º et 3º a, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
À Renaud, Anji et Gustave.
Introduction
Un continent au futur incertain

« Au XX e siècle, il y aura une nation extraordinaire. Cette nation sera grande, ce qui ne l’empêchera pas d’être libre […]. Cette nation s’appellera l’Europe. »
Victor H UGO , 1867.

« L’Europe n’est plus l’Europe. Elle est un morceau du monde… Il faut penser l’Europe dans son nouveau contexte. »
Louis A RMAND et Michel D RANCOURT , Le Pari européen .

Depuis longtemps, j’aspirais à rédiger un livre sur l’Europe, son passé, son présent et son avenir, où je m’exprimerais librement sans être véritablement ni historien, ni observateur de l’instant, ni même prospectiviste rigoureux. La tentative de construction d’une Union européenne, de la déclaration de Robert Schuman en 1951 aux efforts pour sauver la zone euro en 2012, a constitué le cadre de ma vie. J’étais aux Charbonnages de France lors des premières années de la CECA. Du temps de la Communauté économique européenne, je me suis efforcé, à partir de la SEMA, de créer un groupe européen de sociétés d’études en Belgique, en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne. À l’OCDE, après le premier choc pétrolier, je me suis préoccupé en dirigeant Interfuturs de la place de l’Europe dans l’avenir mondial. Gérant du journal Le Monde , j’ai écrit trois articles pour défendre le traité de Maastricht et la création de la monnaie commune. J’ai siégé au premier conseil de l’European Economic Association. Aujourd’hui, à 84 ans, je travaille encore sur la politique européenne de l’énergie avec l’IFRI et je tente de suivre, autant que les médias le permettent, les vicissitudes de la lutte pour sauver la zone euro.
Ce livre a été élaboré dans une période de crise. Une crise économique, sociale, politique, au sein de l’ensemble de l’Union et de chacun des États membres. L’issue de cette crise est incertaine. Aussi ce livre s’achèvera-t-il sur un mélange d’espoirs et de craintes.
La question qui en effet m’obsède – et que je partage sans doute avec beaucoup de mes contemporains – est simple. L’Europe semble en déclin, au moins relatif. Que sera sa trajectoire future ? Vivra-t-elle une vieillesse pacifique et dorée ? S’enfoncera-t-elle rapidement dans une décadence chaotique ? Prolongera-t-elle sa vitalité grâce à des accès de dynamisme retrouvé ? Que doit-elle faire pour qu’après avoir été un soleil, parfois brûlant, qui a inondé le monde, elle devienne au moins un lumignon qui ajoute sa lumière à celles des autres continents ?
Pour aborder sérieusement ce thème, il ne faut pas se jeter d’emblée dans la prospective, mais s’imprégner d’abord du passé et du présent de la civilisation européenne et de ses sociétés et disposer du maximum d’éléments pour décrypter les avenirs possibles.
C’est pourquoi l’ouvrage s’organise très naturellement en trois parties.
*
La première partie, L’héritage , tente une synthèse, évidemment impossible (comme toutes les tentatives de ce genre), de ce qu’il faut retenir, pour une réflexion prospective, de l’histoire de l’Europe au sein de l’aventure humaine.
La deuxième s’interroge sur les acteurs de la scène européenne (qu’ils soient européens ou non) car ce sont ces acteurs, à travers leurs stratégies, qui modèleront notre avenir.
La troisième, Une exploration prospective , s’efforce d’esquisser des avenirs possibles, pour le continent européen, mais plutôt que de les insérer dans un cadre rigide de dimensions ou d’hypothèses, elle s’autorise une approche moins rigoureuse tant est complexe le système européen. Elle débouche sur des interrogations stratégiques.
Le livre s’achève sur un court épilogue qui condense les messages que je tire pour le futur de cette Europe dont j’ai eu conscience de faire partie de 1914 à aujourd’hui.
 
Cinq chapitres traitent de L’héritage.
Le premier, que j’intitule : « Des peuples souvent en conflit, mais à l’origine d’une civilisation créatrice », cherche à répondre à la question : pourquoi l’Europe, à partir de la seconde moitié du XIV e siècle, s’est-elle développée au point de dominer l’ensemble du monde au début du XX e siècle ? J’ajoute que c’est une petite histoire « simpliste » parce que les historiens contemporains rejettent, à juste titre, et méprisent souvent les raccourcis qui ne retiennent que des éléments sommaires et relèvent plus de l’essai que de l’analyse historique. Mais l’objet du livre justifie ce raccourci.
Le deuxième chapitre se doit de présenter un tableau des soixante années d’élaboration de l’Union européenne. Son titre : « Sur les ruines des deux guerres, les étapes ambiguës de la construction européenne » rappelle le long effort qui a conduit de la création de la CECA à l’aube de la crise des subprimes , avec les avancées significatives, les demi-mesures et les impasses qui ont marqué ce cheminement.
Il est difficile de ne pas consacrer le troisième chapitre aux deux crises financières qui se sont enchaînées récemment. La première venue des États-Unis en 2008 et la seconde ayant éclaté en 2012, à partir de la Grèce, à propos de l’endettement des États membres de l’Union. D’où ce titre : « Une aventure ébranlée par l’ouragan de deux crises successives ». En effet, au cours de ces quelques années, s’est déclenché un processus qui secoue si fortement le continent européen que beaucoup d’auteurs n’excluent plus une explosion de la construction européenne.
À ce stade, à l’heure de la globalisation, il devient nécessaire de replacer le continent européen dans l’ensemble du monde. C’est l’objet du chapitre 4, « Sous le souffle de l’Occident, le grand réveil du reste du monde ».
Sous le titre « Le message (complexe) de l’histoire longue », le dernier chapitre de L’héritage cherche pour cadre l’histoire universelle pour y situer la civilisation européenne dans le concert des civilisations disparues ou contemporaines, l’accent étant mis sur les périodes d’essor, d’apogée, de déclin et de disparition.
*
Certains lecteurs seront peut-être surpris que la deuxième partie du livre traite des acteurs du système européen . L’expérience m’a appris l’importance d’une telle approche.
Un exemple récent l’illustre : lorsque ont éclaté les révolutions arabes, la majorité des observateurs occidentaux a considéré que les aspirations démocratiques qui se manifestaient allaient déboucher sur la prospérité et la paix, mais les plus informés d’entre eux se sont penchés sur les forces économiques, sociales et religieuses en présence dans les différents pays et sur les tensions qui pouvaient en résulter. Alors que les faits ont rapidement démenti les espérances naïves des premiers, ils ont montré que les seconds soulevaient déjà des questions pertinentes sur les suites de ces révolutions.
Le terme « acteurs » sera employé dans un sens très général et désignera selon le cas des groupes sociaux, des réseaux, des organisations précises ou, au contraire, des courants culturels.
Aujourd’hui, cinquante ans après la guerre, la liste des acteurs du système européen a changé et pas seulement parce que l’URSS s’est décomposée, l’Allemagne unifiée et l’Union européenne élargie. On peut parler d’« Une nouvelle scène et d’acteurs nouveaux ».
Lesquels ?
En tête, « Un nuage (ou une nébuleuse) médiatico-informatique » qui enveloppe nos avenirs et bouleverse à la fois nos institutions, nos comportements et nos modes de pensée. Négliger les conséquences technologiques, économiques, sociales et culturelles qui en résultent risquerait de ruiner les bases d’une analyse prospective.
Viennent ensuite, sous le titre «  Out of Europe  », les acteurs du reste du monde qui, quelle que soit la vitalité de nos sociétés, interféreront de plus en plus en poursuivant leurs objectifs spécifiques.
J’ai réuni dans un quatrième chapitre, « Les nations encore sous l’empreinte de leur passé », tout ce que les acteurs européens d’aujourd’hui portent en eux, non pas de l’histoire du continent en général, mais des spécificités de la construction de leur nation. C’est cette empreinte, avec les avantages et les inconvénients qui en résultent, qu’apprennent, parfois durement, à comprendre tous ceux qui ont été amenés, à des titres divers, à participer à l’aventure européenne.
Le terme de démocratie est si large qu’il s’applique à une multitude de réalités historiques, ce qui masque la transformation en cours des démocraties européennes. Il me paraît impossible d’aborder la prospective du continent sans prendre conscience de ce qu’« Une démocratie européenne écartelée entre la représentation et la participation » est en train de devenir. Au moment où beaucoup d’analystes insistent sur les insuffisances démocratiques de la construction européenne, il est indispensable d’appro fondir ce thème en vue de la réflexion prospective. C’est l’objet du cinquième chapitre.
Le suivant, qui traite « Des entreprises trop grandes ou trop petites dans l’espace européen », aborde un groupe d’acteurs plus conventionnels et que l’on s’étonnerait de ne pas voir introduits dans cet inventaire, d’autant plus qu’ils jouent un rôle majeur dans la prospérité du continent et que les stru

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