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Description

Si l'expression « réseau social » fait son apparition dans le langage populaire en même temps que les Facebook, LinkedIn et autres plateformes d'échange, le concept est présent dans les sciences sociales depuis au moins les années 1930. De fait, les premières applications formelles de techniques d'analyse des réseaux sociaux (ARS), notamment dans les travaux sur les prisons et les maisons de réforme, sont apparues à la fin des années 1990. Elles connaissent depuis une croissance exponentielle et très prometteuse.
Le but de cet ouvrage n'est pas d'expliquer les grands principes de l'ARS, mais plutôt d'en appliquer les concepts et la méthodologie à l'étude du crime et des délinquants. Dans cette perspective, les textes de spécialistes de diverses disciplines - criminologues, certes, mais aussi politologues, psychologues et mathématiciens - et de membres de corps policiers apportent une contribution importante pour qui doit appréhender la complexité, elle aussi toujours grandissante, de réseaux criminels de plus en plus « branchés ».
Les directeurs
Rémi Boivin est professeur adjoint à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, chercheur régulier au Centre international de criminologie comparée (CICC) et chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM).
Carlo Morselli est professeur titulaire à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, directeur du Centre international de criminologie comparée (CICC) et chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM).

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 janvier 2016
Nombre de lectures 2
EAN13 9782760636231
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0750€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Sous la direction de RÉMI BOIVIN et CARLO MORSELLI
Les réseaux criminels
Les Presses de l’Université de Montréal
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Vedette principale au titre: Les réseaux criminels (Collection Jean-Paul Brodeur) Comprend des références bibliographiques. ISBN 978-2-7606-3621-7 1. Criminels - Réseaux sociaux. 2. Crime organisé. I. Boivin, Rémi, 1983- . II. Morselli, Carlo, 1969- . HV6441.R472 2016 364.106 C2015-942195-0 Mise en pages et epub: Folio infographie ISBN (papier): 978-2-7606-3621-7 ISBN (pdf): 978-2-7606-3622-4 ISBN (ePub): 978-2-7606-3623-1 Dépôt légal: 1 er trimestre 2016 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2016 Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
COLLECTION JEAN-PAUL BRODEUR
Professeur de l’École de criminologie de l’Université de Montréal et directeur du Centre international de criminologie comparée, Jean-Paul Brodeur (1943-2010) était un chercheur de premier plan. Cette collection se propose de rassembler des ouvrages qui s’inscrivent dans la lignée de sa démarche intellectuelle. On y accueillera des travaux portant notamment sur la police, la sécurité, la politique pénale et la criminologie critique, domaines auxquels Jean-Paul Brodeur a apporté une contribution déterminante et où il s’est distingué par la rigueur de sa pensée.


Table des matières
Liste des sigles employés
Introduction
Rémi Boivin et Carlo Morselli
1La visualisation relationnelle au service de l’enquête criminelle
Quentin Rossy
2Le potentiel informatif des liens issus du profilage physico-chimique de produits stupéfiants
David Corazza, Pierre Esseiva et Olivier Ribaux
3L’orientation des recherches et les efforts en ARS pour la fonction du renseignement
Étienne Martineau et Régine Lecocq
4Du réseau comme structure au réseau comme acteur: comment les réseaux sociaux se constituent en acteurs collectifs
Amélie Forget
5L’ARS pour l’identification des rôles de leadership dans les organisations criminelles
Francesco Calderoni
6Les chemins de la réussite pour le délinquant affilié
Pierre Tremblay, Mathieu Charest et Yanick Charette
7Les courtiers dans le réseau criminel des gangs de rue
Andrew McIver
8Le délinquant innovateur: l’adaptation du milieu de la fraude par cartes bancaires à Montréal
Mathieu Charest et Maurizio D’Elia
9La détection de communautés dans les réseaux criminels en ligne et la recherche en codélinquance
Martin Bouchard et Bryce Westlake
10La codélinquance: une porte d’entrée du crime?
Rémi Boivin et Carlo Morselli
11L’impact des réseaux criminels sur les trajectoires de diversification des activités illicites
Frédéric Ouellet et Dominique Laferrière
12La (dés)organisation et les dynamiques identitaires du mouvement skinhead au Québec
Samuel Tanner, Aurélie Campana et Clémentine Simon
13Conclusion
Carlo Morselli et Rémi Boivin
Bibliographie
Les auteurs


Liste des sigles employés
ARS Analyse de réseaux sociaux
CENE Child Exploitation Network Extractor
CIB Critère d’information bayésien
CICC Centre international de criminologie comparée
DDA Direzione Distrettuale Antimafia (Direction de district anti-mafia)
DUC Déclaration uniforme de la criminalité
ERDR Équipe de recherche sur la délinquance en réseaux
FAC Forces armées canadiennes
FB Facebook
GIP Giudice per le indagini preliminari: juge des enquêtes
GRC Gendarmerie royale du Canada
IGC Indice de gravité de la criminalité
KLPD (Korps landelijke politiediensten: Corps national des services de police – Pays-Bas)
MIP Module d’information policière
NIP Numéro d’identification personnel
RASH Red and Anarchist Skinheads
RDDC Recherche et développement pour la défense Canada
SHARP Skinheads Against Racial Prejudice
SNA Social Network Analysis
TPV Terminaux de points de vente
UNODC United Nations Office on Drugs and Crime


Introduction
Rémi Boivin et Carlo Morselli
L’expression «réseau social» a fait son apparition dans le langage populaire en même temps que les Facebook, Twitter, LinkedIn et autres plateformes d’échange. Pourtant, il s’agit d’un concept présent dans les sciences sociales depuis au moins les années 1930. L’analyse de réseaux sociaux (ARS, ou Social Network Analysis – SNA en anglais) fait référence à un ensemble d’outils théoriques et méthodologiques visant l’analyse de données relationnelles, plutôt que celle des attributs d’objets. Un réseau social est donc un ensemble d’unités reliées ou non entre elles. Le champ d’études est à l’évidence plus développé en langue anglaise: il existe au moins cinq revues scientifiques spécialisées en analyse de réseaux sociaux et des dizaines d’ouvrages généraux sur le sujet, à commencer par le recueil exhaustif de John Scott et Peter Carrington (2011). Il existe toutefois plusieurs excellents ouvrages en français offrant une introduction à l’analyse de réseaux sociaux, dont celui d’Alain Degenne et Michel Forsé (2004).
Le but du présent ouvrage n’est pas de présenter à nouveau les grands principes de l’analyse de réseaux sociaux, mais plutôt d’appliquer ses concepts à l’étude du crime et des délinquants. Si les notions de réseau et de relation sont apparues très tôt dans les travaux sur les prisons et les maisons de réforme (Hubbell, 1965; Jennings, 1943; McRae, 1960; Moreno, 1932; 1934; 1957), les premières applications formelles de techniques d’analyse de réseaux en criminologie datent de la fin des années 1990.
Depuis, la publication d’articles et de livres scientifiques faisant explicitement référence à l’analyse de réseaux sociaux a connu dans ce domaine une croissance exponentielle. Signe de cet engouement, un atelier portant spécifiquement sur l’analyse de réseaux criminels (l’ Illicit Networks Workshop ) a été organisé, regroupant des chercheurs de partout dans le monde. La 6 e édition de cet atelier, qui a eu lieu en 2014 à Adelaïde (Australie), a regroupé des présentations d’une vingtaine de chercheurs de partout dans le monde.
Participant nous-mêmes régulièrement à l’ Illicit Networks Workshop , nous avons souhaité organiser un colloque sur l’analyse de réseaux criminels avec l’ambition de créer une communauté de chercheurs francophones intéressés par le sujet. Cet événement a finalement eu lieu le 20 mars 2014 à l’Université de Montréal, grâce au soutien de l’Équipe de recherche sur la délinquance en réseaux (ERDR) et du Centre international de criminologie comparée (CICC). Une centaine de participants ont assisté aux 12 conférences offertes par des chercheurs du Canada, de la Suisse, de l’Italie et des États-Unis. Le présent ouvrage regroupe des contributions de plusieurs de ces conférenciers, dont le point commun est le souci de comprendre les activités criminelles qu’ils étudient en utilisant les principes de l’analyse de réseaux sociaux.
L’analyse de réseaux sociaux en bref
La majeure partie de la littérature portant sur les réseaux sociaux est consacrée à l’étude de réseaux simples ( one-mode ) d’individus. Dans ce genre de réseau, des personnes sont liées directement entre elles, par un lien familial, professionnel, amical ou autre. Le champ d’études ne se résume toutefois pas à ce type d’analyse. D’abord, l’unité d’analyse peut être différente: il peut s’agir de groupes d’individus (Papachristos, 2009), d’entreprises criminelles (Malm, Bichler et Nash, 2011), de compagnies (Baker et Faulkner, 2004), de pays (Boivin, 2014), etc. La nature de l’unité ne change pas la méthode, mais nécessite évidemment des ajustements dans l’interprétation des résultats. Ensuite, il existe aussi des réseaux à deux niveaux ( two-mode ) dans lesquels des unités sont liées par un autre objet. Par exemple, deux individus qui fréquentent un même endroit partagent une relation qui reste à définir.
Le défi initial de l’analyse d’un réseau social est de circonscrire son étendue. Il n’est généralement pas possible (ni très utile) d’analyser l’infinité de relations potentielles entre deux unités. Un anthropologue pourra s’intéresser à la généalogie d’un individu, tandis qu’un chercheur en criminologie s’intéressera probablement plus à ses pairs délinquants. Une des premières étapes de l’analyse d’un réseau social est donc de définir la nature des relations à l’étude. Une étape subséquente est de déterminer la force de la relation entre les unités: bon nombre d’études n’analysent que la présence ou l’absence d’une relation, mais de plus en plus d’analystes et de chercheurs tentent de distinguer les relations selon leur fréquence ou leur nature. Les réseaux à deux niveaux présentent d’ailleurs des défis supplémentaires quant à la force des relations entre les unités; il est probable que deux personnes affichant les couleurs d’un groupe criminel se connaissent, mais il serait présomptueux de prétendre que les dizaines de personnes arrêtées par un même policier forment une communauté de délinquants.
L’analyse de réseaux permet d’exploiter trois grands angles: les unités (ou nœuds), les réseaux et les relations. D’abord, les logiciels spécialisés en analyse de réseaux, comme UCINET et Pajek, comprennent des dizaines de mesures permettant de quantifier le rôle et l’importance des unités dans leur réseau. Les plus connues sont les diverses mesures de centralité, comme le degré et l’intermédiarité. Ces mesures permettent de comparer les unités entre elles (quelle unité est plus centrale?) ou peuvent être utilisées pour prédire d’autres variables (l’intermédiarité est-elle associée à la réussite criminelle?). Ensuite, on pourra compar

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