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Description

La justice est en crise. Elle doit aujourd’hui se réformer. Comment en améliorer la qualité, avec des moyens réduits ? Sûrement pas en réduisant ses fonctions ou en se contentant de modifier la carte judiciaire. Pour bâtir la justice du XXIe siècle, c’est plutôt d’une réflexion en profondeur sur les différentes facettes des missions des juges et des procureurs qu’il faut partir. Une telle réflexion permettrait de distinguer ce qui relève vraiment du procès et ce qui serait mieux traité autrement – par les associations, les élus, les avocats et bien sûr les parties elles-mêmes ; surtout, elle revitaliserait notre démocratie en associant mieux les justiciables et l’ensemble de la société à l’œuvre de justice. C’est ce que propose cet ouvrage, qui ne prétend pas définir ce que l’institution judiciaire devrait être, mais plutôt analyser ce qu’elle est, en s’intéressant aux hommes et aux femmes qui la rendent quotidiennement, à leurs aspirations et à leurs interrogations, en cherchant à saisir au plus près des pratiques concrètes comment s’élabore la décision judiciaire, en rassurant les juges sur le sens de leur office non pas par des solutions techniques, mais en retrouvant le lien perdu avec la justice. Antoine Garapon est magistrat. Il anime l’Institut des hautes études sur la justice et a notamment publié Bien juger, Juger en Amérique et en France, Des crimes qu’on ne peut ni punir ni pardonner, La Raison du moindre État. Sylvie Perdriolle est présidente de chambre à la cour d’appel de Paris, après avoir été directrice de la Protection judiciaire de la jeunesse et présidente de cour d’assises. Boris Bernabé est professeur d’histoire du droit, spécialiste de la justice. 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 janvier 2014
Nombre de lectures 0
EAN13 9782738172488
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,1000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L’ensemble des droits à provenir de la vente de l’œuvre sera versé à l’IHEJ.
© ODILE JACOB, JANVIER 2014 15, Soufflot, 75005 Paris
www.odilejacob.fr
ISBN : 978-2-7381-7248-8
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
Aux auditeurs de justice, élèves avocats et greffiers stagiaires qui construiront la justice du XXI e  siècle.
S OMMAIRE
Couverture
Titre
Copyright
Dédicace
Préface de Christiane Taubira
Liste des principales abréviations
Introduction
L’OFFICE DU JUGE, UNE QUESTION REFOULÉE
Chapitre 1 - L’office du juge, au cœur des transformations démocratiques
LE JUGE COMME RECOURS
CONSTRUIRE UNE OFFRE DE JUSTICE EN AMONT
Chapitre 2 - L’office jurisprudentiel
DIRE LE DROIT D’UNE MANIÈRE EXPLICITE EN TENANT COMPTE DE CE QUI A ÉTÉ DÉCIDÉ PRÉCÉDEMMENT PAR LES AUTRES JUGES NATIONAUX OU EUROPÉENS
LA CONSTRUCTION D’UNE JURISPRUDENCE CONCRÈTE
Chapitre 3 - L’office processuel
TRAITER LES LITIGES DE MANIÈRE HUMAINE, EFFICACE ET ÉQUITABLE
UNE ŒUVRE JURIDICTIONNELLE COLLECTIVE
Chapitre 4 - L’office tutélaire
PROTÉGER LES PERSONNES FRAGILISÉES…
… QUI NE RÉSOLVENT PAS ELLES-MÊMES LEURS DIFFÉRENDS OU QUI NE BÉNÉFICIENT PAS DU SOUTIEN NATUREL DES LEURS NI D’UNE PROTECTION SOCIALE EFFICACE ET ACCEPTÉE
Chapitre 5 - L’office sanctionnateur
SANCTIONNER ET PUNIR LES INFRACTIONS EN VEILLANT À CE QUE LE CONDAMNÉ SOIT RÉINTÉGRÉ DANS LA SOCIÉTÉ À L’ISSUE DE SA PEINE ET QU’IL NE PRÉSENTE PLUS DE DANGER EXCESSIF POUR ELLE
RETROUVER LA VISIBILITÉ DE LA JUSTICE ET LA LISIBILITÉ DE LA PEINE
Chapitre 6 - L’office libéral
GARANTIR LES LIBERTÉS FONDAMENTALES À TOUTE PERSONNE, NOTAMMENT SUSPECTÉE, DÉTENUE, RETENUE OU HOSPITALISÉE CONTRE SON GRÉ
CONSOLIDER CET OFFICE
Chapitre 7 - L’office de vérité
LE MODÈLE FRANÇAIS DE L’OFFICE DE VÉRITÉ
LES ÉVOLUTIONS DE L’OFFICE DE VÉRITÉ
Chapitre 8 - L’appel, sanction de l’office du juge
L’APPEL CIVIL DOIT FORMER UN POINT D’ÉQUILIBRE ENTRE PROTECTION DES DROITS INDIVIDUELS ET SATISFACTION DE L’INTÉRÊT GÉNÉRAL
LE DÉSÉQUILIBRE INTRODUIT PAR LA DÉVOLUTION ABSOLUE DE L’APPEL
L’APPEL COMME SANCTION DE L’OFFICE DU PREMIER JUGE
Chapitre 9 - L’office du procureur
UNE AUTORITÉ EN CHARGE DE CONDUIRE L’ACTION PUBLIQUE
OFFICE DÉLÉGUÉ ET OFFICE SUBSTITUÉ : LA DOUBLE SOURCE DE L’AUTORITÉ DU PROCUREUR
VERTICALISATION OU DÉCENTRALISATION DES PARQUETS ?
UNE EXTENSION RÉCENTE DE L’OFFICE DU PROCUREUR ?
LE PROCUREUR : UNE AUTORITÉ JUDICIAIRE LOCALE
RÉINVENTER LA PLACE DU PROCUREUR AU XXIe SIÈCLE
Chapitre 10 - L’autorité et la prudence, et après ?
LES COMPOSANTES DE L’AUTORITÉ DU JUGE
LA PRUDENCE
UN APPEL À GARANTIES
Conclusion
DES TRANSFORMATIONS PROFONDES
ASSURER LE CHANGEMENT
CHANGEMENT PAR LA LOI, CHANGEMENT PAR LES MŒURS
RÉINTRODUIRE L’AUTORITÉ ET LA PRUDENCE DANS LA RÉFORME
Remerciements
Biographies des auteurs
De Antoine Garapon chez Odile Jacob
Préface de Christiane Taubira

Lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation du 18 janvier 2013, le président de la République a fait de la justice de proximité sa priorité afin que la justice soit plus proche du citoyen, plus accessible et plus moderne, que le citoyen soit au centre du service public de la justice du XXI e  siècle. Ce projet politique d’organisation judiciaire implique une réflexion sur les missions des juges et des procureurs, sur leurs méthodes de travail. En effet, un service public de la justice de proximité efficace impose non seulement une proximité géographique permettant de favoriser l’accessibilité à la justice pour les citoyens, mais aussi une nouvelle forme d’équité et de gradation des réponses qui leur sont apportées afin de leur permettre d’être acteurs de leurs droits.
Les objectifs ambitieux fixés par le président de la République nous interdisent de procéder, comme trop souvent ces dernières années, sans vision d’ensemble. Les évolutions du monde contemporain doivent trouver leur écho dans une justice moderne. Le juge est aujourd’hui l’un des derniers recours de notre société en crise. En temps de crise économique, il intervient en cas de surendettement des particuliers, tranche le devenir des sociétés en difficulté, contrôle la légalité des licenciements. En temps de crise des repères, il prend en charge les mineurs en dérive mais aussi les personnes hospitalisées en psychiatrie, statue sur les questions relatives à la fin de la vie, mais adapte aussi le droit à des nouveaux contentieux, comme les grandes catastrophes écologiques. Le juge est souvent le premier confronté aux évolutions de la société. Il est aux côtés des citoyens dans les évolutions de leur vie familiale, notamment pour les familles recomposées, il apporte une solution à leurs problèmes quotidiens. Les citoyens se tournent vers lui comme une autorité morale.
Le juge doit pouvoir consacrer plus de temps et d’attention à l’écoute des cas les plus délicats. Les situations les plus simples doivent pouvoir trouver des modes de résolution adaptés, rapides et peu coûteux, pour permettre au juge de consacrer le temps nécessaire aux situations humaines douloureuses et aux dossiers techniques complexes. Apporter son expérience, son savoir aux situations et aux cas les plus difficiles, c’est ce qui fonde l’autorité et la légitimité du magistrat. Le greffier doit pouvoir être disponible pour effectuer un véritable travail de préparation des dossiers dont la justice est saisie, et pour accueillir le justiciable pour qui il est souvent le premier contact avec la justice.
J’ai déjà pris certaines mesures urgentes et immédiates nécessaires pour répondre à l’urgence des juridictions. Je veille à ce que les moyens disponibles soient mobilisés. Mais même si le budget de l’État pouvait répondre à tous les besoins, je crois que seule une réflexion d’ampleur sur l’organisation et le fonctionnement de nos juridictions permettra une véritable évolution. Je sais combien ces réformes sont urgentes mais je refuse toute précipitation qui ne ferait qu’aggraver les problèmes. J’ai donc souhaité mener une action concertée et cohérente dans le temps. J’ai souhaité engager un processus de réformes à la hauteur des enjeux. Ce processus s’appuie sur de solides travaux théoriques et doctrinaux, ainsi que sur une étude minutieuse de la réalité des pratiques professionnelles. C’est logiquement que j’ai chargé l’Institut des hautes études sur la justice (IHEJ) d’une mission de réflexion sur le sens des missions des magistrats du siège et du ministère public au XXI e  siècle, le périmètre de leur action, le rôle que la société démocratique française leur confie, leur place dans la République. L’IHEJ a entendu de nombreux magistrats des juridictions, fonctionnaires de justice, avocats, auxiliaires de justice, universitaires, en se déplaçant dans les tribunaux, dans les écoles du ministère de la Justice, afin d’observer et d’analyser les pratiques quotidiennes des professionnels et l’évolution des concepts. Il ressort de ce travail de nombreuses recommandations dont certaines seront sans aucun doute âprement discutées. Mais, au-delà de ces préconisations, l’IHEJ nous permet d’analyser et de décrire avec précision les situations vécues par les acteurs de la justice et les évolutions possibles vers un changement des pratiques. Surtout, cet ouvrage nous permet de mieux comprendre le sens de la mission du magistrat dans un monde transformé.
Je tiens à remercier l’IHEJ, particulièrement les auteurs de ce rapport, mais aussi tous ceux qui ont pu se rendre disponibles dans le cadre de ces travaux pour leur engagement et la très haute qualité de leurs contributions.
Les recommandations constituent les fondements d’une réflexion plus technique que j’ai confiée à Didier Marshall, premier président de la cour d’appel de Montpellier sur les juridictions du XXI e  siècle, à Pierre Delmas-Goyon, conseiller à la Cour de cassation, sur les questions relatives au magistrat du XXI e  siècle et à Jean-Louis Nadal, procureur général honoraire près la Cour de cassation, sur la modernisation du ministère public. Leurs rapports m’ont été remis en décembre 2013 ; l’ensemble de ces travaux ont été mis en perspective dans le cadre d’un débat national organisé les 10 et 11 janvier 2014.
C’est la première fois qu’une réflexion de si grande ampleur est proposée, que tous les acteurs sont associés de manière aussi continue et diverse : au cours des entretiens menés par l’IHEJ, par les groupes de travail et la commission, lors du débat national puis des concertations en juridiction, et avec les organisations syndicales. Mais c’est surtout la première fois que l’on propose aux professionnels, en les y associant, une réforme de culture.
Personne n’avait encore cherché à réduire le décalage toujours plus grand entre les attentes de la société à l’égard de la justice, les missions multiples qui lui sont confiées et sa capacité à y faire face. Je veux aujourd’hui que la recherche du consensus soit vecteur d’ambition et non pas de la recherche du plus petit dénominateur commun. La réponse n’a jamais été à la hauteur de l’unanimité existant autour du constat des difficultés. Comment dès lors s’étonner que l’enthousiasme n’ait jamais été au rendez-vous ? Aujourd’hui, nous réfléchissons non pas à faire plus, mais différemment. À faire autrement, mais mieux. Nous porton

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