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Description

Depuis plusieurs années, le port de signes religieux au sein des institutions publiques est un enjeu social important dans la société québécoise. Au milieu des années 2000, lors des travaux de la commission Bouchard-Taylor, de nombreux Québécois sont stupéfaits de constater que plusieurs de leurs concitoyennes de confession musulmane affichent publiquement leur religiosité au moyen d’un foulard couvrant leurs cheveux, le hijab. Certains projets de loi ont proposé d’interdire le port de signes religieux pour l’ensemble du personnel des organismes publics ou parapublics. Cette interdiction reste possible en droit québécois, mais elle doit se fonder sur la recherche d’un équilibre entre la neutralité religieuse de l’État et le droit à la liberté de religion.
Quels sont les liens existants entre la laïcité et la liberté de religion au Québec ? Que signifie la laïcité pour une fonctionnaire portant le hijab ? En documentant de manière descriptive et nuancée la question des signes religieux, l’auteur propose un examen des normes étatiques et une analyse des pratiques quotidiennes des fonctionnaires québécoises qui ainsi tentent de concilier le respect de leur foi et le respect de l’État.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 août 2018
Nombre de lectures 1
EAN13 9782760639249
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Bertrand Lavoie
LA FONCTIONNAIRE ET LE HIJAB
Liberté de religion et laïcité dans les institutions publiques québécoises
Les Presses de l’Université de Montréal
Table des matières
Remerciements
Avant-propos
De la pratique religieuse au débat social: le hijab dans la sphère publique
Qu’est-ce que la laïcité?
Une étude des normes et des pratiques
Une étude sociojuridique appliquée
L’encadrement institutionnel du port du hijab
Porter le hijab en contexte sécularisé
Méthodologie et déroulement des entretiens semi-directifs
Introduction
Le port du hijab en public, entre invisibilité et «survisibilité»
Une atteinte au droit des femmes?
Le hijab au Québec, entre acceptation et incompréhension
La crise des accommodements raisonnables: l’irruption d’un problème public
Le débat sur la Charte des valeurs: la cristallisation d’un problème public
La loi du 18 octobre 2017 sur la neutralité religieuse: la fin des débats publics sur les accommodements raisonnables?
Les débats québécois sous influence française?
Le hijab à la frontière de l’identité nationale
Le hijab et la dynamique majorité/minorité
Un retour du religieux dans la sphère publique?
Retour ou transformation du religieux au Québec?
L’État de droit devant la montée de l’insécurité culturelle
PREMIÈRE PARTIE
L’ENCADREMENT INSTITUTIONNEL DU PORT DU HIJAB
CHAPITRE 1
Liberté de religion et égalité
La liberté de religion au Québec
La liberté de religion, une question de sincérité
Peut-on interdire le port du hijab en droit québécois?
Interdire le port du hijab, une question de proportionnalité
Vers une approche plus restrictive au Québec et au Canada?
CHAPITRE 2
Laïcité et pluralisme
L’institutionnalisation de la laïcité au Québec
De l’absence de religion d’État au Québec
Des exceptions à l’abstention: le cas des écoles confessionnelles catholiques et protestantes
L’intégration à la québécoise: un encadrement permissif pour le port du hijab
L’exigence de neutralité pour l’employé de l’État au Québec, une présomption de neutralité
Une éthique du pluralisme interrogée
Les cultures juridiques et la laïcité
Le Québec, terre de bijuridisme
L’influence civiliste et française: l’importance du législateur et de la sûreté juridique
L’influence de la common law: l’importance du juge et du pragmatisme
DEUXIÈME PARTIE
PORTER LE HIJAB EN CONTEXTE SÉCULARISÉ
CHAPITRE 3
Des parcours menant au hijab
Être fille de l’islam: des parcours qui convergent vers des sentiers balisés
Le Coran et la Sunna: deux sources «juridiques» fondatrices en islam
L’islam, un ensemble de règles et de repères
S’identifier à la communauté de foi?
Des trajectoires de religiosité menant au port du hijab
Le porter pour la première fois: entre héritage, hasard et quête personnelle
Des histoires de vie marquées par le monde professionnel, des parcours qui remettent en question l’environnement familial
Porter le hijab pour les bonnes raisons
Des croyances fondées sur des certitudes subjectives
Entre sincérité et validité: une autovalidation du croire
Du droit à la religion vécue: un regard sur l’appropriation personnelle du religieux
CHAPITRE 4
Négocier quotidiennement la laïcité
De la laïcité institutionnelle à la laïcité vécue
Avoir conscience de la laïcité
La laïcité, entre confiance, réaction et optimisme
La dynamique méfiance/confiance envers la laïcité
Une négociation quotidienne pourtant difficile
Travailler avec le hijab, être représentante de l’islam malgré soi
Le hijab et la réalité de la discrimination
Le déploiement d’une conscience internormative
Conclusion
ANNEXE
Méthodologie et éthique de la recherche
La composition de l’échantillon et le traitement des données
Les techniques de recrutement, le déroulement des entretiens et l’analyse des données
La relation intersubjective entre le chercheur et la participante
Éviter d’imposer une problématisation, promouvoir une relation intersubjective collaborative
Bibliographie
Législation québécoise citée
Jurisprudence québécoise citée
Conseil privé de Londres
Cour suprême du Canada
Cour fédérale
Tribunal canadien des droits de la personne
Cours du Québec
Cours provinciales
Monographies
Articles et chapitres de livre
Rapports, autres documents et documents Web
Table des matières
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et ArchivesCanada Lavoie, Bertrand, 1983-, auteur La fonctionnaire et le hijab: liberté de religion et laïcité dans les institutions publiques québécoises / Bertrand Lavoie. (PUM) Comprend des références bibliographiques. Publié en formats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 978-2-7606-3922-5 ISBN 978-2-7606-3923-2 (PDF) ISBN 978-2-7606-3924-9 (EPUB) 1. Fonction publique - Québec (Province). 2. Expression religieuse dans l’espace public - Québec (Province). 3. Hijāb - Aspect politique - Québec (Province). 4. Musulmanes - Québec (Province) - Entretiens. I. Titre. II. Collection: PUM. JL252.Z13R44 2018   352.6088’297   C2018-941239-9 C2018-941240-2 Mise en pages et Epub: Folio infographie Dépôt légal: 3 e trimestre 2018 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2018 www.pum.umontreal.ca Cet ouvrage a été publié grâce à une subvention de la Fédération des sciences humaines de concert avec le Prix d’auteurs pour l’édition savante, dont les fonds proviennent du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).


Remerciements
Je tiens tout d’abord à remercier les répondantes qui ont gentiment accepté de participer à la recherche qui est à l’origine de cet ouvrage. Je garde d’excellents souvenirs de ces rencontres enrichissantes, de ces femmes remplies de lucidité, mais également d’espoirs devant la place qu’elles occupent en société. J’espère que ce livre sera à la hauteur de leurs attentes.
Cet ouvrage est issu d’une thèse de doctorat soutenue conjointement à l’Université de Montréal et à l’Université Paris II. Je remercie mes deux directeurs de recherche, Olivier Beaud et Luc B. Tremblay, de même que les collègues et amis avec qui j’ai discuté parfois longuement des enjeux traités dans ce livre: Valérie Amiraux, Lori G. Beaman, Carola David, Paul Eid, Pascale Fournier, Jean-François Gaudreault-DesBiens, Stéphanie Gravel, Léon Grimard, Jean Leclair, Solange Lefebvre, Violaine Lemay, Laurence McFalls, Pierre Noreau, Dave Poitras, Philippe Portier, Sarah Pröwrock, Phillip Rousseau, Michel Morin, Maria Tagliente, Barbara Thériault, Elizabeth Tutschek, Kaisa Vuoristo et Till van Rahden. Je remercie tout spécialement Hubert Forcier et David Koussens pour leurs relectures et leurs précieux commentaires.
Je tiens également à remercier la directrice du Centre for Socio-Legal Studies de l’Université d’Oxford, Marina Kurkchiyan, qui m’a reçu dans ce merveilleux centre, en plus de me fournir un bureau de travail lors de mon séjour à l’automne 2014. Je suis reconnaissant de l’aide financière que j’ai reçue du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal, du groupe IRTG Diversity et de la fondation Alan B. Gold. Je tiens à remercier la direction du cégep André-Laurendeau, en particulier Éliane Fassler, qui a consenti à m’accorder un congé de perfectionnement afin de terminer mon doctorat. Je remercie aussi Stéphanie Pham-Dang, de la bibliothèque de droit de l’Université de Montréal, pour son aide précieuse dans mes recherches documentaires.
Je remercie de plus l’équipe des Presses de l’Université de Montréal pour leur travail professionnel et minutieux, en particulier Jade Boivin, Sylvie Brousseau, Nathalie Freitag et Nadine Tremblay.
Aussi, je tiens à remercier mes parents, Nicole et Marc, qui m’ont toujours encouragé et soutenu dans cette merveilleuse aventure du savoir. J’exprime enfin toute ma tendresse à mon épouse Alexa pour son écoute et sa patience. La compréhension dont elle a fait preuve et l’amour qu’elle me donne tous les jours m’ont encouragé à persévérer dans ma démarche. Elle est pour moi l’étincelle sans laquelle le présent ouvrage n’aurait jamais vu le jour.


Avant-propos
Nos institutions démocratiques reposent sur la croyance ; il n’y a pas de pluralisme sans respect des personnes; pour exercer la contrainte, les pouvoirs politiques ont besoin de la légitimité; le droit comporte tant de conventions et de rituels, parfois surannés, qu’il serait bouleversé jusque dans ses fondements si nous ne lui portions une confiance malgré tout inaltérable.
Fernand Dumont
Depuis plusieurs années, le port de signes religieux au sein des institutions publiques est un enjeu social important dans la société québécoise. Le processus de laïcisation de l’État qui s’accélère au cours des années 1960 favorise l’idée, largement répandue depuis, selon laquelle cette transformation des institutions publiques s’accompagne d’une disparition progressive de la pratique religieuse dans la sphère publique. Pour une partie non négligeable de la population québécoise, le rapport à la religiosité se déploie de manière personnelle et est essentiellement vécu en privé. La relative invisibilité publique du religieux pratiquée par une majorité de culture catholique favorise une certaine normalisation des perceptions sociales à l’égard de ce qui devrait être accepté et autorisé publiquement en matière de signes religieux. Au milieu des années 2000, lors des travaux de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, la commission Bouchard-Taylor, de nombreux Québécois sont stupéfaits de constater que plusieurs de leurs concitoyennes d

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