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La Corruption des élites , livre ebook

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Description

Le chaos financier qui affecte l’économie-monde est-il seulement l’effet d’un cycle et le produit d’erreurs politiques ? N’est-il pas aussi la conséquence d’agissements frisant la correctionnelle mais protégés par une « corruption douce » ? Pour Noël Pons, les multiples analyses de la crise financière globale ont mis en évidence les liens fusionnels entre les réseaux d’affaires et le politique. Dérégulation, autocontrôle vain, connivence à tous niveaux : un véritable système s’est mis en place, discret mais efficace, jouant de toutes les complaisances. Décrivant en profondeur le rôle trouble du lobbying et des experts, le laxisme généralisé en termes de conflits d’intérêts, les logiques douteuses à l’œuvre dans le monde de la finance, la pénétration de l’économie par des organisations criminelles, Noël Pons éclaire d’un jour inédit des phénomènes au centre de l’actualité, comme la crise de la dette souveraine, ou encore en révèle d’autres, comme les opérations mafieuses dans le domaine des technologies de la communication et dans l’économie verte. Noël Pons a été inspecteur des impôts, fonctionnaire au Service central de prévention de la corruption (SCPC). Il dispense de nombreuses formations antifraude et anticorruption en France et à l’étranger. Il a notamment publié Cols blancs et mains sales. 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 avril 2012
Nombre de lectures 3
EAN13 9782738179814
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0950€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Ouvrage proposé par Xavier Raufer
Préface de Claude Mathon
Postface de Pierre Merand
© O DILE JACOB, AVRIL 2012 15, RUE SOUFFLOT, 75005 P ARIS
 
www.odilejacob.fr
 
ISBN : 978-2-7381-7981-4

Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3° a), d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Préface

« Il y a des hommes à qui tout sens de la mesure est inconnu : argent, honneur, pouvoirs, plaisirs sensuels, plaisir de gueule, plaisirs de toutes sortes enfin ; ils n’ont jamais assez de rien. Leur malhonnête butin, loin de diminuer leur avidité, l’excite plutôt : hommes irrécupérables à enfermer plutôt qu’à former. »
Ce texte qui paraît très actuel a pourtant été écrit par Cicéron (106-43 av. J.-C.) dans Plaisir et vérité . Il révèle bien que le phénomène de la corruption est apparu dès la plus haute antiquité.
Dans la conclusion de son ouvrage, Noël Pons, féru d’histoire des religions et néanmoins agnostique déclaré, s’interroge sur ce que seront « les cathédrales que nous léguerons à nos enfants ». Il n’est donc pas interdit de se référer à la lecture de la Bible (par exemple, Deuxième Épître de Pierre 1, 4), qui confirme l’ancienneté du phénomène de la corruption : « Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise . »
On peut également citer l’Évangile selon saint Matthieu : « Personne ne peut servir deux maîtres à la fois. Vous ne pouvez donc pas servir Dieu et l’argent.  »
Outre le fait que l’argent est placé au niveau de Dieu, on peut voir dans cette citation l’origine du conflit d’intérêts, notion fondamentale pour comprendre les mécanismes de la corruption et du lobbying, l’un et l’autre si bien analysés dans le présent ouvrage.
D’aucuns font remonter à Adam et Ève l’origine de la corruption. Tel est l’enseignement de Dominique de Courcelles 1 qui écrit : «  L’histoire humaine commence par une histoire de corruption . Dans la Genèse, le diable fait miroiter un bien à Ève puis à Adam, un bien et un profit qui leur a été interdit par le Créateur ; il s’agit pour le diable et pour ceux qu’il trompe de faire échec à la puissance majeure. Le corrupteur, le diable, est un menteur. La corruption apparaît liée au mensonge. La loyauté à Dieu signifie qu’on ne soit pas tenté ni corrompu par le diable […] 2 . »
Il résulte de ces brefs rappels que la corruption est inscrite au plus profond de l’humanité, au plus profond des « gènes » de l’homme, ce qui explique certainement l’impossibilité de l’éradiquer, mais aussi la compréhension dont bénéficient dans l’opinion publique, corrupteurs et corrompus. Cela explique aussi pourquoi la corruption est « douce », pour reprendre l’expression de Noël Pons. Il n’y a pas de victimes identifiées car nous sommes tous ses victimes. Il s’agit donc d’infractions indolores, mais également coûteuses, destructrices, perverses, insidieuses, que le lobbying et les conflits d’intérêts rendent plus savoureuses encore si elles ne sont pas poursuivies, d’où l’intérêt supérieur du présent ouvrage. Venue du diable et de l’enfer, la corruption se complaît au paradis, en l’espèce dans les paradis fiscaux, dont on nous dit sans rire qu’il n’y en a plus sur la « liste noire » régulièrement tenue à jour par une organisation internationale !
Dès lors, lutter contre la corruption apparaît comme une gageure. C’est pourtant ce à quoi Noël Pons, ancien inspecteur des impôts, s’est consacré depuis 1993, année de la création du Service central de prévention de la corruption (SCPC), dont il a été l’un des conseillers les plus précieux, jusqu’en 2009, soit pendant seize ans ! Et il continue dans cette voie, le présent livre le démontre, tout comme il révèle que ce virus n’atteint pas seulement les corrupteurs et les corrompus, mais aussi ceux qui luttent contre ce fléau, ce qui est finalement plutôt rassurant, l’auteur du présent texte qui a dirigé le SCPC pendant quatre ans, entre 2002 et 2005, pouvant en témoigner.
C’est ainsi que Noël Pons, dans ce livre comme dans ses fonctions au SCPC, n’a cessé de démonter les « systèmes » de corruption, révélant que celle-ci gangrène tous les milieux : sportifs, caritatifs, économiques, et bien sûr, politiques, etc., ses acteurs n’hésitant pas au nom de leur profit personnel à mettre en péril la santé et la sécurité des personnes. Il identifie clairement les failles existant entre l’imaginaire politique et économique et la réalité, de la construction de l’influence dans une élite savante.
La corruption est aussi connectée avec le crime organisé, le trafic de stupéfiants, le blanchiment de l’argent, etc., la fraude en général. Elle occupe une place centrale dans la criminalité. Elle est indissociable de l’intelligence économique et de ses dérives qui mettent en danger les entreprises et leurs secrets d’affaires. On citera notamment ici l’influence perverse des fonds spéculatifs que Noël Pons pointe du doigt, tout comme les agences de notation qui mériteraient plus d’attention de la part de ceux qui s’interrogent ou devraient s’interroger sur les conflits d’intérêts, en décryptant leur fonctionnement et leur financement.
Pire encore, la corruption se renouvelle sans cesse, en utilisant les nouvelles technologies et en se sophistiquant. Désormais, la situation est dramatique. La combinaison des opérations de lobbying, des conflits d’intérêts, la généralisation des comportements a émasculé les outils susceptibles de prévenir et de poursuivre ce délit. Les corrompus ne risquent donc plus grand-chose à l’exception de quelques malchanceux trop gourmands ou trop sûrs de leurs protections. Le présent livre en apporte la démonstration éclatante et débouche sur le « chaos financier » actuel, l’imagination des délinquants dits astucieux, en tout cas manipulateurs, car il s’agit bien de cela, n’ayant pas de limites et témoignant d’un remarquable esprit d’adaptation. Le lecteur doit en être averti : même si ce livre traite des dérives les plus récentes, il n’est pas à jour. Car aucun livre traitant de ces matières ne le sera jamais !
Parallèlement, l’éthique, la déontologie, les codes de conduite n’ont jamais été aussi en vogue. Serait-ce, pour reprendre l’une des expressions chères à Noël Pons, de l’« enfumage » ? Il y a bien souvent de l’hypocrisie et du marketing derrière ces mots à la mode, au moment où la sincérité des comptes, y compris ceux des États, est pointée du doigt. Les noms d’Enron, de Worldcom, de Parmalat revenaient souvent dans les travaux du SCPC au début des années 2000. Rien n’a changé. Tout se poursuit et se renouvelle. Les anciennes techniques côtoient les nouvelles. Tout cela ne s’arrêtera jamais. Mais Noël Pons non plus !
On pourrait céder au découragement. Tel n’est pas son cas.
Claude M ATHON , avocat général à la Cour de cassation, ancien directeur du Service central de prévention de la corruption.
Introduction

Les multiples et savantes analyses de la crise financière globale ont mis en évidence les liens fusionnels, discrets à l’origine mais devenus quasi officiels, entre les réseaux d’affaires et le politique. Les agents influents de la dérégulation ont installé des connivences plus qu’inquiétantes entre l’élite intellectuelle, le pouvoir financier, l’université, les médias et le pouvoir politique qui ont un dénominateur unique : l’argent.
Cet ouvrage décrit comment ces réseaux ont organisé leur autoprotection juridique, pénale, financière et comment ils s’attaquent désormais aux États, seuls en mesure de limiter leurs dérives. Les condamnations prononcées au cours des crises précédentes – la lointaine crise de 1929, l’épisode Milken, celui des caisses d’épargne, les manipulations comptables d’Enron –, à la suite desquelles des dizaines d’années de prison ont été distribuées ont ébranlé ces acteurs ; il fallait y remédier. Cette fois, l’opération semble réussie, car il ne se passe rien de tel après la crise des subprimes  : personne n’est coupable, on ira dégotter sans doute quelque obscur sous-directeur, quelques initiés manipulant les cours et Madoff portera la croix pour tous, mais rien de grave n’atteindra les autres acteurs, et ils sont nombreux.
Forte de cette impunité, c’est en toute tranquillité que la prochaine crise s’installe. Elle repose sur trois piliers : la dérégulation qui émousse le socle pénal des poursuites autorisant finalement tous les montages, même outrageusement risqués ou frauduleux, l’autocontrôle dont l’inutilité est avérée et une connivence présente dans tous les domaines .
Un véritable système a été édifié. Il n’est pas caché, mais discret, étonnamment efficace, mutant depuis la corruption simple vers une corruption douce, une soft corruption à l’anglo-saxonne, bien plus perverse et dangereuse car fondée sur la collusion. Il se matérialise par l’autoprotection de ses membres qui ont développé des réflexes d’autodéfense quelle que soit la nature du comportement critiquable. Ces connivences ne sont évidentes qu’après coup, lors de la mise au jour des scandales. Elles ne semblent pas organisées ab initio , mais, vécues au jour le jour, elles sont dev

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