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Le Plaisir m'est interdit , livre ebook

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Description

De quoi s'agit-il ? Amsata est un jeune homme tout ce qu'il y a de plus séduisant, juché au sommet de la réussite sociale. Il aime Oulimata et en est violemment aimé. Mais voilà que les jeunes gens se trouvent coincés entre deux exigences : celle d'une séparation douloureuse mais nécessaire et celle d'une liaison dont le ressort plutôt social, voire mondain, n'a rien à voir avec l'amour, sinon celui ô combien fort d'Oulimata, « l'agneau du sacrifice ». Et le tout de baigner dans une atmosphère sordide, sur le gigantesque plateau d'un piège à... rats. « Le plaisir m'est interdit » est un drame social où parfois le goût de paraître prime sur la morale et les exigences religieuses. Dans ce jeu de fantômes, même l'amour filial se trouve violenté, abâtardi.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 novembre 2016
Nombre de lectures 15
EAN13 9782342058222
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0041€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Le Plaisir m'est interdit
Seydi Sow
Mon Petit Editeur

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Mon Petit Editeur
175, boulevard Anatole France
Bâtiment A, 1er étage
93200 Saint-Denis
Tél. : +33 (0)1 84 74 10 24
Le Plaisir m'est interdit
 
 
 
À Dieynaba Dème
 
Ma très chère, qu’il est doux et flatteur de t’entendre m’appeler « mon bébé » ! Il est vrai que ton affection pour moi n’a jamais failli quand bien même nous avons perdu notre puissant et généreux lien, l’homme à la silhouette toute d’élégance, le mari tendre et l’ami fidèle, j’ai nommé l’inoubliable Samba Sylla, ce rempart des malades contre la souffrance. Il est parti sans avertir, te laissant les oisillons, la couvée, l’âtre désormais et pour toujours solitaire. Oh Dieu sait que tu as été merveilleuse auprès des enfants. Tu as su combler le vide du père et âprement travailler à leur épanouissement. Tu as été ce que jamais tu n’as cessé d’être : une excellente mère.
Au demeurant, mieux que moi, le doux regard de Marème, Abou, Bana, Mountaga et Omar Sylla, te murmure chaque jour qui passe : « Merci maman ! »
À mon tour daigne recevoir cet ouvrage comme l’expression accomplie de ma satisfaction pour toutes tes actions envers ta famille. Et que longtemps Dieu te garde auprès des siens.
 
 
 
 
La pièce que vous avez sous les yeux a été créée pour la première fois au Grand Théâtre national de Dakar en 2011 par la troupe Zénith’Art en partenariat avec Arcots, dans une brillante mise en scène de Pape Faye. Avec la distribution suivante :
- Babacar Oualy dans le rôle de Amsata
- Salla Sow dans le rôle de Oulimata
- Issa Laye Sembène dans le rôle de Lamine
- Maïmouna Hann dans le rôle de Jatou
- Fatou Sakho dans le rôle de Dieynaba
- Aïta Ndiaye dans le rôle de Alima
- Khady Diouf dans le rôle de Ndèye ami
- Aminata Mbaye dans le rôle de Penda la pythonisse.
 
Elle avait pour titre Le Troisième du couple .
Personnages
- Amsata
- Alima
- Penda la pythonisse
- Lamine
- Ndèye Ami
- Jatou
- Oulimatou
- Dieynaba
- Une griotte
Avant-propos
Ceci n’est pas une préface.
 
Je voudrais que l’on tienne les lignes qui vont suivre pour une note de lecture, mieux, pour une simple impression de lecture d’un fidèle lecteur de Seydi Sow.
Une fois refermées les pages de la pièce de théâtre «  Le plaisir m’est interdit  », on comprend mieux pourquoi M. Sow est un grand romancier.
 
En effet, seul le célèbre auteur de « La Reine des sorciers » (Grand Prix du Président de la République pour les Lettres) pouvait imaginer une intrigue aussi renversante que celle où se meuvent Amsata, Oulimata et Lamine. Par une mathématique digne d’une sorcière, Alima, la mère des deux frères, a su réduire ces trois protagonistes en deux : ceux d’un « couple » hybride et dramatique, qui agit, inconscient du caractère monstrueux de sa mécanique interne.
 
De quoi s’agit-il ? Amsata est un jeune homme tout ce qu’il y a de plus séduisant, juché au sommet de la réussite sociale. Il aime Oulimata et en est violemment aimé. Mais voilà que les jeunes gens se trouvent coincés entre deux exigences : celle d’une séparation douloureuse mais nécessaire et celle d’une liaison dont le ressort plutôt social, voire mondain, n’a rien à voir avec l’Amour, sinon celui ô combien fort d’Oulimata, « l’agneau du sacrifice » . Et le tout de baigner dans une atmosphère sordide, sur le gigantesque plateau d’un piège à… rats. Et quand, au fil du temps, la mécanique se referme, seuls survivent une innocente et fort malheureusement (la vie hélas est souvent ainsi faite) l’initiatrice-instigatrice du drame.
 
« Le plaisir m’est interdit   » est, à mon avis, un drame social où parfois le goût de paraître prime sur la morale et les exigences religieuses. Dans ce jeu de fantômes, même l’amour filial se trouve violenté, abâtardi.
 
Finalement trop d’innocents payent de leur vie : leur naïveté d’une part et d’autre part le désir odieux de garder sa place au soleil de la mondanité. Et pourtant, il est difficile de ne pas nourrir une forte sympathie pour Oulimata en raison de sa sincérité initiale, même si… même si…
 
Les autres, quant à eux, je veux parler d’Amsata et de Lamine, trouveraient aussi, dans un tribunal, quelques circonstances atténuantes. C’est tout juste si l’on n’entendrait pas des témoins s’exclamer : « Ha ! que j’ai pitié de ces frères, victimes d’une mère odieuse. » Ce jugement pourrait évidemment paraître excessif, ce qui expliquerait que l’auteur ait cru devoir mettre, et pour de bon, Alima, la mère, à l’écart.
 
Lecture aisée et structure classique caractérisent Le Plaisir m’est interdit.

Des comédiens avisés pourraient trouver, là, matière à reconstituer une atmosphère palpitante où l’émotion dramatique serait bien au rendez-vous.
Sada Weindé Ndiaye Professeur – Écrivain – Grand Prix du président de la République pour les Lettres
 
Premier tableau
Scène I
(Très belle chambre. À même le sol, accroupies sur une natte, deux femmes. Entre elles, éparpillés sur un van, des cauris.
Les deux femmes sont silencieuses et absorbées par la géométrie des cauris. De temps en temps, la main de la pythonisse s’avance et se ferme sur les cauris, et d’un geste vif, les lance sur le van. Puis, elle se penche pour déchiffrer le message ainsi livré.
Un mince sourire étire ses lèvres…)
Penda :
(Désignant un cercle.)
 
« Jëlel… xaliss 1 … » (La main d’Alima s’avance et se ferme avidement sur les cauris désignés, les prend ; puis d’un geste symbolique, Alima se les effleure sur le visage avant de les déposer sur le van). Ounhoung !… ounhoung !!! Je vois un étranger… (Elle montre un tas de cauris échappé du cercle). Voici ses bagages !
Alima  :
(Dépitée)
Encore un étranger ! D’où vient-il ?
Penda :
De là. (Son index désigne le nord. Elle remue de nouveau les cauris). C’est une vieille personne.
Alima :
Je n’ai guère envie d’avoir un étranger en ce moment-ci ! Il n’y a même pas deux jours que ma belle-mère vient de repartir, emportant avec elle toutes mes économies !
Penda :
Tiens ! Tu as eu un malaise !
Alima :
Bah ! Rien de grave… de simples maux de tête…
Penda :
Tu as tort de minimiser ces maux de tête. C’était un signe !
Alima :
Quel signe ?
Penda :
Approche… Regarde… Vois-tu ce cauris…
Alima :
Oui…
Penda :
Vois comme il est très loin du cercle… et regarde comment il est renversé…
Alima :
Que signifie tout cela ?
Penda :
C’est un mauvais œil… Une sorcière… Elle te poursuit depuis longtemps … (Silence). Tu as tendance à prendre tout à la légère… méfie-toi, Alima… (Elle lance les cauris). Tu as beaucoup de noons 2  !
Alima :
Je finirai par le croire, un autre géomancien m’a dit presque la même chose !
Penda :
Les cauris ne mentent jamais, Alima ! (Elle remue trois fois les cauris en silence ; observe longuement un signe et hoche la tête). Tu dois donner de la charité : de la cola… du lax 3 … un vendredi…
Alima :
( Répétant. )
 
Cola… lax …Un vendredi…
Penda :
(Elle remue trois fois les cauris et éclate de rire.)
 
Voilà un amoureux bien malheureux… Pourtant cette fille qu’il poursuit n’est pas sienne. (Elle remue encore les cauris.) Ah ! l’étrange monde ! Nous ne voyons jamais ceux qui nous aiment et la plupart du temps nous nous empressons derrière ceux qui nous veulent du mal… (Silence. Elle remue les cauris.) Houng ! Là ! Je te vois bien soucieuse, Alima… Quel est donc ce poids qui t’empêche de dormir… Mais, il s’agit bien de l’aîné de tes enfants…
Alima :
(Dans un sursaut)
 
Juste ciel ! Giss nga ma dé, Penda 4  ! C’est ce que j’ai craché 5 sur tes cauris ! Il est bien question d’Amsata, l’aîné de mes enfants. Son long célibat me préoccupe. Pourquoi ne se décide-t-il pas à se marier ? Dis-le-moi, Penda. Qu’a donc mon fils pour haïr toutes les femmes ?
Penda :
(Après avoir remué les cauris.)
 
Tu le sais très bien. Alima. Tu connais le mal de ton fils.
Alima :
Certes, mais je n’en connais pas le remède. Aide-moi, Penda. Interroge tes cauris et dis-moi de quel côté faut-il chercher remède au drame de mon fils ?
Penda :
(Remuant les cauris et murmurant.)
 
Un remède … un remède … (Elle remue de plus en plus vivement les cauris. On sent sa nervosité.) Un remède… un remède… (Brusquement, elle se fige et sa main demeure suspendue devant le signe cabalistique que viennent de livrer les cauris.) Je ne peux rien te dire pour le remède de ton fils. D’ailleurs la séance est terminée…
Alima :
(Inquiète.)
 
Qu’y a-t-il, Penda ?
Penda :
(Rangeant les cauris.)
 
Rien… Les cauris ont fait wassarr 6  !
Alima :
Pourquoi ce brusque changement ? Tu me caches quelque chose, Penda !
Penda :
Dee deet 7 . Je t’ai dit tout ce que j’ai vu.
Alima :
Non. Tu ne m’as pas tout dit ! Je te connais, Penda et je sens que tu me caches quelque chose ! Lan 8   ? Qu’est ce que tu as vu ?
Penda :
(Grommelant.)
 
J’ai vu… À quoi bon te l’annoncer, Alima. Les cauris ne disent jamais la vérité !
Alima :
Pourtant tu viens de m’affirmer, à l’instant, que les cauris ne mentent jamais…
Penda :
Je me suis trompée… Laisse-moi partir maintenant…
Alima :
Penda… Penda… chercherais-tu à me cacher le malheur qui va s’abattre sur ma famille et moi ?
Penda :
Malheur ! Ne parle pas de malheur !
Alima :
Dis-moi alors le signe fatal que viennent de te révéler les cauris. Annonce-moi le malheur qui pèse sur moi ou sur mes enfants. Penda, je ne te pardonnerai jamais de ne m’avoir pas révélé le prochain séisme de mon destin !
Penda :
Tu as raison, Alima. Mon devoir est de te dire ce que j’ai vu.
Alima :
Qu’a

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