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Description

En 1945, à la libération du camp de Buchenwald, plus d’un millier de jeunes Juifs âgés de huit à vingt-quatre ans attendent que l’on statue sur leur sort. Quatre cent vingt-six garçons, originaires des pays d’Europe centrale et orientale arrivent en France, pris en charge par l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants).
Être enfant dans un ghetto, avoir connu les camps de travail forcé et pour certains les marches de la mort depuis Auschwitz-Birkenau, c’est cette part de leur vie chaque fois singulière que 15 anciens de Buchenwald, déportés pour certains à l’âge de quatre ans, ont accepté de partager avec nous. Ce sont ces parcours croisés que nous allons vous présenter à partir des témoignages audiovisuels, enrichis de documents personnels et des documents d’archives conservés par l’OSE.
Nous avons choisi d’écrire ces récits de vie en croisant leurs parcours, comme pour les faire dialoguer.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 03 juillet 2023
Nombre de lectures 0
EAN13 9782304054729
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Katy Hazan Éric Ghozlan
À la vie !
Les enfants de Buchenwald, du shtetl à l’OSE
Préface d’Élie Wiesel
Seconde édition revue et augmentée
Collection Témoignages de la Shoah



© é ditions Le Manuscrit, 2023
ISBN : 978-2-304-05472-9


Présentation de la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS)
En lançant sa collection « Témoignages de la Shoah » avec les Éditions Le Manuscrit, et grâce aux nouvelles technologies de communication, la Fondation souhaite conserver et transmettre vers un large public la mémoire des victimes et des témoins des années noires des persécutions antisémites, de 1933 à 1945.
Aux nombreux ouvrages déjà parus la Fondation espère ainsi ajouter les récits de celles et ceux dont les voix sont restées jusqu’ici sans écho : souvenirs souvent enfouis au plus profond des mémoires individuelles ou familiales, récits parfois écrits mais jamais diffusés, témoignages publiés au sortir de l’enfer des camps, mais disparus depuis trop longtemps des rayons des bibliothèques.
Si quelqu’un seul ne peut décrire l’indicible, la multiplicité des récits peut s’en approcher.
En tout cas, c’est l’objectif que s’assigne cette collection à laquelle la Fondation, grâce à son Comité de lecture composé d’historiens et de témoins, apporte sa caution morale et historique.
Face à une actualité où l’instrumentalisation des conflits divers tend à obscurcir, confondre et banaliser ce que fut la Shoah, cette collection permettra aux lecteurs, chercheurs et étudiants de mesurer la spécificité d’une persécution extrême dont les uns furent acteurs, les autres, complices, et face à laquelle certains restèrent indifférents et les autres héroïques.
Puissent ces ouvrages inspirer à leurs lecteurs le rejet de l’antisémitisme et de toute autre forme d’exclusion, ainsi que l’esprit de fraternité.
Consultez le site Internet de la FMS : www.fondationshoah.org


Comité de lecture de la Collection « Témoignages de la Shoah »
Serge Klarsfeld, président
Stéphane Amélineau, professeur-documentaliste
Claude Bochurberg, enfant caché
Isabelle Choko, rescapée de la déportation
Alexandre Doulut, historien
Katy Hazan (OSE), historienne
Michel Laffitte, historien
Dominique Missika, historienne
Denis Peschanski, historien
Philippe Weyl, responsable de la Collection
Correction : Laurence Beilvert
Voir les autres titres de la Collection en fin de volume.


Peut-être éprouvait-il, comme tous les Juifs, le sentiment obscur et un peu effrayant de porter en soi un passé plus long que celui de la plupart des hommes.
Irène Némirovsky
Des chiens et des loups
Paris, Éd. Albin Michel, 1940


Remerciements
Nous remercions chaleureusement toutes celles et ceux qui nous ont soutenus et aidés dans ce travail : le service Archives et histoire de l’OSE, plus particulièrement Michèle Allali et Dominique Rotermund ; Georges Bensoussan pour ses corrections historiques ; Carine Libermann qui a permis l’exploitation du questionnaire, Julien Lhainault qui a retranscrit les premiers entretiens, Patrice Dana qui a mis à notre disposition son temps et ses compétences informatiques, Michael Freund pour ses conseils attentionnés ; Catherine Fogel et Yann Jurovics qui nous ont accordé du temps et communiqué des documents.
Enfin, merci à Paule Ghozlan et Henri Ostrowiecki pour leur soutien et leur patience.
L’OSE tient à remercier la Mairie de Paris ainsi que la Fondation pour la Mémoire de la Shoah pour son soutien et la réalisation de cette édition dans sa Collection « Témoignages de la Shoah ».

Déportés rescapés (dont Élie Wiesel, au 2 e niveau en partant du sol, 7 e en partant de la gauche) dans un des baraquements de Buchenwald photographiés à la libération du camp, avril 1945.


Préface
par Élie Wiesel
Je lis ces histoires captivantes qui évoquent avec talent et amour le passé proche et lointain des adolescents privés de leur enfance, et je me replonge dans les miennes. Souvent elles se touchent et se croisent. Alors, je les accompagne en souriant.
Bâtir sur les ruines, est-ce donc possible ?
Noms et destins familiers. La même fraternité les habite. Questions inévitables, empreintes de mystère : comment fait-on pour transformer la mélancolie en bonheur, le désespoir en promesses ?
Écouis, Ambloy, Taverny, Versailles : la découverte d’une humanité différente, chaleureuse, vibrante de vie et d’espoir. Comment nous en souvenir sans rappeler l’immense gratitude que nous devons à la merveilleuse Niny, toujours accueillante et gracieuse, à Judith, calme et apaisante, à Mireille, souvent agitée et généreuse, ainsi qu’aux directeurs George Garel, Robert Job, Jacques et Margot Cohn, et Félix Goldschmidt ? Savaient-ils à quel point leur dévouement et leur sensibilité nous ont tous émus et marqués ?
Le retour à la vie plus ou moins normale, plus ou moins redevenue quotidienne : dormir dans des lits, repas réguliers, soucis et joies simples. Les premiers offices terminés par le kaddish collectif. Les prières de shabbat, les réunions d’étude avec les jeunes de Yeshouroun . La redécouverte du Talmud , les souvenirs du monde hassidique avec ses contes et ses mélodies.
Mes chants, les feux de camp. Les premières amitiés, les premiers liens.
Les premières interrogations sur le chemin à suivre. Rester en France ? Partir illégalement pour la Palestine ? Chercher des familles en Amérique, en Afrique du Sud ou en Australie pour essayer de s’y rendre et les rejoindre ? Les conseils, c’est de l’OSE qu’on les attendait.
Des visages surgissent dans la mémoire et chacun est un appel : Kalman et Binem, Menashé et Moishe-Leib, Armin et Lolek, David et Izio, les frères Finkelsztajn …
Je me rappelle l’immense érudition de Shoushani, la passion pour la littérature de Nicolas, l’humour acerbe de Shimen : chacun occupe une place dans nos souvenirs.
Les promenades d’Ambloy, les soirées à Taverny, la chorale de Versailles … Heures privilégiées, échanges fructueux, romans d’apprentissage vécus … Le besoin de recommencer à ne plus voir en l’autre une menace, une source de péril, mais une invitation au partage. Les premiers mots d’amour, les premiers rêves dépourvus de cauchemars. Myriam et Rita, Clara et Janine, et Ève, oui Ève si spéciale, soliste merveilleuse et âme pure dont la voix et le regard ne me quittent pas.
Lire ce livre c’est dire merci à eux tous.


Introduction
En 2003, les manifestations du 90 e anniversaire de l’OSE sont l’occasion d’une rencontre entre Armand Bulwa, ancien du camp de concentration nazi de Buchenwald, et les auteurs de ce livre : Katy Hazan, historienne du service Archives et Histoire de l’OSE, et Éric Ghozlan, psychologue et actuel directeur de la Maison d’enfants de l’OSE de Draveil.
Armand Bulwa nous a demandé d’exploiter le questionnaire adressé en 1991 à ses camarades de déportation. Une centaine de réponses étaient parvenues des quatre coins du monde 1 . Après la disparition récente de Willy Fogel, en février 2003, avec qui il avait décidé de poursuivre ce travail de mémoire, ce livre devenait un impératif.
Comment parler de l’Œuvre de Secours aux Enfants en 2003 et transmettre aujourd’hui son héritage, ses valeurs, sans mentionner cette part inattendue de son histoire ? La notoriété de l’OSE se construit d’abord sur son activité de sauvetage d’enfants pendant la Seconde Guerre mondiale, sur l’incroyable constitution de ses réseaux de caches 2 et de mise à l’abri des déportations de 5 000 enfants, puis de l’accueil après la guerre des orphelins de la Shoah 3 .
Une autre histoire se déroulait simultanément pour d’autres enfants qui n’ont pas eu la chance d’être cachés en France ou en Suisse. Cette autre histoire est celle d’enfants juifs habitant la Pologne, la Hongrie, la Roumanie ou la Tchécoslovaquie qui ont subi les persécutions, les ghettos, la disparition de leur environnement puis la déportation après la liquidation du ghetto.
Être enfant à Buchenwald, c’est cette part de leur vie chaque fois singulière que treize anciens de Buchenwald, déportés pour certains à l’âge de quatre ans, ont accepté de partager avec nous. Faisceaux de parcours intimes et uniques qui vont se retrouver dans des conditions parfois similaires, parfois différentes, réunis dans les mêmes ghettos, les mêmes usines de travail, le même camp de concentration, la même baraque. Puis vont être libérés et accueillis ensemble par l’OSE.
Ce sont ces parcours croisés que nous allons vous présenter à partir des témoignages audiovisuels, enrichis de documents personnels et des documents d’archives conservés par l’OSE.
Plutôt que de les présenter de façon linéaire, nous avons choisi d’écrire ces récits de vie sous la forme d’un entrelacement, pour faire dialoguer entre eux ces différents parcours, même si dans les faits, la plupart ne se sont rencontrés qu’au camp de Buchenwald.
Dans ce travail de recueil de la parole des survivants de la Shoah, tout compte, chaque instant, chaque geste, chaque expression, chaque soupir, chaque silence, chaque mot et la langue dans laquelle ce mot est exprimé.
Notre présupposé de travail a été de laisser parler chacun selon son rythme en posant un minimum de questions. Au départ de ce projet, nous avions une idée très imprécise de la finalité de ces enregistrements que nous avons menés tout au long de l’année 2004 et dans les premières semaines de 2005. Nous avons commencé par les rencontrer ensemble, puis, très rapidement, après deux séances, nous avons décidé de leur proposer des rencontres individuelles pour que chacun ait le temps de déployer sa propre mémoire.
Nous avons alors eu le privilège de rencontrer chaque fois des hommes exceptionnels, tant par leur parcours que par l’humanité et l’intelligence qui se dégag

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