La cité dénaturée , livre ebook

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Un futur privé de toute nature, l'apparition d'une étrange graine, une aventure hors du commun source d'une réelle réflexion sur le réchauffement climatique...




RÉSUMÉ



Suite aux changements climatiques, la nature est devenue hostile.


Pour s’en protéger, la Cité a été créée, avec en son sein un environnement docile. Christian y coule des jours tranquilles, en compagnie de ses frères et sœurs de couvée. Quand, par accident, il entre en possession d’étranges graines capables de faire pousser de la nourriture, il se retrouve au cœur d’une conspiration et devient la proie de tous les officiels de la Cité.


Commence alors pour Christian et Tahiti-Bise, son vieux chaton doté de parole, une fuite qui les conduira aux limites de leur monde, à la découverte du pouvoir des fruits et légumes biologiques.



"Ce livre laisse pas indifférent et permet de réfléchir sur nos vies actuelles, de prendre conscience du danger qui rôde et d'essayer de tout faire pour ne pas arriver à de tels extrêmes. Une lecture très intéressante, qui peut être pour tous les âges."



Le blog "Marie-Nel lit"




EXTRAIT 1


Christian ne peut détacher les yeux de cette sauvage abomination, fasciné par son incroyable imperfection naturelle, la granularité irrégulière de sa peau épaisse, ses courbes dissymétriques et néanmoins généreuses. Oubliant un instant l’assistance autour de la table, il se lève et s’approche de la chose :


—Un agrume de la famille des Rutaceae, précise-t-il davantage pour lui-même que pour les invités. Un Citrus Decumana, communément appelé pamplemousse.


À la surprise générale, Christian tend les mains pour s’en saisir. Amanda n’en croit pas ses yeux :


—Je ne savais pas que tu t’intéressais à l’alimentation naturelle, s’étonne-t-elle.


—Il y a beaucoup de choses que tu ignores, objecte Christian avec une soudaine brusquerie.


— Allez, s’impatiente l’immature. On le mange, oui ou non ?


Le crâne chauve de Georges se couvre d’une pellicule de sueur. Des gouttes se forment également sur son front et, comme aucun sourcil ne vient les détourner, elles tombent directement dans ses yeux qui deviennent tout rouges et enflent.





EXTRAIT 2


Le monde avait commencé à disparaître sous une épaisse couche de poussière noire et stérile. Les volcans avaient entamé leur funeste partition. On ne lutte pas contre eux, ni contre les vents, ni contre les pluies. On s’en protège. Les Hommes entreprirent d’ériger la première paroi de leur ultime bastion, une structure capable de résister aux agressions naturelles, de préserver la population d’un environnement malveillant. Un lieu inviolable, et éternel. Cela ne se fit pas en une année, ni même en une décennie. Cela ne se fit pas sans souffrances ni sacrifices. Mais la Cité finit par émerger, au creux de la caldeira, des cendres d’une humanité vaincue. Dès lors, en son cœur, on voua une haine sans égale à la nature, cette mère infanticide.

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Nombre de lectures

0

EAN13

9791096622597

Langue

Français

DANS LA MÊME COLLECTION (PLUMES DE RÊVE) VOYAGEUSE,TOME1 L’ANTICHAMBREDESSOUVENIRS UNNOËLPASCOMMELESAUTRES UNÉTERNELCOMMENCEMENT,TOME1
Laurent Salipante
La cité
dénaturée
EDITIONSPLUMESSOLIDAIRES
2019,EDITIONSPLUMESSOLIDAIRES EMAIL:CONTACT@PLUMES-SOLIDAIRES.COM SITEINTERNET:WWW.EDITIONS-PLUMESSOLIDAIRES.COM RÉALISATIONDUBONÀTIRER: IMANEYITAYO RÉALISATIONGRAPHIQUEDECOUVERTURE: NATALIESIEBER CORRECTIONSETVÉRIFICATIONSDUBONÀTIRER: AUDREYMOUI ISBNPAPIER: 979-10-96622-58-0 ISBNNUMÉRIQUE: 9791096622597
©TOUSDROITSRÉSERVÉSPOURTOUSPAYS DÉPÔTLÉGAL: NOVEMBRE2019
À mes filles, Zoé et Mona Laurent Salipante
Ne te détourne plus : pourquoi te détournerais-tu? L’aire des étoiles, la rive des eaux te sont donnée s jusqu’au point du jour.
William Blake (Chants d’expérience)
1
Arrêt des fonctions vitales dans : 12h 35min 12sec
La Cité. Je reviens vers ellequi m’a vu naître. En fin. Elle n’apas changé. Moi, oui. J’ai vieilli. Cinqjours auront été nécessairespourquitter la t ga, voir disparaître cette forêt de conifèresgéants à tendance invasive. Cinqjourspm’extraire de ce sous-boiso ur sombre et brumeux, cinq longuesjournées et autant de nuitpour atteindre la toundra. Ce désertglacé s’étend de la lisière nord au gouffre de la caldeira. Faisons unepause. Asseyons-nousquelques instants. Tahiti doit se reposer. Essoufflé, il halète bruyamment. Sespattes malingres tremblent. Ses coussinets sont usés et saignent, so npoil dru empeste. La rigueur du climat naturel, la vie loin de ces machines nanométriques intégrées aux organis mes, les nanites… Tahiti est un vieux chaton fatigué. Je n’aipas meilleure mine. Nous arrivons au terme de notre existence. Achevons ensemble ce voyage, mon ami. Pas une fois, nous ne nous sommes retournés, n’avon s pensé à ceux que nous avons délaissés, à ces autresque nous avons blessé s. L’un à côté de l’autre,prenons le temps de nous souvenir. De ceque nous étions. De cequ’ellefut. La Cité immuable. Le plus bel ouvrage de l’Ho mme, le plus ambitieux... Son cercueil.
2
Mémoire activée — support/DDI — Fichier n° 01232
— Christian! La voix stridente de Ludivine Soller fend l’air. Un e flèche de mépris entre les allées fleuries du deuxième étage de Vizions — l’agence depublicitépossède, comme toutes les entreprises de la Cité, un luxuriant open-peure laarc de travail. Elle dem prêtresse incontestée de la section animation. Flamboyors de la masseante, h grouillante des b e s ogaulen e u x tâcherons, Ludivine Soller a ses quartiers sous un somptueux s artificiel, le symbole de sa réussite. Christian déteste cette harpie aux cheveux rouges et aux dents longue squi ne cesse de harceler les agents sous ses ordres, s’imaginantqchef se comu ’un porte de la sorte. Elle le lui rend bien, lui repChristian est un desa nonchalance. rochant sans arrêt s jeunes animateurs de Vizions. Sa descriptionphysique s’avèrepeu remarqdesuable : cheveux noirs coupés mi-courts, desyeux marron noisette, une enveloppe épidermique blanche, élastiqdishe ni ue comme il se doit, ferme, sans tac grâce, un corpspourvu d’un réseaupileux à la fois souple et solide d’un brun tout à faitquelconque, des pommettes saillantes et un nez étroitqui neportepas ombrage à ses collègues. Christian n’entretientquepeu de rapports avec les autres Citoyens. Il en arrive parfois à douter deceque lestechnogénéticiensdans leur nomment jargon «les atom es crochus»,pourparler en réalité d’un élémentaire travail de neuro-génétique sociale. Ce lien l’unitpourtant aux Citoyens de la même fournée. Tous des frères et des sœurs. Parmi eux néanmoins, une femme et un homme c omptent particulièrement : Amanda et Georges. Ses seuls atomes crochus. — Christian! C’est la troisième fois depuis ce matinque Ludivin e Soller l’interromplat dans création de sa réclame. Christian se lève sans hâte, abandonnant sespersonnages holographiques, enpleine extase figée , devant unpaquet de céréalespour lepetit-jt s’eneuner. Il s’étire en bâillant e gage avec résignation dans l’allée centrale bordée d’hibiscus rouges synthétiques, une des nombreuses créations de la firme MontasoFlore. Les fleurs exhalent une largegamme d ’antioxydants et un peu de vitamine C. Il inspire àpleinspoumons les molécules revigorantes. Les baies vitrées filtrantes dispensent une lumière homogène sur les aires de travail. Une clartépâle conçuepour stimuler laproduction d’ACTH de cette usine à hormones qu’est l’hypophyse. L’attention des animateurs s’en trouv e renforcée, leur mémoire immédiate augmentée. Le seul inconvénient estqexu’un e positionprolongéepeut avoir l’effet inverse :plonger l’honnête travailleur dan s une torpeur abrutissante. Impossible dès lors de distings d’une véritableuer un effet secondaire des baie paresse. Christian se demandeparfois si l’apathieqgne chaque jour davantage estui le ga provoquéepar cette stimulation de son cerveau. En chemin, iljette un œil aux autres animateurs. Ils flottent, sous leur arbre respectif, enfoncés d a n s un siègmousse mae en gnétique blanchequi épouse leurs formes et n’estpas sans rappeler unpetit nuage d’été . L’étage estpresque exclusivement orné de fruitiers. Poiriers,pommiers etpssus des usines de MontasoFlore,êchers, tous i constituent l’essentiel de l’open-parc. À travers les corps évanescents de sespropres hologrammes, Georges lui adresse un regard complice. Son frère travaille à une quelc onque réclame sous son cerisier.
Tout à fait à son aise dans son siège en lévitation, il semble satisfait de sa création qu’il fait tourner en boucles. Ludivine Soller s’impatiente de l’autre côté d’un p etit pont en bois. En dessous TM s ’ é c o u l e un fluet cours d’eau artificielle, l’ Aqualite , aux notes enlevées et romantiques d’un Debussy inspiré. Christian en vérifiant la mise de sonl e franchit costume dans les reflets hautement miroitants du ru isseau. Sous legrand saule, dans une aire à lapointe de l a technologie horticole, elle est là. Ludivine Soller. Déesse superbe, impine. Salacable, assass pelouse synthétique, d’un vert somptueux,provoque lajalousie de tout l’étage. Christian détaille ave c respect les magticules aqueuses qui nourrissent,nolias antibactériens, les lys blancs à micropar protègent et hydratent lapeau. D’ungeste alangui, Ludivine Soller figes de chiffrese les colonn quipapillonnent entre les branches de son arbre. Beaucoup la trouvent séduisante. Une cascade de cheveux écarlates en fibre tressée, toujourspondoie sur ses éarfai te, paules nues. Ses lèvres teintées de couleurs vives contrastent avec la blancheur diaphane de son épiderme. Lape son grain de peau, ses rondeurserfection de ses traits, la finesse d fermes etgénéreuses, rien ne trahit son bicentenai re. — Assieds-toi, Christian, dit-elle sans lui adresser le moindre regard. Avec une nonchalance empreinte d’érotisme, elle lèv e une main etprélève une feuille lancéolée. Elle la roule en un petit cylind re puis colle le bord avec sa langue. Christian estperplexe : — Queje m’asseye? Mais où? Pas de réponse. Il ravale sesprotestations et obéit à un comportem entprédéterminé en s’asseyant en tailleur à même lapelouse. Ludivine Soller, dan s sa mousse en lévitation, le domine deplus d’un mètre. Dédaignt l’extrémiténeuse, elle tire une bouffée de sa feuille do rougeoie sans chaleur. Christian imagine avec convo itise les machines nanométriques se distiller dans son orga uAfin d’ anisme . gm e n t e r sonplaisir, ellesproduisent davantage de dopamine dans la zone de son cerveau dédiée à la satisfactionque l’on n o m m e le noys. Les traits de son visaau accumben gaussitôt, sese se détendent épaules s’affaissent, ses muscles se décontractent. Sa langue n’en demeure pas moins fourchue, ni sesparoles acides : — Mon bon Christian... alors, oui ou non? Et l’animation Technagro, ça avance ? — J’ytravaille. Christian est tenté de lever la main vers une branc he du saule. Au lieu de cela, il commande aux nanites, les serviables nanorobots intégrés à son organisme, de réguler en urg, pour renforcer saon psychostimulant naturel, l a méthylphénidate ence s concentration. — Ta cadence baisse, dit lajeune femme d’un air fau ssement contrit. Christian hasarde une surprise feinte mais timide, spectateur résigné de son propre échec : — Ha bon? Elle agite ses cheveux rouges, affliget souée , pire. — Il me faut l’animation de ta réclame pour demain à la première heure, mon petit. Tu comprends bien? Christian accuse le choc sans se départir, oupresque : — Mais... nor... normalement, le délai... expire... dans deuxjours. Je... — Non! Pas deuxjce moment même enours, Christian. Monsieur Hector est en réunion avec le Dircom de Technagro. Demain, Christian! L’animateur saitqu’il devrait refuser. Pourtant, il n’en fait rien. Son cortexpréfrontal s’est activé. Le réflexe de soumission auquel il es t programmé prend le dessus : — Oui.
De retour sous sonpommier, Christian flotte à nouv eau, docile, au creux de sa mousse. Devant lui, les holospétrifiés scintillent. L’enfant à la tignasse blonde regarde une institutrice du Centre, les bras tendus, les ye ux débordant de compréhension. Elle TM luiprésente unpaquet de céréales Toubon à laprolactine de chez Technagro.Un petit-déjeuner à lapointe duprogrès!pU n romet l’annonceur. Haut-Dignitaire apparaît également dans lapublicité. Il estpdans sa robe noirearfaitement reconnaissable par sa totale absence depcensée le démarilosité , querplusque tout autre de sa naturelle et inévitable animalité . Il est l e représentant officiel du Centre et l e tuteur gal du Citoyen immature. Il demeure en retrait, très digne, et garde les poings serrés sur les hanchespourjaugerla scène d’un œilprotecteur. Christian soupire, accablé. D’un haussement d’épil réduit à néant lesaul es, projections holographiques. Il maudit ce Sans-Poil dans son habit de corbeau, il maudit Ludivine Soller, Monsieur Hector, les holos, tout cet open-parc! Lejeune animateur fulmine. Il encaisse d’ordinaire avec plus de modér ation les manœuvres pitoyables de sa chef à la crinière flamboyante.
3
Arrêt des fonctions vitales dans : 1h 8min 23sec
Autrefois s’érigeait en ces lieux une villeparmi lesplus admirables au monde, mais son nom a disparu de la mémoire humaine. Sa situationgéographiqueparticulière, au creux d’une pression volcanique , est une explicationplausible à sa survie. Les territoires voisins, ravagéspar d’incroyables tempêtes et à moitié engloutispar la montée des eaux, criaient à l’injustice. Ils constituaient le véritable danger car leurs habitants comprenaientqrésisteraientu’ils ne pParcourroux de la Nature. as au conséquent, ils émigrèrent. Mais l’afflux de ces réfugiésposaitproblème. Il n’y avait pas assez deplacepour tout le monde. Les parois rocheuses constituaient des limites naturelles indépassables. Animés d’un naturel instinct de survie, l es migrants voulurent tout de même entrer. Beaucoup forcèrent lepassage. Beaucouppes années durant, des bataillesérirent. D furent livrées sous les bourrasques titanesqtemues des pêtes meurtrières, sous les flocons toxiques et lespluies acides. Les érudits appelleront cela laguerre des exclus. Ce fut, davantagequ’uneguerre, les ultimes soubre sauts d’uneplanète agonisante. Le monde avait commencé à disparaître sous une épe deaisse couch poussière noire et stérile. Les volcans avaient entamé leur f unestepartition. On ne lutte pas contre eux, ni contre les vents, ni contre lespluies. On s’e nprotège. Les Hommes e ntreprirent d’ériger lapremièrepunearoi d e leur ultime bastion, structure capable de résister aux aglles, de préserver la population d’unressions nature environnement malveillant. Un lieu inviolable, et é ternel. Cela ne se fitpas en une année, ni même en une déc ennie. Cela ne se fitpas sans souffrances ni sacrifices. Mais la Cité finitpar é merger, au creux de la caldeira, des cendres d’une humanité vaincue. Dès lors, en son cœur, on voua une haine sans égale à la nature, cette mère infanticide. Je suis impressionné en contemprrolant à nouveau son a gante architecture de cristal et d’acier. Ses lignespures et brillantes émergent de la caldeira à l’assaut du ciel. Les tiges droites etpnt avecarfaites de son armature s’élance provocation des tréfonds du gouffre. Si minces. Si délicates. Seuls de fugaces reflets scintillent et trahissent la présence de la fine toile cristalline entre les tra verses. D’ici, on croiraitque la Cité est fragile,qC’est l’air chaudu’elle vibre. qui monte de son ventre. Il n’yea rien au monde d plus solideque ce cristalpolymorphe. Sesquatre faces culminent àplus de cinqeule existence recents mètres. Leur s présente un défi à la nature, un défi à cette chape de nuagesqui asphyxie toute vie, à ces rafales d’eau glacéequi flagà cetteun défi cette terre stérile et dure, flancs de ellent les planète entière. L’homme, dans ses derniers retranchements, a bientôt cessé de regarder à l’extérieur. Les assauts incessants du blizzard déchirent despa ns entiers de cette mince étendue de lichenqui constitue la seule végétation aux abords de la caldeira. Comme le lichen,je résiste. Comme le lichen,je m’inclin e, etj’avance. Quand le blizzard s’en vient, le reste disparaît. Son sifflement annihilejusqu’au son de ma respiration, les battements de mon cœur. Sur des kilomètres, il m’a contraint à l’humilité. Parviendrai-je ensuite à me redresser? Près du gouffre, il soulève les cendres volcaniques qui virevoltent au-dessus du vide
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