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Ceux qui vivent du sang versé , livre ebook

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Description


Prix des Aventuriales 2021, prix des littératures de l'imaginaire.


Février 2012, Chicago.


Paul, employé modèle, ne vit que pour son travail : assassin au service d'une agence internationale. Lorsque, démasqué par sa cible, il s'allie à sa voisine de cellule afin de s'échapper, il ne s'attend pas à découvrir que les vampires existent et que Carmilla, cette jeune femme sensible et pacifiste, est la dernière d'entre eux.


Juillet 2012, Pontoise.


Mortellement blessé, renié par ses employeurs, Paul se réfugie chez Carmilla, seule capable de le sauver. L'enquête qu’ils vont mener pour laver son nom bouleversera leur vie à tous les deux.



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2019
Nombre de lectures 1
EAN13 9782374536989
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Présentation
Février 2012, Chicago.
Paul, employé modèle, ne vit que pour son travail : assassin au service d'une agence internationale. Lorsque, démasqué par sa cible, il s'allie à sa voisine de cellule afin de s'échapper, il ne s'attend pas à découvrir que les vampires existent et que Carmilla, cette jeune femme sensible et pacifiste, est la dernière d'entre eux.
Juillet 2012, Pontoise.
Mortellement blessé, renié par ses employeurs, Paul se réfugie chez Carmilla, seule capable de le sauver. L'enquête qu’ils vont mener pour laver son nom bouleversera leur vie à tous les deux.

Crazy est née en 1974 et a commencé à écrire sérieusement une trentaine d'années plus tard, essentiellement pour des fanzines ou dans le cadre de communautés de jeux vidéos. Elle vit en région parisienne avec son mari, son chat et ses ordinateurs. Ceux qui vivent du sang versé est son premier roman.
CEUX QUI VIVENT DU SANG VERSÉ
CRAZY
Collection du Fou
I. VIVRE ET LAISSER MOURIR
1. ELLE
Elle ouvre les yeux sur la pénombre de sa cellule. Dehors, le soleil vient de se coucher. Dedans, le contexte demeure le même que la veille et l’avant-veille, hélas : elle est seule, captive d’un cube de quatre mètres de côté mitoyen d’un second identique, dans une salle aux murs de parpaing de dix mètres sur huit. Depuis le temps, elle a eu amplement l’occasion de faire l’état des lieux. Les cloisons sont délimitées par d’épais, trop épais, barreaux d’acier, ce qui lui évoque la prison d’un western – ou une cage de zoo. Pas de fenêtres – des bruits d’ascenseur lui ont laissé penser qu’on la détient au sous-sol – juste des bouches d’aération sur la paroi d’en face. Des fixations, au plafond et près de l’entrée, suggèrent qu’on y perchera un jour lampes et caméras ; pour l’instant, seuls dépassent quelques fils électriques nus. L’endroit baigne dans une odeur de neuf, unique point réjouissant étant donné l’usage que ses propriétaires en ont : elle n’aura pas à subir les empreintes psychiques de précédents visiteurs.
Elle se redresse, scrute les ténèbres autour d’elle, puis renifle l’air froid et légèrement humide, mais ses sens lui confirment ce qu’elle craignait : personne ne lui a apporté à manger pendant son sommeil. Ces salopards, qui qu’ils soient, ont décidé de la faire jeûner.
Elle hésite entre la rage et les larmes. Aucun des deux ne serait très productif, et si imaginer les représailles qu’elle pourrait bien infliger à ses geôliers lui remonterait peut-être le moral, elle sait parfaitement que se complaire dans ce genre de pensées est mauvais pour sa santé mentale.
Elle est forcément là pour une raison, on ne veut pas simplement l’enfermer dans cette cave jusqu’à ce que la faim la rende folle.
Elle soupire et s’étend de nouveau sur le banc en béton – ou la mangeoire, c’est presque assez profond pour servir d’auge à un animal – qui parcourt le fond des deux cellules. Ici, le confort est à la mesure de l’hospitalité : ce qui ressemble le plus à des sanitaires, c’est un drain d’écoulement des eaux usées, au milieu de la pièce. Au moins, avec son régime, elle n’en a guère l’utilité.
Encore une journée à fixer le rai de lumière sous la porte de cette prison et tendre l’oreille dans l’espoir de surprendre les bavardages des gardes, à l’étage au-dessus. Non que leur argot espagnol mêlé d’anglais lui ait apporté des réponses à ses inquiétudes, jusqu’à présent, sinon la confirmation qu’elle n’est plus en France.
Une fois de plus, elle patiente, ressassant les circonstances de sa capture, cherchant à se remémorer un indice qu’elle aurait négligé, qui expliquerait ce qu’elle fout là. En vain : elle se revoit inspecter la serrure maladroitement réparée, franchir l’entrée de l’hôtel particulier, rester bouche bée devant les dégâts – elle s’attendait à un pillage, pas à un saccage – et s’effondrer brutalement, paralysée par un violent courant électrique, avant de perdre connaissance. Il y a eu une autre décharge, à un moment indéterminé, puis elle s’est réveillée ici, sans son blouson ni ses chaussures.
Seulement trois jours plus tôt.
Au moins, ils ne lui ont pas pris sa croix. Sans doute ne l’ont-ils pas sentie, sous son gros pull et son T-shirt. Maigre consolation : l’argent est un métal trop mou pour que le pendentif lui soit utile dans une éventuelle évasion. Elle le caresse machinalement à travers le tissu et se met à prier. Le seul réconfort qui lui reste.

*

Plusieurs heures se sont écoulées lorsqu’elle perçoit soudain de l’agitation à l’extérieur de sa prison. La porte coulisse violemment et la lumière crue du couloir l’éblouit. Deux hommes entrent, remorquant un troisième qu’ils jettent dans la cage inoccupée. L’odeur cuivrée du sang envahit la pièce, ce qui manque de la faire défaillir. Elle entend les claquements de la serrure qu’on verrouille, puis les visiteurs repartent et la replongent dans le noir.
Elle n’a pas essayé de parler aux gardes : elle l’a déjà tenté l’avant-veille et n’a récolté que des insultes et un coup de taser. Elle attend que sa vision s’adapte de nouveau à l’obscurité puis observe le prisonnier. Son dos n’est qu’une plaie ouverte, mais pour autant qu’elle puisse en juger, ses jours ne sont pas en danger.
Elle n’est plus seule. Une réponse à ses prières ?
2. LUI
— Hello ? Vous m’entendez ?
Un soprano de femme, un chuchotement. Athéna ? Non, pas elle, et certainement pas Artémis non plus. Les coups qu’il a reçus lui ont brouillé l’esprit.
Un accent. Français ?
Il essaie de se mettre debout, malgré ses mains liées par-derrière avec un serre-fils. La souffrance de son dos lacéré est si intense que sa tentative lui arrache un gémissement.
— Si vous arrivez à venir jusqu’à moi, je pourrai vous détacher.
Péniblement, il se traîne dans la direction des murmures et s’effondre contre la grille qui le sépare de la cellule d’à côté.
— Eh bé, ils ne vous ont pas raté…
Il sent des doigts, glacials contre ses côtes brûlantes de douleur, glisser prestement vers ses poignets. Mais l’effort a été trop grand et il s’évanouit.

*

Il ouvre les yeux. Il est allongé sur le sol, quasiment en position latérale de sécurité, les mains libres et le dos plaqué contre les barreaux qui délimitent sa prison. Quelque chose de frais et humide caresse délicatement ses blessures. Lorsqu’il tente de se redresser, une poigne froide et ferme sur son épaule le maintient en place.
— Ne bougez pas, j’ai presque fini.
Le contact étrange se poursuit.
Il se maudit intérieurement de sa faiblesse et de son impuissance. Ses options sont à présent très réduites, comme si l’incompétence d’Artémis n’avait pas suffi. Ce n’est pas la première fois qu’il la prend en défaut, et ce pourrait bien être la dernière. Si jamais il s’en sort vivant, elle le lui paiera.
— Et voilà ! 1 annonce enfin la voix. Ne tirez pas trop dessus, c’est encore fragile.
Il se redresse avec précaution. Si la douleur est toujours présente dans ses côtes, la brûlure de son dos s’est fortement atténuée. Il commence le geste d’effleurer la zone que la badine a écorchée, mais la femme l’interrompt :
— Ce serait mieux de ne pas y toucher non plus.
Il abandonne et se retourne, cherchant instinctivement du regard le visage de son interlocutrice. Hélas, le peu de lumière qui s’échappe depuis la pièce voisine est insuffisant, malgré sa nyctalopie, pour qu’il distingue autre chose qu’une tache pâle.
— Merci, lâche-t-il finalement.
— Vous avez froid, se contente-t-elle de répondre. Prenez mon pull.
Le bruissement d’un vêtement qu’on enlève, puis le contact de la laine dans sa paume. Il s’exécute, encore trop affaibli pour discuter. Les hommes de Sanchez lui ont arraché sa chemise – et ôté chaussures et ceinture – suite à son « interrogatoire », avant de le jeter dans leur cachot. Et à présent que sa souffrance a reflué, il prend désagréablement conscience de la température qui règne dans le sous-sol de la villa.
Il ne s’attendait pas à y avoir de la compagnie, d’ailleurs. Une autre faute au débit d’Artémis, bien qu’il puisse concéder que ce point ne relève pas de la mission en cours. Il se rappelle vaguement avoir entendu ses tortionnaires émettre des réserves quant à l’enfermer dans cette cave : faire cohabiter deux prisonniers présente des risques, surtout lorsque le système de surveillance n’est pas encore installé. D’un autre côté, il ne peut nier que malgré son état inachevé, la future « antenne vétérinaire du zoo » du maître des lieux demeure le meilleur endroit pour les détenir.
— Vous savez ce que vous faites ici ? reprend la femme, le tirant de ses pensées.
Il est sur le point de hausser les épaules, mais c’est trop douloureux. Et elle ne le verra pas, dans le noir.
— Divergence d’opinions, se force-t-il à répondre.
Ce qui peut signifier tout et n’importe quoi. Qu’elle en fasse ce qu’elle veut.
— Et… vous savez où nous sommes, à peu près ?
— Sud de Chicago.
— Eh merde. C’est ce que je craignais. Ça va être un bordel pour rentrer chez moi. Enfin, si on arrive à sortir d’ici…
Il devine qu’elle attend une intervention de sa part, aussi fait-il l’effort de relancer. Ce n’est pas que la compagnie lui importe, mais la prisonnière a peut-être des informations utiles. Et puis il se sent redevable des soins qu’elle lui a prodigués.
— Vous venez d’où ?
— Paris, France. Enfin, c’est là qu’on m’a enlevée.
— Pourquoi ?
— Aucune idée. Je ne suis personne. Dans le temps, je connaissais des… gens influents, mais ils sont tous morts, à présent. En cherchant bien, j’aurais éventuellement pu avoir une quelconque valeur pour certaines personnes en France, ou en Europe – mais là c’est vraiment tirer sur la corde. Alors aux États-Unis…
Elle soupire puis poursuit :
— Je crois que leur boss revient demain soir. J’espère que j’aurai des réponses à ce moment-là…
Une nouvelle intéressante. Si c’est exact, cela lui donnera une chance d’exécuter son contrat.
— Qui vous a dit ça ?
— Si j’ai bien compris – je ne connais que quelques mots d’espagnol –, c’est ce que se ra

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