Pas de traces , livre ebook

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Eric de l’Estoile Pas de traces ! Thriller Finaliste du Prix du Polar 2009 Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com Copyright © 2013 Editions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média Tous droits réservés ISBN : 9-782-81950-1-411 À ma famille, pour sa patience et son soutien. PROLOGUE SARAJEVO, 4 septembre 1997, 16 h 07. La pluie battante fouette violemment la verrière du vieux Puma. L’orage s’est abattu sur la ville et à quatre heures de l’après-midi, il fait aussi sombre qu’un mauvais jour de novembre. Perdu au bout d’une piste défoncée par les bombardements, le gros hélicoptère fatigué supporte difficilement le poids de ses pales. Mitées par la rouille, les lettres blanches de son numéro d’immatriculation sont à peine visibles. Seul l’insigne rouge et blanc de la Croix-Rouge brille à travers la pluie. De l’autre côté de la piste, la tour de contrôle, quelques bâtiments vétustes, deux hangars de tôles et de parpaings mal joints, éclairés par des projecteurs pâlots. Derrière, Sarajevo se perd dans le ciel déchaîné. Le grondement du tonnerre et les rafales de vent incessantes ont remplacé pour un temps le cliquetis des armes, l’écho sourd des obus et la plainte monotone des éboulements. Des combats sporadiques font encore rage dans certains faubourgs.
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Publié par

Date de parution

25 juillet 2013

Nombre de lectures

1

EAN13

9782819501411

Langue

Français

Eric de l’Estoile
Pas de traces !
Thriller
Finaliste du Prix du Polar 2009
Éditions Les Nouveaux Auteurs
16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com
Copyright © 2013 Editions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média Tous droits réservés
ISBN : 9-782-81950-1-411
À ma famille, pour sa patience et son soutien.
PROLOGUE SARAJEVO, 4 septembre 1997, 16 h 07.

La pluie battante fouette violemment la verrière du vieux Puma.
L’orage s’est abattu sur la ville et à quatre heures de l’après-midi, il fait aussi sombre qu’un mauvais jour de novembre. Perdu au bout d’une piste défoncée par les bombardements, le gros hélicoptère fatigué supporte difficilement le poids de ses pales. Mitées par la rouille, les lettres blanches de son numéro d’immatriculation sont à peine visibles. Seul l’insigne rouge et blanc de la Croix-Rouge brille à travers la pluie.
De l’autre côté de la piste, la tour de contrôle, quelques bâtiments vétustes, deux hangars de tôles et de parpaings mal joints, éclairés par des projecteurs pâlots.
Derrière, Sarajevo se perd dans le ciel déchaîné. Le grondement du tonnerre et les rafales de vent incessantes ont remplacé pour un temps le cliquetis des armes, l’écho sourd des obus et la plainte monotone des éboulements.
Des combats sporadiques font encore rage dans certains faubourgs. Les rebelles n’ont pas encore rendu les armes et, là-bas, à l’est, l’aéroport international est toujours défendu par les casques bleus de l’ONU.
Un vieux camion Soukov de fabrication soviétique sort en fumant de l’entrepôt, son plateau arrière couvert de cartons protégés par une bâche militaire. Il avance au ralenti, les rayons de ses phares peinant à révéler les trous d’obus de la piste et se dirige vers l’hélicoptère.
Le jeune médecin bosniaque assis sur la banquette dépenaillée éteint sa cigarette, referme sa parka pour affronter l’orage, descend précipitamment du camion et tire avec force la porte de l’appareil. Il essuie l’eau qui coule dans ses yeux et dirige la manœuvre d’approche d’un signe de la main. L’arrière du camion se présente face à la porte latérale et s’immobilise dès que le médecin croise les bras en hurlant.
Le chauffeur quitte la douce chaleur enfumée de sa cabine et rejoint son collègue dans l’hélicoptère en courbant le dos. Il s’ébroue en poussant un juron, accepte la cigarette du médecin. Ils fument lentement, la mine désabusée devant la fureur des éléments.
– Quel fichu temps, jure le médecin, dans un bosniaque teinté d’accent du Nord.
Le militaire au treillis usagé jette un œil prudent sur le ciel sombre qui envahit Sarajevo et jauge l’intensité du vent.
– L’orage s’éloigne. Le temps devrait se dégager vers Korajde.
– J’espère, sinon ce vol risque d’être annulé.
– Cela m’étonnerait, réplique le chauffeur en jetant son mégot dans une flaque d’eau. Ils ont besoin de ces médicaments là-bas.
– On ne va quand même pas décoller par un temps pareil.
– Si. Tu n’as pas vu la tête du pilote tout à l’heure. Quand le médecin-colonel a proposé de reporter la mission à cause du mauvais temps, il a balayé la remarque d’un revers de la main.
– Tu le connais ce pilote ? On ne l’a jamais vu ici. Pourquoi Metjolan n’est pas là ?
– Il est à l’hôpital. Une jambe cassée.
– Comment ont-ils fait pour trouver aussi vite ce pilote ?
– D’après ce que j’ai entendu, il travaille depuis deux ans pour Médecins sans frontières, et c’est un sacré bon pilote. Le meilleur de tous. Ils ont accepté de nous le «prêter » pour cette mission urgente.
– Il travaille pour MSF ? Cela m’étonne, rétorque le médecin. J’ai effectué un certain nombre de missions conjointes entre la CRI (Croix-Rouge internationale) et MSF, et pourtant je n’ai jamais entendu parler de lui. D’où vient-il ?
– Je l’ignore. Pour moi, c’est un étranger. Il a un accent bizarre, même s’il parle couramment notre langue. Les rumeurs disent qu’il est français, mais en fait, on ne sait pas trop. Sauf que c’est vraiment un bon pilote. Il paraît qu’il est capable de te poser n’importe quel engin dans un carré d’herbe.
– Ancien militaire ?
– Aucune idée.
Un éclair zèbre soudain les ténèbres, interrompant leur conversation. Le jeune médecin rallume une cigarette. Son compagnon refuse le paquet qu’il lui tend.
– Non merci, je fume déjà de trop. Après, le souffle me manque dans les montagnes.
Le tonnerre gronde au loin, les rafales de vent s’atténuent, la pluie baisse d’intensité et disparaît aussi rapidement qu’elle est venue. À ce moment, une Jeep surgit de derrière les hangars, tous feux allumés. Elle évite à peine les nids de poule et les trous d’obus, dérape sur le macadam gorgé d’eau, glisse, toutes roues bloquées, et s’immobilise dans une gerbe boueuse juste devant le camion.
Le pilote inconnu bondit hors de son véhicule. Grand, plutôt costaud, il porte un blouson d’aviateur en cuir fauve avec de grands rabats usés et un large col à fourrure. Le brassard tout neuf de la Croix-Rouge sur son bras détone avec la patine ridée du cuir.
Sans le casque ultra moderne en matériaux composites et les gants spéciaux qu’il tient dans sa main droite, on le croirait sorti tout droit d’un vieux film américain. Il a le même port de tête, fier, orgueilleux, le regard fixe et insondable, les mêmes cheveux courts et impeccables, le même sourire en coin méprisant.
Il fait signe à son copilote de le suivre et, sans un mot, les deux hommes se dirigent vers l’arrière du camion. Le chauffeur et le jeune médecin sortent de leur abri, tirent la bâche et chargent les cartons de médicaments dans l’hélicoptère pendant qu’il inspecte chaque colis d’un regard expert. Des vaccins en majorité, ainsi qu’une quantité importante d’antibiotiques, de désinfectants, de compresses stériles.
Une dizaine de fois, il refuse un carton qu’il rejette avec rage dans le camion. Date de péremption dépassée.
Une fois le transbordement achevé, le pilote tire un stylo de sa poche et inscrit un rapide message sur les cartons périmés. Puis, il se retourne et agite les bras en direction de la tour de contrôle dissimulée dans la brume légère qui suit l’orage. Le copilote se penche par l’étroite fenêtre découpée dans la portière.
– Ne te bile pas. Ils ne peuvent pas te voir.
– Je sais, mais j’aimerais qu’ils récupèrent rapidement ces médicaments pour les détruire.
– Je vais leur passer le message par radio.
– D’accord.
Il se tourne vers le soldat et le jeune médecin.
– Vous pouvez retourner à l’abri, nous nous débrouillerons pour trouver du monde sur place. Le temps reste pourri, et plus nous serons légers, mieux cela vaudra.
Le militaire bosniaque, surpris par cette demande, regarde son compagnon d’un air interloqué. Il devait pourtant escorter ces médicaments jusqu’à destination. Qu’est-ce que cela signifie ? Le jeune médecin est tout aussi surpris par cette remarque. Heureusement, le soldat le tire de son embarras. D’un pas vif, il retourne au camion, ouvre la porte d’un geste rapide, extrait sa kalachnikov AK 47 et grimpe dans l’hélicoptère.
– Je suis chargé de la protection de cette expédition, lance-t-il avec défi. Je pars avec vous.
Il s’installe tant bien que mal parmi les cartons et invite le médecin à le rejoindre d’un geste autoritaire.
Le pilote les dévisage avec indifférence et hausse les épaules.
– Comme vous voudrez… mais cela ne va pas être une partie de plaisir ! Placez-vous au moins de chaque côté de la cargaison pour l’équilibre.
– Pas question, nous restons ensemble.
Le ton méfiant du militaire énerve le pilote, mais son copilote lui fait signe de le rejoindre avant qu’il rétorque. Il enfile ses gants, ajuste son casque. Le système de radio incorporé bourdonne pendant la recherche automatique de fréquence. Il entend alors la voix de son collègue :
– Vol Croix-Rouge n° 724 à destination de Korajde, à tour de contrôle.
– Ici tour de contrôle, répond l’opérateur.
– Le chargement de médicaments est terminé. Nous commençons les procédures de décollage.
– Bien reçu, 724. Vent de nord-est force cinq avec rafales à sept, plafond 200 pieds, pluie d’intensité forte à orageuse. Une vraie partie de plaisir…
Le pilote monte dans la cabine, branche le relais radio dans la prise à l’arrière du casque pendant que la discussion continue sur un mode beaucoup moins protocolaire :
– Yvan ? Quelle est la situation à destination ?
– La même qu’ici, Sergueï. Avec un peu moins de pluie.
– La poisse. Quel temps… Pire que chez nous !
– Attends d’avoir la neige, camarade, et tu regretteras ton beau pays.
– Au fait, on t’a laissé une dizaine de cartons dans le camion. Des vaccins périmés.
– Je vais m’en occuper.
– Faites aussi un rapport au QG de la Croix-Rouge, insiste le pilote en se mêlant de la conversation. Ces pratiques sont inadmissibles.
– Bien sûr, répond Yvan sans conviction, je m’en charge personnellement.
– J’y compte bien.
Le copilote lève les bras d’un air résigné.
– Cela arrive parfois, on ne peut pas y faire grand-chose.
– C’est une question de principe, camarade !
Le ton appuyé et méprisant du dernier mot fait bondir le copilote, piqué au vif. Il se retourne vers son interlocuteur, le tire par le col de son blouson et s’apprête à lui exprimer le fond de sa pensée, mais il n’en a pas le temps. À peine sa main a-t-elle agrippé le revers de fourrure que le pilote, d’un geste extrêmement rapide, s’en saisit, bloque son pouce contre l’articulation, écrase la paume et la retourne violemment. Sous le choc, Sergueï croit voir son bras se déchirer. Sa tête heurte le dossier, une plainte lui échappe.
– Arrête ! Tu me fais mal !
– Ne t’avise pas de recommencer, camarade !
– Ça va, excuse-moi. Mais lâche-moi !
– Puis, d’une voix hargneuse, il réplique brutalement :
Ne joue pas les bons samaritains, l’étranger ! Tu n’avais sûrement pas autant d’états d’âme en Afrique alors que 80 % des médicaments que tu fourguais étaient des contrefaçons grossières.
Le pilote accentue

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