Mesrine n en saura rien
256 pages
Français

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Mesrine n'en saura rien , livre ebook

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Description

Tout au long de la décennie 70, en France, en Corse ou en Afrique du Nord, deux vies qui, comme deux droites parallèles pourraient se croiser à l'infini, et pourtant. L'un est médiatisé, l'autre vit dans l'anonymat. A part cela, ils font le même métier avec les mêmes moyens et dans le même but, tout en restant des hommes avec leur vie de voyou et leur vie privée. Plongée au cœur des années 70, suivre la vie au jour le jour d'un voyou parisien surnageant tant bien que mal dans cette vie à contre courant des règles établies. Alors qu'à quelques encablures de sa vie se joue et s'expose à la vue de tous celle de l'ennemi public numéro 1, Jacques Mesrine.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782381241234
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Parties Prologue 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. Épilogue Remerciements

Laurent Vincent-Bardin
 
MESRINE N'EN SAURA RIEN
Roman
FABRIQUÉ EN FRANCE
 
ISBN : 978-2-38124-123-4
© novembre 2021, YOUSTORY
 
Tous droits de reproduction, d’adaptation, de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
 
L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre.
 
Aux trois colonnes qui soutiennent ma vie.
À toi qui, en 1982, m’as emmené voir L’as des As au cinéma.
 
Avant toutes choses, j’aimerais éclaircir avec vous certains points importants. Histoire que vous ne vous fassiez pas de fausses idées, de faux aprioris ou que vous deviez vous fader tout le bouquin pour que dalle. Je m’appelle Jean. Jean Pierret si vous voulez pousser le bouchon de la curiosité un peu plus loin. Je suis né en 1932. Où et comment, cela ne vous regarde pas. Le fait est que je suis, comme on dit, « d’origines douteuses ». Là où votre vie est peut-être ouvrière, intellectuelle, bourgeoise ou que sais-je, la mienne est faite de tours et de détours dans un milieu fermé que l’on appelle le mitan. J’y baigne depuis de nombreuses années et je ne compte pas en sortir de sitôt, même si les képis aimeraient bien m’envoyer à nouveau au trou. C’est sans doute une façon de vivre qui vous échappe. Une voie parallèle qui semble révolter les bien-pensants et les bien-nés mais c’est celle qui me plaît. Elle n’est pas faite d’horaires fixes, de patron et de fiche de paie en fin de mois. Elle est constituée de larcins, plus ou moins grands, d’agressions, de butins, de cambriolages, de casses, de détournements ou de vols, selon les opportunités du moment. Elle rapporte parfois gros ou vous laisse dans la dèche pendant des semaines. Certains membres sont connus, reconnus, voire admirés et promus parfois jusqu’au rang « d’ennemi public numéro 1 », mais pour quatre-vingt-dix pour cent d’entre nous, seule la police connaît notre nom, où l’on crèche et ce que nous faisons de nos journées et de nos nuits. Un jeu du chat et de la souris qui souvent tourne mal car les héritiers de Clemenceau ont parfois la détente facile.
 
Ce qui est certain, c’est que dans ces années 1970, où je suis actuellement, rien n’est acquis. Les tensions sont partout. Dans le milieu carcéral, où les émeutes du début d’année dans les prisons d’Écouves, de Nancy ou de Fleury-Mérogis engendrent de nombreux procès, ou bien faisant suite à l’assassinat par un vigile d’un militant maoïste à la sortie d’une usine Renault. Nul moment de relâche possible. Alors, chemin faisant, je poursuis le mien. Le plus souvent assis sur l’arrière d’une chaise en équilibre, d’où mon surnom de « La Bascule ». Mais il me semble que vous en savez déjà trop.
 
1.
 
Vendredi 18 août 1972 – Paris 19 ème arrondissement.
 
Quelle heure est-il en ce début de soirée d’été vieillissant ? Cela n’a pas grande importance.
Cette rue du 19 ème où j’ai rendez-vous avec Jacques est animée comme peut l’être la rue d’une ville nord-africaine. J’aime ces ambiances colorées où chacun s’interpelle comme s’il se connaissait depuis la nuit des temps. La multitude anime le mouvement, la vie donc. Le soleil, encore très haut, inonde les façades tranquilles des immeubles de prolos adossés à ceux des pseudos bourgeois de la capitale. J’arrive en avance au « bar des deux phares », être le premier est une priorité, un respect, mais surtout un gage de pouvoir choisir sa place, dos au mur, face à la vitrine du bar et à sa porte d’entrée.
Le Jacques que j’attends n’est pas « le Grand », non, pas Jacques Mesrine, pas celui qui vient de se faire la valise de la prison de Saint Vincent de Paul au Québec avec cinq autres détenus. Les journaux, la radio et la télévision ne parlent que de cela. Le mien, c’est « Jacquot la Fraiseuse », dentiste le jour et perceur de coffiots la nuit. Une vieille passion qu’il a héritée de son père. Son vieux a beau avoir fini ses jours à la Santé, cela ne le freine pas le moins du monde. C’est comme un défi pour lui, un coffre ou un râtelier à chicots ne doivent pas lui résister, question de principe. Et des coffres il en voit partout, aux PTT, à la banque, dans les supermarchés ou dans la bouche de ses clients. À croire qu’il est à moitié psy, voyant ou mentaliste, je ne sais pas. Il leur fait cracher des informations sur leurs peurs des voleurs et leurs moyens mis en œuvre pour s’en protéger. Il doit avoir l’ouïe fine et aiguisée pour comprendre ce qu’ils racontent avec deux cotons imbibés de sang calés au fond de la mâchoire.
Avant notre rendez-vous et après m’avoir affranchi de son projet, il m’a demandé de l’aiguiller sur une équipe afin de lui prêter main-forte pour le coffre d’un diamantaire du 17 ème arrondissement, qui vient se faire refaire la devanture chez lui depuis des années. Le coffre en question, apparemment difficile à déplacer, il veut l’attaquer par la face ouest pendant que les autres monteront la garde au cas où. Il souhaite trois gars sérieux et patients mais ce ne sont pas les qualités les plus répandues dans le milieu. En attendant, La Fraiseuse est en retard.
Rituel toujours immuable que de le voir passer trois fois devant l’entrée du bar. Sûrement son côté parano qui lui inflige de voir des képis bleus partout. Il n’a pourtant pas de casseroles au cul à ce que je sache, à part quelques contra-ventions de stationnement. Qu’importe, après avoir fait les cent pas, le voilà qui s’assied à ma gauche, légèrement tendu comme à son habitude. Un double baby commence à le calmer un peu. C’est qu’il a des dettes de jeu, le fossoyeur de dents creuses. À trop tirer sur la corde des gagnants, il risque d’y perdre prochainement ses deux genoux, si ce n’est pas plus. Deux colosses des pays de l’est sont passés récemment à son cabinet dentaire pour lui rappeler sa dette et lui fixer un ultimatum pour le paiement. Ce ne sont pas le genre de lascars à qui on tente de la faire à l’envers.
Nous parlons de choses et d’autres, de la pluie et surtout du beau temps de ce mois d’août, où Paris sent enfin le calme et les vacances. La lumière du soleil couchant y est belle sur les façades de la rue Eugène-Süe. Arrive enfin le sujet qui nous réunit, il veut s’équiper sérieusement pour son coffre à bijoux. Quelques noms fusent à demi-mot, quelques oui, beaucoup de non, et au final, trois gars sont retenus. Reste à moi de les contacter et de leur proposer le chantier.
Rendez-vous est pris dans une semaine. Encore un verre pour la forme et je m’en retourne, jamais par le même chemin qu’à l’aller d’ailleurs. Serais-je parano moi-même ou ma petite voix intérieure me susurre-t-elle que les pigeons picorent toujours aux mêmes endroits… ? Va savoir.
Dès le lendemain, je me mets en quête des trois loustics. Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’accepte de travailler le week-end mais il faut battre le fer tant qu’il est chaud, d’autant que certains d’entre eux ne sont joignables que le week-end. La manip’ est simple : un coup de fil au bar de prédilection de chacun des gars et attendre leur retour. Méthode et patience, mais le fait est qu’en ce moment les temps sont durs pour tout le monde et les zouaves ne devraient pas mettre long feu à pointer le bout de leur nez pour venir aux infos.
Deux jours suffiront à recevoir des nouvelles du premier, Marcel, dit « La Faucheuse » à cause de ses mains, grandes comme des pelles de terrassier et capables de faire tourner une tête à 200 degrés sur son axe. Toujours partant pour tout, du moment que cela lui permette de se mettre au vert quelques semaines. Absent de l’appel des prisons depuis quelques mois, il est partant sans même avoir entendu parler de La Fraiseuse. Rendez-vous est pris.
Le second, Pierre, dit « P’tit Pierre », me surprendra toujours. Le téléphone, lui, il ne connaît pas. C’est le surlendemain, alors que je suis attablé comme à mon habitude à la terrasse de mon bar de « résidence », qu’il apparaît

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