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Description

Guillaume a disparu. Son cheval a été retrouvé sans cavalier. Au pays des lavandes et des chênes truffiers, cette disparition ne manque pas d'inquiéter sa famille et ses amis.
Son oncle, Morin, débarque de Paris et de sa fraîche retraite pour aider à le retrouver. Rapidement, Morin se retrouve face à un mystère que ses années d'expérience à la P.J. ne lui permettent pas de découvrir : pas de nouvelle petite amie, pas de raison de fuguer, pas d'ennemis. Pas la moindre piste pour comprendre.
Entre François, l'ami d'enfance de Guillaume, Raphaël, le copain flambeur, Louise la petite amie amoureuse, les jeunes ont des projets différents de leurs parents, les Jean, Morin, Amélie et Charles. Des projets qui créent un peu de friction et font revivre aux parents leurs jeunes années.
En décousant le fil des différentes activités des uns et des autres et la topographie de la région de la Drôme provençale, Morin va-t-il réussir à lever le voile sur ces projets secrets, et surtout, va-t-il enfin retrouver son neveu ?
Dans ce policier qui a tout du cosy mystery, Marie Larantec nous invite dans une enquête qui prend ses racines dans le pays de Grignan.
Parisienne jusqu'au bout des ongles, Marie Larantec a découvert la région de Grignan il y a une quinzaine d'années et en sillonné les routes, à la recherche des truffes, des routes perdues et des caveaux des templiers. Elle en a rapporté de nombreux mystères à résoudre.

Informations

Publié par
Date de parution 10 juin 2021
Nombre de lectures 9
EAN13 9782383040064
Langue Français

Extrait

Mauvais week-end


Marie Larantec

Editions Samarkand
Table des matières



Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Chapitre 28

Chapitre 29

Chapitre 30


Remerciements

À propos de l’auteur
Chapitre Un

M orin descendit du train à Montélimar. Il n’avait qu’un gros sac de toile à la main. Il respira l’air pur et transparent à pleins poumons. Le soleil était tellement étincelant que c’en était bizarre. Il prit tout son temps pour sortir de la gare, laissant la foule bruyante et cosmopolite le dépasser. Bien que sa sœur l’attende à l’extérieur, sur le parking, sa dernière bonne résolution prise en quittant Paris se résumait en deux mots : « Carpe diem ». Il s’appliquait donc à suivre ce précepte, profitant de ces quelques minutes d’émerveillement, sachant très bien que « Carpe diem »* finirait très vite aux oubliettes. Mais pour l’instant, cette résolution était encore d’actualité pour quelques minutes !
Il avait aussi plus ou moins décidé de laisser les événements le mettre sur de nouveaux chemins. Quant au rôle du hasard dans sa nouvelle vie, un sacré clin d’œil venait de lui être adressé du fin fond de la Drôme... tout en sachant pertinemment que le hasard en matière de coïncidences n’existe pas. Son neveu – qui suçait encore son pouce la dernière fois qu’il l’avait vu – avait disparu ! Et personne ne savait où il était. On avait retrouvé son superbe cheval trottant seul sur la route, selle sur le dos. La gendarmerie piétinait, les amis se posaient des questions, les voisins se parlaient à voix basse… Il ne pouvait pas laisser les choses en l’état. Il fallait être sûr que ce n’était pas plus grave que cela. Dans son for intérieur il était plutôt inquiet. S’il n’y avait pas eu l’histoire du cheval, il ne se serait pas inquiété outre mesure. Il aurait pensé à une fugue. Mais le cheval sellé, seul sur la route, là, il n’aimait pas.
Les bonnes résolutions de Morin faisaient partie de la liste qu’il avait établie depuis quelques semaines lorsque le grand chef de la police, là-haut où se jouent les vies de la base, avait provoqué le terme de sa carrière prometteuse au service de la tranquillité et de la sécurité des citoyens.
— Morin, j’ai une mauvaise nouvelle pour toi. Enfin, je pense que tu ne vas pas aimer, lui avait dit le responsable du service, en marchant sur des œufs. On a décidé en haut lieu qu’il fallait faire de la place aux jeunes recrues, car maintenant le marché du crime est tenu par des jeunes. On a besoin de jeunes pour comprendre leurs méthodes, leurs envies, leurs circuits. Nos méthodes ne sont plus d’actualité. Il faut savoir jouer avec d’autres souris que celles que nous croisions dans les bars… Je veux dire les souris d’ordinateur et plus les petites pépées d’Eddie Constantine ou de San Antonio… On va donc réorganiser tous les services. Je te laisse deviner ce que cela veut dire pour nous ! Soit on devra reporter à des gamins qui pourraient être nos enfants, soit on tirera notre révérence dans de pas trop mauvaises conditions.
Le chef regarda Morin (Morin direct, pas de prénom dans la police, comme dans les rédactions des quotidiens), espérant que son humour le toucherait et allégerait l’atmosphère. Peine perdue. Morin avait affiché sa mâchoire à la Burt Lancaster et on aurait dit que le haut et le bas étaient scellés.
— Si cela peut te rassurer, je sais que je suis sur la même liste que toi. On me garde pour restructurer, comme ils disent, et pour les passations de dossiers, mais je ne suis pas dupe. Cela dit, au contraire de toi, je suis content à l'idée de changer de vie. Je fais donc ce qu’on exige de moi, même si je réprouve et après ciao, je vais à la pêche au Portugal. Tu devrais faire comme moi. Profiter des belles années qui viennent. Tu n’as pas envie de bayer aux corneilles, faire la grasse matinée, voyager ?
Morin l’avait tout d’abord très mal pris, ne se considérant ni dépassé ni inefficace. Vexé de surcroît de devoir céder sa place à un jeune blanc-bec frais émoulu de l’école de police, avec des touches d’ordinateur incrustées au bout des doigts. Mais on lui laissait la possibilité de quitter la police dans de bonnes conditions. Il en avait donc pris son parti. Puis il s’était fait une raison et avait commencé à tirer des plans sur la comète. Libre ! Il serait enfin libre de choisir les missions qui se présenteraient à lui et, de surcroît, ne plus avoir à rendre de comptes à une hiérarchie lui faisait assez plaisir. Il était sûr que sa disponibilité serait bientôt connue et qu’on ferait appel à lui pour résoudre en sous-main certaines affaires un peu délicates ou délaissées. Un freelance en jargon policier s'appelle peut-être un détective ! Et vu son âge, il avait encore de belles perspectives devant lui.
Plus de vingt années passées dans la brigade de la PJ, sous la houlette de chefs de droite et de gauche, lui avaient enseigné que le crime n’a pas de parti, pas de morale, pas de frontières, qu’elles soient départementales ou mondiales. Il serait maintenant vraiment jugé sur pièce et sans se prendre pour Philip Marlowe, il savait qu’il avait du talent et le flair d’un fin limier... C’était d’ailleurs au nom de cette sacro-sainte passion pour le terrain qu´il avait refusé promotion sur promotion, préférant rester en contact avec la rue, les commissariats de quartier et les informateurs de tous bords. Ses performances étaient saluées par tous et lui auraient valu de passer calife à la place du calife depuis longtemps, s’il n’avait pas préféré la fraternité du travail en équipe et une indépendance relative.
Bref, c’était un policier façon vieille école et il avait bien l’intention de le rester.
Les personnes qui jouaient les filles de l’air, c’était dans ses cordes. Il avait tout vu. Ceux qui quittent femme et enfants pour une jeunesse et faire avec elle une vie copiée-collée de la première, une fois la passion tuée par le quotidien. Ceux qui se prennent pour Kerouac et prennent la route. Ceux qui veulent l’aventure et s’enrôlent dans la Légion… Chacun avait une bonne raison. On retrouvait assez facilement les suicidés. Les disparus assassinés étaient moins fréquents et bien moins faciles à retrouver s’ils n’étaient pas abandonnés sur la scène de crime. Mais savoir qu’il s’agissait de son neveu n’avait pas laissé la place à toutes ces hypothèses. Il ne pouvait pas courir le moindre risque d’une enquête qui foire ni laisser sa petite sœur sans soutien. Dans ce type d’affaires, les premières heures, les premiers jours sont cruciaux. Et Guillaume avait disparu. Point. Démarrage de l’enquête. Si, localement, personne n’avait rien de concret, il pouvait se mettre à la disposition de la gendarmerie, offrir ses compétences et surtout mener sa propre enquête.
Carpe diem signifie « Cueille le jour présent ».
Chapitre Deux

D ifficile de croire que cela s’était passé si près de Grignan ! Dans cette région habituellement si sereine. La belle saison avait bien commencé. Après un hiver idéalement froid, les bourgeons avaient fait leur apparition avec un timing parfait. La nature s’éveillait dans des conditions idéales : beau soleil pour la lumière, mais caressant et tout doux pour ne pas provoquer un faux printemps suivi de lendemains givrés. Mai s’annonçait sous les meilleurs auspices.
Aucun accident de voiture mortel fauchant la vie d’un jeune n’était à déplorer et les vols de truffes n’avaient pas défrayé la chronique.
Les lavandes allaient bientôt pousser, dessinant des lignes régulières, bombées et parallèles, rayant des champs qui bientôt serai

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