Jean Diable - Tome II , livre ebook

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Publié en 1862
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Date de parution

30 août 2011

Nombre de lectures

2 577

EAN13

9782820605566

Langue

Français

Jean Diable - Tome II
Paul F val
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0556-6
LE PROCÈS CRIMINEL
I Juge Bamboche.
Il était assis sur son siége, le juge bamboche ( puppet-Justice ), l’homme le plus gai de Londres ; son siège était une barrique, dont le ventre largement ouvert et chantourné formait un fauteuil commode en même temps que majestueux. Devant lui était sa table : une vieille planche sur deux tréteaux, supportant un effrayant verre de gin. Pour simarre, il avait la jaquette goudronnée des porteurs de charbon ; pour perruque, il portait un paquet d’étoupes qui avait dû servir longtemps de faubert et laver le pont de bien des alléges. Auprès de lui reposaient sa pipe et sa poche à tabac, ainsi que son chapeau muni d’un appendice long et large comme cette queue du castor architecte qui attendrit tous les naturalistes. Cette queue ici n’est pas une truelle, c’est le bouclier qui protège la rude peau d’Hercule charbonnier contre les caresses de son panier trop lourd.
À sa droite, son greffier s’asseyait ; à sa gauche, dans une autre barrique, siégeait l’attorney du roi. Les avocats étaient à leurs bancs, l’accusé sur sa sellette, l’auditoire les pieds dans la boue.
Et tous, juge, attorney, greffier, avocats, jouaient leurs rôles divers avec un imperturbable sérieux. C’était le fun tribunal de Lowlane, le tribunal bamboche, une des plus chères amusettes du petit peuple anglais, qui se délecte éternellement à railler la drôlatique législation qu’éternellement aussi ses hommes d’État proclament la première législation du monde.
Le juge bamboche et l’attorney bamboche, le greffier, les jurés, les témoins, les avocats, tout le fun tribunal, autrement nommé Irish court , car Londres implacable ne perd aucune occasion de jeter à l’Irlande la moquerie ou l’injure, avaient pour salle d’audience le bas-bout du cabaret du Sharper’s, c’est-à-dire l’amphithéâtre même où Thomas Paddock, en son vivant Jean Diable, avait abreuvé aux eaux de sa science toute une jeune génération de filous. Jenny Paddock, la veuve de Thomas, était une femme industrieuse, qui faisait des affaires considérables et se donnait beaucoup de mal dans le but d’épouser le petit juif qui vendait du tabac de contrebande sous son comptoir, dès que ce jeune commerçant aurait l’âge. Elle n’avait qu’une vingtaine d’années de plus que lui, et ces sortes d’unions sont fort communes de l’autre côté de la Manche, même dans le gentil peuple , comme s’intitule modestement la haute bourgeoisie. L’ambition de Jenny Paddock était précisément de faire un jour partie du gentil peuple. Pour en arriver là, elle accomplissait loyalement ses divers devoirs de voleuse, de recéleuse, de fraudeuse et d’empoisonneuse. Elle était en vérité la mère de cette famille de coquins qui encombrait son taudis. Les mères, en effet, aiment à tenir en lieu sûr les petites économies de la couvée Jenny Paddock ne laissait jamais un farthing dans la poche de ses poussins ; tout le fruit de leurs pillages passait dans son escarcelle ; elle avait déjà quelque part un millier de livres de revenu qui représentaient la dîme prélevée sur un million de forfaits. Il n’était pas dans Londres entier un pique-poche qu’elle n’eût entamé, un crocheteur de serrures qu’elle n’eût écorché, un assassin qu’elle n’eût dépouillé. Titus, délices du genre humain, et son père Vespasien, patron d’une industrie plus utile qu’agréable, disaient : L’argent n’a pas d’odeur ; en nos âges où la considération est fille de l’argent, le respect public enchérit de beaucoup sur l’opinion de Vespasien et de Titus : l’argent a de l’odeur à la façon des roses dont la tige sort du fumier, l’argent sent bon, l’argent porte en soi le plus noble et le plus enivrant de tous les parfums. Jenny Paddock n’avait pas tort, et son entreprise était loin d’être folle. Du fond de son enfer elle appartenait déjà au gentil peuple, puisqu’elle avait de l’argent.
Elle avait du bonheur aussi, à part même la perte qu’elle avait faite de Thomas Paddock qui la rouait de coups. Le tribunal bamboche, ou la cour irlandaise, ayant eu maille à partir avec son ancien impresario, le maître du Saint-Antoine, derrière Lincoln-Inn-Fields, s’était réfugié chez elle, lui amenant sa clientelle nombreuse et bien choisie, et du même coup le marché aux témoins, qui suit partout le fun tribunal . Covent-Garden et Drury-Lane, les théâtres de Shakspeare abandonné, auraient bien voulu avoir tous les gentlemens qu’on refusait à la porte du Sharper’s.
Il était neuf heures du soir environ, et la salle, pleine d’asphyxiantes chaleurs, grognait de joie en suivant l’éternel procès de Jack Simple, qui a volé les dindons de sa tante. Ce procès légendaire est célèbre chez nos voisins, comme chez nous sont populaires les aventures du petit Poucet ou les malheurs de Geneviève de Brabant. Jack Simple est le filleul du squire et le neveu de la vieille Maud, qui parle en versets de la Bible. Il aime Suzy la bergère, et Suzy, comme de juste, court après un mauvais sujet. Jack va trouver Peg la sorcière et lui demande un philtre pour forcer l’inclination de Suzy. Peg lui dit : Pour composer le philtre, il faut un dindon gras ; et Jack Simple s’introduit nuitamment chez sa tante Maud pour lui voler le roi de sa basse-cour. Peg dévore le dindon et fournit le philtre ; Jack Simple, l’ayant avalé, veut embrasser Suzy ; il reçoit un coup de poing sur l’œil : cela l’étonne et l’afflige ; il va se plaindre à Peg, qui a digéré le dindon et qui lui demande sévèrement s’il a bu le philtre à jeun. Sur sa réponse négative, Peg lui fait un bout de morale sur le péché de gourmandise ; son sermon se termine par l’ordre exprès d’apporter un autre dindon. Jack Simple escalade de nouveau l’enclos de la tante Maud. Un second dindon est dévoré par Peg, qui fournit un second philtre, et Jack Simple, plein de confiance, et ayant eu soin cette fois de le boire avant déjeuner, court présenter sa joue à Suzy, qui lui fait un noir sur l’autre œil. Une colère légitime le transporte, il coupe un brin de bois vert et prodigue à Peg une juste volée. En elle-même, Peg jure de se venger. L’occasion ne tarde pas à s’offrir ; la tante Maud arrive chez la sorcière pour savoir d’elle le nom du misérable qui a volé les deux plus beaux dindons de sa basse-cour. Peg fait bouillir son crâne de vache dans la marmite magique. « Voisine, dit-elle, cette nuit, à la douzième heure, le larron escaladera le mur de votre basse-cour. »
La vieille Maud, ayant récité en guise de paiement quelques versets appropriés à la circonstance, rentre chez elle et convoque ses voisins. On prépare une forte corde avec un nœud coulant. Pendant cela, Peg, la perfide créature, va trouver Jack Simple et lui dit : « J’ai fait bouillir pour toi mon crâne de vache ; Suzy te suivra partout comme un chien si tu parviens à tordre le cou d’un troisième dindon à l’heure de minuit. »
Hélas ! vous devinez le reste ; mais ce qu’il vous est impossible de mesurer, ce sont les joies de la tourbe choisie qui encombre le Saint-Antoine ou le Sharper’s à la représentation de ces naïves moralités. Quand la vieille Maud reconnaît son neveu dans le larron à demi étranglé, c’est un orage d’allégresse et les murs tremblent.
Or, Jack Simple est amené, la corde au cou, devant le squire, qui prétend n’être que son parrain. Jack Simple est pour le squire un impôt vivant ; il reçoit du squire cinq schellings au Christmas et cinq schellings à la Saint-Jean, sa fête ; cela fait une demi-guinée. Le squire, enchanté d’éteindre cette rente, renvoie Jack Simple devant les assises du comté. Ici commence la procédure macaronique, qui est vieille comme la lourde gaieté de l’Angleterre elle-même, mais à laquelle chaque metteur en scène ajoute de nouveaux détails.
C’est d’abord l’interrogatoire par le coroner en bras de chemise, qui fait sa barbe et chante une chanson d’Écosse pendant que l’infortuné Jack répond à ses questions. C’est ensuite l’entrée en prison, l’inventaire des poches, et le partage des pauvres dépouilles entre les porte-clés ; c’est enfin quelque Proserpine de ce noir Tartare qui

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Jean Diable - Tome II
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