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Voyages de Monsieur de Malesherbes dans le Sud-ouest , livre ebook

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Description

Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, grand commis de l’Etat appréhende la réalité provinciale dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, dans sa diversité, dans sa richesse ou sa pauvreté, il permet aussi de découvrir que l’idéologie des Lumières dont il est un des précurseurs, est non seulement une pensée innovante sur le plan des mentalités, mais aussi un principe d’action au plan gouvernemental.

On le suit pendant 17 jours, du 4 au 21 aout 1767, du Sud des Landes, au Pays Basque et enfin à Salies de Béarn. Continuant la tradition culturelle européenne du Voyage, Guillaume de Malesherbes fait de la province son grand champ de découverte. Libéré des contraintes religieuses traditionnelles, il nous apprend à découvrir et à voir, grâce à ses carnets de notes, ce qu’était, avant le Révolution Française, le Sud-Ouest (Gascogne et Pays Basque),une des régions les plus méconnues du royaume.

Nous avons ainsi sous les yeux, deux siècles et demi après, la lumière, les paysages, les espaces qui sont l’objet de ses notes. En naturaliste, il s’intéresse à la géologie, à la botanique, à la zoologie. En ethnographe, les mœurs et traditions populaires du Sud des Landes attirent son attention. En économiste, il passe en revue vie agricole, pêche, activités portuaires et minières, organisations des communications...


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 mai 2013
Nombre de lectures 38
EAN13 9782350683270
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

AVEC MALESHERBES DANS LES PAYS DE L’ADOUR EN 1767 : DE DAX À BIARRITZ
Pendant l’été 1767, Malesherbes fit un long voyage qui le conduisit de Grenoble par la Provence, le Languedoc et les Pyrénées jusqu’aux pays de l’Adour. Dans cette région il visita des endroits bien déterminés correspondant à ses centres d’intérêt. En Béarn ce furent les chantiers exploitant les forêts de la haute vallée d’Asp. pour fournir en mâts la marine royale ainsi que les salines de Salies-de-Béarn. Son périple à travers le Pays basque, français ou espagnol, fut également centré sur des problèmes économiques (les mines de fer, l’activité des ports). Il consacra aussi plusieurs journées à parcourir le bas-Adour, de Dax à Biarritz, et il faut regretter l’absence de toute étude concernant Bayonne : « Je ne parleray pas plus icy de Bayonne que je n’ay parlé de Marseille. Ce que j’y ay vu est trop frappant pour que je l’oublie, et trop connu pour que je le décrive à d’autres ».

ITINÉRAIRE ET CARNET DE ROUTE
II est possible de restituer avec précision l’itinéraire et la chronologie en utilisant des notations éparses. Son périple de Dax à Biarritz se déroule du 4 au 11 août 1767. Ses impressions sont consignées dans les feuillets 133 à 179, ce qui représente, malgré la présence de quelques pages laissées en blanc, une somme remarquable de renseignements accumulés en un peu plus d’une semaine pendant laquelle Malesherbes est toujours en mouvement.
Le mardi 4 août, il arrive à la nuit tombante à Dax par l’itinéraire suivant : « D’Orthez on suit la route de Bayonne jusqu’à la Poste de Puyoô où j’ay diné. De Puyoô je n’ai suivi cette route que peu de tems après quoy on se détourne pour prendre celle de Dax. On entre icy dans un vilain pays ; on traverse d’abord des pays inégaux et cependant boisés en chesnes, châtaigniers et maïs au-dessous des fougères, bruyères et autres attributs de pays de landes. Le chemin est fait mais difficile... J’ai remarqué dans cette route le village d’Habas asses joli d’où on domine le pays » (f° 133).
Il consacre la journée du mercredi 5 août à la visite de Dax et à une excursion à la bitumière de Gaujacq, ce qui l’amène à déjeuner à Montfort-en-Chalosse : « Je suis parti de Dax sur des chevaux de louage. Nous avons esté du côté de l’est par des chemins quelquefois assez bons quand ils mènent à des lieux fréquentés, mauvais quand ils m’ont mené à la bitumière » (f° 145).
Le jeudi 6 août, le Président de la Cour des Aides se met en route pour la côte et va coucher à Port d’Albret après être passé par Magescq et Saint-Vincent-de-Tyrosse : « Sortant de Dax j’ay passé l’Adour sur le pont. Je l’ay côtoyé quelques pas. J’ay passé ensuite dans un chemin creux de plus que la hauteur d’un homme et ombragé de chesnes, et d’autres arbres... J’ay traversé à Magescq la grande route de Bordeaux à Bayonne ; la terre à une grande profondeur est rouge, maigre, sablonneuse. Ensuite j’ay esté à travers un désert de landes, de terres en friches, couvertes de fougères, de bruyères, de jonc marins et d’un hibiscus que j’ay déjà ramassé et dont j’ay même pris la graine en venant de Dax » (f° 151).
Le vendredi 7 août, il chemine le long de la côte jusqu’à Capbreton : « Cette route est difficile à tenir sans s’égarer. Le plus long et le plus sûr seroit de rentrer dans la forêt de pignada ; mais outre que c’est le plus long, c’eust esté revoir un pays comme celui-cy que j’ay déjà vu et que je reverray encore demain. J’ay eu la bonne fortune de cet ancien marin dont j’ay parlé ; il avait affaire à Bayonne, il y allait à cheval en passant par le Cap Breton ; j’ay voyagé en sa compagnie. Il m’a mené par des sables, des marais, des coins de pignadas » (f° 157).
La nuit passée à Capbreton, et c’est le retour sur Dax le samedi 8 août : « Retour de Cap Breton à Dax. On m’a mené traverser la grande route à la poste de Saint-Vincent. De Cap Breton à Saint-Vincent je n’ay traversé que très peu de sable et ensuite très peu de pignada. Nous y avons vu des lièges écorcés de frais » (f° 163). Le temp. de passer la soirée à Dax et d’y recueillir quelques renseignements supplémentaires, le voilà reparti dès dimanche matin 9 août. Son intention était de gagner Bayonne, mais finalement il poursuit sa route jusqu’à Biarritz, non sans avoir fait un détour pour voir le Boucau Neuf, c’est-à-dire La Barre : « De Dax je suis reparti dans ma chaise pour aller à Bayonne et j’ai commencé par faire dans ma chaise la même route que la veille jusqu’à Saint-Vincent. J’ai trouvé comme la veille, à plus de la moitié du chemin, un assez gros village nommé Saint-Geours et ay remarqué dans ce village quelques maisons de campagne appartenant à des gens de Dax... le chemin est un sable aride et très difficile pour les voitures, on l’évite en passant dans la lande et les bois mais il faut quelquefois y revenir ne fut-ce que pour passer sur des ponts les eaux que l’on trouve dans les forêts, et les ponts de bois sont détestables et même dangereux, mal faits, pourris avec de grands trous. De Saint-Vincent à Labare et à Ondres, route de ports, mais qui n’est guère meilleure » (f° 169).
Le plus difficile lui restait à faire car il décide de gagner Bayonne : « En conséquence j’ay proposé à mes postillons de conduire ma chaise, ce qu’ils ont accepté en quoy ils ont mal fait et moy aussi. Ce chemin n’est fait que pour des voitures de bœufs à voie étroite et si ma chaise n’avoit pas esté très solide j’aurai versé plusieurs fois ; il auroit esté raisonnable de faire ce trajet à franc étrier. D’ailleurs je n’ay point du tout de regret d’avoir fait cette route car elle est à travers une forest tout entière de lièges » (f° 173). Fort heureusement entre Bayonne et Biarritz la route est en bien meilleur état par un très joli pays de landes mais sur un sable ferme ou plutôt un gravier » (f° 175). Le charme de Biarritz aidant, ayant besoin de se reposer un peu Malesherbes y reste une journée entière et se livre au plaisir de la baignade avant de reprendre sa course sans fin.
Malgré cette hâte aussi bien dans le voyage que dans la rédaction du carnet de route, la quarantaine de feuillets consacrés à cette partie de son périple constitue un ensemble continu à quelques exceptions près. Comme il arrive assez tard à Dax, en fin de journée du 4 août, une fois installé à l’auberge, il note rapidement ses premières impressions, prenant des dispositions matérielles pour s’imposer une enquête supplémentaire dans les jours à venir : « Les rues de Dax sont pavées de cailloux roulés avec des chaînes assez étroites de pierre blanche dont la carrière est dans le pays. Je n’ay point encore établi de quoy les maisons sont bâties quoique ce soit ce qui me frapp. d’abord. Mais je verray tout cela au retour d’un voyage que je vais faire sur le bord de la mer et je laisse la place vide pour cela » (f° 136). Effectivement ce feuillet 136 présente un espace délimité par deux traits où Malesherbes écrivit ceci à son retour de la côte, donc le 8 au soir : « La ville de Dax est bâtie en pierre de taille et moellons calcaires qui n’ont rien de remarquable. Je n’ay point pris d’échantillon des plâtres. Quant à ces argiles dont on m’a parlé, tout se réduit à ce que les paysans en font quelquefois des murs en liant des pailles de seigle avec de l’argile ce qui fait une espèce de torchis ». Cette précision est intéressante à deux titres : elle confirme l’attention soutenue d’un esprit toujours en éveil ; elle prouve que Malesherbes ne voyageait pas au hasard mais avait prévu son itinéraire et s’efforçait de le respecter.
Tel fut l’itinéraire de Malesherbes entre Dax et Biarritz et sa méthode pour rédiger son carnet de route. Il m’a semblé préférable de présenter une analyse de ces notes, dont la rédaction n’avait aucune prétention littéraire, autour des principaux thèmes qui retenaient l’attention de Malesherbes. N’oublions pas que ce dernier était également membre de l’Académie des Sciences depuis le 6 mars 1750 (il avait alors 28 ans). Il ne faut donc pas s’étonner si, peu soucieux d’histoire ou d’archéologie, le Premier Président de la Cour des Aides se conduit tout au long du chemin comme un naturaliste passionné.

UN MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES SUR LE TERRAIN
Malesherbes s’arrête sans cesse soit pour herboriser, ramasser des échantillons géologiques ou bien, sur le bord de la mer, des coquillages. Très souvent il note qu’il prend telle plante, ou telle pierre pour se livrer à des comparaisons avec 

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