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Une fille de rien , livre ebook

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Description

Une fille de rien, c'est l'histoire d'une fille de la campagne, qui mène à la ville la vie galante. C'est aussi toute l'existence d'une petite paysanne qui tourne mal. Jules Leroux nous présente dans ce roman une aventure « peu convenable à la décence », qui aurait pu provoquer les bonnes consciences du début du XXe siècle. Mais c'est surtout la qualité littéraire de ce roman qui fut remarquée. Une fille de rien est un roman savoureux, chargé du suc robuste du terroir, inspiré des Ardennes dont Jules Leroux était originaire et du Nord où il vivait lorsqu'il a rédigé ce roman. C'est une uvre attentive à une dimension sociale, celle d'un monde rural dont les valeurs sont déjà en train de changer avant la Première Guerre mondiale. C'est le premier roman de Jules Leroux. Celui-ci avait présenté le manuscrit à Louis Pergaud qui avait obtenu le prix Goncourt en 1910 avec De Goupil à Margot. Pergaud l'avait recommandé à l'éditeur Figuière qui le publia et le proposa au Concourt en 1911. Il fut remarqué par le jury, mais n'obtint pas la « suprême distinction ».

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 mars 2015
Nombre de lectures 209
EAN13 9782365752794
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0049€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Jules Leroux Une fille de rien Collection Terroirs « Classiques »
Préface
Une fille de rien est le premier roman de Jules Leroux. Après s’être essayé à la poésie, où il s’affirme cependant au fil du temps (son talent se révélant vraiment dans La Muse noire), l’auteur s’ouvre à l’émotion et au réel dans cet ouvrage. L’éditeur parisien Figuière, voyant déjà dans le romancier « une des plus belles figures de l’époque », accepte, sans réserve, de publier l’œuvre en 1911. Peu sûr de lui mais souhaitant présenter son roman au prix Goncourt, Jules Leroux recherche appui et conseils auprès de Louis Pergaud, le lauréat de 1910. Il n’obtient cependant pas la reconnaissance de ses pairs, le jury lui préférant Alphonse de Chateaubriant pour [Monsieur de Lourdines]. 1 Il ne décrit pas, il peint. Roger Pecheyrant voit en Jules Leroux un « peintre de paysages, peintre d’individus, peintre de leurs actes ».Une fille de riens’ouvre sur le tableau de la ferme des Rennesson, située au milieu de la région vallonnée qui s’étend d’Avesnes à La Capelle, où l’auteur aimait venir se reposer le week-end. On peut encore, comme Angèle et Édouard, déambuler à Douai dans les rues du Grand Bail, des Blancs Manchons ou sur la place Saint – Amé ; descriptions méticuleuses et colorées, puisées dans une réalité rigoureusement observée. Mais,Une fille de rien, c’est avant tout le portrait moderne d’une femme qui refuse le destin laborieux et misérable qui lui est promis : Angèle, l’insoumise, s’exclame, enfant : « ah ! non, je ne serai pas fermière ». Contrainte de se livrer à la prostitution pour échapper à la misère, mais sauvée par le romancier d’un sort funeste, Angèle est-elle le « blond portrait dans l’ascétique cellule du professeur de Douai » ? Est-elle celle que le soldat des tranchées évoque dans ses carnets : « je pense tous les jours à Angèle et Samson, mon chat » ? Le mystère demeure à jamais. Le Cercle Historique Jules Leroux
Ceux de Rattend-Tout étaient de braves gens. À quatre lieues autour d’Avesnes, lorsqu’on parlait du père Rennesson de Rattend-Tout, il se trouvait toujours quelqu’un pour dire : « C’est un brave homme. » Les mendiants et les chemineaux savaient que, chassés des villages voisins, ils trouveraient chez lui un bol de lait et une miche, un gîte pour la nuit dans la grange, et que, le lendemain matin, ils ne partiraient pas le ventre creux. Les gens de Mongicourt et de Floyon disaient souvent que ces camps-volants finiraient par brûler la ferme et assassiner les fermiers, et en attendant l’événement, afin de bien marquer leur mépris pour ce rebut de peuple qu’hébergeaient les Rennesson, ils avaient donné à la cense le nom de Rattend-Tout. Elle s’élevait au milieu de la région vallonnée qui s’étend d’Avesnes à la Capelle,à une dizaine de kilomètres de la forêt du Nouvion. Les bâtiments de la ferme et quelques petites maisons basses de manouvriers, reliées par d’étroits chemins rocailleux, montraient, dans le vert sombre des noyers et des cerisiers, des bouts de toits rouges. Le pays environnant était un des coins les plus frais de la Thiérache fleurie, où dans chaque ondulation de terrain, par les glaïeuls jaunes et les cressons bleus, un filet d’eau claire babille. Les labours mettent de grandes taches brunâtres sur l’immense verdure des pâturages, clos de haies vives, où les pommiers dodelinent de la tête, comme les bœufs qui ruminent à leur ombre. Au bord des petits affluents de l’Helpe jaillissent des bouquets de trembles et de saules, dont les feuilles, retroussées au moindre coup de vent, prennent soudain le vert argenté et frissonnant des seigles en épis. Parfois sur le dos d’une colline filent les lignes parallèles des peupliers qui bordent les grandes routes, apportant dans le paysage capricieux la note grave et correcte, ainsi qu’il sied à des arbres administratifs. De la cour de Rattend-Tout, on pouvait voir la fine aiguille du clocher de Boulogne, plantée sur une colline, entre deux pommiers. À l’opposé, sur un coteau parallèle, se tendait le rideau des arbres de la route nationale. Par un temps clair, quand le vent soufflait de l’ouest, on entendait les notes grêles du carillon de Mongicourt, et l’on disait à la ferme : « Il pleuvra demain ». La Cense alignait ses bâtiments autour d’une vaste cour rectangulaire, dont un des petits côtés donnait sur un raidillon encaissé. Au milieu de la haute barrière de bois, peinte en vert, qui longeait ce chemin caillouteux, s’ouvrait une large porte à deux battants, grinçante et branlante. Quand on l’avait franchie, on se faufilait entre la haie
du jardin, à gauche, toute de guingois, et un énorme tas de fumier, où des coqs s’égosillaient, et l’on arrivait dans la grande cour. À gauche, le corps de logis, une longue bâtisse sans étage, au toit de tuiles rousses, maintes fois rapiécé, montrait sa façade blanche, percée de huit fenêtres basses, égayées de vigne. Le vert sombre des croisées et des persiennes avivait au travers des vitres claires le sourire des géraniums rouges. Les chambres, en enfilade, étaient réservées aux garçons ; les filles couchaient dans de proprettes soupentes, aménagées sous les combles, éclairées par d’étroites fenêtres, percées dans le mur de derrière, au ras du toit. L’entrée unique se trouvait au bout du bâtiment, dans le large couloir où, en face, s’ouvrait la cuisine, qui avec la laiterie et le fournil, formaient pignon. À droite, parallèlement au corps de logis, un bâtiment semblable, troué irrégulièrement d’étroites ouvertures grillagées et de portes-volets en bois, renfermait les écuries, les étables, les rans à pourceaux, les hangars. Entre ceux-ci et le fumier était creusé l’abreuvoir rempli d’une eau verdâtre ; en face, au coin du jardin, sous une chape de lierre, affleurait à quelques centimètres du sol la margelle moussue du puits. En retour sur ces deux ailes, et séparé de leurs pignons par un couloir d’une dizaine de mètres de largeur qui servait de passage aux voitures, se dressait un bâtiment plus élevé, divisé par de hauts madriers en trois parties : la grange, le fenil, le bûcher. Derrière la maison d’habitation s’étendait le potager dont les allées en croix étaient bordées de groseilliers et de touffes de dahlias ; derrière les deux autres bâtisses picoraient des bandes de poules, dans des clos à l’herbe rare, plantés de noyers et de cerisiers. C’est là que les Rennesson vivaient depuis des temps si lointains que nul ne se souvenait de celui qui avait signé le premier bail. Les Rennesson étaient liésà Rattend-Tout comme la charrue à la glèbe ; ils tenaient le quart du terroir et le quart du cimetière. Leur vie n’avait pas d’autre rythme que celui des saisons, pas d’autre espoir que celui des sèves incertaines de chaque printemps. Si le blé levait, malgré les gelées, ils le trouvaient courageux, et quand le champ était en fleur, ils passaient la paume de la main sur les épis naissants, avec un joyeux claquement de langue, comme on flatte un beau cheval pour l’encourager avant une épreuve difficile. Les animaux de la ferme avaient leurs noms ; on parlait de Kikiss, la grosse truie, de Mulot, le veau au mufle noir, de Mumuche, la vieille jument, comme des proches et des voisins. Lorsque les enfants s’amusaient à écrire à la craie sur la porte de la grange les noms de leurs parents, de leurs oncles et tantes, de leurs cousins, ils ajoutaient à la liste ceux de leurs animaux préférés. On lisait : le cousin Baptiste, Mulot, Mumuche, la tante Jeanne-Marie, etc. Jamais sol ne façonna mieux son laboureur, et jamais paysan, relevant l’échine pour regarder la terre qu’il vient de remuer, fumante encore, ne fut plus fier de l’œuvre de ses bras que debout, sur les
sillons bruns de Thiérache, un Rennesson. Aussi les fils et les filles qui, à chaque nouvelle génération, essaimaient, conservaient-ils toujours, même s’ils devenaient propriétaires, l’orgueil d’avoir habité la Cense de Rattend-Tout. Ils y revenaient par bandes le jour des ducasses et des cérémonies de famille, qu’on retardait autant que possible jusque dans le milieu de la morte-saison. C’est là que se réfugiaient un fils éclopé, une fille veuve, des petits-enfants orphelins ; à tous, la ferme donnait du travail et du pain. Un Rennesson ne connaissait ni l’hôpital, ni la prison, ni la vie vagabonde. C’est pourquoi lorsqu’un chef de famille disait : « Nous autres… », on sentait qu’il avait raison d’être fier de la force de son clan. Quand il affirmait solidement : « Nous ne devons rien à personne… », on comprenait qu’il pouvait faire claquer son fouet dans les rues du village, tandis que tant d’autres fermiers se détournent de la boutique du charron, du maréchal-ferrant, du bourrelier, de crainte qu’on ne leur rappelle une dette impayée. Pour maintenir la prospérité de leur ferme et de leur renom, les Rennesson travaillaient dur, tard et matin, hiver comme été, dimanches comme jours ouvrables. Ils menaient bon train leur culture, entreprenaient des charrois, faisaient valoir les champs des petits propriétaires qui n’ont pas de chevaux. Pendant la belle saison, debout dès trois heures du matin, ils éreintaient les gens de journée, les domestiques, les chevaux, et ne dételaient que le soir, à la lanterne. On ne perdait pas un moment, on ne lâchait pas un sou sans raison, si bien qu’à la fin de l’année, les 6 000 francs du fermage payés, il restait quelques poignées de louis qu’on portait chez le notaire. Quand il y en avait suffisamment, on achetait une pâture ou un bout de terre, avec l’orgueil de posséder du bien à soi. Si les filles se mariaient à 16 ou 17 ans, les garçons demeuraient souvent à la ferme jusqu’à la trentaine, et ne se privaient pas d’aller le dimanche soir, après la besogne faite, boire et danser aux ducasses des environs. C’étaient de beaux gars, danseurs robustes, francs buveurs, chercheurs de querelles gueulards, aimant les rixes où, dans le cabaret, les chopes massives volent, brisant les dents, les lampes et les vitres, où l’on assomme son adversaire à grands coups de poing dans la face, et les réconciliations plus tumultueuses que les disputes, où l’on trinque, où l’on menace, où l’on éclate de rire. Après la fermeture des estaminets, ivres d’avoir avalé des pots de bière, de cidre, et criaillé pendant des heures, les gars en bande braillaient dans les rues du village, surtout devant les maisons où il y avait des filles, tapaient dans les portes, hurlaient dans les trous des éviers, dépendaient les volets qu’ils amoncelaient sur la place, traînaient à bras jusqu’à l’entrée du village chariots, charrettes, brouettes, extirpateurs, et souvent ne prenaient en rentrant chez eux que le temps de passer rapidement leurs vêtements de travail. Les femmes n’étaient pas les moins âpres au labeur : elles peinaient aux champs,
couraient au marché, fabriquaient chaque année mille fromages de Maroilles, filaient leur toile, et trouvaient encore le moyen d’élever des tiaulées d’enfants. Aussi les filles des propriétaires ou des gros fermiers des environs redoutaient-elles d’épouser les fils Rennesson. Elles savaient qu’ils les tueraient de travail et d’enfants. Aussi bien, ils préféraient à ces bégueules et à ces mijaurées quelque solide fille de manouvrier ou même une jeune servante, dure à l’ouvrage et de famille honnête. C’est ce qu’en 1853 fit Célestin Rennesson. Sa femme était morte d’une bronchite négligée, et il restait veuf à quarante-trois ans, avec deux grands fils de 19 et 18 ans. Pendant vingt mois, il vécut, désemparé, et se sachant volé par les femmes de journée, ne travaillait pas de bon cœur. Alors qu’il s’échinait à labourer, il était sûr que la mère Ratata, au lieu de surveiller la soupe et de soigner les bêtes, fainéantait et dévalisait les nids des poules ; il la voyait emporter un quarteron d’œufs dans son tablier de toile bleue. Un jour, il n’y tint plus ; à l’improviste, il revint des champs et se trouva nez à nez avec la vieille qui s’en retournait chez elle, le tablier relevé en sac sous le bras : – Qu’est-ce qu’il y a, là-dedans ? – C’est de l’herbe pour mes lapins. Oui, de l’herbe pour ses lapins ! C’étaient des œufs, une belle livre de beurre, de la farine ! Il lui reprit le tout, la traita de vieille filoute, lui défendit de remettre ses pieds de canaille à la Cense. Que faire ? Qui se chargerait de la fabrication des fromages ? Il y faut tant de soins ! Il n’y a qu’une femme de fermier, qui travaille pour elle, qui puisse avoir la patience de les égoutter, retourner, sécher, saler, frotter avec de la bière pour les faire roussir ! Sur la recommandation du curé, il prit comme servante une solide fille de 27 ans, Mathilde Guignepain. Dûment conseillée par sa sœur aînée, elle travailla comme quatre, tant et si bien que Célestin Rennesson chantonnait parfois en partant pour les champs, ce qui faisait dire à ceux qui le rencontraient : – Hé ! hé ! on voit bien qu’il y a une jeunesse chez vous ! Le soir, il lui arrivait de regarder avec des yeux pointus sa servante qui savait à quoi s’en tenir. Avant de se coucher, elle fermait soigneusement la porte de sa chambre, et le dimanche, ne demeurait jamais seule à la cuisine, l’après-midi. Un soir, en revenant d’une foire, il la poursuivit autour de la table ; elle gagna la porte, et lui dit sur le seuil : – Si vous recommencez, je m’en vas ! Il essaya de la prendre de gré, de force, par surprise. Enfin, il l’épousa. Ses deux fils demandèrent le règlement de leur part d’héritage et s’établirent aux environs. La vie continua, régulière et pénible. Elle s’acharna à l’ouvrage pour lui montrer qu’il n’avait pas fait une mauvaise affaire. Presque chaque hiver un enfant venait ;
huit vécurent. Le père Célestin était un brave homme, comme tous les Rennesson, mais un peu fantasque et fort têtu. Il lui passait par la tête des lubies étranges. Parfois, il plantait là son travail et se rendait au cabaret de la Mal-Tournée : – Donne-mé un gloria. Et pendant des heures, il buvait des gloria, le fouet à la main, sans dire un mot, rentrait en maugréant, faisait du vacarme dans la cuisine, montait au grenier, et vidait par la trappe des sacs de grain ou de son, en criant qu’il était le maître, et que personne n’avait un mot à dire. Un jour qu’avec sa femme et ses deux aînés, il partait en voiture à la ducasse d’Avesnes, il prétendit lancer son cheval dans la Grande-Helpe, certain qu’il nagerait jusqu’à l’autre rive. La femme et les mioches hurlaient, épouvantés, et le facteur qui passait eut grand-peine à arrêter le cheval, déjà cabré sur la berge. Mathilde savait se taire à propos, surtout les jours de marché. Quand elle voyait son mari passer un sarrau empesé, remplacer son bonnet par une haute casquette de soie noire, empoigner son bâton à lanière, elle tremblait en passant au retour. Il partait, jovial, avec des éclats de voix, mais quand il rentrait, ce n’était plus le père Rennesson. Après avoir bu et chicané avec les maquignons, il continuait chez luià boire et à chicaner. Sa femme faisait coucher les enfants à l’avance, et sa seule préoccupation, malgré les rebuffades et parfois les coups, était de s’assurer de l’argent du marché, que le fermier disséminait dans toutes ses poches quand, au cabaret, il sentait venir l’ivresse. Longtemps, il eut l’habitude de ponctuer la conclusion de ses raisonnements d’homme ivre en brisant sur les carreaux un plat ou un verre. Il en fut guéri le jour où sa femme répondit en fracassant elle-même une énorme soupière, qui d’ailleurs était fêlée et mise au rebut depuis longtemps. Il aimait les repas de famille, où il s’épanouissait, où il buvait à la santé des Rennesson présents, des absents, et des Rennesson à venir. Plusieurs fois dans l’année, à la fête des foins, les jours de ducasse ou de première communion, on dressait sous les noyers une grande table posée sur des tréteaux. Depuis deux jours on cuisait au four des tartes, des pâtés, des volailles. Autour de l’âtre immense, où brûlaient des troncs d’arbres, deux cercles de marmites de fonte, petites et grandes, faisaient bruire joyeusement leurs couvercles, soulevés par des vapeurs odorantes de viande cuite et de thym, dont quelques brindilles sèches dépassaient. Le soir venu, quand les femmes bavardaient dans la cuisine, les hommes, restés assis, en bras de chemise, les coudes sur la table, allumaient leurs pipes, riaient, ou parlaient gravement de leur bétail et de leurs récoltes. Des étables closes sortaient de doux meuglements de vaches ; les chevaux
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