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Un homme comme tant d'autres Tome 2 - Monsieur Manseau , livre ebook

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Description

Veuf depuis cinq ans, propriétaire d’une scierie ainsi que de la maison qu’il a construite, Charles songe à se remarier. Ses enfants habitent chez leurs grands-parents et sa vaste demeure est vide. Imelda, toujours célibataire à vingt-neuf ans, visiblement sensible à ses charmes, lui semble la bonne candidate. Ce second mariage et le nouveau siècle, porté par une modernité galopante, recèlent tant de promesses! Apporteront-ils le bonheur dans cette famille? Charles, devenu un personnage important dans la petite ville, avec sa scierie, ses employés et les problèmes quotidiens inhérents à son entreprise, s’aperçoit-il que sa souffrance s’est transformée en dureté envers lui et les siens? Pendant que son statut social s’accroît, ses rapports paternels et conjugaux s’effritent… Avec Imelda, saura-t-il se libérer du poids de la tradition?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 avril 2013
Nombre de lectures 0
EAN13 9782764424377
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Collection QA compact
De la même auteure
Adulte
Les Chemins d’Ève

Tome 4 – L’Heure des choix, roman, Libre Expression, 2006.
Tome 3 – La Fin des utopies, roman, Libre Expression, 2005.
Tome 2 – Les Chemins d’Ève, roman, Libre Expression, 2002.
Grand Prix du livre de la Montérégie 2003, catégorie Roman.
Tome 1 – Les Funambules d’un temps nouveau, roman,
Libre Expression, 2001.
Grand Prix du livre de la Montérégie 2002, catégorie Roman.
Un homme comme tant d’autres,

Tome 3 – Charles Manseau, roman, Libre Expression, 1994;
collection Zénith, Libre Expression, 2002.
Tome 2 – Monsieur Manseau, roman, Libre Expression, 1993;
collection Zénith, Libre Expression, 2002.
Tome 1 – Charles, roman, Libre Expression, 1992;
collection Zénith, Libre Expression, 2002.
La trilogie a mérité le Prix Germaine-Guévremont 1995, volet Littérature, Gala des Arts du Bas-Richelieu.
Héritiers de l’éternité, essai, Libre Expression, 1998.
La Quête de Kurweena , conte philosophique, Libre Expression, 1997.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
 
Renaud, Bernadette Un homme comme tant d’autres (Collection QA compact) Éd. originale: Montréal: Libre expression, 1992-1994. Sommaire: t. 1. Charles -- t. 2. Monsieur Manseau -- t. 3. Charles Manseau. (v. 2)
9782764424377
I. Titre. II. Titre: Charles. III. Titre: Monsieur Manseau. IV. Titre: Charles Manseau.
PS8585.E63H65 2009
C843’.54
C2009-940475-3
PS9585.E63H65 2009


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Québec Amérique 329, rue de la Commune Ouest, 3 e étage Montréal (Québec) Canada H2Y 2E1 Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010
 
Dépôt légal : 2 e trimestre 2009 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada
 
Mise en pages : Sylvain Boucher Conception graphique : Isabelle Lépine Ilustration de couverture : Thérèse Fournier
 
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés
 
© 2009 Éditions Québec Amérique inc.
www.quebec-amerique.com
Sommaire
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1
Accroupie dans l’herbe folle en ce beau midi de fin juin, la petite Marie-Louise arrachait des fleurs sauvages. Sa robe à carreaux rouges et beiges, ornée d’un large col matelot, tranchait sur la mer blanche et or des marguerites. De sa tête penchée n’émergeait que la grande boucle de tissu carreauté ancrée dans ses cheveux bruns, ceux des Manseau.
L’enfant de cinq ans, absorbée par sa cueillette, se racontait tout bas comment, dans quelques instants, elle allait offrir ses fleurs à son père, Charles Manseau, qui venait les voir une fois par semaine, au dîner qui suivait la grand-messe. Cet homme distant, elle avait tellement envie de l’embrasser et de l’enserrer de ses petits bras au moins une fois dans sa vie.
Depuis sa naissance, en février 1900, Marie-Louise vivait, ainsi que ses deux frères, chez ses grands-parents maternels, Éphrem et Amanda Gingras. Il y avait là aussi ses trois oncles, Clophas, Léonard et Alphonse, les seuls à vivre encore à la maison familiale attenante à la forge. Les deux frères aînés de Marie-Louise, Victor et Henri, avaient été plus chanceux qu’elle; ils avaient connu leur mère Mathilde durant quelques années, avant qu’elle ne meure à la naissance de leur petite sœur qu’elle avait tant attendue.
Depuis la fin brutale de sa vie de couple, Charles Manseau vivait seul, dans le même village que ses enfants, à Saint-François-de-Hovey, dans les Cantons-de-l’ Est. Il allait les voir tous les dimanches et Marie-Louise se languissait pour ces moments si courts. Et, tous les dimanches, elle se figeait dès que son père abaissait silencieusement son regard vers elle.
L’enfant avait cueilli tant de marguerites que ses petites mains les retenaient difficilement toutes ensemble. Satisfaite, elle jugea que c’était le moment de les offrir et se redressa en souriant à l’avance de la joie qu’elle allait causer à son père. Elle leva les yeux vers celui-ci qui, depuis tout à l’heure, bavardait avec son grand-père dans la cour et elle marcha vers lui. Mais les deux hommes gravissaient déjà les marches du grand escalier extérieur et la porte moustiquaire du salon se referma sur le dos de son père. L’enfant resta confondue, les fleurs à la main. Elle cligna des yeux pour ne pas pleurer et, d’un pas lent, monta sur la galerie à leur suite. Indécise, elle finit par laisser son bouquet sur la marche du haut. Elle lissa sa jupe, étira ses longs bas beiges qui se plissaient aux chevilles, si chauds déjà, même en ce début d’été. Et elle entra à son tour pour le repas dominical.
Mais ce dîner-là ne se déroula pas comme les précédents, ceux des cinq dernières années. Dès que la soupe fut servie, l’aîné des trois enfants de Charles Manseau, Victor, âgé de huit ans et demi, respira profondément pour maîtriser son appréhension et demanda, d’une voix qu’il essayait d’affermir :
– Quand est-ce qu’on va aller vivre avec vous, papa?
Un grand silence se fit autour de la table familiale des Gingras. Victor, intimidé, fut obligé de déposer sa fourchette tellement sa main tremblait. Charles avala une bouchée lentement et répondit, du ton distant qu’il prenait quand il était défié :
– Tu le sais que je peux pas prendre soin de vous autres et aller travailler au moulin en même temps.
L’année précédente, cette réponse avait tranché la question. Mais aujourd’hui, en regardant à côté de lui son cadet Henri, âgé de sept ans, et, en face, sa petite sœur Marie-Louise, assise près de sa grand-mère Amanda, Victor, raffermi par sa responsabilité d’aîné, dépassa la frontière implicite. Il y pensait depuis trop longtemps et il ne pouvait plus différer, quelles qu’en fussent les conséquences. Les yeux baissés pour ne pas perdre son courage, il osa insister, à voix basse :
– Tous les autres enfants de l’école ont une mère, eux autres. Pourquoi vous êtes pas marié, papa?
Le grand-père Éphrem s’éclaircit la gorge et demanda une autre tasse de thé. Sa femme Amanda lui en servit en silence. Les oncles Clophas et Léonard échangèrent un regard stupéfait devant l’audace de leur neveu; le premier essaya de blaguer.
– On va aller se promener dans le village après le dîner. Viens-tu, Alphonse?
Les deux frères de vingt-quatre et vingt et un ans taquinaient leur cadet de dix-sept ans tous les dimanches midi. Celui-ci n’avait aucun désir de flâner dans le village pour courtiser les filles: il attendait que ses deux neveux et sa nièce retournent chez leur père pour entrer chez les frères du Sacré-Cœur. Pour détendre l’atmosphère, Alphonse fit semblant d’accepter.
– Ce serait pas une mauvaise idée. Viens-tu avec nous autres, Victor? lança-t-il à son neveu avec un regard rassurant de connivence.
L’interpellé ne regardait que son assiette, épuisé par son audace de l’instant précédent. Alphonse, assis à côté de lui, lui ébouriffa les cheveux.
– Bien non, grosse tête! Je vais rester ici avec toi puis Henri, comme d’habitude.
La conversation reprit tant bien que mal. Charles jeta un regard à son aîné, qui, l’estomac noué, n’osa plus rien dire du repas, et il réprimanda Henri pour une peccadille. C’était presque un rituel. Chaque semaine, le jeune veuf essayait de démontrer à sa belle-famille qu’il se conduisait en chef de famille et il ne trouvait rien d’autre pour étayer sa paternité que de réprimander l’un ou l’autre de ses enfants. Pourtant, il cherchait à les rejoindre, car ils lui manquaient, la semaine; mais il ne comprenait pas que, pour lui comme pour eux, les quelques heures du dimanche ne pouvaient compenser l’éloignement des six autres jours. La petite Marie-Louise, qui, de sa courte vie, n’avait vu son père que les dimanches et les jours de fête, en était venue à croire qu’un père, c’était quelqu’ un qui ne parlait que pour disputer.
Après le repas, Clophas lissa sa moustache, rousse malgré ses cheveux noirs, et se redonn

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