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To-Ho Le Tueur d'or , livre ebook

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Description

George, né de parents hollandais, a été capturé lorsqu'il était enfant par les Aaps, des sauvages intermédiaires entre l'homme et le singe, qui l'ont emporté au fond des forêts de Sumatra. En grandissant, il s'est prit d'amitié pour un des hommes-singes, To-Ho, et pour Van Kock, un ancien hollandais qui, fuyant l'humanité, a vieilli parmi les Aaps et découvert un procédé pour détruire l'or. La soeur de George, le fiancé de celle-ci, Lewen, et un vieux savant, Valtenius, ont résolu de le retrouver tout en faisant la prospection de l'or pour la maison Vanderbeim, de Rotterdam. Ils ne soupçonnent point qu'un ancien associé de cette maison, l'Allemand Koolmaan, accompagné du capitaine Ned et de cinquante bandits, s'est embarqué en même temps qu'eux pour Sumatra afin de se venger d'avoir été remercié...

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 64
EAN13 9782820608482
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

To-Ho Le Tueur d'or
Jules Lermina
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0848-2
PREMIÈRE PARTIE – Le Supplice de Méha
CHAPITRE I
Dans le kraton de Kota-Rajia, se dressant comme un nid d’aigles au-dessus du fleuve Kroung-Daroub, à la pointe nord de l’île de Sumatra, les Orangs-Atchés {1} se défendaient contre les conquérants hollandais avec un courage du désespoir.
Peuple aux mœurs violentes, aux instincts pillards, les Atchés semblaient indomptables ; leur sultan, Mahmoud Shah, enfermé dans l’altière et sauvage forteresse le kraton, juché sur une masse de rochers inaccessibles, repoussait tous les assauts, dirigeant avec une énergie sauvage ses troupes qui faisaient de leurs cadavres une barrière infranchissable.
Autour du maître, serviteur d’Allah, s’étaient groupés les chefs des tribus barbares et courageuses, fanatisées par le mépris de la mort, qui, oubliant dans cette crise suprême leurs querelles intestines, étaient accourues pour résister à l’envahisseur.
Ils étaient tous là, ceux de Waslah, égorgeurs de bœuf ; ceux de Malaboch, les mangeurs d’oubo-oubo, méduses et poulpes ; ceux de Malivang, sortis des gorges impénétrables du lac de Tola ; même ceux de Tibab qui est à la pointe sud, près du détroit de la Sonde : la haine de l’étranger, du civilisé, du roumi réunissait les peuplades les plus disparates, qui avaient accepté l’autorité des trois grands panglimas (lieutenants) du sultan, Toukou Ibrahim, le seigneur des vingt-six moukims (districts) : Toukou Polim, qui commandait aux vingt-deux moukims : Toukou Lampasée, le chef des vingt-cinq.
Depuis neuf ans la guerre sévissait, tenace et infatigable de la part des Hollandais, furieuse et désespérée chez les Atchés, ces audacieux pirates qui repoussaient l’intrusion des Européens, des blancs détestés. Depuis des siècles, blottis dans les anses profondes de leurs rives, ils avaient guetté les navires que, tout à coup, cernaient leurs pirogues, alertes et pareilles à des albatros. Le pillage et le meurtre terrorisaient l’océan Indien et le détroit de Malacca. Les îles Bali, Nias, Raopat n’étaient que des repaires d’où chaque jour surgissaient ces vautours de mer qui rendaient le passage impossible.
Oulélé, qui est le port de Kota-Rajia, était la caverne d’où s’élançaient les brigands Atchés. Edi, sur le détroit, épouvantait les navires marchands en route pour Singapour.
Après de longs pourparlers, après des luttes partielles dans lesquelles l’avantage était resté aux Atchés, les Hollandais s’étaient décidés au suprême effort.
En 1872, un premier ultimatum avait été envoyé au sultan qui avait répondu par d’insolentes bravades : dès 1878 l’attaque commençait et une forte artillerie bombardait Oulélé. Mais, devant la résistance des Atchés, il avait fallu reculer.
Le général Kohler, chef de l’expédition, avait été tué : après lui le colonel van Gogh, puis le général van Swieten, qui, un instant, avait cru dompter ces indomptables et s’était heurté à une nouvelle révolte, encore plus ardente.
Au cours d’un raid dans les vingt-six moukims, le général Pel tombait, frappé d’apoplexie, selon les uns ; empoisonné d’après un bruit sinistre et vraisemblable. Enfin le général Dianout, désespérant de vaincre renonçait à la lutte, laissant le commandement au colonel van der Hyeden.
Et maintenant c’était la suprême épreuve : à Samalaggen, le colonel, une balle dans la tête, aveuglé par le sang, était resté sur le champ de bataille jusqu’à ce que les trompettes lui annonçassent la victoire, et, pour la première fois, en face de cet homme qui semblait plus fort que la mort, un souffle d’épouvante avait passé sur le pays d’Atché. On sentait que l’heure décisive approchait.
Ce jour-là, sur la grande place qui s’étend devant le kraton, où se tenait le sultan invisible et toujours redouté, les chefs avaient réuni les hommes et leurs tribus. La nouvelle venait d’arriver d’une nouvelle défaite : une centaine de Battaks avaient été cernés dans le lit d’un ravin et avaient été massacrés jusqu’au dernier. Car c’était une guerre féroce et sans merci.
Et la fureur des Atchés tournait en folie : des hommes, saisis de frénésie, le kriss à la main, se ruaient à travers la foule, comme ivres et épileptiques, et blessaient ou tuaient tous ceux qu’ils pouvaient atteindre. C’était l’amok, la vésanie sanguinaire des Malaisiens, qui éclatait en cette crise de désespoir.
Le panglima de Pédir, superbe guerrier d’une taille colossale, avait bondi sur une stèle, débris de quelque antique pagode bouddhique, les deux poings levés vers le ciel et, brandissant le sabre dentelé, criait la vengeance : non ! on ne reculerait pas devant l’éternel ennemi des libres Orangs !
Il fallait que partout, dans tous les coins du territoire, s’élevassent des béatengs (redoutes improvisées) d’où siffleraient les flèches empoisonnées. Chaque arbre, chaque pli de terrain cacherait un vengeur ! Se décourager, non pas ! Pour quelques enfants d’Atchés qui étaient tombés, des milliers d’autres se lèveraient pour prendre leur place… déjà on annonçait l’arrivée du kedjouronan de Passangau, le puissant rajah qui disposait de huit mille lances… Allah protégerait ses enfants, et les damnés blancs huileux (les Hollandais) seraient jetés en pâture aux requins de la mer, amie des Atchés.
Des cris frénétiques saluaient ces exhortations ; au-dessus des têtes, c’était comme un fourmillement d’acier, et ces acclamations sonnaient comme des rugissements de fauves.
Tout à coup, une clameur s’éleva :
« À la montagne des Trois-Paliers ! »
Et, de toutes les poitrines, les mots jaillirent.
« À la montagne ! Allah ! Allah ! »
C’était, à quelque distance du kraton, un étrange monument, amas de dalles de marbre formant trois immenses gradins, et qui aux temps da l’idolâtrie, – moins éloignés que la conversion mahométane ne l’eût fait supposer – servait aux sacrifices humains. Depuis lors elle était réservée aux exécutions et, sur chacune des bornes en forme d’œufs énormes qui garnissaient les paliers comme de grosses perles de pierre, formant une ligne presque ininterrompue, ou voyait encore les traces sanglantes des hécatombes.
L’appel avait été entendu : ç’avait été comme une issue ouverte à la frénésie générale. Par la grande avenue qui fait face au kraton de la porte à Ponté-Perak, le long du Kroung Daroub, la foule s’était ruée, enlevant sur ses épaules les panglimas et les kedjouronans qui, brandissant leurs goloks dentelés, hurlaient des cris de fureur.
Et quand cette vague humaine, plus sinistre que celles de la mer, passa devant le gloumpang, l’arbre à forme d’oiseau éployé sous lequel le général Kohler avait été tué lors de l’attaque de la mosquée (missighit), il y eut une formidable explosion de glapissements qui n’avaient plus rien d’humain.
La course continua avec des poussées sauvages, comme si chacun avait voulu atteindre le premier le but – la montagne des Trois-Piliers, – dont maintenant la masse se profilait au-dessus des bananiers, des pamplemousses, des koupoulos que dominait le somptueux soukouw, l’arbre à pain, dont les vastes feuilles se déploient ainsi qu’un dais d’émeraude.
On était arrivé : à un signal, toutes les voix, subitement, s’étaient tues. Des épaules qui les portaient, les grands chefs avaient été hissés jusqu’aux premiers gradins, et là, s’étant assis sur les pierres ovales, blanches et brillantes, restaient immobiles, les yeux baissés, attendant que la protection d’Allah se manifestât par des signes visibles.
Alors s’éleva de la foule, sourd, susurrant, obscur en quelque sorte, un murmure que l’on aurait cru venir du fond de la terre, grondement doux et mystérieux. De tous ces hommes, tout à l’heure exaspérés et criards, les lèvres à demi fermées exhalaient des sons dont l’unité eût été à peine perceptible. Peu à peu, par gradation insaisissable, un bruit sR

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