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Tempêtes sous les crânes , livre ebook

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Description

« Tempêtes sous les crânes » décrit les évènements qui se sont déroulés en France et dans le monde après la deuxième guerre mondiale et qui ont provoqué l’explosion de mai 68, suivie par le départ du général de Gaulle et son remplacement par Georges Pompidou, ce qui n’était sans doute pas l’objectif de la révolte de cette génération.
Il ne s’agit pas précisément de la suite du récit « D’une guerre à l’autre », du même auteur, qui suivait l’évolution de deux familles dans les périodes douloureuses des deux guerres mondiales, mais il se situe dans sa continuité. Le lecteur rencontrera dans ce roman d’autres personnages imaginaires ou et réels, qui ont pour point commun d’avoir marqué chacune des époques évoquées.
Celles-ci sont successivement décrites par deux témoins dont le lien est le milieu des variétés. Le premier rapporte l’expérience de sa sœur qui deviendra rapidement une idole des années yéyé, alors que le second mènera une carrière plus difficile, mais progressera dans ce métier grâce à son opiniâtreté.

Informations

Publié par
Date de parution 05 février 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9791029008153
Langue Français

Extrait

Tempêtes sous les crânes
Yves Le Denn
Tempêtes sous les crânes

Les Éditions Chapitre.com
123, boulevard de Grenelle 75015 Paris
Du même auteur
Romans :
Kathy , Société des Écrivains , 2009
L’homme qui devait mourir , Éditions Bénévent , 2011
La Dame blanche , Éditions Bénévent , 2012
Anamorphose , tome 1, Home - Jacking , les éditions Chapitre .com, 2015
Anamorphose , tome 2, Faits et causes , les éditions Chapitre .com, 2016
Récits de fiction historique :
D’une guerre à l’autre , les éditions Chapitre .com, 2015
Tempêtes sous les crânes , les éditions Chapitre .com, 2018
© Les Éditions Chapitre.com, 2018
ISBN : 979-10-290-0815-3
« Tant qu’il y a de la vie, il y a de la révolte. »
Françoise Giroud
Avertissements de l’auteur
Cet ouvrage n’est pas précisément la suite de mon roman D’une guerre à l’autre , mais il se situe dans sa continuité. On n’y trouvera pas les mêmes personnages, ni les mêmes lieux, cependant il s’inscrit dans une succession historique, qui puise ses racines dans la guerre 1939-1945, et dont les événements se déroulent dans la deuxième partie du XX e siècle.
J’ai découpé mon récit d’une façon que le lecteur trouvera peut-être arbitraire, mais qui me semble suivre l’évolution de cette période, en sept parties qui sont les suivantes :
– « Les déchirements de l’après-guerre », période qui va de la Libération aux événements qui ont précédé l’avènement de la V e République, que j’ai appelée ainsi en référence aux différents déchirements idéologiques, politiques, culturels et coloniaux.
– « Le tournant », quand la France voit revenir Charles de Gaulle, quand les Français veulent espérer en la paix et au progrès social.
– « Quitte ou double » où les intellectuels redoutent le risque d’une prise de pouvoir par un président plébiscité par les Français les accords signés à Évian sont contestés de chaque côté de la Méditerranée, entraînant avec eux violence et soumission, alors que les enfants nés pendant ou après la guerre deviennent des adolescents voulant marquer leur différence dans la mode et la musique.
– « Le temps des idoles », époque où la vague yéyé balaye tout sur son passage à l’instar du succès de « quatre garçons dans le vent ».
– « Le prélude d’une crise », période précédant les mouvements de Mai 68, où les jeunes manifestent leur refus de la guerre au Viêtnam et d’une société hypocrite sur le plan sexuel et sans idéal.
– « La révolte » qui va de mars à juin 1968, alors que les barrières sociales explosent, tandis que les barricades se construisent dans le bruit et la fureur des grenades et des matraques.
– Et enfin : « L’après-Mai 68 » quand les yeux, après avoir cru à un monde utopique, cacheront leur dépit en constatant que la vague bleue effacera, le temps d’une élection, le rouge et le noir, et sera suivie par le départ de Charles de Gaulle qui marquera la fin d’une époque.
On y rencontrera des personnages imaginaires et d’autres bien réels, à qui je demande la plus grande indulgence pour mes erreurs ou mes oublis. Toutes ces personnes ont un point commun : avoir marqué chacune de ces époques.
Chaque période est décrite et vécue par deux personnages. L’un est issu d’une famille d’intellectuels, ce qui lui permet de parler plus facilement à la première personne, et l’autre, d’un milieu très simple et pauvre de la banlieue nord de Paris. Chaque partie est donc divisée en deux chapitres : l’un narratif et l’autre descriptif. Le lien entre ces deux témoins est le milieu des variétés que le premier décrit au travers de l’expérience de sa sœur qui deviendra rapidement une idole des années yéyé, alors que le second mènera une carrière plus difficile, mais progressera dans ce métier grâce à son opiniâtreté. Ces artistes connaîtront tous deux des hauts et des bas et prendront conscience que pour tenir, le plus important est de s’adapter tout en gardant sa personnalité.
J’ai choisi de mettre en exergue cette phrase de Françoise Giroud dans l’hebdomadaire « L’Express » : « Tant qu’il y a de la vie, il y a de la révolte », car je pense que la révolte est un signe de réactivité de la jeunesse. Elle comporte parfois des actes excessifs, mais elle est salutaire pour le renouvellement des idées.
P REMIÈRE PARTIE : Les déchirements de l’après-guerre 1947-1957
Chapitre 1
Ma sœur Anne est née prématurément à la suite d’une bousculade pendant une marche de protestation, organisée en faveur des insurgés réclamant l’indépendance de Madagascar, à laquelle participait notre mère Léa. Âgé d’environ deux ans, j’étais témoin de la scène, car elle n’avait pas hésité à m’entraîner dans le flot des manifestants. Évidemment, étant donné mon âge à cette époque, mes souvenirs sont un peu flous, mais ce sont ces premières réminiscences qui sont aussi les plus marquantes. Léa – nous avons toujours appelé nos parents par leurs prénoms – fut emmenée rapidement à la maternité de Port-Royal qui, heureusement, se trouvait à quelques pas des portes du Jardin du Luxembourg où elle avait été bousculée.
Antonio, notre père, était descendu en catastrophe de l’atelier qu’il occupait dans une soupente située au-dessus de l’appartement que nous occupions rue Monsieur-le-Prince, où son atelier d’artiste peintre était installé. Il avait débarqué dans la maternité, située dans le même quartier, en blouse large d’artiste peintre, maculée de taches – ce qui avait provoqué un mouvement de panique chez certains visiteurs –, la barbe en bataille et la pipe au bec.
« Ma pauvre Léa, tu es complètement inconsciente ! », lui avait-il lancé.
Puis il s’était calmé en apprenant qu’il avait enfin une fille, qu’il n’osa pas prendre dans ses bras tant elle semblait fragile.
Sans doute avait-elle été imprudente, mais il oubliait de dire que, de son côté, il avait laissé notre frère aîné Léon, âgé de cinq ans, en compagnie de très jeunes filles, souvent déshabillées, qui lui servaient de modèle.
Le soir même, il avait entraîné notre frère Léon dans la cave du Lorientais pour fêter cette troisième naissance avec ses amis de l’orchestre Abadie, car il associait son amour sans limites pour la musique de jazz à sa passion pour la peinture. Pendant ce temps, il m’avait confié à la garde d’Élisabeth, une voisine qui habitait l’entresol avec ses deux garçons et qui était notre bienveillante protectrice.
Nous étions habitués à cette vie de bohème, car beaucoup des grandes personnes qui fréquentaient l’appartement – et même le quartier – vivaient d’une façon aussi insouciante, probablement pour se débarrasser des frayeurs qu’ils avaient connues pendant la guerre.
Les parents en parlaient peu, et il avait fallu que Léa écrive un roman autobiographique pour que, beaucoup plus tard, nous comprenions ce que nos parents avaient vécu. Elle avait participé très jeune, alors qu’elle était encore lycéenne, aux grandes manifestations organisées pour soutenir le Front populaire comme celle du 14 juillet 1936. Pour elle, ce mouvement de trois grands partis politiques vers le progrès et la justice sociale semblait une évidence, alors que ses parents, libraires installés place de la Motte dans le centre de Limoges, manifestaient un certain scepticisme dans le soutien du Parti communiste à cette alliance.
En août 1939, l’arrivée des armées allemandes dans Paris, la plongea dans une colère sourde qui la poussa, alors qu’elle fréquentait la prestigieuse École centrale de la rue d’Ulm, vers un groupe d’étudiants qui avait participé à la manifestation du 11 novembre 1940 à l’Étoile. Un nombre important de ses camarades refusaient la défaite, l’occupation étrangère et la législation antisémite, et s’étaient tournés vers différentes actions de résistance.
Certains, comme Léa, avaient collaboré à la rédaction et à la diffusion de journaux interdits comme La Relève ou de tracts, d’autres avaient organisé des manifestations publiques, et déambulaient ostensiblement avec une étoile jaune sur les trottoirs des boulevards Saint-Michel et Saint-Germain, afin de montrer leur désapprobation envers les lois et les déclarations antisémites. Des journalistes collaborationnistes les avaient surnommés « zazous » en raison de leur tenue vestimentaire provocatrice : amples vestes à carreaux, pantal

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