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Description

« La cour a besoin d'une prêtresse pour lire les oracles de cette divinité qu'est la langue “françoise”. Nous vous nommons Première Muse du royaume de France, votre mari Bernard d'Aumale sera Notre hagiographe et votre second mari, Jean d'Aumale, sous-intendant du domaine de Fontainebleau que Nous allons prochainement transformer en un plaisant pavillon de chasse. Pour l'heure, Nous allons veiller à ce que M. le surintendant vous procure un appartement dès ce soir. — Merci, Votre Majesté. » À travers cette savoureuse version romancée de la vie de Salamandra, Gérard Sénète orchestre une fresque instructive et immersive. Si son nouvel opus s'avère solidement documenté, l'authenticité du récit sait s'effacer devant le suspense, offrant un puzzle d'intrigues entraînantes qui saura captiver les férus d'histoire comme les inconditionnels du thriller. Avec le portrait de cette muse peu commune, l'auteur multiplie les clins d'œil et ajoute une nouvelle pièce à son œuvre, prouvant une fois de plus son amour des femmes et des lettres. Mais au fait, qui est Salamandra ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782342052961
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Salamandra
Gérard Sénète
Société des écrivains

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Société des écrivains
175, boulevard Anatole France
Bâtiment A, 1er étage
93200 Saint-Denis
Tél. : +33 (0)1 84 74 10 24
Salamandra
 
Toutes les recherches ont été entreprises afin d’identifier les ayants droit. Les erreurs ou omissions éventuelles signalées à l’éditeur seront rectifiées lors des prochaines éditions.
 
 
 
 
Retrouvez l’auteur sur son site Internet : http://gerard-senete.societedesecrivains.com
 
 
 
Avec le fer et le charbon, le sel fut l’une des principales richesses industrielles du sous-sol lorrain, terre natale de Gérard Sénète. Dans la vallée de la Seille, quelque part entre Meurthe et Sânon, le sol se creuse aujourd’hui de galeries inexploitées, où l’esprit et l’imagination, à la faveur de la pénombre des lieux, peuvent vagabonder tout à leur aise, à travers l’espace et le temps.
Il arrive que ces rêveries prennent corps, se récitent ou se lisent : les contes du sel sont alors le sel des contes.
G.S.
 
 
 
« Je crois que Dieu les femmes favorise :
Car de quatre yeux qui furent parjurés,
Rouges les miens devinrent, sans feintise ;
Les siens en sont plus beaux et azurés  1 . »
 
(Vers attribués à François I er ).
 
 
 
Avant-propos
 
 
 
(Dialogue enregistré dans le parc du château de Rambouillet au soir du trente et unième jour de mars de l’an de grâce mil cinq cent quarante-sept).
 
La Muse (LM) : On me dit, cher Monsieur Sénète, que le propos de votre dernier ouvrage, à paraître prochainement sous le titre énigmatique de Salamandra, serait, plus encore que cela fut pour d’autres, de divertir ?
Gérard Sénète (GS) : Oui, tout à fait ; divertir à travers le récit romancé de la vie des favorites de cour au xvie siècle qui, examinée de près, est assez incroyable et est en soi, par son romanesque, un sujet littéraire ou cinématographique, tout en donnant à mieux connaître cette période décisive de l’histoire de France, cette période flamboyante où le royaume de France sort du Moyen Âge et cesse d’être le terrain de jeu des grandes féodalités pour poser les bases de l’État moderne dont nous oublions trop souvent, au quotidien, le précieux héritage, qu’il s’agisse, par exemple, du dépôt légal, du Collège de France ou, plus simplement encore, de la langue française, que d’aucuns prétendent aujourd’hui remettre en cause. C’est en même temps l’époque où, pour la première fois dans l’histoire du royaume, les relations diplomatiques se conçoivent dans un cadre supra-européen, nouvelle vision du monde que favorisent les grandes découvertes.
LM : Si cela est, ne craignez-vous pas d’ennuyer le lecteur par un ouvrage trop didactique ?
GS : Certes, non ; l’écriture a naturellement exigé un important travail documentaire, sans lequel l’intrigue, très largement inspirée de faits réels, ne peut se comprendre ; mais cet arrière-fond historique est présenté de manière agréable et sans lasser, plaisante au contraire. Cet arrière-fond est en permanence au soutien de l’intrigue. Si le lecteur hésite pour savoir si tel fait est réel ou imaginaire, alors l’auteur aura réussi son pari et je crois sincèrement que tel est le cas à plusieurs reprises. En outre, toutes les difficultés éventuelles de lecture sont expliquées. Enfin, et surtout, les véritables héros de ce roman historique sont des héroïnes qui traversent le siècle de François I er comme un thriller , en sorte que le suspense est ménagé jusque dans les dernières pages de l’ouvrage.
LM  : En somme, un roman historique doublé d’un thriller ? Un ouvrage distrayant ?
GS  : C’est exactement cela. Un thriller fort distrayant à la cour des derniers Valois.
LM  : Je vous remercie.
GS : Bonne lecture donc.
 
 
 
Prologue
 
 
 
Dans les premiers jours d’août de l’an de grâce 1526, quelque part entre marches de Bourgogne, Savoie, pays de Gex et pays genevois, un attelage à six chevaux se présente, par un ciel azuréen, au poste-frontière qui sépare le duché de Savoie des marches de Bourgogne. Quatre gardes armés de pied en cap accompagnent ce carrosse richement décoré, deux le précédant et deux le protégeant à l’arrière. À quelques pas de ces derniers, un cinquième cavalier porte haut, de son bras gauche tendu à l’extrême, telle une hampe, une bannière aux armes de Savoie – de gueules à la croix d’argent – qu’il arbore fièrement. Elle flotte au vent léger de l’été, fière, elle aussi, comme celle des régiments au combat. À l’avant, le cocher fouette ses chevaux avec ardeur. À l’arrière, deux valets de pied se tiennent debout sur le marchepied.
Trois passagers en descendent. Tout dans leur costume indique ce que déjà l’attelage à six chevaux enseignait : ils sont de haute noblesse.
Parmi eux, une jeune femme d’une grande beauté est la première à s’avancer vers l’officier du poste de garde. Les effluves qui émanent d’elle, tels les parfums de la rose, ne donnent d’autre envie que de la suivre. Elle porte une robe de mousseline rose qui l’enveloppe depuis la nuque, tel le chaton d’un diamant dans son écrin. Le vertugadin que l’on y devine dissimulé dessine la taille fine d’un corps ciselé par les mains de l’orfèvre. De couleur parfaitement assortie, son chapeau à large bord, qu’elle doit délicatement retenir de ses doigts gantés, de peur que, sous l’effet du vent, il ne vienne à lui échapper, lui est un abri dans lequel elle paraît se réfugier, comme elle le ferait sous la tonnelle, au jardin. Ses pieds, que l’on devine graciles, sont enlacés dans des escarpins de soie aux talons hauts, fermés par des boucles d’or à larges nœuds, qui recouvrent des bas de soie d’un blanc de neige. Il n’émane d’elle que beauté et pureté.
Le duché de Bourgogne est l’un des enjeux majeurs de la rivalité entre le roi de France, François I er de France, et l’empereur Charles-Quint. Depuis que Charles de Habsbourg, duc de Bourgogne, règne sur le Saint-Empire, il n’a, en effet, de cesse de reconquérir les terres de Bourgogne, ce dont François I er l’empêchera tout au long de son règne. Aussi, les marches de Bourgogne sont-elles d’autant plus surveillées que, voici moins de deux mois  2 , les États de Bourgogne ont renouvelé leur allégeance au roi de France.
— Bonjour, je suis Alexandra d’Aumale, née Mancini, première camériste de la duchesse de Savoie, Béatrice de Portugal. Voici un sauf-conduit établi de la main même du duc, le bon Charles II et revêtu de son sceau. Je suis également porteuse d’une lettre de recommandation destinée à Sa Majesté le roi de France, dit la jeune femme en saluant l’officier.
— D’où venez-vous ? interroge l’officier.
— Nous avons quitté ce matin même une auberge à l’enseigne de « l’Hostellerie ducale », sur la rive est du lac du Bourget, à Aix-en-Savoie, dès que l’escorte que le duc a bien voulu mettre à notre disposition pour nous accompagner jusqu’ici a eu rejoint Aix, après avoir quitté sa garnison, au palais ducal de Chambéry.
— Et qui sont ces messieurs qui vous accompagnent ?
— Mes maris. Le premier est Jean d’Aumale, gentilhomme au service du duc et le second est Bernard d’Aumale, lecteur à la cour du duc. Tous deux sont également porteurs chacun d’un sauf-conduit que voici.
— Vous avez donc deux époux légitimes ?
— Oui, Monsieur l’officier. Mon premier mariage a été célébré en royaume de France et le second par un prince alémanique.
— Vous me dites vous appeler d’Aumale, mais le nom patronymique de cette illustre famille ne s’écrit-il pas avec la lettre A, alors que, dans les sauf-conduits que j’ai entre les mains, ce patronyme est orthographié avec la lettre O ?
— C’est que, Monsieur l’officier, le duc a orthographié d’Omale selon l’écriture de la langue d’oc, tandis que l’orthographe de notre illustre famille, originaire de l’un des pays d’oïl  3 , est plutôt, en langue françoise, celle que vous décrivez. Il s’agit donc dans les deux cas du même patronyme, dont la graphie varie selon que l’on retient l’orthographe du pays d’oïl ou, comme l’a fait monsieur de duc de Savoie, celle du pays d’oc  4 .
— Très bien. Avez-vous cette lettre de recommandation dont vous me parliez il y a un instant ?
— Certainement, Monsieur l’officier, la voici.
Utilisant la lumière solaire de l’été comme une loupe et enduisant le précieux manuscrit du jus d’un citron qu’il presse avec soin, de façon à le répandre sur toute la surface du document, l’officier révèle le contenu du document que, en séchant, l’encre sympathique avait rendu invisible. Il lit ces quelques lignes, dans lesquelles il reconnaît aisément la main du rédacteur des sauf-conduits :

Votre Majesté  5 , cher neveu  6 ,
 
Je me permets de Vous recommander l’âme de la pécheresse porteuse de la présente, ainsi que celle de chacun de ses deux maris, à qui je me suis permis d’indiquer que, sans nul doute, Vous les prendriez sous votre Haute protection.
 
Donné au palais ducal de Chambéry, au mois d’août, l’an de grâce mil cinq cent vingt-six, le deuxième.
 
Charles, deuxième du nom, par la grâce de Dieu, Duc de Savoie.
 
— Très bien. Soyez donc les bienvenus en pays d’oïl. Vous pouvez traverser le duché de Bourgogne et entrer dans le royaume de France, mais votre escorte, elle, retourne à Chambéry.
— Oui, Monsieur l’officier, c’est bien ainsi que nous l’entendions. Et notre cocher ? Et nos laquais ?
— Je ne vais pas vous laisser circuler et vous retirer votre cocher ou vos laquais. Mes hommes ont vérifié qu’ils sont en règle avec la loi. Au demeurant, ils sont tous trois sujets du roi de France, eux aussi. Votre cocher et vos laquais vous accompagnent donc.
— Très bien et merci

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