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Nostradamus , livre ebook

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Description

Marie est la fille du seigneur de Croixmart, grand chasseur de sorciers et sorcières, au temps de François Ier. Elle consulte une voyante qui lui prédit, entre autres choses, la mort de son père. Marie prévient son père et ce dernier saute sur l'occasion de faire condamner la «sorcière» qui, bientôt, brûle sur le bûcher. La foule, excédée par toutes ces exécutions, attaque le baron de Croixmart et le massacre. Renaud, le fils de la voyante, jure qu'il se vengera de la fille de Croixmart et la tuera. Renaud et Marie s'aiment, Renaud ne connaît toujours pas l'identité exacte de Marie et celle-ci n'ose pas le lui avouer...

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 307
EAN13 9782820610614
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

NOSTRADAMUS
Michel Zévaco
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-1061-4
PUEMIEU CHAPITUE – LA SOUCIÈUE.
I – LES AMOuUEuX
Une claire et tiède matinée d’automne en l’an 1536. Sous un ciel d’un léger bleu er satiné, le vieux Paris de François I respire la joie de vivre. Place de Grève, c’est toute la pétillante gaieté d’un joli dimanche, c’est Paris qui s’étire au soleil, et rit… et pourtant, là, sur cette place, dans cette lumière, entre deux gibets, se dresse une chose hideuse : un bûcher. Pour qui ce bûcher ? Pour qui ces gibets ? La foule insoucieuse va le savoir peut-être, car voici sur son destrier, le héraut royal qui déplie un parchemin, et, d’une voix forte, proclame : « – De par le Roi !… Nous, Jérôme Gerlaine, héraut royal juré, mandaté par monseigneur de Croixmart, grand juge prévôtal, faisons savoir à tous ici présents : « Par la volonté royale, ledit baron Gerbaut, seigneur de Croixmart, devra rechercher, saisir et exécuter sommairement, tous sorciers, sorcières, devins, démoniaques et agents de Satan qui infestent la capitale du royaume. « Tout loyal habitant de cette ville est tenu, à peine d’être condamné à ramer sur les galères du roi, de dénoncer lesdits suppôts d’enfer, et, afin d’exécuter la volonté royale, Monseigneur de Croixmart a fait dresser les bûchers nécessaires. » Le héraut s’en va plus loin répéter sa proclamation. Et, de bouche en bouche, parmi de sourdes imprécations, court le nom de Croixmart. Au bout de la place de Grève, passent un jeune homme et une jeune fille. Elle, frêle dans sa robe à longs plis ; une de ces vierges à tresses blondes, comme les Primitifs les rêvaient pour leurs madones de vitraux. Lui, un de ces êtres d’inoubliable aspect, qui semblent porter le sceau visible des invisibles fatalités. Une étrange physionomie, d’une beauté tourmentée. Un front où flamboie le génie. Des yeux noirs, tantôt d’une ineffable douceur, tantôt d’un éclat extra-naturel. Sur un banc de pierre, devant le fleuve, ils se sont assis, les mains unies. Une sorte de duègne, qui les suit pas à pas, s’approche alors, et, avec une révérence : – Marie, la messe est finie ; il est temps de rentrer. – Dame Bertrande, une minute, soupire la jeune fille. – Déjà nous quitter ! murmure le jeune homme. Marie, Marie adorée, il me faudra donc m’éloigner de Paris pour toujours, peut-être, sans même savoir qui tu es ? Tu m’as ordonné de respecter le mystère dont tu t’entoures, et je t’ai obéi… Et pourtant, je dois rejoindre mon père… mon dieu sur la terre. Tu le sais, mon père a dû se réfugier à Montpellier. Accusé de sorcellerie, traqué par Croixmart… – Croixmart ! balbutie la jeune fille toute pâlie. Le jeune homme a eu un geste violent… puis il continue : – Ma mère, me presse de partir et s’étonne de mon hésitation. C’est qu’elle ignore
que je t’ai rencontrée !… – Mon bien-aimé Renaud ! palpite Marie. Demain, tu sauras tout ce que tu dois savoir de moi. Car aujourd’hui, je consulterai une femme qui, sûrement, me guidera, me consolera dans mes angoisses… – Une femme ? songe Renaud. Sa mère, sans doute. – Allons, demoiselle, insiste la duègne, il est temps… Mais Marie lève ses grands yeux sur le jeune homme : – Mon Renaud, je t’aime pour ta soumission. Tu as bien voulu que je reste pour toi l’inconnue. Mais demain, ici, tu sauras pourquoi j’ai tremblé à te dire qui je suis. Et d’ailleurs, mon nom est Marie, et tu m’aimes. Ton nom est Renaud, et je t’adore. Que nous faut-il de plus ? Et quand je songe à cette force irrésistible qui a mis en mon cœur cet amour, il me semble qu’un vertige me saisit. Ce fut étrange. J’étais dans la rue. J’ai senti tout à coup, un de ces frémissements que jamais on n’oublie. Je me suis retournée. Et j’ai compris que tu exerçais sur moi un pouvoir magique… – Magique ? tressaille le jeune homme. – Alors tu m’as dit : « Rassurez-vous. Je ne veux vous tenir que de votre volonté à vous. Je m’interdis même de vous suivre. Dans un instant, je ne saurai plus où vous êtes. Je ne sais pas qui vous êtes. Mais si vous m’aimez, venez demain sous les peupliers de la Grève. » Et tu es parti. Et quand je suis rentrée, je me suis jetée à genoux pour prier. Mais alors j’ai compris que c’était à toi, inconnu de moi une heure avant, que je parlais, croyant parler à Dieu. – Chère adorée ! frissonne Renaud. – Et, le lendemain, je suis sortie pour aller à la messe, résolue à t’oublier. Mais c’est vers la Seine que je suis venue et je me suis retrouvée sous les peupliers, devant toi. Et depuis, le matin, à l’heure de la messe, c’est ici mon église. Renaud, pensif, a baissé sa noble tête sur sa large poitrine. – Je ne veux te tenirque de ta volonté.J’attendrai… – Demain, tu sauras à qui tu dois demander notre union ! Et un souffle de joie monte aux lèvres du jeune homme. Ils se sont levés. Leurs mains s’enlacent. Leurs bouches balbutient : – Demain, oh ! que sera demain !… Sur la place de Grève, des malédictions… Au milieu d’archers, passe un seigneur de formidable aspect. – Place à monseigneur de Croixmart ! crie rudement le chevalier des archers. Marie est devenue blanche comme les lys. Les poings de Renaud sont crispés. Et déjà, s’efface la silhouette du baron Gerfaut, seigneur de Croixmart, grand juge prévôtal.
II – LA DÉNONCIATION
Renaud s’éloigne. Marie traverse la place, tourne le dos à son logis que lui désigne la duègne. Et elle demande :
– Où demeure cette femme qui connaît l’avenir et le passé ? – Seigneur ! Voulez-vous donc entrer chez une sorcière ? – À qui me confier ? soupire Marie. Je n’ai pas de mère. Et je ne sais si demain j’oserai dire à Renaud… Ah ! ces cris de malédiction ! Et quel flamboyant regard de haine il avait, lui ! Ne m’as-tu pas dit que cette femme donne de précieux avis ? – Ses conseils ont rendu service à mainte bourgeoise, et elle est si charitable aux pauvres qu’on la surnomme la bonne Providence. – Comment dis-tu qu’elle s’appelle, Bertrande ? – On la connaît sous le nom de laDame,et nul ne sait qui elle est. Quant à sa demeure, c’est ici, juste face à l’hôtel de… – Silence ! interrompit Marie avec effroi. Attends-moi. Déjà elle a heurté la porte qui s’ouvre. La jeune fille est entrée. Elle pénètre dans une salle ornée de beaux meubles sculptés. La maîtresse de cette demeure s’avance. Elle peut avoir cinquante ans. Sous ses cheveux d’argent, son visage est resté jeune. Sa physionomie est empreinte d’une indicible dignité. Dans ses attitudes se révèle la sérénité des âmes intrépides. Elle a fait asseoir Marie, et, d’une voix douce : – Dites-moi quelle peine vous oppresse. Si je puis vous aider ou vous consoler, je le ferai de grand cœur. – Oui, murmure Marie, déjà votre voix me calme et me berce. Voici donc le sujet de mes alarmes… La jeune fille s’arrête. Et ladame,avec un sourire : – Vous aimez, n’est-ce pas, et vous êtes venue demander à la devineresse de vous dire s’il vous aime, lui ?… – Non ! répond Marie dans un cri. Je sais qu’il m’aime. Je sais que je serai heureuse lorsque je serai à lui. Ce n’est pas cela. C’est terrible, voyez-vous. Le nom que je porte est maudit de tous. Celui que j’aime hait ce nom d’une haine implacable. Et moi, si j’adore mon fiancé, j’aime mon père de tout mon cœur. Et voici ma douleur. Si je dis à celui que j’aime, demain, selon ma promesse, le nom de mon père, ne va-t-il pas s’écarter de moi ?… Voilà ce que je veux savoir. La dame considère avec pitié la jeune fille : – Vous aimez votre père ? demande-t-elle. – Plus on lui témoigne d’horreur, et plus je tâche de lui faire oublier cette exécration qui l’enveloppe d’une atmosphère mortelle… – Avant tout, il faut me dire le nom de votre père. Marie rougit, hésite, puis, enfin, dans un souffle, balbutie le nom – le nom maudit. Vivement la dame s’est reculée. Elle a pâli. Mais peu à peu ses traits reprennent leur expression de mélancolie. – Non, murmure-t-elle. Il est impossible que cette pure enfant soit une espionne envoyée pour me perdre. Mon enfant, ajoute-t-elle, j’ai eu à souffrir de celui dont vous êtes la fille. Un jour… je lui ai crié la malédiction qui montait de mon cœur… Oui, c’est une chose affreuse que d’être sa fille. La mort escorte cet homme. Mais Dieu vous envoie à moi, et, puisque vous aimez votre père ; peut-être sera-t-il sauvé… – Sauvé ? balbutie la jeune fille.
– Oui, mon enfant. Mais, maintenant, il faut que je sache le nom de celui que vous aimez. – Tout à l’heure. Quel danger menace mon père ?… Vous avez lu quelque chose d’effroyable dans son avenir !… – Eh bien ! oui, effroyable… – Sauvez-le, râle Marie, subjuguée. La dame demeure un moment pensive. – Le sauver ? dit-elle enfin. Soit. Dites-lui qu’il ne sorte pas de trois jours. Sinon il mourra. Dites-lui, que, pendant ces trois jours, il faut qu’il se démette de ses fonctions… Surtout qu’il ne se montre pas… il serait déchiré, dépecé, mis en pièces… Marie n’en entend pas davantage. Elle s’élance. Oh ! tout de suite prévenir son père ! Elle reviendra plus tard pour savoir ce qu’elle doit dire à Renaud ! La dame n’a pas eu le temps de faire un geste pour la retenir. – Ce départ précipité… murmure la dame. Cette fuite, plutôt… Une espionne ?… Qui sait ! Cet homme est capable de ruse comme de violence. Oh ! il faut que demain nous soyons partis !… Marie a traversé la place de Grève. Elle pénètre dans un magnifique hôtel. Elle s’avance, tremblante, vers un cavalier de haute stature, de rude figure, qui met pied à terre dans la cour. – Ma fille ! gronde cet homme. Pourquoi rentrez-vous si tard ? Pourquoi ce visage bouleversé ? – Mon père, bégaie la jeune fille, il faut que je vous parle à l’instant ; il y va de votre vie ! – Ma vie, ricana le seigneur. Elle est bien défendue. Mais soit ; allez m’attendre en ma chambre. Et il hausse les épaules, tandis que Marie s’éloigne. – Ma vie, reprend-il alors sourdement. Oui. Tout ce peuple m’exècre… Mais je serai le plus fort. Il fait quelques pas, s’arrête, et, avec un frisson : – Cette femme m’a maudit. Elle m’a prédit que je serais déchiré, dépecé comme le cerf de la meute… Oh ! retrouver cette femme !… Gardes ! qu’on double les sentinelles !… Et le seigneur se dirige vers sa chambre. Ce seigneur, c’est l’homme au nom maudit ; Marie, c’est la fille du baron Gerfaut, seigneur de Croixmart !… En entrant dans sa chambre, Gerfaut a vu sa fille agenouillée sur un prie-Dieu. Une minute, il la contemple, et murmure : – Que deviendrait-elle, si j’étais tué ?… Cette femme m’a crié que je serais maudit jusque dans ma postérité… Il touche à l’épaule Marie qui se relève, toute pâle. – Mon père, supplie la jeune fille, les mains jointes, promettez-moi de ne pas sortir de trois jours ! – Caprice. Vous fûtes trop choyée par votre père, Marie… Il est vrai que je n’ai que
toi au monde, mon enfant. Toute ma tendresse, c’est toi. Toute mon aversion, c’est la sorcellerie… – Mon père, reprend Marie, avec terreur, il faut vous démettre aujourd’hui de votre mission de grand juge. – Aujourd’hui ! s’esclaffe le baron. Me démettre. Vous devenez folle. Dans une heure, je vais aller saisir en leurs repaires, quatre truands et les faire pendre : Bouracan à la Croix du Trahoir, Trinquemaille en Grève, Strapafar à la Halle et Corpodibale à la porte d’Enfer. Marie tremble. Elle voit son pèredéchiré, dépecé, mis en piècescomme l’a prédit la sorcière. Sa pensée s’affole. Et tout à coup, elle croit avoir trouvé la parole capable de convaincre son père : – Si vous sortez en ce jour, vous serez déchiré, dépecé !… Dépecé… déchiré !…Les paroles de la femme qui l’a maudit ! – Père, père ! j’en suis sûre ! sanglote Marie. La femme qui me l’a dit sait tout ! Jamais elle ne s’est trompée !… Le baron sent la peur se glisser en lui. Mais brusquement une rage froide le saisit. Son regard pétille de malice. – Ah ! ah ! fait-il en adoucissant sa voix, si la femme qui t’a dit cela sait tout… Je réfléchirai à me démettre. Et, pour aujourd’hui, je ne bouge pas de l’hôtel. Marie se relève avec joie, et enlace le cou de son père. – Voyons, reprend-il avec bonhomie, il faut que j’interroge cette femme, qui mérite une récompense. Je veux l’envoyer chercher. Où loge-t-elle ? – Là ! dit Marie en étendant le bras. – Là ?… Ce logis à l’angle de la place ? – Oui. Oh ! récompensez-la, puisqu’elle vous sauve la vie ! D’un geste violent, le redoutable baron repousse sa fille. Il va à la porte, qu’il ouvre, et sa voix tonne : – Holà, officier, vingt gardes pour aller arrêter une sorcière !… Qu’on prévienne le bourreau juré qu’il ait à venir sur l’heure allumer le bûcher de la Grève… Je la tiens ! gronde-t-il… Nous verrons si je serai déchiré comme le cerf par la meute… Marie a frissonné. Pourtant, elle marche à son père : – Monsieur, vous ne ferez pas cela ! Moi dénonciatrice !… Grâce pour l’honneur de votre enfant !… Pauvre femme ! Oh ! c’est affreux, cela ! Vous n’allez pas… – Assez ! gronde le seigneur. Et il s’élance au dehors. Marie se jette sur la porte, et la trouve fermée à clef !… Alors, un désespoir de honte s’abat sur elle… – Qu’ai-je dit ! bégaie-t-elle. Que va penser Renaud quand il saura que j’ai envoyé au bûcher une pauvre vieille innocente ! Fille de Croixmart ! Dénonciatrice ! Moi !… Alors, dans l’âme de cette enfant qui, jusqu’à ce jour, a adoré son père, se lève l’aube d’un sentiment inconnu… Ce père, elle le hait ! Ce nom qu’elle porte, elle le maudit… elle ne le portera plus !…
III – DEuX PUOFILS DE DÉMONS
Renaud s’est éloigné de la place de Grève en résistant à la tentation de se retourner pour adresser un dernier signe à Marie. Ivre de joie, il oublie tout au monde, et, le pas léger, s’avance vers deux jeunes gens qui semblent l’attendre au débouché du pont Notre-Dame : deux jeunes seigneurs ; l’un blond, l’œil gris, vêtu avec recherche, c’est le comte Jacques d’Albon de Saint-André ; l’autre, brun, le visage sombre, habillé plus pauvrement, c’est le baron Gaëtan de Roncherolles ; leurs figures portent le stigmate de l’Envie. Chez le premier, c’est l’envie doucereuse ; chez le second, c’est l’envie brutale. – Voilà, mon cher, les dernières nouvelles de la cour, dit Albon de Saint-André, poursuivant son entretien commencé. – Tu es heureux d’être admis dans l’intimité des princes, gronde Roncherolles. Ainsi les fils du roi sont amoureux ?… – Le prince François et le prince Henri vont se faire la guerre pour une donzelle qui les dédaigne, car la noble demoiselle s’en va roucouler tous les matins sous les peupliers de la Grève avec un… Mais voici notre cher ami Renaud qui vient à nous ! Roncherolles a tressailli. Ses poings se sont crispés. Quant à Saint-André, son œil a lancé un éclair. La haine vient d’éployer ses ailes sur ces deux hommes. – Oui, grince Roncherolles. Renaud ! Or çà, d’où tient-il son or ?… Et a-t-il le droit de porter l’épée ?… Qui est-il ? – Tais-toi. J’ai d’étranges soupçons, vois-tu !… La manière dont il t’a guéri en deux jours de cette fièvre qui te minait… – Et ce coup de poignard à la poitrine que tu reçus d’un truand et qu’il ferma, cicatrisa, effaça en quelques heures !… – Et cette femme qu’il endormit, rien qu’en étendant le bras ! D’où lui vient cet exorbitant pouvoir ? – À quoi pense donc Croixmart que le roi a chargé de détruire les suppôts d’enfer ? – Tu le hais, reprend Saint-André. – Oui. Je le hais parce qu’il est plus riche, plus beau que moi, parce qu’il possède une puissance qui m’épouvante,parce que j’ai peurdevant lui !… – Silence ! Le voici !… Renaud vient à eux, les bras ouverts. Il rit, il serre les mains de ses deux amis, sa joie déborde : – Jour de Dieu ! Le gai dimanche ! Bons amis, aujourd’hui, je régale ! Un dîner dans la plus noble auberge de Paris, chez Landry Grégoire, à l’illustre enseigne de la Devinière ! – Comme tu chantes la joie ! s’écrie Saint-André, – et il frémit. – Tu embaumes le bonheur ! sourit Roncherolles – et il est livide. – Demain, ce sera bien autre chose !… Allons, en route ! Les trois jeunes gens, causant, riant, gagnent la rue Saint-Denis, où se trouve la très fameuse auberge de laDevinière. * * *
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