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Mémoire de sable et de vent , livre ebook

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Description


1444.


Clara va transformer la mémoire de sa grand-mère, Anne Chauverson, en un mythe qui jalonnera toute son existence. Cette jeune femme rassemble son savoir et ses forces vives pour réaliser les rêves de sa vie, pour tenter d’égaler ses ancêtres, tour à tour guérisseuse, herboriste, libraire, alchimiste, architecte et financier. Elle ne veut déchoir. Poussée par sa formidable soif d’aventure, et la crainte du mariage imposé, elle ira au-delà du possible et les épreuves seront au rendez-vous.


Et vogue la galère ! Car c’est sur une galère de Maître Jacques Cœur que le monde et ses rudesses vont la blesser. Elle guérira en poursuivant toujours plus loin ses découvertes, à travers les déserts, dans les cités interdites aux chrétiens. Affrica la saisira à bras-le-corps et sur cette terre incandescente elle recevra les plus profondes leçons de sa vie.


Jusqu’à l’aveu d’une solitude irrépressible et intolérable qui la piège à Tombouctou, on la voit se débattre et espérer.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 octobre 2018
Nombre de lectures 5
EAN13 9782374536149
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Présentation
1444.
Clara va transformer la mémoire de sa grand-mère, Anne Chauverson, en un mythe qui jalonnera toute son existence. Cette jeune femme rassemble son savoir et ses forces vives pour réaliser les rêves de sa vie, pour tenter d’égaler ses ancêtres, tour à tour guérisseuse, herboriste, libraire, alchimiste, architecte et financier. Elle ne veut déchoir. Poussée par sa formidable soif d’aventure, et la crainte du mariage imposé, elle ira au-delà du possible et les épreuves seront au rendez-vous.
Et vogue la galère ! Car c’est sur une galère de Maître Jacques Cœur que le monde et ses rudesses vont la blesser. Elle guérira en poursuivant toujours plus loin ses découvertes, à travers les déserts, dans les cités interdites aux chrétiens. Affrica la saisira à bras-le-corps et sur cette terre incandescente elle recevra les plus profondes leçons de sa vie.
Jusqu’à l’aveu d’une solitude irrépressible et intolérable qui la piège à Tombouctou, on la voit se débattre et espérer.






Passionnée par l'histoire et les religions anciennes, Christine Machureau s’est aussi adonnée aux voyages lointains. Toujours curieuse de documents non utilisés, sa formation scientifique lui donne l’avantage d’une grande rigueur dans ses recherches. C’est ainsi qu’alliant ses deux passions, elle nous rend, dans un contexte historique et aventureux, des romans extrêmement attachants.
MÉMOIRE DE SABLE ET DE VENT
Tome 4
Christine MACHUREAU
Les Éditions du 38
Entre Dieu et l’homme, l’éternel et le mortel, les Anciens dressèrent un cercle de clôture : le ciel des étoiles fixes. Au-delà du cercle demeurait le Créateur qui embrassait sa Création ; au centre du cercle s’incarnait la créature, reliée à toute la création, microcosme à l’image du macrocosme. La vie était la prisonnière du temps qu’égrenaient les Astres mobiles en circulant devant le décor formé par un ruban d’étoiles : le Zodiaque… Le Livre des Œuvres Divines Hildegarde de Bingen Manuscrit en latin du XIIIe siècle
Lorsque se profile devant vos yeux ébahis une aventure qui vous prend à bras-le-corps, devrais-je dire à bras-les-tripes, et que l’injonction d’écrire devient irrépressible, il faut que le romancier s’incline. Et là commence le vertige. Christine Machureau
PREMIÈRE PARTIE − TOULOUSE −
Chapitre 1
1444

Les yeux rougis de trop de larmes rentrées, le cœur gonflé de trop de peine avouée, désincarnée par le choc, écrasée de solitude, je goûtais, pour la seconde fois dans ma vie, la cruelle amertume d’un abandon total. À ce moment précis se superposait dans mon souvenir mon départ de Bruges en compagnie de mon père, il y a des années. Départ qui sanctionnait le premier abandon, celui d’une mère aux amours ancillaires, adultères. Oh… j’avais revu ma mère, pour mieux la perdre. Pendue. Comme si notre coexistence menait inévitablement à la mort de quelque chose, de quelqu’un. On idéalise toujours sa mère. Mais ma grand-mère, Manne, je n’avais pas eu besoin de la magnifier. Manne était la grand-mère idyllique ! Celle qui était là ! Celle qui, sans toujours m’approuver, savait tirer d’elle le meilleur pour l’offrir à son unique petite-fille, moi Clara, la fille de Rémy, son fils ! Celle qui m’indiquait la voie, le chemin, qui poussait en avant nos cavales, éprise de curiosité, de soif de savoir, de mystères non résolus. Manne était à elle seule la fenêtre ouverte sur le monde. À ce monde, je ne pouvais renoncer, au risque de trahir. Manne, à trop soutenir son cœur d’opiacé quotidien a rendu l’âme et me laisse solitaire. Mais les Astres ne m’avaient-ils pas prévenue ? Si. Comme je savais que je ne rentrerais à Troyes qu’en mes vieux jours, encore n’étais-je pas sûre d’y parvenir…

Dans notre appartement de l’Auberge, à Toulouse, affalée sur la cathèdre qu’affectionnait ma grand-mère, Anne Chauverson, j’ai entassé sur mes genoux toutes les copies que j’ai réalisées de son journal que j’envoie à son fils, mon père, Rémy Chauverson. J’espère qu’il en fera bon usage. Voici dix jours que je copie avec tendresse les feuillets qui me sont si chéris. Voici onze nuits que Manne dort dans son cercueil de chêne, doublé de plomb, ainsi que je l’ai voulu. Voici onze jours que nos amis demandent régulièrement de mes nouvelles. Voici onze jours que Marduck couche en travers de ma porte. Yvon, son ami et complice dans le service à ma famille, a préféré rejoindre la Champagne où son pécule bien acquis dans nos errances françaises va lui permettre de se marier. Je lui ai fait un mot pour son futur maître (et j’espère que mon père aura la sagesse de le reprendre à son service). Ce n’est pas à lui que je confie la besace de cuir contenant les cahiers de Manne, l’écritoire et menus objets à destination de Troyes, mais au réseau des courriers de Jacques Cœur, notre ami commun. Jean de Masdon, son correspondant commercial à Toulouse, vient tout à l’heure s’en charger. Quant à Wallerand de Nooze, arguant de la promesse faite à ma grand-mère, il voulait à toute force me ramener en Champagne.
— Mon cher Wallerand, il vous faudra pour cela m’attacher, me bâillonner tout le retour durant… en aurez-vous le courage ? C’est dans un état de folie avancée que vous me rendrez à mon père. En prendrez-vous le risque ?
Il baissa sa belle tête de chevalier sur sa poitrine. Je le savais contrit.
— Il n’y aura pas manquement, Chevalier, juste impossibilité.
Je lui tendis une bourse qui clôturait les gages promis. Il me regardait avec un air de chien battu.
— Et maintenant qu’allez-vous faire ?
— Soliman ben Judas veut bien m’engager comme garde du corps…
— Ah ! Voilà une bonne surprise… Nous n’avons pas fini de nous voir !
Il avait donc compris…

Manne m’avait confié que rédiger chaque soir le résumé de sa journée lui permettait de réfléchir, de poser les actes les uns après les autres, sans désordre, dans une logique que la vie se charge de respecter. On poursuit le chemin terrestre à travers l’âme. C’était cela l’écriture pour elle. J’ai recopié la lettre que je joins à tout cela pour mon père. Je ne doute pas que mes décisions lui déplaisent, lui qui avait déjà négocié mes noces avec je ne sais qui ! Ce qu’il m’offrait garantissait une vie à l’abri du besoin avec un échange fructueux dans ses affaires, existence confortable bercée par les réceptions, la gestion d’une mesnie à mon service et la naissance de trois ou quatre rejetons prêts à reprendre négoce et négociants ! Et moi dans tout ceci ? Sa mère et lui, son père également, s’étaient-ils contentés de la fortune ordinaire de bourgeois à l’abri de tout ? Allais-je rentrer dans le rang d’une vie dont aucun de mes ancêtres n’avait voulu ? Ils avaient tous laissé libre cours à leur envie, leurs études, leurs recherches. Pourquoi en serais-je privée ? Manne était mon exemple vivant, celui que je désirais suivre… Médecine et Astrologie feront feu de tout bois dans ma vie. Je brûlerai jusqu’à mon dernier souffle pour découvrir les secrets de la Vie et de l’Univers. Rien ne pourra m’arracher à cette ambition infinie. Ainsi débutent ce soir même et ma Quête et le Livre de ma vie. Cela peut sembler grandiloquent ? Mais qu’y a-t-il de petit à échapper au commun des mortels ?

Mon très cher père, j’ai trouvé ce matin au réveil ma grand-mère, Anne, votre mère, renversée sur son lit, la plume à la main. Jusqu’à son dernier instant, ce fut à vous qu’elle pensait. Son cœur, usé par une vie bien remplie, s’est arrêté dans la nuit. Jean de Masdon et son épouse Marie, nos amis et associés de Messire Cœur ont organisé ses obsèques et je puis vous assurer que tout a été fait de manière très digne.
Je vous transmets par même voie son écritoire, et sa médaille offerte par mon grand-père et qui ne l’a jamais quittée. Permettez que je garde pour moi une bague et sa dague.
Je vous joins ce gros cahier. Manne avait l’habitude chaque soir, ou presque, d’y déposer sa vie, comme on confie son cœur au vent… Quand je vous écris que c’est à vous qu’elle pensait, son dernier soir, c’est vrai. Vous y verrez son âme claire et pure et le désir de tout connaître, le même qui vous poussa en Italie.
Lorsque vous vous échappâtes en Flandre, sa douleur fut immense, mais elle l’accepta. Nul ne peut être le maître d’une vie qui n’est pas la sienne, même si c’est celle de son enfant. Ainsi vous comprendrez que la même soif de savoir qui fit de ma grand-mère un médecin et chirurgien, de mon grand-père un alchimiste, de vous un architecte et grand commis de finance, cette soif, ce goût irrépressible d’éclairer l’univers d’un éclat de vérité me pousse, moi aussi, vers d’autres cieux. J’aurais souhaité vous rendre heureux par ma docilité, mais le devoir que l’on se doit à soi-même n’est-il pas d’explorer le monde selon ses dons offerts par Dieu ?
Ainsi père, souffrez que je prenne la liberté de rejoindre Valladolid, puis Cordoue, je n’y serai pas seule, mais bien cachée.

Que Dieu vous garde. Prenez bien soin de vous et croyez que je ne manquerai pas de vous envoyer une lettre à chaque fois que l’occasion m’en sera donnée.
Priez pour moi.
Votre fille Clara.

Jean de Masdon arriva à l’Angélus et déposa son surcot de velours vert mousse bordé d’hermine sur le dossier de son faudesteuil. Sa tête à moitié chauve pencha sur le côté.
— Comment allez-vous, ma chère Clara ?
— Mieux, depuis deux jours. Je vous ai préparé une sacoche pour mon père.
— Nous allons la clore. Dites-moi enfin ce que vous ferez maintenant ? Ah ! J’oubliais ! J’ai du courrier pour vous !
Il me tendit deux enveloppes d’épais papier. Une de Maître Aben Ali de couleur jaune vif (il faisait teindre ses feuilles de papyrus au safran), l’autre, plus pâle, au fin contenu. Je reconnus l’écriture de Soliman, le médecin personnel du Gouverneur 1 de Toulouse qui avait attendu à Beynac Messire Ponthieux, l’aide du médecin de Charles VII. Et c’est ce même Soliman qui avait retrouvé Maître Aben Ali, élève de l’Université de Sankoro à Tombouctou, installé à Toulouse depuis 1419 ayant suivi un maître

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