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M. Louis Paternité , livre ebook

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Description

Louis Trinité, raconte à son ami d’enfance ses dix années passées dans les trois pays du Maghreb où les traditions sont extrêmement fortes et prégnantes et donne un aperçu de la condition des femmes à travers ses relations avec elles. En filigrane de son parcours on trouvera les souvenirs douloureux des événements qui ont précédé les indépendances de ces contrées.

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Informations

Publié par
Date de parution 04 novembre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782334207614
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0090€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-334-20759-1

© Edilivre, 2016
L’auteur, Bernard Rainero, est né et a grandi dans la proche banlieue niçoise. Il a fait partie des milliers de coopérants culturels envoyés dans les anciennes colonies françaises après la décolonisation.
Durant ses pérégrinations autour de la planète où il a vécu et exercé son métier de professeur il s’est mis à la peinture et a vendu ses œuvres. Il a écrit également de nombreux poèmes sans les éditer.
Dans ce premier roman, son personnage, Louis Trinité, raconte à son ami d’enfance ses dix années passées dans les trois pays du Maghreb où les traditions sont extrêmement fortes et prégnantes et donne un aperçu de la condition des femmes à travers ses relations avec elles. En filigrane de son parcours on trouvera les souvenirs douloureux des événements qui ont précédé les indépendances de ces contrées. La Lune, astre omniprésent dans l’iconographie musulmane fera également partie du voyage.
Ce roman est une pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait fortuite. Les personnages historiques sont répertoriés en annexe.
A Sumer (2500 av. J.-C.) :
La Lune est un dieu masculin nommé Nanna. Le lumineux.
1 Mon ami Noël
Vendredi 11 septembre 2015. Le Dr. Noël Lunani avait chaussé ses lunettes de presbyte et saisi la liasse des résultats de mes analyses que je lui avais apportés. Il avait l’air très concentré. Trois semaines auparavant j’étais déjà assis en face de lui au même endroit, dans son cabinet du Bd Victor Hugo. Il m’avait prescrit alors de nombreux tests et prélèvements.
« C’est normal à ton âge, tout ce que tu me racontes est dans la fourchette admissible. Mais pour plus de précaution je te fais faire le parcours du combattant. Après tout, ça fait longtemps qu’on n’a pas fait la révision de la machine. N’est-ce pas ? Et j’en rajoute une petite couche, tu verras, rien d’anormal. Tu seras content des résultats, m’avait-il dit ce jour-là. »
J’attendais le verdict. Avant de les lui soumettre j’avais jeté un œil sur tous ces rapports que m’avaient confiés les spécialistes consultés mais leur jargon dépassait mes compétences. Il me semblait que tout était normal comme l’avait présupposé mon ami Noël toutefois son avis allait faire référence. J’avais besoin de ces résultats avant de prendre l’avion pour régler des affaires à l’étranger. Je voulais partir rassuré.
– Alors ?
– Mon cher Louis, comme tu as dû le lire et comme je te l’avais laissé entendre, tout va bien. Je vais t’aider à corriger quelques détails sans gravité en te prescrivant force potions anodines et sans effet comme savent les fabriquer nos laboratoires, histoire de faire fonctionner ta carte Vitale, et participer à l’approfondissement du trou de la Sécurité sociale de notre pays… Pour être clair : tu n’as pas de cancer du côlon, ni de la prostate, ni des poumons, ni du pancréas, etc. Ton taux de cholestérol est normal, et le reste est bon également. Tu es en bonne forme ! Es-tu rassuré ?
– Je n’étais pas vraiment inquiet mais comme tu l’as toujours dit, mieux vaut prévenir que guérir.
Noël et moi étions amis depuis l’école primaire à Nice. Même quartier, même âge, mêmes études secondaires. Ensuite, il avait fait médecine et moi sciences physiques à la fac. Il lui restait quelques années encore à user ses fonds de pantalon sur les bancs des amphis alors que j’avais terminé mon cursus pour commencer hors de France ma carrière de professeur. Depuis, chaque année ou presque j’étais revenu chez moi pour les retrouver, ma famille, lui et d’autres amis. Arrivé à l’âge de la retraite, il avait cédé son cabinet un peu à contrecœur et, avant que la transaction ne soit réalisée, il y venait encore quelques fois pour ses amis d’enfance comme pour moi ce jour-là. Il me dit :
– Il manque une partie des analyses. Aucune gravité, je te rassure tout de suite. Tu n’as pas pu t’en rendre compte mais j’avais demandé de faire procéder à l’identification de certains facteurs de ton sang et à des tests de ton ADN. Tu sais nous en avons déjà parlé. J’ai fait partie des premiers à appuyer les recherches dans ce sens pour suivre les migrations des populations dans un but médical évidemment. Cela ne te coûte rien puisque c’est un programme de recherche pratiqué sur des volontaires. Je t’ai désigné volontaire d’office ! Tu ne m’en veux pas ? J’étais un peu surpris mais pas étonné car Noël était quelques fois imprévisible et toujours à la quête de nouveautés.
– Tu sais, c’est peut-être la dernière fois que je te reçois dans ce cabinet. Cette-fois-ci je m’arrête pour de bon. J’ai fait valoir mes droits à la retraite et vais me consacrer à mes petits-enfants. Mais toi ? Que vas-tu faire de ta retraite ? Ce n’est pas un reproche que je te fais mais un gars comme toi aurait été un bon grand-père ! Je ne sais pas pourquoi tu ne t’es jamais marié. Je t’aurais bien vu papa, tu aurais été sûrement un bon époux. Au lieu de cela tu as couru les filles par monts et par vaux aux quatre coins de la planète ! Enfin ! Maintenant c’est trop tard. Pierre qui roule n’amasse pas mousse ! Il disait cela comme s’il se doutait de quelque chose. Je le regardais avec un sourire en coin. Il s’en étonna :
– Pourquoi as-tu ce rictus ? C’est vrai ce que j’ai dit non ? Mais j’ai l’impression que tu me caches quelque chose… Il ferma un œil et l’autre devint inquisiteur. Et en me pointant de son index :
– Tu ne vas pas me dire que tu vas te marier ?… Que tu es marié !… Nooon ! C’est ça ! J’ai trouvé ! Tu vas te marier et tu viens m’inviter à la noce ! Et la future épouse est une veuve de ton âge qui a déjà eu des enfants et tu les as adoptés ! Non ? Bon, alors c’est une très jeune et tu nous fais le coup d’Yves Montand de nous faire un petit à près de soixante-dix ans ! Il s’enflammait, se posait les questions et y répondait seul. Il avait toujours eu de l’imagination et aurait dû écrire des romans.
– Non ! Tu te trompes bien qu’il y ait un peu de vrai dans ce que tu viens de dire…
– Et bien alors ! Accouche !
– Rigolo, ce que tu viens encore de dire… Tu veux que je te raconte ? Tu as du temps ?
– Dis mon vieux, ne fais pas le crétin, tu sais parfaitement que tu es mon seul patient de la journée. Et encore je ne te fais même pas payer ! Il est quatorze heures, j’ai tout l’après-midi et même toute la vie pour t’écouter.
– Je ne sais pas par où commencer. L’histoire est un peu compliquée.
– Par où tu veux. Par le début peut-être si c’est plus facile à suivre.
– D’accord, je vais essayer de simplifier mon histoire car il y a des affaires qui s’entremêlent.
– Des affaires ?
– Oui ! Oui ! Mais laisse-moi plutôt parler. Ce que je vais te raconter s’est passé au Maghreb. »
En ce début de septembre les journées étaient toujours chaudes et dans ce cabinet la climatisation encore nécessaire. Je me calais dans mon fauteuil en face de Noël et commençais mon récit.
 

Anaxagore (500-428 av. J.-C.) : « La Lune est une sphère qui réfléchit la lumière du Soleil. »
2 Leila
La pire injure à la vie est de ne pas la donner.
« Construit au début du III e siècle cet amphithéâtre elliptique de 149 mètres de long sur 124 de large est le plus grand édifice élevé par les Romains en Afrique. Il est presque aussi grand que le Colisée de Rome. Vous l’avez aperçu de très loin en arrivant par la route. C’est la construction la plus haute de la région et au milieu de cette immense plaine il est impressionnant. Et pourtant il a servi de carrière pour construire les habitations alentours de la petite ville d’El Jem pendant des siècles, ce qui l’a fortement diminué. Bon ! Maintenant nous allons entrer et visiter ses entrailles pour apprécier toute la science des Romains . Vous verrez comment ils ont construit cette merveille et comment le spectacle se déroulait devant les 30 000 spectateurs venus de toutes les régions… »
« Nous étions en novembre 77. Le guide débitait son discours sans trop de conviction mais le site était stupéfiant. J’avais du mal à imaginer que cette petite bourgade avait pu être si importante il y a près de mille huit cents ans. J’accompagnais une classe de 6 e du lycée Pierre Mendès France à Tunis dans lequel je travaillais depuis moins de trois mois. Leur professeur d’histoire avec lequel je m’étais senti en confiance dès mon arrivée m’avait tout de suite demandé si je voulais l’accompagner. Une femme de l’association des parents d’élèves complétait l’équipe d’encadrement. Mon collègue professeur veillait sur sa troupe. Il abondait le récit du guide en faisant référence à son cours vu en classe. Petit à petit mon attention semblait me fuir. Un sixième sens m’avertissait d’une imminente perturbation.
– Monsieur Trinité ! Je crois que vous avez mon fils en classe.
Je sursautai. L’attaque était venue par le côté. C’était l’accompagnatrice. Nous avions échangé quelques banalités au départ de Tunis en montant dans l’autobus et puis plus rien. C’était une femme qui avait au moins vingt ans de plus que moi. Grande et mince, la peau bronzée, les yeux verts, les cheveux lisses et bruns avec des reflets roux, probablement dus au henné, et l’allure posée. Elle se déplaçait en souplesse et regardait droit devant elle quand elle se savait observée mais elle se mettait à scruter l’entour rapidement avec une extrême vélocité de ses globes oculaires dès qu’elle sentait qu’elle pouvait le faire sans être surprise.
Je crois qu’il me faudrait des centaines de chapitres si je devais décrire toutes les stratégies que les femmes élaborent pour aborder un homme. Elles utilisent des modes très variés et je suis certain qu’après des années de recherche laborieuses je ne les aura

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