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Les voleurs du Nil , livre ebook

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Description

Une formidable épopée tirée d’une histoire vraie ! Dans l’Égypte de Cléopâtre II, deux esclaves maltraités par leurs maîtres décident de fuir. S’ils sont pris, Biôn et Hermon savent que c’est la mort assurée. Traqués, ils parviennent à embarquer sur un navire en partance pour le Sud, disposés à affronter la rapacité des hommes, les dangers du Nil et du désert pour s’en sortir… Ils ignorent alors qu’ils sont l’enjeu d’un pari opposant les dieux Hermès et Éros, prêts à tout pour les sauver, ou les perdre…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 mai 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9782367402208
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0350€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Viviane Koenig
LES VOLEURS DU NIL



© 2015 Scrineo
8 rue Saint-Marc, 75002 Paris
Diffusion : Volumen
Publié avec le concours éditorial d’Arthur Ténor
Couverture réalisée par Philippe Jozelon
Mise en page et ePub : Clémentine Hède

ISBN : 978-2-3674-0219-2
ISBN numérique: 978-2-3674-0220-8
Dépôt légal : mai 2015


Historienne et enseignante, Viviane Koenig a eu la chance de vivre quelques années en Égypte, où elle a participé à des chantiers de fouille et écrit son premier livre. De retour à Paris, elle a continué d’écrire des documentaires, des romans historiques, des contes, des récits mythologiques et maintenant des BD. Toujours soucieuse d’approcher le plus possible la « vérité » historique, elle n’a qu’une envie : partager avec ses lecteurs le bonheur de découvrir une civilisation aujourd’hui disparue.






En ce temps-là, les pharaons d’Égypte n’étaient pas égyptiens. Descendants d’Alexandre le Grand, ils vivaient à Alexandrie, une grande et belle ville qu’ils avaient eux-mêmes bâtie sur les rivages de la mer Méditerranée.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les principaux personnages de ce roman ont réellement existé.
Cette histoire se déroula sous le règne du pharaon Ptolémée VI et de la reine Cléopâtre (pas celle que vous connaissez, – la numéro VIII ! – qui régna dans les années 50 avant notre ère, mais Cléopâtre II, qui vécut un siècle avant elle)… Elle est racontée dans ses grandes lignes sur un papyrus antique conservé dans un musée (Select Papyri II, n°234).

Pour en savoir plus sur ce papyrus et la grande histoire des Ptolémées, rendez-vous à la fin du livre !


1. La bague
Si l’on en croit ses habitants, Alexandrie est la plus belle ville du monde. C’est vrai même si les Alexandrins manquent singulièrement de modestie. Seules, dans ce petit monde en perpétuelle effervescence, les mouettes gardent hauteur et dignité. Elles ouvrent l’œil, et le bon, toujours prêtes à fondre sur une proie frétillante pour apaiser leur faim. Elles surveillent les pêcheurs sur leurs barques, autant que les cuisiniers qui s’activent dans les belles demeures. Les délicates odeurs de poisson flottant dans l’air les émoustillent. À part cela, rien ne les touche.
Et pourtant !
Depuis une dizaine de jours, on ne parle que du festin organisé par la reine Cléopâtre et le roi Ptolémée * en leur palais. Cette soirée, Pharaon la veut magnifique, elle le sera.
Des centaines d’yeux écarquillés de convoitise regardent passer des paniers et des jarres de volailles, de fruits et de légumes. On plaint les esclaves qui les prépareront, comme ceux qui les serviront. On discute des heures durant sur qui sera invité et qui ne le sera pas, de toilettes et de bijoux, de mets raffinés, de vins délicats, de bière si légère qu’elle monte à la tête sans que l’on s’en rende compte. On imagine les musiciens et les danseuses. On s’enivre d’avance du parfum envoûtant des bouquets de lotus bleus qui décoreront la salle du banquet.
Tandis que la curiosité dévore les esprits, Théocrite, Chef de la Police, se tourmente. Et pas qu’un peu ! Pour cet homme, grincheux par habitude et gourmand de naissance, le mot « fête » rime avec « tracas ». N’est-il pas responsable de la sécurité des invités royaux ?
Il l’est, assurément, et son angoisse augmente d’heure en heure.
Depuis trois jours et trois nuits, son sommeil s’est envolé. Dès qu’il ferme les yeux, Théocrite voit de riches Alexandrins parés de bijoux somptueux traverser la ville sous les regards envieux de voleurs dépenaillés et se faire dévaliser. En effet, il a beau surveiller, interroger, questionner, torturer, emprisonner… malgré tous ses efforts, il se passe parfois des choses fort déplaisantes dans sa cité : de menus larcins, des vols plus audacieux et même parfois des crimes !
Que les dieux t’assistent, pauvre Théocrite !
Par chance, jamais les dieux ne se détournent du monde des humains. Leurs guerres les amusent. Leurs fêtes les distraient. Leurs passions les ravissent.
Éros, le dieu de l’Amour, adore tout particulièrement s’en mêler. Il stimule l’intelligence des savants, encourage les audacieux et fait chavirer les cœurs presque par devoir. Car sans passion, pas d’enfants et c’en serait fini de l’espèce humaine. Et ça, pas question. Alors, l’infatigable Éros arpente les montagnes de Grèce. Il court, il vole de ville en ville. Il longe les rivages déserts ou se glisse dans la cohue des marchés. Il embarque parfois sur l’un de ces bateaux, vastes et robustes, qui traversent la mer jusqu’à Alexandrie la magnifique, une de ses villes préférées.
– Épatant, Pharaon donne une fête ! se réjouit Éros dès son arrivée. Une belle soirée en perspective. Invisible aux yeux des hommes, j’enflammerai ma torche, aiguiserai mes flèches. Et hop ! À eux les embrouilles, et à moi les plaisirs !
Depuis des heures, le dieu à la grâce d’adolescent et à la beauté parfaite assiste aux préparatifs dans la grande salle du palais. Il rit des plaisanteries que se lancent les serviteurs. Il déplace des coussins soyeux, il emmêle des rameaux de myrte et de laurier dans leurs paniers. Maintenant, juché sur un tabouret haut, il agite ses longues ailes d’or histoire d’ébouriffer les fleurs et de troubler la belle ordonnance des bouquets. Bref, il s’amuse quand une silhouette familière approche de lui.
– Que fais-tu là, Hermès ? s’étonne-t-il.
Il saute à bas de son perchoir.
– Comme toi, je me promène, je me distrais, répond le dieu gardien des routes et des carrefours, protecteur des voyageurs et des brigands. Qui dit fête, dit belles toilettes, bijoux de prix et donc brigandage ! Et, là, c’est mon domaine.
– Tu es venu pour rien, vieux frère. La ville est calme et la police sur les dents, persifle Éros, comptant les flèches de son carquois.
– Pas du tout ! La nuit sera mouvementée, c’est sûr.
– Dans ce cas, tes voleurs seront arrêtés et tu ne pourras rien faire pour eux.
– Que dis-tu ? Tu me traites d’incapable ?
– Mais non, Hermès, je n’oserais pas, tu penses bien.
– Alors, je te parie que si un vol est commis avant l’aube, leurs auteurs échapperont aux griffes des policiers !
– Pari tenu ! s’exclame Éros ravi. Et quel sera l’enjeu ?... Attends, j’ai une idée. Si je gagne, ce qui est certain, je transmettrai à ta place le prochain message que Zeus te confiera.
– Et si tu perds, ce qui ne fait pas l’ombre d’un doute, je lancerai une de tes flèches d’Amour sur qui me plaira. Entendu ?
Accord conclu.
Assis sur des coussins moelleux comme une figue mûre, Éros et Hermès commentent la dernière passion de Zeus ** pour une jeune et jolie princesse en attendant Pharaon et ses invités.
Son chapeau ailé sur les genoux, Hermès espère que le calme qui règne à Alexandrie ne va pas durer. Il veut que ça bouge et gagner son pari. Il est même prêt à donner un sérieux coup de main aux voyous si nécessaire… Non, ce serait tricher.
De son côté, Éros table sur l’efficacité de la police locale. Il a toute confiance en Théocrite, un chef malin qui a, ce qui ne gâte rien, une bien jolie femme. Il craint cependant d’avoir parlé trop vite et, vu le nombre de voleurs de part le monde, il risque de perdre. Rien de grave en soi, mais quelle humiliation ce serait ! Oui, maintenant Éros en est certain. À l’évidence, la canaille d’Alexandrie ne restera pas les bras croisés ce soir.
Non loin de là, avec son ventre rond, Théocrite va et vient dans la chaleur des rues d’Alexandrie. Secondé par ses hommes, il contrôle tout et tout le monde. Il se méfie particulièrement de ceux qui ne parlent pas le grec comme lui : voyageurs, ouvriers égyptiens ou esclaves venus de pays lointains.
Les heures passant, le soleil adouci descend vers l’occident, les policiers déambulent encore et toujours. Les rues se vident, le silence renaît. Cependant, derrière les portes closes des palais, où règne habituellement un calme voluptueux, l’agitation est à son comble.
– Méfie-toi Hermôn ! hurle l’ambassadeur Aristogénès. Si tu ne retrouves ma bague préférée, tu auras cent coups de bâton. Comprends-tu, espèce de bon à rien !
Tête basse, l’esclave fouille dans un coffret d’ébène *** . Depuis le premier jour, il craint son maître, un homme brutal et coléreux. D’une main tremblante, il propose une autre bague en or, ornée de turquoises.
– Non, pas ça, crétin ! Ne serais-tu pas voleur en plus d’être idiot ?
Hermôn cherche encore. C’est qu’il s’en souvient de sa dernière bastonnade ! Il a failli mourir sous les coups. Son dos meurtri en porte encore les traces et il n’avait reçu que cinquante coups de bâton. Alors, dans quel état serait-il s’il devait en recevoir cent ?
– Par Sérapis **** le tout puissant, la mémoire me revient, ricane soudain l’ambassadeur après avoir craché une ultime injure. Pose ce coffret, Hermôn. Mais pose-le donc ! Le mois dernier, j’ai offert cette bague à mon fils... Tu aurais dû me le rappeler, quand même. Pour cet oubli, tu auras du bâton. Vingt coups !
Poings serrés, l’esclave réprime avec peine l’envie de lui répondre, mieux de le massacrer. Ah ! Serrer ce cou de ses mains puissantes jusqu’à ce qu’il rende son dernier souffle, l’assommer avec ce tabouret, le transpercer avec ce poignard qu’il astique si souvent. Les idées ne manquent pas et ce serait si bon. Hermôn se retient. Il a d’autres projets plus ambitieux : quitter cette vie de misère, de sueur et d’injustice. Capturé, il a eu le malheur d’être acheté par cet homme haïssable. Il a enfin pris une décision. La bonne ?
Il l’espère. C’est risqué, mais il n’a guère le choix. Pour lui, c’est le grand soir : il a rendez-vous avec Biôn, un jeune esclave nubien ***** .
– Tu rêves encore ! hurle l’ambassadeur. Ce n’est vraiment pas le moment, Pharaon m’attend au palais. Ma bague aux turquoise

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