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Les Chroniques de J. Froissart (Tome Ier) , livre ebook

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Description



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Mme de Witt vient de nous donner une belle édition, abrégée des chroniques de Jean Froissart (1337-1410), le chroniqueur des chroniqueurs, comme on devrait l’appeler. Froissart, on l’accorde, n’égale Commynes ni pour la force de la réflexion ni pour la dignité de la pensée, mais comme conteur, ou, mieux encore, comme coloriste plutôt que comme écrivain, il lui est incomparablement supérieur. On retrouvera, dans le volume de Mme de Witt, les plus célèbres endroits des Chroniques. Nous ne saurions trop louer, pour nos vieux écrivains, ce genre de publication par fragments, par morceaux choisis, par épisodes qu’il faut connaître. C’est le vrai moyen de les mettre à la portée de tout le monde. Ajoutez que Mme de Witt ne s’est pas contentée de revoir le texte de Froissart, elle a pris la peine de le traduire ou tout au moins de rapprocher son français de celui que nous parlons.Il serait difficile, sans cette précaution, de persuader au public de le lire. C’est dommage, mais il faut bien s’accommoder au temps. Tout cela, d’ailleurs, a été fait avec beaucoup de discrétion, beaucoup de goût, et le plus scrupuleux respect de tout ce que l’on pouvait conserver de l’original sans risquer d’arrêter le lecteur moderne ; de très belles illustrations, d’après les manuscrits, toutes authentiques, par conséquent, et quelques-unes d’une délicatesse d’exécution tout à fait rare, de nombreuses gravures dans le texte, choisies dans le même esprit de représentation fidèle des hommes et des choses du temps animent cet intéressant volume, et parmi les livres d’étrennes en font l’un des plus instructifs et des plus beaux pour 1881 (extrait d’un article de presse, 1881).


Entièrement recomposé, cet ouvrage (de plus de 800 pages dans son édition originale) est proposé en deux tomes. Une édition qui ravira tous les amateurs de l’histoire du Moyen Âge et particulièrement de cette folle période de la Guerre de Cent-Ans que Froissart parvint à couvrir aux deux-tiers !


Henriette-Elizabeth de Witt (1829-1908) est l’une des deux filles de François Guizot, homme politique et historien. On lui doit de nombreux ouvrages de vulgarisation historique ; elle collabora également aux ouvrages de son père : Histoire de France depuis 1789 jusqu’en 1848 racontée à mes petits-enfants et Histoire d’Angleterre, depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’avènement de la reine Victoria, racontée à mes petits-enfants.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 19
EAN13 9782824054629
Langue Français
Poids de l'ouvrage 18 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0112€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

1



LES CHRONIQUES DE J. FROISSART
édition abrégée avec texte rapproché du français moderne
tome I er



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Tous droits de traduction de reproduction
et d ’ adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Éric Chaplain
Pour la présente édition :
© edr/ ÉDITION S des régionalismes ™ — 2017/2020
EDR sarl : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 cressé
ISBN 978.2.8240.0565.2
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l ’ informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N ’ hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d ’ améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.




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M me DE WITT née GUIZOT


LES CHRONIQUES DE J. FROISSART
édition abrégée avec texte rapproché du français moderne
tome I er





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AVERTISSEMENT
, est assurément l’un des charmes les plus séduisants de l’étude de l’histoire, que d’en rechercher les sources originales et de trouver dans les documents contemporains la peinture vivante du passé. Ce plaisir n’est malheureusement pas facile à tous et les difficultés d’une langue vieillie arrêtent beau- coup de lecteurs sur le seuil même de ces Chroniques qui devancèrent l’histoire et qui lui servent encore de base. Dans l’espoir de remédier à cet inconvénient, plus d’un essai a été tenté pour rendre abordable la lecture de nos chroniques françaises. Grâce à M. Natalis de Wailly, chacun peut goûter les beautés animées et graves du récit de Villehardouin ou le charme spirituel et naïf de la Vie de saint Louis par Joinville. Jehan Froissart, le premier des chroniqueurs du moyen âge par l’étendue et l’importance historique comme par l’irrésistible attrait de ses écrits, ne pouvait manquer d’attirer l’attention laborieuse des plus savants investigateurs. Les éditions de ses œuvres se succèdent, chefs-d’œuvre de patientes et ingénieuses recherches ; mais la valeur même de ces travaux les renferme nécessairement dans le cercle de l’érudition. Nous avons donc cherché à en faire profiter le public, à rendre intelligible la langue de Froissart sans la dépouiller de son charme, et à conserver l’ensemble de ses récits en supprimant les longueurs (1) . Il est bon et utile de pouvoir mettre dans toutes les mains et de rappeler à tous les esprits le souvenir des maux extrêmes que notre pays a pu endurer naguère, sans succomber dans la lutte et sans jamais perdre la force et l’espoir du relèvement.
La publication du choix des Chroniques de Froissart réclamait un genre d’illustration spécial, ayant un carac- tère presque entièrement rétrospectif, c’est-à-dire nous rendant les hommes et les choses de son époque d’après les monuments que cette époque même a laissés. Leur reproduction devait être faite non seulement avec une fidélité absolue, mais encore avec le sentiment qui leur est propre, et sans lequel la copie la plus exacte ne dit rien.
L’ornementation s’est donc inspirée de manuscrits datés du quatorzième siècle. Si nos lettres ornées sont de l’année 1518, c’est parce qu’elles appartiennent à l’une des premières éditions gothiques de Froissart. Leur anachronisme s’excuse donc par ce seul fait.
Nos chromolithographies ont été faites sur les photo- graphies des plus beaux manuscrits de Froissart conservés aux bibliothèques Nationale et de l’Arsenal. Nos autres reproductions de miniatures ont été également dessinées sur photographies, d’après les manuscrits de Paris et de Besancon.
Après les scènes historiques, il convenait de donner une place aux armes, aux machines de guerre, aux monnaies et à divers objets mobiliers du temps. Le Musée d’ar- tillerie, le Cabinet des médailles et le Musée de Cluny nous ont ici fourni les éléments de reproduction. Des vues de villes et de châteaux formaient le complément nécessaire des scènes de mœurs et de combats reproduites dans les miniatures. Pour les retrouver, nous avons fait appel aux estampes les plus anciennes, et surtout aux précieux recueils de Chastillon et de Tassin, gravés à une époque où les nouveaux systèmes de fortification n’avaient pas encore modifié l’aspect de nos cités et de nos forteresses. A côté des gravures anciennes, il conve- nait de reproduire ceux de nos monuments que le temps avait respectés. Sur ce point encore, nous avons employé la photographie avant de recourir à la gravure sur bois.
Quant aux scènes dont aucun monument ne pouvait donner une idée, nous avons eu recours au crayon d’ar- tistes alliant le talent de la composition au respect de la tradition historique.
Enfin nous avons largement usé de la riche collection de sceaux conservés aux Archives nationales. Là, en effet, se trouvait le moyen unique de faire revivre les types chevaleresques du quatorzième siècle, si merveil- leusement mis en scène par Froissart. A une époque où le portrait et la médaille n’existaient pas encore, où la miniature elle-même ne se pique pas de reproduire exactement les traits ni les costumes des personnages, leurs sceaux originaux offraient la plus précieuse des garanties ; ils ont été copiés avec le plus grand soin et la fidélité la plus scrupuleuse.
Nous espérons être arrivés ainsi à constituer un en- semble digne du modèle, aussi bien par sa sincérité que par son originalité naïve.
Paris, le 1 er novembre 1880.

(1) Les extraits empruntés aux Chroniques de Froissart sont reliés ensemble de manière à résumer les principaux évènements des passages omis, à l’aide de phrases presque toujours tirées de Froissart lui-même.





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Prologue



fin que les grandes merveilles et les beaux faits d’armes qui sont ad- venus pendant les grandes guerres de France et d’Angleterre et des royaumes voisins, par le fait des rois et de leurs conseillers, soient bien enregistrés et vus et connus dans les temps présents et à venir, je me veux mettre en peine de les ordonner et mettre en prose, selon les véritables informations que j’ai
eues des vaillants hommes, écuyers et chevaliers, qui les ont accomplis, et aussi de certains rois d’armes, et de leurs maréchaux qui par droit sont et doivent être les inquisiteurs et rapporteurs de telles besognes.
Il est vrai que messire Jean Le Bel, jadis chanoine de Saint-Lambert de Liège, en fit une chronique en son temps, selon son bon plaisir, et j’ai recueilli ce livre et l’ai ajouté au mien, à la relation des faits sus dits, sans prendre parti et sans rien colorer l’un plus que l’autre, sinon que les hauts faits des bons, de quelque pays qu’ils soient, qui se sont distingués par prouesses, y sont pleinement vus et connus, car ce serait péché et chose mal séante de les oublier ou négliger, puisque les exploits d’armes sont si chèrement conquis et achetés, comme le savent ceux qui y travaillent, qu’on n’y doit nullement mentir pour complaire à autrui, ni enlever la gloire et renommée des bien faisants pour la donner à ceux qui n’en sont pas dignes.
Or j’ai mis au début de mon prologue que je veux parler et traiter de grandes merveilles ; vraiment tous ceux qui liront et ouïront ce livre se pourront et devront bien émerveiller des grandes aventures qu’ils y trouveront, car je crois que, depuis le commencement du monde et qu’on commença à s’armer, on ne trouverait en nulle histoire tant de merveilles de grands faits d’armes comme il en est advenu dans les guerres sus dites, tant par terre que par mer, et dont je vous ferai mention.




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Mais avant que je commence à en parler, je veux un peu traiter et suivre le propos de la prouesse, car c’est une si noble vertu et de si grande recommandation, qu’on ne la doit jamais passer trop brièvement, car elle est la mère matérielle et la lumière des gentilshommes, et comme la bûche ne peut brûler sans feu, le gentilhomme ne peut venir à parfait honneur ni à la gloire en ce monde sans prouesse.
Aussi doivent tous les jeunes gentilshommes qui veulent avancer, avoir un ardent désir d’acquérir le fait et la réputation de prouesse, afin d’être mis et comp- tés au nombre des preux. Ils doivent aussi considérer comment leurs prédécesseurs dont ils tiennent leurs héritages et portent peut-être les armes, sont honorés et recommandés par leurs hauts faits. Je suis assuré que s’ils regardent et lisent en ce

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