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Description

En 1675, une partie importante de la Basse-Bretagne se révolte contre les nouveaux impôts décrétés par le ministre Colbert et le roi Louis XIV pour faire face aux ruineuses guerres que mène le Roi de France. L’administration royale ne s’embarasse pas de faire enregistrer ces nouvelles taxes — en particulier sur le papier timbré, le tabac, la vaisselle d’étain — par le Parlement de Bretagne ce qui amène à une nouvelle Fronde paysanne. Et quelque 100 ans avant la Révolution, les insurgés adoptent le bonnet phrigien rouge d’où leur vient leur surnom de Bonnets Rouges. Charles Le Goffic s’empare du sujet, en 1905, pour en faire un roman historique dans lequel se retrouvent les thèmes Bretagne, Etat français, religion, autonomisme, séparatisme, centralisation... Lesquels font écho à l’actualité de ce début de XXe siècle avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’interdiction de l’enseignement du catéchisme en breton ou la récente création de l’Union Régionaliste Bretonne... Voilà en tous les cas, un des épisodes importants de la prise de conscience de l’altérité bretonne mis en scène dans un passionnant roman historique au style toujours incomparable de l’auteur de l’Âme bretonne.


Connu et reconnu pour ces recueils de contes traditionnels et de romans régionalistes, Charles Le Goffic (1863-1932) a su prouver un incomparable talent de « metteur en scène » de la Bretagne éternelle.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 15
EAN13 9782824050034
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Même auteur, même éditeur :












Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.

Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain
Pour la présente édition : © EDITION S des régionalismes ™ — 2013
Editions des Régionalismes : 48B, rue de Gâte–Grenier — 17160 cressé

ISBN 978.2.8240.0150.0 (papier)
ISBN 978.2.8240.0150.0 (électronique : pdf/epub)
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.



charles le goffic
les bonnets rouges













Présentation

C ’est le 30 août 1905 que Les Bonnets rouges commença à paraître en feuilleton dans Le Gaulois d’Arthur Meyer, avant d’être publié en volume l’année suivante, en 1906. Or le roman de Charles Le Goffic, annoncé dans la presse quelques mois plus tôt, s’intitulait La Pieuvre . Il s’agissait d’un violent réquisitoire contre la politique de laïcisation mise en place par le ministère Combes, que l’auteur dépeignait comme un retour aux pires moments de la Révolution française. Une telle publication n’allait pas sans risque pour la carrière de son auteur. Aussi jugea-t-il prudent d’en différer la parution. L’ouvrage ne paraîtra qu’en 1927 sous le titre moins suggestif de Madame Ruguellou .
Charles Le Goffic (1863-1932) se tourna alors vers cette révolte bretonne de 1675 dite des bonnets rouges (et bleus), dans laquelle certains ont cru voir une répétition générale de la Révolution française de 1789.
Ce choix, pour surprenant qu’il paraisse, ne doit pas cependant rien au hasard. Certains personnages lui étaient déjà connus : dès 1888, le tout jeune professeur Le Goffic avait présenté des extraits des Mémoires de Saint Simon (né en 1675). Il y avait découvert entre autres le duc de Chaulnes, gouverneur de la Bretagne ; madame de Sévigné était une grande amie de la duchesse de Chaulnes dont elle parle souvent dans sa Correspondance ; enfin, passionné de Racine, dont il projetait une biographie, il n’ignorait pas que la marquise de Montgaillard, née Mauricette de Pl(o)euc, avait de son côté servi de modèle pour la comtesse de Pimbêche des Plaideurs . Sébastien Le Balp, juriste de formation, notaire à Carhaix, l’avait assisté dans quelques-uns de ses nombreux procès. Son zèle à la défendre lui avait même valu d’avoir été emprisonné à Carhaix d’où les mutins venaient de le délivrer pour qu’il prît la tête de leur révolte.
Quant à cette révolte, deux publications récentes, l’une de J. Lemoine, l’autre de A. de La Borderie, venaient d’en retracer l’histoire. Mais curieusement il y était surtout question des événements de la ville de Rennes. Le Balp y était tout juste mentionné, on ne lui consacrait tout au plus que quelques lignes. L’innovation de Charles Le Goffic allait consister à se focaliser sur la révolte paysanne en Basse Bretagne, entre Carhaix et Morlaix, et sur son chef Sébastien Le Balp. C’est déjà sur ce territoire qu’il avait situé son précédent roman L'Erreur de Florence (1904) réédité, dès 1905, sous le titre de Croc d'Argent . Il ne manque d’ailleurs pas d’y évoquer les « Jacques de la révolte de Papier timbré, les plus grands voleurs de châteaux qu’il y ait eu par le monde ».
C’est d’autre part à Morlaix, durant l’été 1898, que Charles Le Goffic qui avait épousé une Morlaisienne, Julie Fleury, fut, avec Anatole Le Braz, l’artisan d’une renaissance d’un théâtre breton populaire et, avec le peintre Maxime Maufra, le fondateur de l’ Union Régionaliste Bretonne , destinée à promouvoir une identité bretonne en opposition avec la politique centralisatrice de pouvoir en place.
On ne s’étonnera donc pas de retrouver dans Les Bonnets rouges l’écho des engagements politiques de l’auteur. La révolte des Bretons fut d’abord une manifestation anti-fiscale contre une mesure illégale : le roi de France et son ministre Colbert avaient voulu imposer de nouvelles taxes (sur le Papier timbré, le tabac et la vaisselle d’étain) sans consulter, comme ils auraient dû le faire, le Parlement de Bretagne qui y aurait mis probablement son veto. Ce faisant, non seulement le pouvoir n’avait pas respecté la charte de 1632, mais il avait manifesté son mépris pour le Parlement et avec lui toute la Bretagne dont ses membres étaient les représentants. C’est pourquoi il fait dire à son héros, Sébastien Le Balp : « Le Roi nous a dégagés de la foi que nous lui devions. Tout contrat met les parties dans une dépendance réciproque, et il serait extraordinaire que l’une d’elles pût se libérer des clauses qui l’obligent sans que l’autre en pût faire autant. Dès l’instant que le Roi la déclarait caduque la charte de 1632, le Roi n’était plus qu’un étranger. » Cette révolte est donc légitime, ce sont les révoltés qui lui paraissent plus critiquables : une troupe de paysans, une « cohue » n’est pas plus une armée que Le Balp n’est un vrai chef de guerre. Tout au plus un « capitaine d’aventure ». Aussi Charles Le Goffic n’approuve-t-il pas cette « aventure » à cause des risques de dérive autonomiste voire séparatiste qu’elle comporte, qui s’étaient manifestés récemment jusqu’au sein de l’ Union Régionaliste Bretonne . La décentralisation n’est pas la sécession.
Mais il y a sans doute plus grave : pour gagner cette « guerre civile », les Bonnets rouges ont sollicité et obtenu le renfort de la flotte hollandaise. Or la Hollande est en guerre contre la France : en favorisant les révoltés bretons, elle veut surtout affaiblir la France en lui imposant une dispersion de ses troupes sur plusieurs fronts. Charles Le Goffic lui-même avait été victime de cette illusion panceltique qui lui avait inspiré son roman Morgane , avant de découvrir que les autonomistes irlandais n’avaient été soutenus dans leur résistance par l’Allemagne que parce qu’elle avait trouvé là un moyen de nuire à l’Angleterre. Désormais fédéraliste convaincu, il n’est pas loin de partager l’idéal de ces « paroisses unies d’Armorique » dont rêvait Jean Dollo. C’est pourquoi si Le Balp a la sympathie de son auteur, celui-ci n’approuve ni ses objectifs ni ses méthodes. Le Balp, lucide et conscient de ses limites et de la faiblesse de ses troupes, sollicitera en vain le concours du marquis de Montgaillard, le seul capable, selon lui, « de discipliner nos troupes et de leur donner un commencement d’organisation régulière ». Malgré l’exil breton que le roi impose au marquis, celui-ci refusera son aide aux révoltés. C’est que « monsieur de Montgaillard était quelque chose de plus qu’un soldat : en face de Le Balp travaillé d’ambitions séparatistes, breton avant que français, l’estimable gentilhomme ne représentait pas seulement la discipline, l’obéissance aveugle et la fidélité au Roi, il incarnait obscurément encore, un principe supérieur, celui de l’unité politique du royaume ».
En choisissant de traiter un tel sujet Charles Le Goffic se confrontait à un genre difficile, inauguré un siècle plus tôt par Chateaubriand avec Les Martyrs , qu’il avait déjà abordé avec La Double confession : le roman historique. Son aîné, Anatole Le Braz, s’y était essayé avant lui sans grand succès avec L’Évêque Audrein . Ce genre exige en effet un savant dosage de vérité historique et d’invention romanesque, au risque de favoriser l’une au détriment de l’autre. Pour résoudre ce problème, Charles Le Goffic avait choisi de privilégier la révolte paysanne de Basse Bretagne avec pour terrain des opérations la région du Poher autour de Carhaix, ce qui lui a permis de laisser à l’arrière-plan les principaux personnages de l’Histoire pour s’intéresser à des personnages secondaires réels, mais assez peu connus comme le marquis de Montgaillard, Sébastien Le Balp et son mentor Jean Dollo.
La chronologie des principaux événements est respectée : prise et pillage du château de Kergoët, échec de la tentative de livrer le port de Morlaix à la flotte hollandaise de l’amiral Ruyter, prise et occupation du château du Tymeur où le marquis de Montgaillard a été condamné à résidence. Il se contente d’évoquer la conjoncture qui favorisa dans un premier temps les succès des révoltés : l’absence des principaux dirigeants de la Bretagne : le duc de Chaulnes, gouverneur de la Bretagne, monsieur de Lavardin, gouverneur de Rennes, monsieur de Coëtlogon, lieutenant-général du roi en Haute Bretagne, ainsi que la concentration des troupes royales en Hollande et sur le Rhin.
La seule liberté prise avec l’Histoire concerne les relations secrètes qui unissent entre eux les principaux personnages du roman : madame de Montgaillard, Sébastien Le Balp, Jean Dollo et l’énigmatique M. Jean. Pour cela l’intrigue est interrompue à deux reprises pour des retours de dix-sept ans (chapitre 2) et de quinze ans (chapitre 7) en arrière.
Signalons également une troisième diversion : le long chapitre 8 (39 pages), tout entier consacré aux missions du Père Maunoir. C’est que l’intervention quasi providentielle du Tad Santel illustre tout le bénéfice que le pouvoir politique peut tirer d’une étroite collaboration avec le pouvoir religieux. Sans doute faut-il y voir un argument historique contre la récente séparation de l’Église et de l’État.
D’autre part le Père Maunoir, qui avait appris le breton « miraculeusement » en un temps record (huit jours), s’en servait avec bonheur pour émouvoir et captiver les foules, ignorantes du français le plus souvent, qu’il rassemblait dans ses missions. Or le ministère Combes venait d’interdire aux prêtres de prêcher et d’enseigner le catéchisme en breton. La plus heureuse innovation du saint homme fut cependant d’avoir su transformer les participants de simples s

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