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Les blancs manteaux , livre ebook

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Description

Philippe IV Le Bel décide de mettre fin à l’Ordre du Temple. Vendredi 13 octobre 1307 à l’aube, les possessions et commanderies du royaume sont investies simultanément par la police. Les vainqueurs viennent d’écrire l’Histoire !


Jean Sicard, modeste paysan des montagnes d’Occitanie devenu templier entame alors un véritable voyage initiatique à travers le royaume de France. Le pays est en pleine tourmente politique mais sa mutation intellectuelle est en route. Il est question d’intégrité humaine, de démocratie et de séparation du pouvoir spirituel et temporel. Parviendra-t-il à temps pour sauver ses frères en difficulté dans la prison du Louvre à Paris ?


Aux opprimés criant vengeance, leurs défenseurs réclament justice !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 avril 2023
Nombre de lectures 1
EAN13 9782383513926
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Du même auteur, chez Nombre7 Editions :
Récit
Saudades
Roman
Les templiers de Montségur
Jeunesse
Toune la marmotte
Aïda galops en Camargue
Roko et Alya
Poésie
Les mots comme ils viennent
« Nous demandons que toutes les robes des frères soient teintes d’une même couleur, à savoir blanche, noire ou de bure, et nous octroyons le Manteau Blanc à tous les frères chevaliers, en hiver comme en été. À nul autre, qui n’est Chevalier du Christ, il n’est permis de porter le Blanc Manteau. Et que ceux qui ont abandonné la vie ténébreuse du monde, à l’exemple de ces robes blanches, puissent se reconnaître comme réconciliés avec le Créateur… »
Extrait de l’Article 27 de la Règle Primitive de l’Ordre du Temple .
PREMIÈRE PARTIE
Le berger Francis Dalayrac — La commanderie de Vaour — Bernard Da Roca — Arnaud le mutilé.
Les rayons du soleil peinent à percer les brumes matinales d’un automne finissant. On devine, au loin, les cimes des Pyrénées blanchies par les premières neiges. L’hiver s’annonce précoce. Octobre s’installe avec ses journées qui s’amenuisent chaque jour davantage. Après avoir décidé de contourner la cité de Toulouse, Jean Sicard chevauche à un rythme soutenu vers les plaines du Quercy, alternant l’allure de son cheval du pas au galop selon la configuration du terrain. Il s’est fixé comme objectif d’atteindre la commanderie de Vaour avant la nuit. Le gîte et le couvert lui seront assurés. Voilà quatre jours qu’il a quitté les chemins escarpés du comté de Foix avec, comme seul bagage, une besace garnie de quelques victuailles et une épaisse couverture roulée et ficelée à l’arrière de la selle. Il a conservé son épée. Une dague est accrochée sous sa cape de bure. Il doit avancer vite, très vite, car les nouvelles sont alarmantes. Il flatte, tout en galopant, l’encolure de son fidèle cheval, garant de l’aboutissement de son voyage. Aussi le ménage-t-il en évitant les chemins empierrés qui abîment les fers autant que les terrains trop mous qui enserrent les jarrets et fatiguent les jambes prématurément. Mais l’animal s’adapte souvent de sa propre initiative et il n’est pas rare qu’il prenne le galop quand le terrain s’avère souple. Et là, surpris, le cavalier ne manque pas de parler à sa monture : « Oh là, doucement mon bon ami. La route sera longue. Ménage ton souffle et tes forces, nous en aurons bien besoin ! ».
 
Il doit maintenant éviter la bastide de Montauban ainsi que la cité d’Albi. Trop de monde et d’agitation. On y parle beaucoup. Trop sans doute. Le temps présent est à la discrétion. Les noms de Simon de Montfort et de Raymond Trencavel y sont souvent prononcés. Ils ne manquent pas de susciter controverses et animosités. Morts et enterrés depuis des décennies, leur nom a forgé deux fortes identités locales. On a peu d’inclination pour le premier, guerrier brutal qui a exterminé ces malheureux cathares sans défense. Ses expéditions meurtrières en Occitanie lui permettent au passage de s’accaparer terres et domaines sur lesquels il fait appliquer les lois des barons du Nord. L’Église voudrait faire de lui un conquérant et sauveur de la vraie foi, mais un détail de l’histoire ternit son aura. Une pierre lancée d’une machine manœuvrée par une femme lui fracasse le crâne au siège de Toulouse. Il était du côté des vainqueurs. Trencavel, quant à lui, est l’homme du pays et du cœur. Bien qu’il ait retrouvé avec réticence le chemin de la seule et véritable religion en rejoignant le bon roi Saint Louis à Tunis, il est de notoriété publique que sa famille a toujours été très proche de ces malheureux hérétiques.
Les grandes cités se sont ralliées les unes après les autres à l’autorité du royaume par force et par intérêt. Le monde doit continuer à prospérer avec une armée puissante et une religion reconnue par tous. Et il ne peut y en avoir qu’une seule, la vraie ! Les derniers cathares se sont réfugiés en Italie. D’autres ont préféré le comté de Barcelone au royaume d’Aragon. Malheur à ceux qui s’aventurent à revenir au pays, un feu brûlant les attend ! Il ne reste que quelques rares récalcitrants qui se cachent dans de lointains villages d’Occitanie. Dissimulés dans les montagnes, ils sont traqués inlassablement avec une cruauté sans limites. Il suffit d’échanger quelques mots avec l’un d’eux pour être accusé de connivence et sommé de dénoncer des contacts éventuels. Si une discussion s’engage et que l’on suspecte une quelconque sympathie envers la croyance illicite, il faut vite s’en remettre au curé qui fera le nécessaire. Une attitude contraire confirmera un attrait pour la nouvelle religion. Dénoncer quelques voisins permettra parfois de sauver sa peau ou d’assouvir une vengeance. Il n’est pas rare de bénéficier d’une récompense sonnante et trébuchante ou se voir octroyer les terres confisquées à l’infortuné accusé. Jean Sicard sait tout cela. Il calme son cheval qui accélère son galop au risque de s’épuiser. Une boule de rage lui tenaille le ventre à intervalles réguliers. Il pense à son père Augustin, arrêté en plein déroulement de la fête du village et conduit en prison. Il n’est jamais revenu. Les larmes de sa mère. La fureur de son frère prêt à percer le ventre du coupable qui a dénoncé. Et sa colère à lui, comme une souffrance permanente et une injustice insupportable. Mais il doit assurer l’avenir de sa famille et la paix du village. Partir, reprendre son épée dissimulée sous le plancher de la grange. Enfiler sa tunique sombre avec la croix rouge cousue au revers de la manche.
Il traverse une petite rivière, le Tescou, qui se jette dans le Tarn non loin de Montauban. Il s’enquiert de la direction de Vaour en s’adressant à un berger surveillant sa petite troupe de brebis. L’homme le regarde droit dans les yeux, retient son souffle et d’une tirade lui lance :
—  Les bâtisses que vous voyez sur la colline au bout de ce grand champ, c’est Montmiral. Certains disent Castelnau de Montmiral. Pour nous autres, c’est simplement Montmiral. Derrière la colline, à l’ouest, c’est la forêt de Grésigne, là où poussent les plus beaux chênes du royaume, à ce qui se dit. Mais il faut l’éviter car les marauds d’Albi et de Montauban viennent s’y réfugier pour fuir la police. Vaour est à moins de quatre lieues de Montmiral. Vous y serez avant la nuit. Le commandeur de Montricoux, Bernard Da Roca et tenant lieu * de Vaour vous recevra. Il vient de rentrer de Paris de fort mauvaise humeur car il s’y passe des choses désagréables. Mais vous devriez descendre de cheval quelques instants. Rien ne presse et la nuit ne vous surprendra point si j’en crois la puissance de votre destrier.
—  Hé ben ! Berger mon ami ! Il semblerait que tu aies été affecté à rassurer les voyageurs et les mettre sur le bon chemin, rétorque Jean en riant. Ce chemin est-il si fréquenté ?
—  Assurément en cette période ! affirme le berger avant d’ajouter d’un ton faussement mystérieux : Beaucoup de monde vient prier dans notre chapelle de Vaour alors que de belles églises et cathédrales ne manquent pas dans les cités de Montauban ou d’Albi.
Jean s’accorde un moment de repos avec cet homme singulier. La discussion prend une tournure détendue, presque amicale. Il attache la bride de son cheval à une branche basse. Ce dernier se met à brouter l’herbe tendre à ses pieds.
—  Tenez, prenez ces quelques noix. Le vent de la nuit les a fait tomber. Elles sont toutes fraîches et brunissent encore mes doigts. Et un peu de pain avec.
L’homme a envie de parler. Les longues journées de solitude lui pèsent. Il semble avoir un peu d’éducation. Habituellement, les propriétaires confient la garde de leurs animaux au simplet du village. On le surprend alors à discuter avec les moutons, les oiseaux et les papillons. On lui promet le paradis. Il est ravi. Il arrive que le troupeau rentre sans lui à la bergerie, mais on lui pardonne : c’est un simple . Il est souvent dans les nuages à converser avec les anges.
—  Tu n’as donc pas de chien pour t’aider à contenir tes bêtes ? demande Jean.
—  Non, pas en cette période. Elles sont dessaisonnées *. Les mères vont bientôt mettre bas et le chien les agace. Il ne faut pas. Et puis les journées raccourcissent et dès que le soleil décline, elles s’en retournent d’elles-mêmes vers la chaleur de la bergerie. Nul besoin de les guider. Elles connaissent.
Un simple d’esprit ne parlerait pas de la sorte. Devançant avec une certaine malice les interrogations non formulées du cavalier, il enchaîne :
—  De nombreuses personnes passent par ici en ce moment. Elles marchent tête basse et ne prennent pas le temps de s’arrêter. Elles semblent préoccupées et anxieuses. Alors je tente de les rassurer. À ma manière ! J’en ai vu des comme vous… pas très drôles… et qui n’avaient pas envie de rire !
—  Que veux-tu dire ? demande Jean.
—  Votre tunique, la croix… l’épée…, susurre le berger sans se départir d’un ton énigmatique.
—  Cela suffit ! intime Jean, agacé. Tu minaudes pour te rendre intéressant. Je n’aime pas cela. Il est des choses importantes dont on ne doit parler qu’avec gravité et respect. Dis ce que tu as à dire simplement !
Le berger met un genou à terre, visiblement intimidé par la remontrance.
—  Je vous demande pardon chevalier. Loin de moi l’intention de vous offenser. C’est ma nature de faire le bouffon de temps à autre, ne m’en veuillez pas.
L’homme s’exprime avec sincérité.
—  Je suis Jean Sicard, sergent de l’Ordre. Relève-toi.
—  Et moi, je me nomme Francis Dalayrac, au service de la commanderie * de Vao

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