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Le Secret de Joseph, le tailleur d'habits , livre ebook

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Description

En Auvergne, en 1740, deux générations de paysans peinent pour survivre et s’élever dans la société. Certains partiront pour Paris, sûrs de s’enrichir, d’autres resteront au village.

Anne-Marie, après un premier mariage avec Gabriel, a épousé Léon, le charbonnier qui l’aimait depuis des années.

Tous les personnages forment une toile dont les fils s'entrecroisent et se mêlent.

Les conditions climatiques extrêmes, les famines, les charges qui reposent sur le dos de ces paysans les désespèrent souvent, mais ils savent relever la tête et espérer un monde meilleur, sans trop y croire cependant.

Vous vibrerez avec tous ces personnages, ils vous entraîneront dans leurs aventures qui souvent ne sont qu’une tranche de leur humble vie.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 avril 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782414053612
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-05359-9

© Edilivre, 2017
Anne (1667) et Gilbert (1667)
Mariés en 1684
------------------------
Gabriel (1685-1729) épouse Anne Marie en 1707
------------------------
– Antoine (1707) épouse Marguerite
– Gilbert (1709)
– Jean (1712)
– Jeanne (1713), épouse Tristan
– Adrien épouse Julie
– Julien
– Jacques (1721) épouse Françoise, puis Annette
– Henriette
– Patrocle
– Victoire
– Blaise (1722) épouse Marie Louise, puis Joséphine
– Joseph (1726- 1790) épouse Marie en 1760
– Jean (1761)
– Gilberte (1764)
– François (1767) épouse Françoise
– Joseph (1771)
– Antoine (1774)
– Thérèse (1778)
– Gilberte (1718) épouse Robert
– Philippe (1720) épouse Clémence
– Louis, fils de Léon (1732) et d’Anne-Marie (épouse Edith)
1
Avril 1740
A la disparition de Gabriel, Antoine a hérité de la terre et il a épousé Marguerite. En douze ans de mariage, onze enfants sont nés, mais seulement six ont survécus. Jaloux, son frère Gilbert a préféré quitter la ferme et partir se louer comme scieur de long dans les Monts du Forez. Voilà de longues années qu’il s’engage chaque saison et il a pu épargner un petit pécule avec lequel il compte bien acheter un lopin de terre. Aussi, dès l’arrivée du printemps, il démonte et emballe la grande scie, rassemble les autres outils et son baluchon sur l’épaule, il prend le chemin du retour. Il n’est revenu que trois fois dans le petit village du puy de Dôme qui l’a vu naître et où vit encore toute la famille.
Après deux jours de voyage, l’argent soigneusement dissimulé sous la ceinture et un repos bien mérité dans une auberge, Gilbert aperçoit son village au détour du chemin. Le cœur emplit de nostalgie, il le contemple, il voit des volutes de fumée sortir des toits des masures, il croise des paysans qui reviennent des champs du pas lent et traînant de ceux que le travail a harassé.
– Bonjour l’Alphonse !
Le bonhomme relève la tête, s’arrête et le regarde d’un air curieux tout en cherchant dans sa mémoire. Au bout d’un moment, ses yeux s’éclairent et un sourire flotte sur ses lèvres.
– Ah, c’est toi l’Gilbert ! Te v’là r’venu !
– Oui-da. J’vais voir la mère à c’t’heure !
– L’Léon, il s’fait ben vieux !
Et Gilbert se rappelle Léon, le second mari de sa mère, qui pendant leur enfance s’occupait d’eux, les consolait, leur sculptait des jouets.
Il a épousé leur mère à la mort du père et ils ont eu un fils, Louis, qui doit avoir dans les dix ans. Il revoit aussi son frère Jean qui l’a remplacé à la ferme et qui travaille avec Antoine. Il est âgé de vingt huit ans et n’a pas encore convolé. Une de ses sœurs, Jeanne, vingt deux ans, est employée au château comme aide-cuisinière.
Il l’imagine, jolie brunette, toujours gaie, les yeux bleus sous de longs cils et il se réjouit de la retrouver. Philippe, âgé de vingt ans a terminé son apprentissage de forgeron et il vit au village d’à côté chez son maître.
Voilà plusieurs années qu’il ne l’a pas revu mais il se souvient d’un garçon assez renfermé, costaud et bien fait de sa personne. Gilberte, l’autre sœur, à vingt sept ans travaille comme couturière et elle est fiancée à un valet embauché par Léon. Ils doivent se marier après les gros travaux d’été.
Jacques, voiturier, est toujours sur les routes à transporter du charbon, du bois et d’autres marchandises.
Son patron n’a pas de fils et il espère qu’il épousera sa fille car le jeune homme, très courageux lui plait bien. Mais pour l’instant, Jacques n’a que dix-neuf ans et il se trouve un peu jeune pour se marier.
Blaise, son autre frère, tout juste âgé de dix-huit ans vient de s’engager à la mine de plomb argentifère de la bourgade toute proche. Le garçon a le visage grêlé par la petite vérole qui a bien failli l’emporter alors qu’il n’était encore qu’un enfant.
Il reste Joseph, quatorze ans, qui a signé un apprentissage chez le tailleur d’habits de la ville voisine. Léon l’a rencontré à l’auberge alors que l’homme proposait ses services dans le village. Joseph, de santé précaire, n’aurait pas tenu le coup dans le travail de la terre et sa petite taille ne lui permet pas non plus de s’engager dans l’armée du roi. Aussi, ne lui reste-t’il pas grand choix pour gagner son pain.
Il a découvert qu’il aimait le toucher des étoffes et que tirer l’aiguille ne le rebutait pas. De jour en jour, il réalise que des mains du tailleur d’habits sortent des vêtements bien coupés et il a envie d’apprendre le métier.
Gilbert parvient enfin à la maison de sa mère et il la trouve les mains dans le pétrin, le dos cassé et le visage luisant de l’effort qu’elle s’impose. Il prend soin de s’annoncer afin de ne pas la surprendre et lui faire peur.
– M’man, j’suis r’venu !
Au son de la voix, Anne-Marie se relève péniblement, plisse les yeux car la pénombre lui cache les traits de l’arrivant et enfin elle le reconnaît. Sans prendre la peine de s’essuyer les mains où la farine a collé, elle le prend contre elle et l’embrasse.
– C’est toi l’Gilbert ? J’suis contente de t’voir enfin, depuis tout c’temps !
– J’vais rester et voir si j’peux trouver d’la terre, j’ai épargné presque tout c’que j’ai gagné !
– T’verras avec l’Léon, y’en a d’la terre et pas trop loin d’là. Tu trouveras ben ton affaire !
Il regarde sa mère et la trouve fatiguée, des fils blancs parsèment sa chevelure, ses traits se sont affaissés et de fines ridules sillonnent son visage. C’est à ce moment-là que Louis rentre au logis. Avec des cris de joie, il se jette dans les bras de son frère.
– T’as ben grandi, mon gars, d’où t’viens à c’t’heure !
– D’l’école, pardi, j’sais déjà écrire mon nom !
– T’en sais plus que moi, j’sais même pas signer !
– J’t’apprendrai si t’veux !
– Tope là, mon gars !
Louis, les yeux brillants, admire ce frère qu’il a très peu vu ces dernières années, mais il l’envie, car lui au moins a parcouru le pays, il a pu admirer autre chose que le petit village qui est tout son univers et qu’il connaît par cœur. Dans le secret de son cœur, il se promet que lui aussi, un jour, il partira.
Là-dessus, il entend la voix de Léon qui appelle sa femme. Il le voit sortir de l’étable et son regard s’illumine en découvrant Gilbert. Celui-ci lui donne l’accolade et le jeune homme découvre un petit homme tout voûté, le cheveu rare sous le chapeau mais avec le même regard de bonté qu’il avait lorsqu’ils étaient enfants. Des bribes de souvenirs remontent en lui, il se souvient des histoires qu’il leur racontait et des mots de consolation qu’il leur prodiguait lorsque leur père était pris d’une crise de migraine qui le rendait violent.
A sa mort, Gabriel leur père, avait confié sa femme et ses enfants à Léon en lui demandant de s’occuper d’eux. L’homme avait épousé Anne-Marie qu’il aimait depuis plus de dix ans et il n’avait jamais failli au serment qu’il s’était fait de ne jamais trahir la confiance de Gabriel.
– L’Gilbert veut s’ach’ter du bien !
– Y’a ben une ferme à vendre avec quelques hectares de bonne terre dans l’village d’à côté, faut voir l’notaire. L’héritier est parti à Paris il y a des années et il veut pas r’venir, alors il s’est décidé à vendre. Mais la maison est délabrée, le toit est éventré et elle est pas ben grande.
– J’me renseignerai d’main ! Et l’Antoine, comment il va ?
– Ca va, la Marguerite a eu un autre enfant, une fille. L’Jean travaille toujours avec lui, heureusement, car l’travail manque pas ! Mais J’ai une mauvaise nouvelle ! J’viens d’apprendre le prochain tirage au sort pour la milice.
Tu dois t’présenter d’main, ainsi que l’Jean et l’Philippe. Avec ta mère, on a ben quelques économies, mais si vous êtes tirés au sort, on pourra pas payer pour les trois. Et il en faut quatre pour l’village !
– On verra ben d’main ! Mais l’Jean doit être exempté car il est trop p’tit ! T’aurais dû l’signaler !
Gilbert n’avait pas envisagé cette éventualité et cela bouleversait tous ses projets, lui qui pensait devenir son propre maître. Depuis des années, il épargnait, se privait même de nourriture, il rêvait à ce jour où il pourrait acquérir une terre. Et voilà que le sort s’acharnait de nouveau contre lui.
Le lendemain matin, dès huit heures, les trois frères se présentent sur la place de l’église où sont réunis les paysans appelés par la cloche. En présence du chirurgien, du consul et du recteur de la bourgade voisine, on leur explique que conformément aux ordres du Roi, ils ont le dimanche précédent fait tirer au sort par un indigent pour savoir qui serait désigné. Comme prévu, seul Jean est exempté. Sont alors désignés Gilbert et deux autres jeunes gens. Philippe peut alors respirer, car il n’aurait pas aimé quitter le village et son métier de forgeron. Décontenancé, Gilbert sait qu’il ne peut pas se faire remplacer, il ne veut pas engager l’argent de ses parents ni donner le sien. Malheureusement, contrairement aux années précédentes pendant lesquelles les miliciens restaient chez eux tout en demeurant au service de la milice, on lui signifie qu’il est engagé pour plusieurs années et qu’il doit servir sous les drapeaux. En effet, la guerre de succession d’Autriche requiert beaucoup hommes et il doit partir rapidement. Malgré son désarroi et sa déception, il a une folle envie de voir du pays et maintenant, il frétille d’impatience.
Dès le lendemain, chez le notaire, Gilbert signe d’une croix son engagement et reçoit un petit pécule. En échange, il lui confie ses économies en lui demandant de les faire fructifier jusqu’à son retour.
Anne-Marie est triste à l’idée que son fils la quitte à nouveau, car va-t-elle le revoir ? Elle pense à son beau-frère Joseph, qui à la suite de son engagement est parti vivre en Acadie et qu’ils n’o

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