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Le secret d'Eva Braun , livre ebook

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Description

Dans ce journal intime romancé, daté de 1929 à 1945, Nicolas de Pape fait entendre la voix d'Eva Braun, la compagne cachée d'Adolf Hitler. L'auteur retrace les grandes étapes d'une des plus sombres périodes de l'Histoire à la lumière du parcours personnel de la maîtresse du dictateur. Ils s'aimèrent en secret pendant seize ans et se suicidèrent ensemble à la fin de la Seconde Guerre mondiale, juste après s'être mariés. Lorsqu'elle le rencontre fascinée à l'âge de dix-sept ans, il en a déjà quarante. De son ascension fulgurante à sa chute, officiellement en tant que secrétaire, elle suit les coulisses de l'épopée politique de celui qu'elle surnomme « Adi » et côtoie de près Goebbels, Göring et bien d'autres. Malheureuse de devoir rester dans l'ombre du Führer « marié à l'Allemagne », jalouse des femmes qui l'entourent, elle tente à plusieurs reprises de se suicider. Le récit passionné de son idylle plonge le lecteur dans l'intimité du couple et dévoile un visage plus que surprenant du chancelier allemand d'une « timidité maladive ». Avec un impressionnant souci du détail et beaucoup d'imagination, l'auteur livre une reconstitution historique d'une grande crédibilité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 novembre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782334235068
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-334-23504-4

© Edilivre, 2016
Avertissement
Le journal d’Eva Braun, tenu entre 1929 et 1945, a alimenté bien des fantasmes après la guerre et jusqu’à aujourd’hui.
En 1948 est paru sous le titre « Le Journal intime d’Eva Braun », un faux grossier, malheureusement présenté au public comme authentique.
Vers 1950, l’historien britannique David Irving a prétendu avoir interrogé la femme de Johannes Göhler, l’officier de liaison d’Herman Fegelein, le beau-frère d’Eva Braun, officier qui a affirmé avoir pris un avion le 29 avril 1945 à Berlin pour Berchtesgaden afin de détruire la correspondance d’Hitler. L’épouse Göhler qui a travaillé un temps (jusque février 1946) pour le Counter Intelligence Corps américain a dit à Irving qu’elle avait réussi, avec un officier américain, à empaqueter le journal d’Eva Braun ainsi que ses lettres à Hitler et à sa sœur Gretl Braun. On sait, grâce à une lettre authentique d’Eva Braun datée du 25 avril 1945, que celle-ci avait demandé à sa sœur de ne pas détruire son journal pour laisser une preuve qu’elle fut bien la maîtresse d’Hitler. Mais ces feuillets n’ont jamais été retrouvés chez l’officier américain.
Parmi les Archives nationales à Washington, qui conservent des albums photos et des films tournés par Eva Braun, ces écrits ne s’y trouvent pas non plus.
Par le plus pur des hasards, c’est un agriculteur allemand nommé Jozef Borgensee qui, en labourant son champ non loin de l’ancienne résidence d’Hitler au Berghof, a découvert une boîte en aluminium qui bloquait sa machine-outil.
A l’intérieur de cette boîte, emballé dans trois couches de papier gras, il a trouvé un paquet imposant remplis de feuillets manuscrits.
Plus érudit qu’il en avait l’air, Borgensee les a ramenés dans sa ferme et a commencé à les lire.
On y parlait d’Hitler, de la guerre de 40, des nazis.
Il a immédiatement apporté les feuillets aux archives de l’Etat de Bavière.
La directrice de l’institution, le professeur docteur Margit Ksoll-Marcon, les a parcourus en une nuit.
Elle a été rapidement convaincue qu’il s’agissait du journal perdu d’Eva Braun.
Une datation radiométrique a permis d’évaluer l’âge des documents, approximativement 65 ans.
Erna Jung, la fille de Traudl Jung secrétaire du Führer et amie d’Eva Braun, ayant conservé deux lettres manuscrites d’Eva Braun, il a été possible de comparer les écritures. L’étude graphologique a été confiée – sans préciser l’auteure des lettres – au professeur docteur David Ploog. Il a confirmé l’analogie parfaite entre les deux.
Le journal d’Eva Braun, authentifié, a fait l’objet d’un appel d’offre des plus grandes maisons d’édition allemande. C’est finalement les Editions Diogenes qui ont obtenu le contrat. L’éditeur n’a cependant publié que les feuillets qui lui paraissaient éclaircir la relation entre Eva Braun et Adolf Hitler ou éclairer l’histoire. Car le reste n’est que pathos sans grand intérêt littéraire ni historique.
C’est cette version expurgée que vous tenez entre vos mains 1 .
1 Afin d’aider le lecteur peu averti dans les dédales de l’histoire du nazisme, des notes de bas de page permettent de situer le contexte. Les fautes de syntaxe et d’orthographe propres à Eva Braun et les tournures dialectales bavaroises ont été corrigées et adaptées.
1929
12 octobre
Quand Heinrich 2 m’a présenté hier ce « Monsieur Wolf », j’ai fait semblant de ne pas le connaître. J’ai dit « n’an, je ne le connais pas. » Mais ce n’est pas la première fois que je croise ce regard de braise. Lors des grands événements de 1923 3 , j’étais proche des barricades. Je m’en souviens comme si c’était hier.
Il n’était qu’un jeune homme à l’époque. Il courait, fusil à la main, avec quelques camarades. Des gendarmes le poursuivaient en criant. Les balles sifflaient. J’étais trop petite pour me rendre compte du danger. Nous aurions pu prendre une balle perdue, mais nous étions arrimées aux rambardes.
Tout avait commencé en fin de matinée lorsque les portes du collège se sont ouvertes. Moi, petit lutin blond, je cours entre les jambes des soldats vers la rive de l’Isar. Je veux voir le spectacle. J’ai à peine neuf ans mais je cours déjà vite. Ilse, ma grande sœur, peine à me suivre. Nous sommes devant le pont Ludwig qui relie les deux rives de Munich. Les soldats nous empêchent de passer. En face, Hitler et les quelques partisans qui lui sont restés fidèles. Je ne comprends pas grand-chose. Mais ils semblent une poignée à côté des soldats qui sont de notre côté du pont. Sur le camion que conduit un homme blond, un passant raille à son sujet : C’est une mitrailleuse sans munition.
Ma sœur Ilse 4 a changé d’avis. Elle aussi veut profiter du spectacle. Elle veut voir Adolf Hitler. Nous courons ensemble le long de la Zweibruckenstrasse. On se faufile au milieu des passants. On traverse une cour d’immeuble, on pousse la porte et on monte au deuxième étage. Un vrai panorama sur l’Isar. Nous allons tout voir de la révolution. Le chef du NSDAP 5 que père déteste tellement, le petit agitateur sans envergure, veut renverser le gouvernement des traîtres, ceux qui ont accepté la défaite humiliante, dit mère lorsque nos parents abordent la question.
Mais voilà qu’un petit homme gras ose traverser le pont. « C’est Göring ! », crie la foule. Ils sont plus nombreux que prévu, ces insurgés, sans peur et sans reproche. Les policiers commencent à reculer sous le nombre. La foule a changé d’avis. Elle semble prendre parti pour les agitateurs. Voilà que des hommes crachent à la figure de la police… Et puis, je m’en souviens comme si c’était hier, je l’ai vu, lui Adolf Hitler, marchant derrière le gros monsieur. « C’est un grand pilote ! », s’écrie à ce sujet un homme qui doit avoir l’âge de père. « Ces gens nous rendront notre fierté face aux capitulards de 1918 ! »
Je me souviens comment l’homme dans la foule m’a reconnue. Il a dit « C’est la fille de l’instituteur Braun ! Pourquoi devrait-elle cacher sa joie ? Elle est assez grande pour comprendre où est son intérêt ! » Et il m’a assise sur ses épaules. De là-haut, j’ai pu voir le cortège poursuivant sa route vers la Marienplaz et s’engageant dans la Wienstrasse. Je n’étais plus qu’à dix mètres de Hitler. Un moment, j’ai cru qu’il me fixait de ses yeux gris perçant…
Les mêmes yeux qui me scrutent alors que je range les photos du Maréchal Hindenburg dans la vitrine de la boutique Hoffmann.
– Allons, ne sois pas timide, me dit Heinrich. Dis bonjour à Monsieur Wolf.
Pourquoi mon patron l’appelle Monsieur Wolf, je l’ignore.
Je rougis car voilà qu’Adolf Hitler me tend la main pour me saluer. Il est encore plus impressionnant que sur les photos.
– Fraulein, vous êtes absolument ravissante, me dit Hitler. Heinrich a bien de la chance de vous compter parmi ses employées ! Vous avez là une belle collection de photographies ! Le président Hindenburg a fière allure. Mais je vous laisse à votre travail. Je ne veux pas vous déranger plus longtemps !
Et moi, quelle gourde, je souris bêtement. Je ne sais pas quoi dire alors que son regard me déshabille.
Quand je raconterai ça à Ilse, à maman et même à père ! Que j’ai été présentée à Adolf Hitler, ils n’en croiront pas leurs oreilles ! A moins qu’il vaille mieux que je me taise ?
Comment aurais-je pu croire il y a trois mois, lorsque j’ai répondu à la petite annonce de M. Hoffmann que je le rencontrerais, LUI ? Bien sûr, sur la devanture de la boutique, il y a au moins cinq de ses portraits. Mais, gourde comme je suis, je n’y avais pas fait attention.
13 octobre
Père a pris un air contrit lorsque je lui ai raconté ma rencontre avec Hitler alors qu’il terminait son strudel. Eh oui. J’ai finalement lâché le morceau…
– Tu es sûr que c’est bien lui ? Je ne savais pas que Monsieur Hoffmann le connaissait. Il n’est plus grand-chose depuis son coup d’Etat manqué. Je n’ai jamais cru que cette bande de va-nu-pieds réussirait à renverser le gouvernement. Et aujourd’hui, il est plus seul que jamais. Le président Hindenburg le snobe. Aux prochaines élections, il ne fera pas 2 %. Pour moi, c’est un homme politique fini et bien fini…
Ilse, par contre, était verte de jalousie. Elle m’a posé plein de questions. Est-il si beau qu’on le dit ? Que faisait-il dans la boutique Hoffmann ? Était-il accompagné d’une jolie femme ?
Père s’est cependant adouci lorsque je lui ai décrit avec quelle correction et affabilité il m’avait parlé.
– Göring est un héros de l’aviation. Et tous ces hommes qui ont aidé Hitler, sont de bonne foi. Ils ont voulu venger notre humiliante défaite en 1918. On ne peut les blâmer pour cela. Ils ne peuvent se sentir coupables, ni surtout des traîtres. Ils ont voulu faire leur devoir, le bien de leur peuple.
Après le repas, j’ai rejoint ma chambre. J’ai ouvert mon tiroir magique et déposé mes coupures de presse sur le lit, à côté des photos de John Gilbert (il regarde Greta Garbo avec des yeux enamourés et je suis jalouse. Envieuse d’une coupure de presse !).
Mais lui, Adolf, c’est autre chose. Il n’est pas vraiment beau avec sa moustache ridicule et son gros nez mais au moins il existe.
Et puis il est vraiment simple et modeste.
Encore que…
Dans la Frankfürter Zeitung, que mon père a laissé sur la table de la cuisine il se compare à Richard Wagner. « Comme cet immense musicien, je ne veux rien d’autre que servir mon pays. Les honneurs sont futiles. » J’aime les hommes qui ne parlent pas que d’eux-mêmes. Ceux-là seuls sont capables de s’occuper d’une femme.
Avec Ilse, qui m’a rejointe, nous poursuivons la lecture des coupures de presse et rions de bon cœur.
– Tu es amoureuse !, me dit-elle. Je le vois bien à ta pupille dilat

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