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LE PHARE DE MOGADOR - Le Caïd Hmad Anflous , livre ebook

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Description

Le Phare de Mogador raconte la vie d'un paysan, Si Abdallah, personnage principal, natif des Hrarta, région d'Essaouira (1898-1974). L'auteur met en exergue son étonnante faculte d'adaptation aux vicissitudes de la vie moderne ; d'un simply paysan, il embrasse une foule de métiers, côtoie les grands de son époque, et participe même au soulèvement du Caïd Hmad Anflous contre le colonialiste français en 1912.Et ou veux-tu mettre les relents qu'exhalent, de jour comme de nuit, ces dizaines de milliers de citadins, carrément empilés pour la plupart dans une promiscuité de taudis, ceux qui pètent, ceux qui déséquent, ceux qui vomissent, ceux qui pissent, ceux qui copulent, ceux qui ne se lavent que tous les 36 du mois, et qu'est-ce que j'en sais encore... La fille qui drogue et assassine son père pour des broutilles, le fils qui le trahit et vend ses biens, le frère qui nie son frère pour équivalent d'une piastre, Tout cela disparait dans les apparences complices en trompeuses de la ville. Mais tout cela, c'est quand même la ville. La ville qui pue, comme toutes les villes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2014
Nombre de lectures 1
EAN13 9789954213476
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0600€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

LE PHARE DE MOGADOR
Le Caïd Hmad Anflous
Roman historique
Editions Editions
© Marsam - 2014
Collection dirigée par Rachid Chraïbi
6, rue Mohamed Rifaï (Place Moulay Hassan ex. Pietri) Rabat
Tél. : (+212) 537 67 40 28 / Fax : (+212) 537 67 40 22
E-mail : marsamquadrichromie@yahoo.fr
Site web : www.marsam-editions.com
Conception graphique
Quadrichromie
Impression
Bouregreg - Salé
Dépôt légal : 2014 MO 00547
I.S.B.N. : 978-9954-21-347-6Omar Mounir
LE PHARE DE MOGADOR
Le Caïd Hmad Anflous
Roman historique
Editions Du même auteur
• Introduction à l’étude du bail d’habitation, Al Madaris 1986.
• Parole de charlatan, essai, Eddif 1992.
• Deuxième Franncesse, satire, Eddif 1996.
• La partition de la Tchécoslovaquie, essai, Quorum 1998.
• Le Poète de Marrakech, anthologie, Éd. La Porte 2000.
• S’en sortir ou mourir, roman, Éd. Marsam 2001.
• Nécrologie d’un siècle perdu, essai, Éd. Marsam 2002.
• Rue de la ruine - Essaouira, satire, Éd. Marsam 2003.
• Les attentats de Casablanca et le complot du 11 septembre, essai,
Marsam 2004.
• Madame Paris-Prague, récit biographique, Éditions Cheminements 2005.
• Le nouveau droit de la famille au Maroc, essai, Éd. Marsam/
Éd.Cheminements 2005.
• Dans l’intimité de l’écriture, essais sur l’écriture, Éd. Marsam 2007.
• Bou Hmara, L’homme à l’ânesse, roman historique, Éd. Marsam 2007.
• Bou Hmara, L’homme à l’ânesse, roman historique, Éd. Marsam 2008.
• Les Colonialistes, essai sur la politique coloniale, Éd. Marsam 2010.
• Raïssouni le magnifque, roman, Éd. Marsam 2012.Sommaire
Préambule 7
1 - Des gens venus du Machreq 9
2 - Les Chiadma 1906 11
3 - Une enfance de tous les dangers 19
4 - Adolescence adulte 27
5 - Les caïds Mohamad & Hmad Anfous 35
6 - La gaffe du colonel Mangin 41
7 - L’appel aux armes 51
8 - Les chemins du sacrifce 57
9 - Le bapteme du feu 65
10 - La fugue 73
11 - Les Francais ont détruit Dar Anfous 83
12 - Le retour du guerrier 93
13 - Le tailleur de pierres 99
14 - Le Phare de Mogador 109
15 - L’arrivée à Mogador 117
16 - La ville et la vie 121
17 - L’ascension 131
18 - L’inconnu de Mogador 149
19 - Le sacrifce 155
20 - Les empoisonneuses 167
21 - Les héritiers 177
Épilogue 191Les ruses sont au nombre de quatre-vingt
dixneuf, et la guerre n’est que la centième. Ceux
qui gagnent la guerre gagnent une ruse. Mais
il leur reste les quatre-vingt dix-neuf autres.
Hmad Anfous
Làoùtuserasdetr op,soisenmoins,monfls.
Sagesse des Chiadma

En hommage posthume à Hamid Bouhad
Couverture
Amssagine Mohamed
Miroslav Bresky

7
Préambule
La ville de Mogador, célèbre presqu’île sur la route du sud
marocain, a ceci de particulier : elle constitue le jalon principal de
la frontière naturelle entre le pays berbérophone au sud : les Haha
et les Naknafa, puis le pays arabophone au nord : essentiellement
les Chiadma. L’une de leurs tribus et non des moindres s’appelle
al-Hrarta, pays et habitants. Pour l’explorateur Mohamed Hassan
al-Ouazzane, plus connu comme Léon l’Africain (1488 – 1548), les
Chiadma aussi bien que les Haha sont des Berbères, indépendamment
de leurs vernaculaires respectifs.
Les Chiadma et les Haha s’étaient particulièrement remarqués, au
èmedébut du 20 siècle, par la résistance farouche qu’ils opposèrent
à l’invasion de l’Armée française coloniale. Cette résistance, à ce
jour oubliée comme si elle n’exista jamais, donna lieu à plusieurs
faits d’armes, tout à l’honneur de ces paysans, souvent démunis,
face à une armée française expérimentée, suréquipée et surentraînée
pour la mort.
Outre un armement souvent obsolète, ces paysans n’avaient à
opposer à cette armée venue les envahir et les occuper, que leur
détermination, leur courage et leur sens du sacrifce. Ils étaient
alors impitoyablement massacrés.
Les offciers de l’Armée française coloniale d’alors, qui présidèr ent
lâchement à ce lynchage, et l’avaient assumé devant l’histoire, en
avaient fait aussi lâchement un titre de gloire ; il n’y avait pourtant
pas de quoi pavoiser, mais de quoi avoir honte, tellement était grande
la disparité entre les deux camps : d’un côté, les militaires français et
étrangers au service de la France, qui avaient tout : une intendance, 8 Le phare de Mogador
un service médical, un soutien aérien quoiqu’embryonnaire, des
équipements, de l’armement et une expérience historique ; de
l’autre, les Haha, les Neknafa et les Chiadma, de simples paysans,
sans la moindre notion de la guerre, et sans moyens pour guerroyer,
sinon un armement hétéroclite et désuet dans sa majorité, à quoi
s’ajoutait leur foi en leur droit. Cet armement, ces paysans savaient
ou ne savaient pas l’utiliser…
Autant de pr ouesses, d’exploits et de sacrifces à l’actif de ces
innocentes tribus, et que les générations actuelles semblent
totalement ignorer.

Indicationsbibliographiques
Toute recherche faite, au Maroc comme en France, il n’existe pratiquement pas
d’ouvrage sur la bataille de Dar Ali al-Kadi en 1912, sinon les trois titres suivants :
• Colonel Didier , Dar -El-Cadi (Préface du général Noguès), Imprimerie
Royannaise, Royan (Disponible à la BnF).
• Colonel Godchot, Une série de br ochur es dactylographiées sur la vie autour de
Mogador vers 1912 et après (Disponible à la BnF).
• Colonel Godchot, Combat de Bou T azzert (24 décembr e 1912), Paris, Librairie
Auguste Picard.
ème• La bataille de Dar El Cadi, Journal du Lieutenant Pierr e Poulin du 3
Régiment de Zouaves (Brochure détenue par des particuliers).
(Ces trois auteurs sont des contemporains de ces événements et des témoins
oculair es. Ils décrivent par le menu la destruction de Dar Anfous par l’Armée
française).9
Des gens venus du Machreq
Les Hrarta dit-on, seraient originaires de Bilade-Achcham, appellation
biblique qui renvoie à la Mésopotamie (l’actuel Irak), puis à l’ancienne
Grande Syrie et donc la Syrie actuelle, la Jordanie, le Liban et la
Palestine. C’est le Sultan Abou Al Abbas Ahmed El Mansour Essaâdi
èmequi, au 16 siècle, avait fait venir ces Hrarta au Maroc. Il avait besoin
de lancer dans les Chiadma et les Haha la culture de la canne à sucre
autant que la production du sucre. Ces populations invitées par ses soins
maîtrisaient cette culture et cette technique à ce qu’il semblait. Elles
s’installèrent alors dans les Chiadma (Région de Mogador), fnirent par
en faire partie, sans jamais en adopter vraiment le nom. Ils restèrent les
« Hrarta » qu’ils étaient à leur arrivée, soit des cultivateurs.
La chronique historique semble confrmer les faits ainsi relatés. Elle
èmesignale, en effet, dans les Haha du 16 siècle, des plantations de
canne à sucre et des pressoirs à fabriquer le sucre ; il y est aussi
question d’un navire britannique, le Gallant mer chant ship qui, à
cette époque, aurait fait plus d’une fois relâche en rade de Mogador,
et échangé sa cargaison contre des dattes, des amandes et surtout du
sucre dont la qualité et le raffnement furent jugés étonnants par les
Britanniques eux-memes. Le tout est que l’on ne sait pratiquement
rien des cargaisons débarquées par le Gallant mer chant shipà titre
de troc ou de paiement en métaux précieux.
Certains historiens disent que les Hrarta auraient pu certainement
asseoir dans les mœurs marocaines la culture de la canne et la
production du sucre, n’était l’austérité contrariante d’un climat
capricieux et des fois avare d’eau. D’autres historiens imputent la
disparition de ces plantations aux troubles consécutifs à la terrible 10 Le phare de Mogador
épidémie de peste, entre 1596 et 1608. Elle sema pendant 12 ans
la terreur et la mort. Les populations désertaient les villes et se
réfugiaient dans les campagnes isolées, espérant survivre. Les
navires se tenaient au loin des ports marocains, évitaient tout contact
avec les populations, et ouvraient le feu sur les péniches qui osaient
trop s’approcher. Désordre et insécurité grandissants poussèrent en
1598 les travailleurs du sucre à la fuite. Ils partirent sans désespérer
de revenir, une fois normalisée la situation. Hélas ! elle ne ft que
s’aggraver. En 1603, c’est le Sultan lui-meme, Moulay Ahmed El
Mansour, que la peste emporta.
Une guerre civile éclata dans une anarchie totale. Certains historiens
prétendent qu’elle avait favorisé, par son désordre, le massacre des
plantations et la destruction des pressoirs, perdus à jamais. Mais la
guerre civile, à elle seule, n’explique apparemment pas la destruction
de la canne et des pressoirs. L’acharnement populaire sur ces
plantations et ces installations s’expliquerait mieux par l’échange
probable du sucre contre le whisky anglais, breuvage enivrant et
impur dans l’islam. Cet échange, les ivresses auxquelles il donna
lieu, et les frasques qui s’ensuivirent probablement ne pouvaient ne
pas indigner la population, dans sa totalité musulmane, et provoquer
sa colère, comme les choses se seraient probablement passées.
Pour autant, les Hrarta ne retournèrent pas au Machreq ; ils frent
plutôt souche au sein des Chiadma.
À cette originalité historique s’ajoute une autre, double cette fois,
étant géographique et linguistique. Le pays des Hrarta est enserrée
entre deux mondes : les Ounara arabophones au nord-ouest de
Mogador, et les Haha berbérophones au sud-est. D’où une double
infuence qui fait que ces gens présumés venir du Machreq , ne se
sentent aujourd’hui ni tout à fait arabes, ni tout à fait berbères,
mais les deux à la fois. Le mercredi ils font leurs provisions à Souk
Larbaâ-d’Ida-Ougarde où l’on parle berbère ; et le dimanche ils les
font à Souk Had Adra, où l’on parle arabe.
Cette double appartenance, les Hrarta ne la ressentent pas comme un
déchirement et pas meme comme une particularité. Ils vivent tout
naturellement entre deux dialectes, deux souks, deux chants, deux
danses et deux mariages…11
Les Chiadma
1906
Par un crépuscule hivernal de cette an

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