203 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

La mémoire des chemins , livre ebook

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
203 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Bas Quercy, au début du XXe siècle. Laurent vit une enfance heureuse, rythmée par les travaux des champs, l'école et les fêtes locales. Mais la guerre dévaste ce bonheur paisible. Son certif' en poche, il est placé comme apprenti charron. Deux rencontres décisives avec des Compagnons du Devoir vont changer son avenir.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 21
EAN13 9782812916090
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Eprès des études de langues orientales,Colette Berthèsa eu une vie professionnelle très active et impliquée. Partagée entre Paris, le Moyen-Orient et le Quercy, elle a écrit plusieurs articles pour différentes publications et participé à de nombreuses conférences. Élle est également correspondante locale pour La Dépêche du Midi.La Mémoire des cheminsest son premier roman. Élle publiera ensuiteLes Amants de Borde Rouge, ainsi qu’un conte oriental,Le Rossignol chante la nuit.
L M A ÉMOIRE DES CHEMINS
Les Amants de Borde Rouge
Guide secret de Toulouse L’exil et les barbelés La Machine à tuer Le Rossignol chante la nuit
Du même auteur
Aux éditions De Borée
Autres éditeurs
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20 rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
©
, 2008
COLETTEBERTHES
LA MÉMOIRE DES CHEMINS
Remerciements
Je remercie infiniment Éloi Zénon, Compagnon charpe ntier du Devoir de Liberté, qui a évoqué pour moi sa jeunesse et m’a r aconté ce qu’il lui était autorisé de me raconter. Merci aussi à son épouse p our m’avoir gentiment reçue. Et aux Compagnons, à Paris et ailleurs, qui m’ont donné de leur temps. Merci aussi aux «copines»–Marie-Paule, Marie-France , Sabine, Marie-Ange et Faby–qui ont lu le manuscrit et m’ont fait part de leurs remarques, critiques et appréciations, ce qui a permis maintes corrections. Merci enfin à Mireille Paolini, Marie Leroy et Bern ard Fillaire qui m’ont encouragée à écrire ce livre. Ils ont cru en lui av ant que je n’y croie!
À mon grand-père, charron et Compagnon, à Luna, son arrière-arrière-petite-fille, ce livre, comme un pont.
Coma los aucéls de passatge Coma la seba Coma la crisalida que se durbis al parpalhon… Avèm ben lèu besonh d’un país País d’un enfant, païs de nostre desir País de nostre imaginacion Aquel es força mai larg qu’una tèrra occitana; las musicas ont pas d’endrèit E son per estre abandonadas al vent prigond per totis los d’onte que siagan Que voions prener lo temps, Un pichon moment per començar, D’escotar…
Cardabela
Comme les oiseaux de passage Comme la sève Comme la chrysalide qui s’ouvre au papillon Nous avons peut-être besoin d’un pays, d’une histoire Pays d’un enfant, pays de notre désir Pays de notre imagination Celui-là est bien plus vaste qu’une terre occitane; Les musiques n’ont pas de lieu fixe Elles doivent être abandonnées au vent profond Pour tous ceux d’où qu’ils viennent Qui veulent prendre le temps, Un petit moment pour commencer, D’écouter…
PREMIERE PARTIE
ra un país al solelh Ont se bévia a font clara Ont la vida valià mai qu’un cel Escotatz… Lo sòmi s’es envolat
MARTI
ENFANCE
C’était un pays au soleil Où l’on buvait à source claire Où la vie valait mieux qu’un ciel Écoutez… Le rêve s’est envolé
I
Une enfance en liberté
ARIE S’ADRESSA UN SOURIRE dans le petit miroir accroché près du M fenestroue femme brune, dela cuisine et ce qu’elle vit lui plut: une joli  de belles dents, les traits fins, pas de masque, pas d e bouffissure. Au visage personne n’aurait pu dire qu’elle était enceinte de presque neuf mois. Son mari s’impatienta: «Alors Marie, tu te presses? Le bal sera fini avant qu’on y arrive si tu continues à te pomponner trop longtemps. Déjà que j e n’étais pas chaud pour y aller, dans ton état! is quand même pasDeux minutes, juste mon chapeau à mettre! Tu n’aura voulu qu’on manque le bal du 14juillet, le plus beau de l’année!» Elle posa bien d’aplomb sur son chignon le grand ch apeau de paille claire, s’admirant encore une fois, et commença à en nouer les rubans. Une douleur fulgurante lui cisailla le ventre, la pliant en deu x, gémissante. «Marie? Qu’est-ce qu’il y a? on, ça va passer.Augustin, aide-moi à m’asseoir, juste une contracti » Assise, Marie reprit son souffle. Une fausse alerte ! L’arrivée de l’enfant n’était prévue que dans une dizaine de jours. La deuxième contraction, aussi violente, la saisit sur le pas de la porte et Marie dut se résigner. Elle alla s’allonger dans sa chambre, ne décolérant pas de manquer le bal. Augustin était plutôt ravi: il avai t dû céder à sa femme pour cette sortie mais il savait que les mauvaises langues all aient fonctionner. Une femme prête à accoucher, s’afficher sur une piste de dans e, ça marque mal! Le travail se fit très vite et, à 10heures du soir, ce 14juillet 1905, Laurent était 1 là, un beaudrolletposte, à laet braillard, passé comme une lettre à la  joufflu plus grande satisfaction d’Antoinette Pélet, la sag e-femme qui n’aurait pas, cette fois, à passer la nuit… Les Vaïsse vivaient à Canto Luzert dans le hameau d e Contensou qui comptait sept maisons, tout près de Servanac, dans ce fond du Tarn-et-Garonne qui pousse sa corne entre Lot, Tarn et Aveyron et o ù la nature prend déjà des airs sauvages de causse. Le couple avait déjà un fils de quatre ans, Paul, d ont Marie s’occupait peu. Il était venu au monde trop tôt après le mariage et, c hose qui n’arrangeait rien, il était né malingre et infirme: une bosse déformait s on épaule gauche qui était un peu plus haute que l’autre et penchait vers l’avant. Tôt sevré–Marie avait prétendu ne pas avoir assez d e lait–l’enfançon avait 2 été confié à sa grand-mère qui était aussi sa marra ine–samaïrino –et à la Rousse, une belle vache grasse et placide aux forte s cornes recourbées vers le bas qui faisait la fierté de l’étable. C’est donc M aria, une petite femme sèche et robuste qui, avec plaisir, l’avait élevé. C’est ce qui se passa aussi pour Laurent. Dès la fi n novembre, le petit fut sevré et Marie reprit le chemin de l’usine. La gran d-mère reprit, elle, son rôle de nourrice, transportant partout le petit bien langé, couché dans un grand panier d’osier. Dès qu’il sut marcher, Laurent s’accrocha aux jupes de sa grand-mère et
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents
Alternate Text