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La Marquise de Pompadour - Tome I , livre ebook

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Description

Jeanne Poisson se promène à la limite des jardins de Versailles un jour de chasse royale, en 1744. Elle y rencontre Damiens et le chevalier d'Assas qui interviennent pour la protéger contre le comte du Barry. Elle y rencontre aussi le Roi, Louis XV, à qui elle demande la grâce du jeune cerf qui devait être sacrifié. La haine s'installe dans le coeur de du Barry, l'amour dans celui des quatre autres personnages. Dans la même journée, elle découvre sa véritable origine, grâce à Armand de Tournehem, son père biologique. Un méprisable personnage, Henri d'Étioles, entre alors en jeu. Il veut à tout prix épouser Jeanne, quitte à l'intimider et à la menacer. Son manège réussit, elle comprend vite qu'elle n'a pas le choix...Voici l'histoire de celle qui deviendra la marquise de Pompadour, après avoir déjoué bien des pièges et des complots.Texte intégral

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 420
EAN13 9782820610591
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

La Marquise de Pompadour - Tome I
Michel Z vaco
1899
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-1059-1
Chapitre 1 NOUS N’IRONS PLUS AU BOIS…

Lumineuse et claire, cet après-midi d’octobre 1744 semblait unefête du ciel, avec ses vols d’oiseaux au long des haies, ses légersnuages blancs voguant dans l’immensité bleuâtre, son jolipoudroiement de rayons d’or dans l’air pur où se balançaient desparfums et des frissons d’automne.
Sur le chemin de mousses et de feuilles qui allait de l’Ermitageà Versailles, – des humbles chaumières au majestueux colosse depierre, – un cavalier s’en venait au petit pas, rênes flottantes aucaprice de son alezan nerveux et souple.
Le chapeau crânement posé de côté sur le catogan, la finerapière aux flancs de sa bête, svelte, élégant, tout jeune, vingtans à peine, la figure empreinte d’une insouciante audace, la lèvremalicieuse et l’œil ardent, il souriait au soleil qui, par delà lesfrondaisons empourprées, descendait vers des horizons d’azursoyeux ; il souriait à la belle forêt vêtue de son automnalemagnificence ; il souriait à la fille qui passait, accorte, aupaysan qui fredonnait ; il se souriait à lui-même, à la vie, àses rêves…
Devant lui, à un millier de pas, cheminait un piéton, son bâtond’épine à la main.
L’homme était poudreux, déchiré. Il marchait depuis le matin,venant on ne sait d’où – de très loin, sans doute – allantpeut-être vers de redoutables destinées…
Près de l’étang, le piéton s’arrêta soudain… C’était, sous sesyeux, dans le rayonnement de la clairière, dans le prestigieuxdécor de ce coin de forêt, une vision de charme et degrâce :
Une jeune fille… une exquise merveille… mince, flexible,harmonieuse, teint de nacre et de rose, opulente chevelurenuageuse… suprêmement jolie dans sa robe à paniers de satin rosebroché de fleurettes roses, le gros bouquet de roses fixé aucorsage… un vivant pastel…
Elle riait aux éclats, penchée vers une dizaine de fillettesqui, tabliers en désordre, frimousses ébouriffées, l’entouraient,tapageuses, fringantes… et elle disait :
– Oh ! les insatiables gamines ! Déjà le démon dela danse les mène ! Comment, mesdemoiselles, vous voulezencore une ronde ?…
– Oui, oui… Jeanne, chère Jeanne… encore uneronde !…
– Soit donc ! En voici une que, pour vous, j’aicomposée hier sur mon chemin.
Et tandis que les petites se prenaient par la main, elle, d’unevoix mélodique et pénétrante, chanta ceci :
Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés
La belle que voilà, la lairons-nous danser ?
Alors, sur la tant jolie ritournelle dont cent cinquante annéesn’ont pas épuisé la vogue enfantine, la ronde, parmi des rirescristallins, se développa au bord de l’étang moiré…
Là-bas, sur le chemin feuilli, moussu, venait insoucieusement lejeune cavalier…
La lairons-nous danser ?
Entrez dans la danse
Voyez comme on danse…
La ronde, tout à coup, s’effaroucha. Les rires se glacèrent surles lèvres mutines.
Le piéton poudreux sortait de son fourré, lui ; ils’approchait à pas lents et s’arrêtait, énigmatique silhouettesilencieuse, près de celle que les gamines appelaient Jeanne… chèreJeanne…
Souriante, sans peur devant l’imprévue apparition, elle demandadoucement :
– Que voulez-vous ?…
L’homme s’éveilla de son extase admirative. Ilbalbutia :
– Pardon… excusez… où est-on ici ?
– Vous êtes sur le terroir de l’Ermitage ; voici laclairière, et voilà l’étang ; ici finit le parc royal deVersailles, et là commencent les bois…
– Le château… est-ce loin ?
– Par là… voyez-vous ? dit-elle, le bras étendu dansun geste de nymphe sylvestre.
Dans le lointain des sous-bois, le cor se fit entendre, unemeute donna de la voix.
– Qu’elle est belle ! murmurait le piéton… Excusezencore… pouvez-vous me dire ?… Le roi… est-il auchâteau ?
Elle demeura interdite, pâlissante. Et pensive, dans un soufflede rêve, elle répéta :
– Le roi !…
– Oui… Louis XV… savez-vous s’il est château ?
– Non… je ne sais pas… Pauvre homme, comme vous avez l’airmalheureux… et si fatigué !
– Fatigué, oui… et malheureux… réellement malheureux…
– Oh ! attendez !… Il faut que je vous portebonheur !
Légère comme une biche, elle s’élança. À vingt pas, sous unhêtre, deux femmes se reposaient ; l’une blonde etfrêle ; l’autre vigoureuse, plantureuse, couperosée, qui semit à crier :
– Jeanne ! Jeanne !… Pourquoi courir ainsi, monenfant ? Te voilà en nage… tu t’abîmes le teint… et tu tedécoiffes.
Sans répondre, Jeanne s’empara d’une aumônière, jetée surl’herbe près des écharpes ; elle y puisa un louis et, toujourscourant, revint au piéton.
À ce moment, le son du cor se rapprocha, sonnant la vue et le bien aller.
À ce moment aussi, débouchait sur la clairière le jeune cavalierà la fine rapière, tandis qu’un chasseur, trompe en sautoir,couteau à la ceinture, contournait l’étang au galop de son chevalblanc d’écume…
– Tenez… prenez… dit Jeanne, câline et douce.
– Je ne demande pas l’aumône, répondit le piétonsourdement.
– Oh ! fit-elle, la voix émue, vous voulez donc mefaire de la peine ?…
L’homme, farouche, hésita, trembla…
Puis, lentement, sa main s’ouvrit…
Jeanne y glissa la pièce d’or !
Alors, elle battit des mains gaiement.
Mais comme l’inconnu demeurait immobile et sombre, elle repritgravement :
– Je crois que je pourrais vous être utile… si vous vouliezme confier votre nom ?
L’homme eut un sursaut, un étrange regard… puis ilmurmura :
– Je m’appelle François Damiens…
Le chasseur, à cet instant, arrivait sur le groupe, arrêtait soncheval, d’une secousse, et, le ton bref, la voix dure, il laissaittomber cet ordre :
– Holà ! manant ! il faut t’en allerd’ici !… vous aussi, petites !… vous aussi,madame !
Jeanne se retourna, toisa le chasseur avec une moue d’exquiseimpertinence, et partit d’un rire clair :
– Monsieur, vous tenez mal votre trompe de chasse ;c’est une faute, cela, elle me prouverait que vous n’êtes pasgentilhomme, s’il était besoin de le prouver !
– Madame ! gronda le chasseur, devenu blanc decolère.
– Allez, monsieur, allez demander àM. de Dampierre une leçon de vénerie, et à tout Françaisque vous rencontrerez une leçon de politesse… cela fait, vousreviendrez.
Elle pirouetta sur les hauts talons de ses souliers de satinrose.
Livide, le chasseur poussa son cheval. Il allait l’atteindre… larenverser…
Les enfants crièrent. Le chemineau serra son bâton d’épine danssa main. Il eut un grondement, leva sa trique… mais avant qu’ellese fût abattue, le cheval du chasseur reculait soudain…
Le jeune cavalier, qui venait d’entrer dans la clairière, d’unbond furieux s’était placé entre la jeune fille et le chasseur, etavait saisi la bride qu’il secoua violemment ; en même temps,sa voix éclatait, vibrante :
– Par la mort-dieu, monsieur, êtes-vous doncenragé ?…
Poitrail contre poitrail, les deux bêtes piaffaient,hennissaient… Regard contre regard, les deux hommes semenaçaient.
– Ah çà ! continuait le jeune inconnu, on insulte doncles femmes, par ici !
Le chasseur jeta un juron ; mais, se calmantaussitôt :
– Prenez garde, monsieur, dit-il avec une glacialepolitesse, prenez garde ! Je fais ici mon service qui est dedéblayer le chemin de la chasse…
– Et moi, je fais le mien qui est de courir sus aumalotru !
– Prenez garde, vous dis-je !
– Quand vous seriez le grand veneur en personne, arrière,monsieur, arrière !
Le chasseur porta violemment la main à son côté, et s’apercevantalors qu’un couteau remplaçait son épée absente :
– C’est bon ! gronda-t-il,

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