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La fin des années 30 Tome 3 , livre ebook

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Description

Troisième opus de la saga La fin des années 30.
Nous sommes le 1er janvier 1940, la guerre dure depuis quatre mois. Mais, on reste l’arme au pied. La radio passe de la musique, des airs à la mode, des jeux, de la publicité, des communiqués de routine. On se félicite de voir la France épargnée et préservée par ses soldats courageux. La vie poursuit son cours : la foule se presse aux cinémas et aux théâtres, les prix littéraires s’attribuent et le championnat de France de football anime le pays. Soudain, les chars allemands arrivent. La guerre est là pour de bon.

L’ambiance de l’ouvrage donne à l’histoire de ce temps passé sa vie et sa réalité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 août 2013
Nombre de lectures 0
EAN13 9782332583796
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0112€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright




Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-332-58377-2

© Edilivre, 2013
Du même auteur
Du même auteur
Chez le même éditeur
La fin des années 30, Tome 1 , « Nous ne permettrons pas la guerre ! » Léon Blum, 1938 , Edilivre, 2008, 428 p.
La fin des années 30, Tome 2 , « Je sais qu’il y a la guerre et pourtant je n’arrive pas à y croire ! » Léon Blum, 1939 , Edilivre, 2011, 430 p.
Chez d’autres éditeurs
L’Allemagne et le général de Gaulle (1924-1970) , Plon, 1975, 229 p.
Changer de cap 1968-1978. Dix ans qui ont compromis les chances de la France , Seghers, 1978, 208 p.
De Gaulle et les Allemands , Complexe, 1990, 223 p.
La France d’outre-mer 1815-1962 , Masson, 1992, 248 p., fig. et cartes.
Histoire des Relations franco-allemandes de 1789 à nos jours , Armand Colin, 1996, xii-324 p., fig. et cartes. (Coll. U).
Histoire des États-Unis , Ellipses, 2003, 256 p.
L’Amérique et les Américains d’aujourd’hui , Ellipses, 2005, 208 p.
Thèse d’État
Le rôle des élus de l’Algérie et des colonies au Parlement sous la Troisième République (1871-1940) , Université de Poitiers, novembre 1987, 7 volumes, 2194 p., tableaux, fig., cartes, index et annexes.
1
Marc était passé du 65 e étage d’un immeuble de New York à une galerie de la ligne Maginot profonde de 95 m. Il faisait tiède et bon. L’ouvrage était un des derniers-nés de la ligne Maginot. Il se trouvait devant la frontière sarroise. Jusqu’au plébiscite de la Sarre, cette région n’avait pas été fortifiée. On ne pouvait présumer du vote des Sarrois. Après le référendum favorable à l’Allemagne, on avait prolongé la ligne Maginot devant la frontière sarroise. Les ouvrages étaient encore plus performants. Ils avaient profité des expériences acquises. Sous un aspect plus modeste que les très gros bastions forés au départ, ils regroupaient plusieurs blocs et possédaient un armement du dernier cri.
Dans tous les coins de la galerie, des postes de T.S.F. donnaient de la musique, des chansons, des airs à la mode, des jeux, faisaient de la publicité, diffusaient des communiqués, etc. C’était un hourvari cacophonique et barbare. On avait l’impression de se trouver à la fête de Neuilly ou à la foire du Trône. Mais, la vie dans le « béton » demeurait sévère. Du matin au soir, chefs et soldats s’entraînaient. Ils se préparaient pour le jour où leur cuirassé de terre ferme devrait faire feu de tous ses sabords.
Marc bavardait de tout et de rien. À table, il racontait des anecdotes sur l’Amérique. Après le dîner, il se couchait dans une cellule toute blanche. Le lit était monacal, plus étroit qu’un brancard. Mais, la lumière ruisselait à flot. Il y avait un double lavabo à eau courante. Tout était calme. Tout se taisait. L’ampoule éteinte, Marc essayait vainement de trouver le sommeil. Il sentait passer sur ses épaules un silence énorme, écrasant, démesuré. Où était-il ? Dans quel hypogée, dans quelle pyramide l’avait-on déposé ? Et pour quelle éternité ?
On était à la veille de Noël. Son père, Eugène Gravier, député radical de l’Oise, venait le voir aux côtés du président Daladier et d’une délégation parlementaire. Malgré son opposition aux accords de Munich, son nationalisme antiallemand et les accusations de bellicisme dont il faisait l’objet, Eugène Gravier avait l’estime de ses collègues du palais Bourbon. On le savait jacobin, anticlérical et intègre. Il était respecté.
Dans les entrailles de ce vaisseau de ciment, un clairon sonna « Aux Champs ! » Une petite escouade rendit les honneurs au président du Conseil et aux parlementaires. Les officiers furent ensuite présentés au président Daladier. Gravier vit son fils et l’embrassa. Daladier et la délégation parlementaire descendirent une à une, les marches de l’interminable escalier aux paliers carrés et aux murs rugueux. La profondeur descendue équivalait exactement à une maison de 12 étages. Un vaste bourdonnement emplissait l’immense ruche et la délégation croisait sans cesse des hommes chargés de bidons, de plats et de boules, armés de louches et de longues fourchettes. C’était l’heure de la soupe.
Le colonel emmena le président du Conseil et la délégation au mess. Un apéritif était offert. Des bouteilles de Pernod, Picon, Bonal, Gentiane, Byrrh, Dubonnet, St-Raphaël Quinquina, étaient là. Elles ouvraient l’appétit, comme disaient les publicités du métro et des routes de France. Un bon déjeuner suivait : une gratinée savoureuse, digne de la plus raffinée des brasseries parisiennes, une salade Maginot, mélange délectable de « singe », de tomates, de laitues et d’oignons, une entrecôte saignante aux pommes, du fromage et des fruits. La salade Maginot était très à l’honneur. C’était une nouveauté depuis le début de la guerre.
Après le déjeuner, on roula par des chemins crottés, qui étaient sillonnés d’ornières profondes. La boue rejaillissait sur les glaces de l’auto, les encroûtant d’une casaque verdâtre. Le cortège de voitures officielles traversait des villages, mais ils étaient mornes, vides, déserts, évacués. Seuls les animaient et les peuplaient les uniformes kaki. Boutiques et maisons étaient fermées à l’exception des granges et des écuries où on avait logé la troupe. On ne voyait pas un paysan dans les champs ni une bête sur les routes.
La pluie tombait depuis le matin, une pluie interminable d’hiver pourri. Elle s’égouttait sur les vitres des autos. Un vrai temps de fin décembre, noir, glacial, infiniment triste. Les portes des cimetières demeuraient grandes ouvertes. Mais personne, sans doute, ne viendrait les visiter. Il semblait que les morts mouraient pour la seconde fois.
Au bord des sentes, plus de routes ! Un pitoyable entassement de longues charrettes, brouettes, faucheuses, charrues, rouleaux s’ordonnait comme pour une parade. Tout cela avait été préparé pour barrer la voie, dresser des barricades, retarder la marche de l’ennemi, s’il lui prenait l’envie d’attaquer. Dans un hameau, des tuiles avaient été arrachées des toitures giflées par des obus. Dans le clocher gris de l’église, un large trou ouvrait une brèche sombre.
Le ciel d’ouate, d’un jaune sale, suintait la tristesse. Louis Duval, revenu de permission, était en protection. Il escortait le convoi dans un camion détrempé. Il considérait ses brodequins de cuir fauve, trempés. Il fixait un point comme s’il cherchait à y découvrir quelque chose. Mais, il ne voyait rien. Du reste, il ne pensait à rien, juste à sa femme, Gisèle, qu’il avait trouvée si changée et à son fiston, Armand, qui commençait à marcher. Tout ce qui se passait autour de lui était si vague. Une envie lui venait de se pincer le bras, de crier, pour s’assurer qu’il ne dormait pas.
La délégation avançait toujours jusqu’au P.C. du colonel Peyron, installé dans une maison abandonnée. Le colonel Peyron était un colosse aux yeux francs et rudes. Il commandait une demi-brigade de chasseurs. Il semblait échappé de quelque feuillet de l’époque impériale. Il avait la verve puissante, directe et dure des héros dessinés par Raffet. Il parlait avec simplicité des faits d’armes de ses chasseurs avec des mots à l’emporte-pièce.
Le président Daladier lui demanda :
– Voulez-vous faire venir quelques-uns de vos hommes et de vos subordonnés ? Je voudrais leur dire quelques mots.
Le colonel fit venir une vingtaine d’officiers, sous-officiers et soldats. Le président leur serra la main chaleureusement et leur dit :
– La France est fière de vous. Vous avez bien mérité la reconnaissance de la nation.
Un vieux Lorrain de 90 ans fut présenté au président. Il était resté sur le front. C’était un ancien soldat qui avait fait la campagne de 1870 et celle de Kabylie. Canne à la main, veste boutonnée jusqu’au cou, casquette, grosses chaussures, il arborait la médaille militaire. Il avait sa gamelle sur le côté.
– Chaque jour, dit le colonel Peyron, nous servons ce vétéran copieusement à l’une de nos cuisines roulantes.
Le président fit un salut militaire devant le grand ancien, puis souleva son chapeau feutre en signe de respect et lui dit :
– Pour la troisième fois depuis 70, vous êtes en première ligne. Je vous dois le respect. Moi, je n’ai connu que la guerre de 14.
La délégation reprit sa route, toujours accompagnée par le colonel Peyron et une escouade de ses chasseurs. Elle arriva à la corne d’un bois où étaient installées les positions de 1 re ligne. Des réseaux de fil de fer s’entrecroisaient. En travers du chemin, une énorme barricade en chicane était constituée d’un amoncellement de troncs fraîchement coupés. Des arbres avaient été couchés pour faire obstacle le cas échéant aux chars ennemis. Des cagnas s’accrochaient à contre-pente, se glissaient sous les buissons et s’enterraient à demi dans la terre.
Le colonel, avec un rire de bon géant, montrait au président et aux parlementaires des centaines de mines antichars. Elles étaient entassées dans une casemate improvisée. C’était de redoutables petites boîtes de fonte rectangulaires, capables de disjoindre, de tordre et de faire éclater les meilleurs blindages. De la lisière, on voyait une crête, la dernière occupée par les postes français. Au-delà, c’était la Sarre, noyée de brume, où une éclaircie soudaine permettait d’entrevoir, à l’horizon, des formes vagues de cheminées et des fumées paresseuses.
La délégation reprit ses voitures laissées à quelques centaines de mètres en amont et fila par des sentiers impossibles vers la gauche des tireurs. Çà et là, des soldats à l’uniforme kaki couvert de boue interdisaient le passage par des barricades. Mais, à la vue du colonel et de la délégation présidentielle, les blocages étaient levés. Les soldats casqués saluaient. La glaise leur collait aux semelles et tirait sur leur

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