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Description

Égypte, 1165 av.-J. C.


Dans un village du delta du Nil, Sény, un jeune garçon de quatorze ans, se prépare sans enthousiasme à devenir médecin et à succéder à Paser, son père. La visite inattendue d'Imenher, chambellan au palais royal de Pi-Ramsès, vient bouleverser sa vie. Le haut fonctionnaire lui révèle que Paser n'est pas son père. Il l'emmène pour parfaire son éducation et lui promet de lui révéler l'identité de ses parents. Mais très vite le mystère qui accompagne sa naissance s'épaissit. Plusieurs crimes sont commis, qui semblent liés à sa nouvelle existence.


Avec l'aide de Néféret, la nièce d'Imenher, Sény prendra tous les risques pour mettre au jour les terribles secrets qui embarrassent l'entourage de Pharaon. Intrigues, complots, empoisonnements... Des eaux troubles des canaux au palais royal, Sény apprendra que les crocodiles et les hippopotames ne sont pas les seuls dangers à éviter lorsqu'on s'intéresse de trop près aux arcanes du pouvoir.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 03 mai 2020
Nombre de lectures 3
EAN13 9782374537641
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Présentation
Égypte, 1165 av.-J. C. Dans un village du delta du Nil, Sény, un jeune garçon de quatorze ans, se prépare sans enthousiasme à devenir médecin et à succéder à Paser, son père.
La visite inattendue d'Imenher, chambellan au palais royal de Pi-Ramsès, vient bouleverser sa vie. Le haut fonctionnaire lui révèle que Paser n'est pas son père. Il l'emmène pour parfaire son éducation et lui promet de lui révéler l'identité de ses parents. Mais très vite le mystère qui accompagne sa naissance s'épaissit. Plusieurs crimes sont commis, qui semblent liés à sa nouvelle existence.
Avec l'aide de Néféret, la nièce d'Imenher, Sény prendra tous les risques pour mettre au jour les terribles secrets qui embarrassent l'entourage de Pharaon. Intrigues, complots, empoisonnements…
Des eaux troubles des canaux au palais royal, Sény apprendra que les crocodiles et les hippopotames ne sont pas les seuls dangers à éviter lorsqu'on s'intéresse de trop près aux arcanes du pouvoir.





Passionnée d'Histoire, Béatrice Égémar est l'auteur de nombreux ouvrages pour la jeunesse, dont des romans policiers historiques. Elle a publié aux éditions de l'Archipel la trilogie Un Parfum d'histoire , mettant en scène de jeunes parfumeuses grassoises. Le premier volume, L'Eau des anges , a remporté plusieurs prix. Elle a aussi écrit quelques albums et même un abécédaire rock rigolo pour les ados chez Gulf Stream, en collaboration avec Emmanuel Brousse. Son premier roman historique destiné aux adultes, Le Printemps des enfants perdus , est paru en octobre 2013 aux Presses de la Cité.
L'ŒIL DE SETH
Roman policier historique
Béatrice ÉGÉMAR
38, rue du Polar Les Éditions du 38
Prologue
Village de Naytahout, an 14 du règne de Ramsès Héqaiounou 1

Il est presque midi. Dans la petite chambre de Ménat, la chaleur est encore supportable. Les rideaux de jonc tissé sont baissés, et le soleil qui les traverse dessine sur le sol des raies irrégulières. La pièce est très simple : un lit de bois au sommier tressé, une table basse, un tabouret et un coffre à vêtements en constituent tout le mobilier. Même si son mari a acquis une certaine réputation par son travail, Ménat a gardé des goûts modestes. Avoir une pièce pour dormir et un lit plutôt qu’une natte de papyrus, c’est déjà pour elle un luxe.
Allongée sur son lit, la jeune femme ferme les yeux ; elle entend le chant des oiseaux dans le jardin, les pas de quelqu’un qui s’affaire en cuisine. Et aussi les jappements d’un chien, plus loin, dans la rue. Elle sent une mouche posée sur son bras, et n’a plus le courage de la chasser… Elle est si lasse.
Ménat gémit doucement, mais personne ne peut l’entendre. Elle est seule dans sa chambre ; elle a renvoyé sa servante, qui l’agaçait avec ses plaintes et ses lamentations. Depuis, personne n’ose entrer chez elle, et ce n’est pas plus mal. Les seuls qu’elle aimerait vraiment avoir à ses côtés en ce moment sont absents : Sény est à l’école et son époux Paser est parti depuis le matin pour aider une femme à mettre au monde son cinquième enfant. Avant le jour, il était déjà debout, en train de préparer une pâte à base de sel marin, de blé et de jonc, pour en enduire le ventre de la future mère et faciliter le travail. À l’heure qu’il est, le bébé a dû naître, avec la protection de la déesse Taouret, qui veille sur les accouchements…
Ménat passe sa main sur son ventre tendu et douloureux. Elle, ce n’est pas un bébé qui la fait gémir, hélas, mais le souffle mauvais de la maladie qui a pris possession de son corps. Voilà dix jours que ce mal étrange la retient dans sa chambre, épuisée et souffrante. La jeune femme se tourne sur sa natte, elle sent la douleur monter dans son corps, implacable, et saisir ses entrailles comme les pinces d’un scorpion. Ménat prend d’une main tremblante le bol de terre placé à son chevet. Il reste encore quelques gouttes de potion calmante, préparée par Paser hier soir. Elle porte le bol à ses lèvres et boit. Elle n’a guère d’illusions sur son état, elle a vu l’expression de Paser la dernière fois qu’il l’a auscultée ; elle a lu le désespoir et l’impuissance sur son visage, même s’il a tenté de ne rien laisser paraître pour ne pas l’inquiéter. Elle a compris : son mal est trop avancé maintenant pour qu’elle espère guérir. Sa fin approche, elle le sent dans chacun de ses os, bientôt elle sera jugée par Osiris, et si les dieux la trouvent juste, elle rejoindra les champs de roseaux… Mais avant, elle a une chose à faire, une chose essentielle pour Sény.

Ménat se lève lentement ; sa robe de lin est trempée de sueur. Elle marche lourdement, comme une vieille femme, son beau visage rond crispé par l’effort. Elle fait quelques pas, jusqu’à la petite fenêtre carrée par laquelle on peut voir le jardin. L’air est sec et chaud, sans un souffle de vent. L’après-midi sera étouffante, et Sény aura très soif quand il va rentrer de l’école. Sény… Ménat porte son regard au loin, jusqu’aux bâtiments massifs du temple ; son garçon se trouve là, dans l’école de la Maison de Vie 2 , sans doute en train de déchiffrer quelque formule de politesse de la Kémit 3 … Quand elle pense à lui, Ménat sent son cœur se dilater ; depuis huit ans, cet enfant est sa joie, sa vie. Pourquoi faut-il qu’elle parte avant de l’avoir vu grandir, et d’avoir rempli envers lui son devoir ?
La jeune femme laisse errer son regard au-delà des murs du temple, vers la maison de plaisance du dieu grand, l’Osiris Ramsès. Ce palais est tout récent ; elle n’habitait pas encore ici quand le roi l’a fait bâtir. Ramsès souhaitait construire une demeure pour s’y détendre, non loin de la capitale, et son choix s’est porté sur Naytahout. Tout le village avait suivi de près l’avancement des travaux. Les ouvriers avaient travaillé avec acharnement, surveillés de près par des contremaîtres ; et en quelques mois la résidence avait vu le jour. Les villageois ont pu admirer furtivement la couleur des faïences, la finesse des colonnes ; ils se sont émerveillés devant la beauté des vergers que Ramsès fit planter autour de sa demeure. Quand tout fut terminé, le roi, qui trouvait le palais à son goût, se mit à y séjourner régulièrement, emmenant avec lui ses épouses et ses concubines, et une foule de courtisans et de fonctionnaires. Mais bien sûr Ménat, pas plus que Paser, n’eut jamais l’occasion d’en franchir le seuil.

Ménat s’éloigne de la fenêtre, s’approche du coffre posé contre le mur, et en sort une boîte de bois, contenant tout ce qu’il faut pour écrire. Un coffret de scribe ! Il faisait la fierté de son père, qui lui avait appris à écrire quand elle était enfant, soucieux de donner à sa fille unique une bonne éducation. Aujourd’hui, Ménat ne peut que se féliciter de maîtriser cet art : ce qu’elle doit écrire est si personnel, si important qu’elle ne pourrait le dicter à personne.
Accroupie sur sa natte, elle prépare l’encre, lentement. Elle verse un peu de poudre dans un godet, ajoute quelques gouttes d’eau, mélange avec un bâtonnet jusqu’à ce que l’encre ait la consistance voulue. Quand elle est prête, Ménat déroule un rouleau de papyrus neuf, et choisit un calame 4 . Elle essuie d’un revers de main la sueur qui mouille son front, et se met à écrire. Peu à peu, les caractères apparaissent sur le papyrus, soulageant ainsi Ménat du souci qui la torturait. Quand tout est fini, la jeune femme prend une cordelette de lin dans le coffret, lie le papyrus en un mince rouleau, et sort de sa chambre ; il lui faut maintenant trouver un messager pour porter sa lettre jusqu’au palais… Ainsi tout sera accompli ; elle pourra penser à elle et partir en paix.
Chapitre 1
Naytahout, six ans plus tard…

Le paysan se mord la lèvre et regarde Paser, les yeux pleins d’espoir. Une mauvaise sueur trempe son front et son dos, et il grelotte. Couché sur sa natte, il tente de ne pas penser à son bras douloureux, mais la vue des chiffons de lin maculés de sang qui encombrent le sol ne l’aide guère à se changer les idées.
— Papa, c’est grave ? Tu vas mourir ?
— Tais-toi donc !
Une claque bien appliquée fait hurler l’enfant nu. Furieuse, sa mère le chasse dans la rue. Il ne reste plus dans la petite pièce que trois autres enfants, une grand-mère édentée, l’épouse, le malade, et Paser. Sans compter une chèvre famélique qui les observe depuis la pièce voisine, et deux canards. Ignorant la chaleur étouffante, les mouches qui courent sur ses bras, les cris des enfants et le caquetage des oies dans la ruelle, le médecin tâte l’avant-bras de son patient.
— Comment as-tu fait ça ?
— Avec ma faucille, gémit le paysan. Je l’avais bien affûtée, j’ai glissé en fauchant de l’orge et je me suis coupé…
— Bien… Ne bouge pas ! C’est un mal que je connais et que je soignerai. Je vais d’abord te faire un bandage. Sény !
Le médecin regarde autour de lui, étonné de voir que son fils n’est pas tout près, en train de l’observer. Mais le garçon est dans la rue, il voit sa silhouette, de dos…
— Sény, viens m’aider, vite !
— J’arrive, Père.
Le garçon inspire une bouffée d’air frais pour se donner du courage, et rentre dans la petite pièce. Il a beau essayer de s’endurcir, il déteste la vue et l’odeur du sang…
— Tiens son bras bien droit… comme cela, oui.
Le malade gémit, et la grand-mère se lance dans une série de lamentations, invoquant Isis, la guérisseuse, le dieu Bès, protecteur de la maison, et une toute litanie de dieux mineurs. Indifférent à tout cela, Paser éponge le sang, nettoie la plaie, y applique un mélange de graisse de bœuf et de miel, puis il panse le bras blessé d’une main sûre. Comme toujours quand il le voit travailler, Sény ne peut s’empêcher de l’admirer : Paser est un médecin né, il n’est heureux qu’en soulageant les autres. Il est bien dommage que lui, son fils, n’ait pas hérité de ses belles qualités…
Paser se lève et rassure le blessé :
— J’ai terminé. Je passerai te voir demain ; d’ici là, repose-toi…
Le paysan, ravi, montre à toute la maisonnée son bras emmailloté comme une momie. La

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