167 pages
Français

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L'Insoumise. Une orfèvre sous la Renaissance , livre ebook

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Description

En France, sous le règne de François Ier, Raphaëlle Aslet, orpheline violemment spoliée de ses biens, est initiée, très jeune, à l’art de l’orfèvrerie. À dix-huit ans, elle excelle dans la création de joyaux très originaux. Résolue à vivre de son art, elle se rend à Paris afin d’y exercer ses talents. Mais elle doit aussitôt affronter la misogynie et le rejet d’une corporation dont l’art est uniquement professé par des hommes. Parvenant néanmoins à se faire remarquer par le roi, Raphaëlle tente de s’imposer parmi ses confrères. Un amour fou l’unit au chevalier Guillaume de Valras, hélas marié. Mais ambitions, rivalités et désirs de vengeance les déchirent et les séparent car les orfèvres cherchent à l’évincer par les moyens les plus vils. À cette malveillance s’ajoutent la jalousie destructrice de Margaux, l’épouse de Guillaume… et le réveil d’un passé terrible qui dévoile à Raphaëlle sa véritable identité.
Une histoire haletante, chargée d’amour et de drames dans l’atmosphère scintillante de la Renaissance, parmi l’éclat des pierres précieuses, le façonnage de l’or, le foisonnement artistique du Pont-au-Change, centre luxuriant de l’orfèvrerie parisienne.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 mai 2013
Nombre de lectures 22
EAN13 9782756410913
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Martine Desèvre
L’insoumise
roman
Pygmalion
Martine Desèvre
L’insoumise
roman
Pygmalion
Sur simple demande adressée à Pygmalion, 87 quai Panhard et Levassor 75647 Paris Cedex 13, vous recevrez gratuitement notre catalogue qui vous tiendra au courant de nos dernières publications.
© 2013, Pygmalion, département de Flammarion
Dépôt légal : mai 2013
ISBN numérique : 9782756410913
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782756402369
ISBN PDF web : 9782756410883
Ouvrage composé et converti par PCA (44400 Rezé)
Présentation de l'éditeur :

En France, sous le règne de François Ier, Raphaëlle Aslet, orpheline violemment spoliée de ses biens, est initiée, très jeune, à l’art de l’orfèvrerie. À dix-huit ans, elle excelle dans la création de joyaux très originaux. Résolue à vivre de son art, elle se rend à Paris afin d’y exercer ses talents. Mais elle doit aussitôt affronter la misogynie et le rejet d’une corporation dont l’art est uniquement professé par des hommes. Parvenant néanmoins à se faire remarquer par le roi, Raphaëlle tente de s’imposer parmi ses confrères. Un amour fou l’unit au chevalier Guillaume de Valras, hélas marié. Mais ambitions, rivalités et désirs de vengeance les déchirent et les séparent car les orfèvres cherchent à l’évincer par les moyens les plus vils. À cette malveillance s’ajoutent la jalousie destructrice de Margaux, l’épouse de Guillaume… et le réveil d’un passé terrible qui dévoile à Raphaëlle sa véritable identité. Une histoire haletante, chargée d’amour et de drames dans l’atmosphère scintillante de la Renaissance, parmi l’éclat des pierres précieuses, le façonnage de l’or, le foisonnement artistique du Pont-au-Change, centre luxuriant de l’orfèvrerie parisienne.
Création Studio Flammarion Photomontage d’après une illustration de Stéphane Desbenoit © Flammarion et des photos © Pam Francis / Getty Images ; © Dave Wall / Arcangel-images.com
Née à Paris, Martine Desèvre vit près de Montpellier. Passionnée d’Histoire et d’Art, elle partage son temps entre sa famille, la peinture d’icônes et l’écriture. Avec L’Insoumise, elle signe son second roman.
du même auteur
Séréna (roman), Éditions Pygmalion/Gérard Watelet, 1996.

Dans l’intimité des Renaud-Barrault (témoignage), en collaboration avec Catherine Levasseur, Éditions Pygmalion/Gérard Watelet, 2003.
Sommaire
Identité
Copyright
Couverture


du même auteur
1 - Cisselle
2 - La Saint-Éloi
3 - Rue des Cinq-Diamants
4 - Blois
5 - La Nef d’Or
6 - Petit Charles
7 - Le Grand Châtelet
À la mémoire de mes enfants, Vincent et Magali.
« Vous le prendrez, ce cœur, je le vous livre… Et pour autant qu’on ne peut sans cœur vivre Me laisserez le vôtre, et puis adieu. »
Clément Marot, Du partement d’Anne
1
Cisselle
(Octobre 1515 – mars 1526)

D ebout sur ses étriers , le corps massif et puissant, Jacques Préal hurlait avec force :
— Quittez la place immédiatement ! Partez tous ! Cisselle m’appartient !
Deux archers l’escortaient, prêts à intervenir.
Dans la cour de la ferme, hommes, femmes et enfants affolés couraient en tous sens. D’où sortait cet étranger ? Qu’exigeait-il ? Quitter Cisselle ? Grand Dieu !
Campé devant la bergerie, Préal vociférait ses ordres, les ponctuant de claquements de fouet. Un fouet redoutable, aux longues lanières lestées de fer, emplissant de terreur le cœur des paysans.
Deux d’entre eux, malgré leur crainte, s’avancèrent jusqu’à lui, le bonnet à la main.
— Pourquoi nous chasser com’ça, monseigneur ? demanda le premier, l’échine courbée en signe de soumission. Som’nés là, avons travaillé tout’ not’ vie, où aller avec nos familles ?
Quel métayer surtout les accepterait avec la disette qui sévissait en cette année 1515 ? Deux étés secs, suivis de fortes pluies inondant les champs, une mi-octobre accompagnée de gelées précoces..., le jeune roi François avait beau s’être couvert de gloire à Marignan, les greniers étaient vides dans les pays de Loire.
Le second se risqua, tourmenté à l’excès, car la place était bonne et la quitter les vouait à rejoindre le troupeau de loqueteux affamés qui mendiaient sur les routes :
— C’est m’sieur Aslet qui donne les ordres ici, on l’a pas vu depuis hier, où donc est’i passé ?
Un violent coup de fouet les rejeta en arrière, entaillant l’un au bras, l’autre à la main.
— Oyez tous bien ! aboya Préal. Charles Aslet, votre ancien maître, ne viendra plus céans. J’ai acheté son domaine ! C’est moi, désormais, qui commande et vous somme de vider les lieux. Sur l’heure ! Je ne garde personne, j’ai mes gens !
Le regard noir, il volta devant les paysans effarés.
— Chassez-moi ces manants ! ordonna-t-il aux archers qui le flanquaient de part et d’autre. Usez de force, s’il le faut !
Éperonnant son cheval, il s’élança en direction du logis principal.
Jacques Préal fulminait de rage : deux soldats pour le soutenir dans son entreprise n’étaient pas suffisants. Mais le bailli n’en avait point d’autre à sa disposition : « La moitié de mes hommes a été réquisitionnée pour faire campagne avec le roi », lui avait-il déclaré, le visage radieux, comme s’il participait lui-même aux conquêtes du souverain. Il l’avait ensuite entretenu des dernières nouvelles parvenues d’outre-monts, lui annonçant l’entrée triomphale des Français à Milan... Mais Jacques ne s’était pas attardé à écouter l’officier, se moquant de ses paroles extasiées, comme de la victoire italienne du roi François. Pour l’heure, c’était lui, Jacques Préal, qui devait s’emparer de Cisselle, en déloger tous les habitants, du plus petit au plus grand. À chacun son labeur.
Dans un moutonnement verdoyant et bleuâtre, à l’ouest de Blois, le domaine de Cisselle s’étendait sur deux collines renflées, dévalant doucement jusqu’à l’eau poissonneuse de la Cisse. Au sommet de la première, une demeure à dépendances, piquée d’un pigeonnier, s’enfouissait dans un jardin, qu’une grosse ferme prolongeait, bordée d’une garenne. Un moulin, fièrement planté en terre, surmontait la seconde, offrant ses ailes boisées au souffle des vents. Plus loin, ondulant comme la mer, s’étalaient les terres arables, bien irriguées, les plus fertiles de la région.
Depuis longtemps Préal convoitait ce domaine, longeait ses frontières, surveillait l’aménagement de ses prés, le développement de ses arbres, le marquage de ses moutons.
Un grand rire intérieur le secoua : « Charles Aslet, tu n’es qu’un imbécile ! Mon offre était plus qu’honorable ! Pourquoi t’être obstiné ? Maintenant, vois : tout est à moi, et à quel prix ! »
Le montant de l’arrangement versé au notaire, ajouté aux espèces sonnantes glissées dans la poche du gardien de prison Miroul, et dans celle, béante, de son ami le bailli de Blois, ne représentait pas le quart de ce que valait Cisselle.
D’instinct, ou presque, Jacques savait estimer le prix des choses. Il était d’aussi basse extraction que les paysans qu’il chassait aujourd’hui, mais une ambition démesurée l’habitait. Placé très tôt chez un oncle, paysan lui aussi et propriétaire de sa ferme – intérêt particulier aux yeux de Jacques –, il s’était promis de ne pas passer sa vie à labourer les terres de ce « cul-terreux sans envergure ». Habile à compter, dès qu’il fut en âge de tenir registre, il avait adroitement manœuvré afin que son oncle lui confiât les siens. Premier contact avec l’argent. Décisif pour Jacques, qui s’était aussitôt risqué, sans le moindre scrupule, à détourner des fonds, obligeant son oncle à s’endetter, puis à se séparer de sa ferme, qu’il lui avait rachetée, causant la mort du pauvre homme.
Une fois ce dernier en terre, il avait entrepris des modifications, une nouvelle répartition des cultures, augmentant la production. Plus tard, dans un champ voisin qu’il s’était approprié, il avait créé une pépinière d’arbres fruitiers. Et l’on vint de loin pour acheter ses plants. Cette activité lucrative lui avait permis de s’enrichir. Puis il avait revendu la ferme, car non loin d’elle, sur deux collines, trônait Cisselle.


Tapi dans les taillis, à quelques toises de la maison du maître, Arthur Anselin respirait court, l’âme broyée d’angoisse.
À la lucarne de la tourelle, il avait vu trois cavaliers investir la cour de la ferme et expulser les paysans. Quand l’un d’eux avait tourné bride et galopé vers le logis principal, Arthur avait aussitôt quitté sa chambre, s’était précipité dehors pour gagner le bois, mais n’avait pas eu le temps d’en atteindre la lisière.
Pourquoi délogeait-on ces valets et tâcherons de ferme ? Que leur voulait-on ? N’était-ce pas lui, Arthur Anselin, hors-la-loi condamné par ses pairs, que l’on recherchait ? Le soupçonnait-on de s’être caché parmi ces campagnards ?
Les yeux enfoncés dans leurs orbites, il surveillait de tous côtés, pressant contre sa hanche la besace de cuir jaune où les lingots d’or et d’argent, les perles et pierreries avaient été jetés en grande hâte.
La veille au matin, Arthur s’était introduit chez Charles Aslet sous un nom d’emprunt. La trentaine et la chevelure abondante, le maître des lieux s’était montré accueillant à son égard, respectant sa réserve, lui offrant le gîte et le couvert, l’invitant à sa table. La vaisselle n’y brillait pas d’un éclat particulier – son étain était commun – mais il y régnait une chaleur amicale et bienfaisante. Un incident avait toutefois, l’après-midi, troublé le calme de l’endroit : un lieutenant du roi s’était présenté à Cisselle. Craignant qu’il ne vînt pour l’arrêter, Arthur avait fui par les cuisines et gagné la garenne. Revenu plus tard en catimini, il avait appris que Charles Aslet avait été appréhendé et conduit au bailliage de Blois pour y être interrogé. En vain, dans la soirée, avait-il attendu le retour de son hôte. Celui-ci n’était pas rentré de la nuit. Et ce matin, voici que déferlait cette troupe, violente et résolue. Anselin se demandait avec anxiété s’il était responsable des ennuis rencontrés par le maître de maison ou si celui-

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